^ i-so- ANNALES DES SCIENCES NATURELLES IMPRIMERIE DE J. TASTU, EUE DE VADGIRARD, n" 36. ANNALES DES SCIENCES NATURELLES, PAR MM. AUDOUIN, AD. BRONGP^IART et DUMAS, COMPRENANT Ik PHYSIOLOGIE ANlMiLE ET VÉGÉTALE , l'aNATOMIE COMPARÉE DES DEUX RÈGNES, LA .ZOOLOGIE , LA BUTA- HIQUE , LA MINÉRALOGIE ET LA GÉOLOGIE. TOME TROLSIEME, ACCOMPAGNÉ DE PLANCHES I N-4°. A PARIS, C II E Z ]\ K C H I : T .1 E UNE, IJ15KAIRE l)K L'ACAIJKMIE ROYALE DE MEDECINI, pLACK DE l'École de miîuu(;ine m. 4- 1824. ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. Obseuvations sur le banc de Grigwon , sur le Calcaire renfermant des restes de J^égélaux , et sur les couches supérieures de cette localité ,• Par m. J.-J.-N. Huot. Après la publication de l'important ouvrage dans le- quel MM. Cuvier et Brongniarl ont donné les résultats de leurs travaux sur la constitution géologique des envi- rons de Paris , il y a peut-être de la hardiesse à fournir de nouveaux renseignemens sur une des localités les plus connues -, mais plus un terrain est intéressant aux yeux du géologue , plus il mérite d'être examiné avec une attention minutieuse. Dans les Recherches sur les ossemens fossiles ( nou- velle édition , tome 11"= , page ^of\) , on trouve une des- cription détaillée de la coupe du banc de (irignon : il y est fait mention de deux, couches de Calcaire grossier, pla- cées dans la partie supérieure de la masse où l'on trouve les coquilles fossiles. Ce Calcaire contient des em- preintes et des restes de végétaux, figurés avec exactitude dans l'ouvrage ci-dessus mentionné. Ils offrent des ca- ractères différons : les uns sont herbacés , les autres sont ri/«/cu?6'i. Le savant naturaliste, chargé de les décrire, Tome III. — Septembre. ( 6) avoue , en parlant de ces derniers , qu'il n'a pu part^enir à les voir en place. Cet aveu qui atteste la modestie et la véracité de l'observateur , est fait pour accroître la confiance que l'on doit avoir en ses travaux ; c'était aussi un motif de rechercher remplacement de ces em- preintes. J'ai cru devoir le faire, et j'ai reconnu que le Calcaire qui les renferme , ne constitue qu'une couche dans laquelle se trouvent réunies les plantes herbacées et articulées. Je n'attache point à mon observation plus d'impor- tance qu'elle n'eu mérite, et je ne me décide à en publier le résultat que d'après le conseil hienveillant du savant estimable qui a si utilement coopéré à l'explora- tion du sol des envii ons de Paris , et dont les écrits et les travaux ont enrichi la science, et formé tant de na- turalistes , qui s'empresseront un jour de marcher sur ses traces. C'est principalement sur le Calcaire à empreintes de végétaux , que porte la rectification que je consigne ici ; mais elle doit s'étendre aussi sur les couches superposées à ce Calcaire, puisque, dans l'ouvrnge de MM.Cuvier et Brongniart, six couches sont décrites, tandis que j'en ai reconnu onze bien distinctes , depuis la base du banc jusqu'à la terre végétale. M. Brongniart a négligé, sans doute , comme une chose peu importante, de donner la hauteur de chaque couche. Mais dans une des planches de l'ouvrage que renferme son travail, on remarque une coupe deGrignon, qui donnerait à ce banc près de trente mètres d'élévation. Je me suis assuré par la vérification que j'eu ai faite de l'inexactitude de celte élévation, et je crois pouvoir donner ici, comme un ensemble complet, la description détaillée de cette localité. ( 7 ) Le banc de Grignou forme rextrémîté de celui de Villepreux; il s'étend dans la direction de l'Est-Nord- Esta rOuest-Sud-Ouesf, sa hauteur est d'environ vingt- deux mètres au-dessus du niveau des eaux courantes du parc : il descend en pente rapide du Sud-Sud-Est au Nord-Nord-Ouest. Afin que l'on puisse comparer plus facilement la coupe que je donne ici , avec celle que l'on trouve dans le tome IP des Recherclies sur les ossemens fossiles, je commencerai par la couche inférieure , et désignerai , par des caractères italiques, les dénominations adoptées dans cet ouvrage. N" I. • — Cette couche est formée, ainsi que l'indi- quent MM. Cuvier et Brongniart , d'un Calcaire gros- sier , grenu , sableux , renfermant avec des coquilles du fer chloriteux granulaire. Son épaisseur peut être évaluée à environ trois mètres , ci .... . 3 » N" 2. — Calcaire jaunâtre , grossier^ grenu, sableux, friable , contenant une quantité con- sidérable de coquilles fossiles entières, mêlées , ainsi que l'évaluation en a été faite, à une masse vingt fois plus considérable de débris de co- quilles. Parmi ces coquilles, \e Buccinum stromboi- ■ . des s'y montre quelquefois coloré : on y trouve aussi le Pleurotonia fdosa , le Pleurotoma li- neolala et la f^oluta spinosa ; le premier orné de petits points rougeâtres , et les deux autres embellis de petites lignes de la même nuance. Ce banc , qui appartient aux couches moyen- nes du Calcaire grossier , est d'une épaisseur (8 ) D'autre part. . mètres. 3 » plus considérable que celle qui est évaluée dans les Recherches des ossemens fossiles 5 il a de puissance environ m. 11 » Il olTre sur un grand nomire de points des efflorescences de cliaux carbonatée pulvéru- lente , remarquables par leur blancheur. C'est dans cette masse que les auteurs de l'ouvrage cité ont vainement cliercbé les bancs d'un Calcaire grossier à empreintes de végé- taux dont ils ont trouvé des débris épars sur le sol. On rencontre bien , à la vérité, çà et là, dans l'épaisseur de cette couche , des fragmens de Calcaire compacte ; mais leur présence est due sans doute à une cause éti-angère à celle quia présidé à la formation de cette masse. D'ailleurs , ils ne présentent aucune trace de coquilles ni de végétaux , et paraissent être tombés de l'une des couches supérieures. On trouve quelquefois dans cette masse le Cerîthiutn gigas, dont certains individus ac- quièrent la longueur de 5o centimètres , ainsi qu'on en peut juger par quelques fragmens. J'y ai recueilli aussi des dents d'un Squale in- connu , des pâtes de Crabes et d'Ecrevisses , des vertèbres de poissons et des débris osseux , qui paraissent appartenir à des becs de Sèches, et qui , d'après le sentiment de M. Cuvier, sem- blent être l'extrémité de celte partie calcaire et solide qui recouvre le dos de ce mollusque. i4 » ( 9 ) Ci-contre. . mètres. i4 " N" 3. — Ici , MM. Bronguiart et Cuvier signalent un banc de Calcaire tendre à grains Jins , contenant moins de coquilles que le pré- cédent , mais ojfrant dans ses fissures des em- preintes jaunes , de feuilles ressemblant à des graminées aquatiques ou à des fucus , recou- verts de spirorbes microscopiques qui vivent ordinairement sur ces plantes marines , et ac- compagnés d'empreintes de flusira et d'autres polypiers. Je ferai observer que ce banc est celui-là même qui renferme les plantes articulées qu'ils n'ont pu voir en place, et que M. Brongniart fils a spécifiées sous le nom de Culmites ambiguus. Ce banc qui correspond , ainsi que le fait re- marquer le savant M. Brongniart, au Calcaire de Chavenay , de Villepreux , et à celui de Châ- tillon près Paris, dans lesquels on trouve une quantité considérable de plantes marines ,^en diffère cependant par sa con texture. Il est beaucoup moins serré, il ne se partage point comme celui-ci en feuillets minces. Il se sé- pare assez facilement par le choc du marteau, dans le sens de la couche horizontale, mais les fragmens en sont toujours ondulés , inégaux, et de petite dimension, et il est difficile de mettre à découvert , sans le briser , le végétal qu'il renferme. • Il contient moins de coquilles que la masse i4 » ( 'o ) D'autre part. . mètres. i4 » sur laquelle il repose ; mais il est à remarquer que dans cette niasse même , le nombre des coquilles entières diminue à mesure que l'on s'élève vers la couche n° 3 , et que plus on s'en approche , plus le Calcaire sableux n° 2 ac- quiert de consistance. La couche n" 3 augmente aussi de dureté en remontant jusqu'à sa superficie. Elle pré- sente à diverses épaisseurs ce Cidmilcs anihi- guus , plante sans analogue vivant , et ces gra- miinées aquatiques qui n'offrent point de ca- ractères assez certains pour être classées. On y remarque cjuelquefois des racines en re- lief ou leurs traces en creux, auxquelles il est impossible d'assigner un nom générique, et que l'on pourrait prendre pour des racines non fos- siles qui auraient pénétré dans ce Calcaire , si elles n'occupaient pas la partie inférieure de cette couche^TDe nombreuses coquilles ont laissé dans toute l'épaisseur de ce banc leurs moules en relief recouverts d'un Calcaire pulvérulent. Cette couche qui règne dans toute l'éten- due du banc de Grignon a dans sa plus grande épaisseur environ i , 3o N* 4- — Calcaire grossier, marneux, jau- nâtre et tendre au point de céder sous la pres- sion du (^oigt. Cette couche renferme peu de coquilles, ou plutôt elle paraît être formée en grande partie de détritus de coquilles broyées i5, 3o ( " ) Ci-contre. . . mètres. i5, 3o dont il est difficile de reconnaître quelques frag- mens. Son épaisseur est de '5 4^ N° 5. — Calcaire grossier dont la partie supé- rieure est légèrement imprégnée de silice ,mais dont la consistance diminue graduellement en descendant vers la couche précédente , de ma- nière à laisser voir difficilement le point de sé- paration. Cette couche qui offre la réunion d'un grand nombre de moules de coquilles , parmi lesquelles on dislingue le Cerilliium Thiara et la Lucina Saxorum , compte d'épaisseur environ » aS K° 6. — Sable siliceux calcarifère pulvéru- lent, sans coquilles. Epaisseur « 2 5 N 7 . — Calcaire grossier tendre , disposé en cinq ou six lits composés de fragmens de di- verses dimensions dont les supérieui^s n'oflïent aucunes traces de coquilles, mais dont le plus inférieur renferme des Lucines et des Cérilhes. Cette couche qui à l'extrémité de la pente du banc atteint à peine l'épaisseur de 2^ centimè- tres, acquiert en s'élevant vers la cime celle de » 55 N" 8. — Calcaire plus compacte renfermant en moins grande quantité les mêmçs coquilles que la couthe précédente, en formant une réu- nion de morceaux fracturés, disposés en une espèce d'assise de lo centimètres d'épaisseur à l'extrémité de la pente du banc, et acquérant dans la partie la plus élevée environ i, 4" 19, 20 ( ^^ ) D'autre part. , . mètres, ig, 20 N°9. — Calcaire siliceux, jaunâtre stratifié, présentant sur une épaisseur de » 06 dix couches de différentes nuances avec des fragmensde coquilles. La partie inférieure de ce Calcaire renferme le Cerithium Thiara dont on rencontre quelques individus isolés entière- ment siliceux et de la plus belle conservation. N° 10. — Calcaire facile à se désagréger par l'action de l'atmosplière. Cette couche décrite avec beaucoup d'exactitude par M. Brongniart qui y signale une immense quantité de Céritlies de diverses espèces et plusieurs autres genresde coquilles, est très-visible à la partie supérieure du banc où elle acquiert une épaisseur d'en- viron I, 35 N° II. — Calcaire compacte connu sous le nom de Clicart : son épaisseur est de 10 centi- mètres à l'extrémité de la pente du banc ; dans le point le plus élevé il atteint l'épaisseur d'en- viron , » 80 M. Brongniart a reconnu que le Clicart est de formation d'eau douce, ce que prouvent en effet les coquilles qu'il renferme. Celui qui forme à Grignon la onzième couche en contient, il est vrai , qui semblent appartenir aux Potamides ou Céritlies d'eau douce et aux Cydostômes de l'espèce connue sous le nom de Cjclostonia mumia. Les plus grandes de ces diverses co- quilles offrent cette particularité, que leur inté- rieur est tapissé de petits cristaux de cliaux carbonatée inverse. Mais ce que ce calcaire a 21, f\i ( ï3 ) Ci-conUe.' . . mètres. 21, 4i de remarquable, c'est que ce n'est que dans la I partie supérieure de la couche qu'on aperçoit ces restes de Mollusques fluvialiles et que dans sa partie inférieure ce Clicart contient des co- quilles marines, telles que V Ampullaria acutaet la Lucina Saxorum. On connaît , en effet , plusieurs exemples de ce mélange de coquilles marines et fluvialiles dans des formations évidemment d'eau douce. Peut-être doit-on en conclure que dans la série des différens états , par lesquels notre globe a dû passer avant que l'espèce liumaine pût y vivre , il arriva une époque où les eaux de rOcéan foi'mèrent, dans l'intérieur des terres, des lacs dont les eaux nourrirent pendant long- temps des animaux marins ; mais que ces eaux ayant peu à peu perdu de leursalure, les espèces marines s'éteignirent et furent avec le temps remplacées par des espèces qui ne vivent plus qu'à l'embouchure des fleuves et dans les eaux douces. N° 12. — Enfin la couche supérieure du banc de Grignon est formée de fragmens du Clicart ci-dessus et de terre végétale mêlée de morceaux de Silex , parmi lesquels on rencontre quelquefois, ainsi que je m'en suis assuré, l'Our- sin désigné par M. Lamarck sous le nom de Ananchyles gibba entièrement changé en Silex d'une belle teinte rouge. Cette couche peut avoir environ o,/|n Total: vingt-un mètres quatre-vingt-un cent. 9,1, Sr ( '4) M. Brongnîart prétend avec raison que ces Silex ont dû être apportés des terrains crayeux enlevés de la Norman- die à l'aide des derniers courans qui ont parcourn le sol des environs de Paris ; et en effet , VAnanchytes g:/Z>6a que l'on trouve quelquefois à Grignon est extrêmement commun dans les bancs de craie qui forment les falaises des bords de la Manche. Ce qui ajoute à la vraisemblance de celte assertion, ce sont les nombreux fragmens arron- dis d'une roche siliceuse rougeâtre parsemée de petites parcelles de carbonate de chaux et d'une grande quan- tité d'empreintes de coquilles microscopiques, qui parais- sent appartenir au genre Cérllhc et que l'on trouve ré- pandus çà et là à la surface du sol sur les points du banc de Davron contigu à celui de Grignon. Ces fragmens roulés et d'une forme sphérique, ont quelquefois jusqu'à six pouces de diamètre. Je ne terminerai pas ces observations sans parler du genre Lymnèe , que M. de Lamarck a compris dans sa nomenclature parmi les coquilles fossiles de Gri- gnon. Dans les diff'érens voyages que j'ai faits à cette lo- calité, j'ai cherché cette coquille dans les couches supé- rieures qui renferment des coquilles d'eau douce , mes recherches ont été infructueuses ; j'ai consulté M. Des- hayes qui a exploré plusieurs fois ce banc calcaire , il m'a assuré n'y avoir jamais trouvé de Lymnées. J'ai donc lieu de croire que ce genre n'y existe point, que M. de Lamarck aura été induit en erreur par l'inspection de quelque collection, où on lui aura montré des Lymnées étiquetés par erreur comme étant de Grignon. Il est vrai qu'on trouve assez fréquemment dans la masse coquillière, une coquille marine qui offre à la première vue quelque ressemblance avec les Lymnées 5 mais c'est la Pliasia- ( i5 ) nella tuhinoides qui est souvent très-remarquable par les petites zones rosaires qu'elle a copservées de sa couleur primitive. Explication de la Planche i''. La figure i représente la vue du banc de Grignon, prise de la cour du château et offrant la portion coupe'e qui présente les couches calcaires s''élargissant à mesure qu'on approche de la partie supérieure du banc. La figure a présente deux coupes verticales de Grignon , la coupe A. donne la suite complète des couches représentées en perspective dans la figure i. La coupe B. est celle qui a été donnée dans le tome II des Recher- ches sur les Ossemens fossiles. Ces deux coupes sont en regard et sur la même échelle, afin que l'on puisse comparer plus facilement la succession des couches. Cette seconde coupe offre six couches décrites dans l'ouvrage ci-dessus men- tionné. Le no I y est désigné sous le nom de Calcaire contenant des coquilles et du fer chloriteux granulaire. Le no a. Calcaire grossier jaunâtre à coquilles. Le no 3. Calcaire à grain fin , renfermant des empreintes de plantes Le n" 4- Calcaire tendre fissile à Lucines des pierres. Le no 5. Calcaire tendre , fissile , sans coquilles. Le no 6. Calcaire dur se désagrégeant facilement et contenant àe<> Cérilhes et autres coquilles , et dans la partie supérieure le Cyclostonia mumia. En comparant ces deux coupes, on voit que la couche no i de l;i coupe A, est égale à celle du n,, i de la coupe B. ; mais que le no '^ de A. est de trois mètres plus élevé que la même couche de la coupe B. • que le no 3 de A est seulement de i ™. 3o <=. tandis que dans la coupe B. , il a deux mètres de hauteur ; que le no 4 de la coupe A n'est point représenté dans la coupe B., et que les couches nos 5, 6 et n de la coupe A. sont représentées dans l'autre partie par le no 4. Les nos 8 et g de A. ont pour analogue le no 5 de B. , et enfin les no» t), 10 et 1 1 de A représentent dans leur formation différente les couche& n° G de la coupe B. ( i6) Sur un noui'el appareil propre à dessécher les végétaux pour ïhcrbier. Par m. le colonel Bort de Saint-Vincent. ( Lu à rAcade'mie des Sciences, se'ance du 9 août i8a4- ) Rien de ce qui peut économiser l'emploi du temps ne saurait être dédaigué par les savans qui en connaissent si bien le prix 5 et comme la préparation des échantillons de plantes dont se compose un herbier entre dans les travaux les plus essentiels des botanistes , nous croyons rendre un service à ceux-ci , en leur faisant connaître un nouvel appareil dont l'usage facilite considérable- ment la dessiccation des végétaux, en abrégeant de beau- coup cette opération. C'est à M. Lecoq , jeune pharmacien interne à la Pitié , et qui s'occupe avec le zèle le plus louable des sciences physiques , que j'en dus la première idée : aidé de mon ami le docteur Lamouroux , je n'ai fait qu'y ajouter quelques perfeclionncmens qu'a in- diqués l'usage de la machine. Divers moyens ont été, comme on sait , employés jus- qu'ici pour dessécher les végétaux. Il en est de minutieux dans leurs détails que dédaignent avec raison les person- nes utilement occupées. Les botanistes se servent habi- tuellement de feuilles de papier gris non collé, entre les- quelles ils étendent les échantillons qu'il est question de conserver, et qu'on change fréquemment , afin d'en en- lever l'humidité le plus promptement possible. On sait qu'une trop grande pression dénature les formes , écrase les parties dans lesquelles résident les principaux carac- tères et change \g faciès \ tandis qu'une pression insuf- fisante , laissant aux feuilles ou bien aux pétales , la ( '7 ) faculté de se racornir et de se crisper, cause des incon- véniens non moins graves que l'écrasement , et qui s'op- posent trop souvent à l'étude des plantes sur le sec. Les amateurs qui tiennent à posséder des herbiers d'une belle conserv/ition , savent combien il faut perdre de temps à changer le papier destiné à opérer la prépara- lion pendant les jours qui suivent les récoltes. La plu- part renoncent même à conserver certaines familles entières dont les individus , éclatant de beauté tant qu'ils vivent dans les campagnes , deviennent méconnaissables après leur mort, quelque soin qu'on emploie pour leur conserver la moindre apparence de fraîcheur. Quel bo- taniste n'a pas vu avec une espèce de douleur noircir ses Orchidées , en dépit de toutes les précautions qu'il pou- vait prendre ? Obligé d'appeler le secours du fer chaud , du bain de sable , de l'immersion dans l'eau bouillante ou dans l'alcool, des résultats imparfaits ne dédomma- gent point de leurs journées perdues, les collecteurs, et découragent les plus déterminés, qui rarement ont rap- porté de leuis excursions lointaines de ces plantes re- belles. Combien de végétaux moins intraitables que ceux qui sont sujets à noircir, ou que ceux dont la con- sistance charnue s'oppose à la dessiccation par les procédés usités, n'en demeurent pas moins des semaines , ou j^me des mois entier5, entre les feuilles qui doivent absorber leur humidité , avant de pouvoir être intercalés parmi leurs congénères dans l'herbier ! On a vu des Joubarbes et des Crassules végéter encore au milieu des colleciions, long-temps après qu'elles y avaient été pla- cées , et notre confrère M. De Candolle nous a raconté l'histoire d'un semperv'wum de» Canaries , maintenant répandu dans les jardjui, ci dont Cf.- savafl,t enrichit le Tome 111. o ( i8 ) premier les orangeries de l'Europe , en conlianl à la terre un échantillon qui s'élail conservé vivant depuis plus de dix-sept mois dans son immense herbier. J'avais dès long-temps remarqué que la presse usitée par quelques botanistes n'est un bon moyen que pour la première préparation qui suit immédiatement la cueillette, et <^ue son usage pi^olongé fait noircir les plantes. Je lui substituai bientôt deux forts cartons ou des planchettes entre lesquelles je serrais le plus possible , au moyen de cordes, mes plantes, lorsqu'elles avaient subi quelques heures d'une pressiou plus considérable. Une cinquan- taine ou une soixantaine d'échantillons ainsi disposés , entre six ou huit doubles chacun de papier non collé, se desséchaient mieux et plus vite quand je les posais vertica- lement, que lorsque jeles tenais de champ, etinesplantes ainsi comprimées sans excès, placées au soleil, sur un poêle, dans un four récemment chauffé, dans l'àtre d'une cheminée où l'on avait fait du feu durant toute la journée , ou même entre les deux matelas de mon lit , conservaient passablement leurs couleurs. Mais de tels pitocédés ne dispensent point du changement journalier des doubles de papier destinés à l'absorption de l'humi- dité , et je ne puis songer, sans éprouver les plus vifs regrets , au temps que me consomma la préparation des plantes durant mes nombreux voyages, lorsque j'ai sous les yeux l'Appareil dont je dois la première idée à M. Lecoq, et qui eût obvié à beaucoup d'inconvéniens. Il suffit de déposer dans cet Appareil les échantillons que l'on prétend conserver, après les avoir mortifiés en quelque sorte , et convenablement disposés par une première et assez forte pression de peu d'heures , vingt- quatre au plus , dix on douze au moins. L'on n'aura ( 19) plus , après celte opération préalable , à se mêler des échantillons récoltés que pour les retirer de la machine après quelques jonrs , et pour les répartir, parfaitement secs et bien conservés , à la place défînilive qu'on leur destine. On doit choisir une planchette de la même grandeur que le format de l'herbier qu'on veut se faire ou complé- ter. Le hêtre me paraît être le meilleur des bois pour base de la machine. L'épaisseur de celte planchetladoit être assez considérable pour qu'on n'ait point à craindre de la voirplîer ou se rompre. Elle doit être légèremeut bom- bée en-dedans , afin de présenter une résistance suflS- sanle à l'effort qui doit s'exercer sur ses deux grands côtés. On fixe solidement le long de l'un de ceux-ci , et par le moyen de petits clous, un morceau de toile d'em- ballage forte et grossière, plus grand de quelques tra- vers de doigts en largeur que la planchette. On fait coudre solidement sur le côté libre du morceau de toile, une tringle eu fer de la grosseur d'une forte plume de cygne environ , vers les extrémités de laquelle sont fixées deux courroies , soit en cuir , soit en ruban de fil, qui puissent serrer, entre la toile et la planchette, les plantes qu'on y étend les unes sur les autres, clia- cune entre dix à douze feuilles de papier non collé , et au moyen de deux bonnes boucles clouées à la partie inférieure sur le côte opposé à celui où la toile est fiïée. L'Appareil ainsi disposé, et lorsqu'on y a placé de dix à vingt échaolillous , doit avoir en outre , aux deux extrémités encore libres de la toile, des œillets formés par de petits anneaux en fer, pour éviter tout déchire- ment, r.cs anneaux répondenl à des crochets au nombre ( ^o ) de cinq ou six , fichés sur les bords de la plnnchette en liant et en bas. Les nus et les autres sont destinés , au moyen de deux bouts de licelle qu'on passe altcrnalive- ment des anneaux aux crochets , et des crochets aux an- neaux, à tendre de nouveau la toile dans le sens où l'effet delà tringle ne se ferait que faiblement ressentir. On sent que si l'ori a la précaution de cribler la planchette d'une multitude de petits trous à l'aide d'un vilbrequin, l'é- vaporation aura lieu en tous sens, quelle que soit la pres- sion : et si l'on expose le tout , ainsi disposé, aux mêmes influences dessiccatives qu'on emploie avec les appareils ordinaires, on obtiendra un résultat d'une étonnante rapidité. Avant que j'eusse rendu l'usage de la nouvelle ma- chine plus commode et plus sûr par l'addition de la trinsle , la substitution de boucles et de crochets à de petites chevilles de bois, qu'employait M. Lecoq , et surtout en criblant de trous la planchette fondamen- tale , jusqu'à vingt et trente plantes y furent à la fois perfaitement desséchées , sans avoir rien perdu de leur fraîcheur. J'avais, dans une excursion que je fis à Fontai- nebleau pour examiner la nature des grès au ternes oii le charlatanisme et l'ignorance prétendaient y avoir dé- couvert des Anthropolithes impossibles -, j^avais , dis-je , rempli la petite machine, encore imparfaite , de M. Le- coq , des plantes récoltées chemin faisant. Quand j'ou- vris le paquet cinq ou six jours après et de retour à Paris , je trouvai une partie des échantillons que j'ai l'honneur de montrer à l'Académie, et qui proviennent de mon voyage, supérieurement conservés. Quelques Orchis seuls n'étaient pas encore entièrement secs, et plusieurs même commençaient à noircir. Depuis et par ( =*! ) suite des améliorations faites à la machine , les Orchis ont subi , comme les autres plantes , le salutaire effet de son influence. Deux ou trois jours au plus ont suffi pour obtenir les beaux échantillons de ces plantes rebelles que l'on peut voir ici , et auxquels je ne saurais comparer rien de ce que j'étais encore parvenu à préparer avec tant de peines , et au moyen des procédés fort in- commodes du fer chaud ou des immersions dans l'eau bouillante. J'ai même obtenu en vingt-quatre heures de beaux échantillons de ces mêmes Orchis en exposant la machine , qui en était remplie, au grand soleil sur une croisée durant l'excessive chaleur du peu de jours se- reins dont Paris a joui celte année. En résumé , toutes les fois que j'ai pris la précaution de placer la machine au soleil, soutenue par les deux extrémités , et de ma- nière à ce que l'air pût librement circuler en dessus et en dessous, la dessiccation a été fortement accélérée. Les plantes plus faciles à conserver, telles que des Foiigères , des Graminées et divers arbustes, ont été totalemeiù sèches en quelques heures. Des Borragiuées n'ont subi aucune altération ^ans leur verdure •, les Liliacées ont seulement un peu jauni , et la plupart de ces végé- taux qui noircissaient ou devenaient méconnaissables de quelque façon qu'on s'y fiît pris jusqu'ici pour con- server leur forme et leur couleur, n'ont perdu ni leur aimable teinte , ni les caractères qui les rendent facile- ment reconnaissables. Il ne faut pas imaginer cependant que des plantes complètement grasses, trop épaisses et toutes aqueuses, certains Cacles cl des Champignons charnus, par exem- ple , puissciït , à l'aide du nouvel Appareil , être con- servés comme le pourraient être une Renoncule ou quel- ( ?.?. ) que Fétuque \ et son secours ne dispense point de chan- ger de papier au moins deux ou trois fois certains végé- taux trop mucilagineux qui, d'ailleurs, sont sujets à se coller contre les feuillets préparateurs si l'on n'a le soin de les renouveler. Mais ces exceptions sont en petit nombre , et nous ne présentons point notre procédé pour qu'on essaie par son secours des tours de force ou des choses impossibles , mais pour éviter de grandes pertes de temps aux vrais botanistes qui , n'essayant de con- server que ce qui peut être conservé , savent qu'on ne fait guère de grands progrès dans une science de com- paraison , si l'on ne réunit le plus possible d'objets à comparer. Cet exposé suffira , je l'espère , pour faire apprécier l'avantage de la petite machine que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie , et pour laquelle je proposerai le nom de CoQtiETTE, par allusion à l'élégance des her- biers qu'elle promet aux savans et au nom de son in- venteur. Un voyageur doit se munir d'un secours qu'il peut se procurer avec une vingtaine de sous. Si , comme je l'espère , après la terminaison dts ouvrages à la pu- blication desquels je me suis engagé, je puis entreprendre quelque jour de nouvelles pérégrinations scientifiques dans les régions les moins connues du globe , pérégrina- tions où l'expérience acquise dans mes voyages anté- rieurs me permettrait l'espoir d'être plus utile que je ne sus l'être , je me munirai d'une cinquantaine d'Appareils semblables à celui-ci , avec la conviction que , par leur secours , je pourrai obtenir des résultats cinquante fois plus satisfaisans que ceux que j'obtins, lorsque, reve- nant chargé des productions végétales des îles africaines, j'inondai les herbiers de l'Europe de tant d'espèces qui ( 23 ) avaient échappé à raes devanciers , cependaul plus sa- vans que moi et non moins actifs. Notice sur un nouveau genre d'Aranéïdes. Par m. Latreille , de l'Acad. roy. des Sciences, etc. ( Lu à rAcadémie royale des Sciences , séance du la juillet 1834- ) Lister et Degéer ont décrit une espèce d'Araignée phalange on sauteuse c[a\ ressemble tellement, au premier coup-d'œil , à quelques-unes de nos Fourmis fauves , que celui-ci s'y est d'abord trompé. (^Mémoires, tome ^7, p. 293. ) Le nom spécifique de Fourmi qu'il lui a donné lui convient donc parfaitement. Elle forme avec quelques outres espèces , dans le genre Aue de M. Walc- kenaer^ ou nos Saîdques, une division particulière, les voltigeuses. Mais quoique leur thorax , ou plutôt le cépha- lothorax se rétrécisse brusquement en arrière, pour se ter- miner en manière de cône, la forme primordiale de celte partie du corps , ou celle qui est généralement propre au thorax des Aranéïdes , n'est point essentiellement mo- difiée. Il n'en est pas ainsi de l'Aranéïde du Brésil , qui est l'objet de cette notice. Ici il est comme articulé , du moins en apparence : car il n'offre d'ailleurs aucune incision transverse. Plusieurs étranglemens le partagent en trois. La division antérieure , beaucoup plus grande en tous sens et carrée , porte les organes de la mandu- calion, les quatre pieds antérieurs, et les yeux au nombre de huit; savoir, quatre en avant, deux autres derrière les pi('( édrns el hs doux dn nicrs rejel«s sur l(;s côtés , (>4) et situés à IVxtrémilé d'une petite élévation oblique. Les deux autres divisions superficielles du thorax ont la forme de nœuds ou de bosses, et servent chacune d'attache à une paire de pattes , ou aux quatre postérieures. Le thorax est resserré entre ces deux nœuds , et à la suite du second, il se rétrécit brusquement d'une manière cy- lindrique, La division antér-ieure représente la tête des insectes hexapodes réunie avec le prothorax; la seconde le mésothorax , et la dernière le métalhorax : à celle-ci est suspendu , au moyen d'un pédicule court et cylin- drique , l'abdomen. Cette partie du corps est beaucoup plus courte que le thorax, l'ecouverte depuis sa nais- sance jusqu'auprès du milieu d'un épidémie solide ou coriace, divisé en deux plaques ou lames , l'une supé- rieure et l'autre inférieure , mou et presque membra- neux ensuite. Elle eslbrièvement resserré immédiatement après le pédicule , d'une forme presque triangulaire dans le mâle, plus allongée dans la femelle 5 la portion char- nue et lerminale prend ici une figure carrée , et le dos ofTre des vestiges d'anneaux. Nous donnons la figure de l'abdomen de l'un et l'autre sexe , mais en prévenant qu'il nous a été impossible d'en bien saisir la forme , à raison de la dessiccation de sa partie membraneuse , et des altérations qui en sont le résultat. Le corps est étroit, allongé et presque glabre. Il en est de même des pattes : la quatrième paire et la première sont les plus longues •, la troisième parait être un peu plus courte que la seconde. On voit çà et là sur ces or- ganes quelques épines longues et très-fines et un léger duvet. Le dernier article du tarse est court , tronqué a» bout , avec les crochets très-petits et latéraux. L'un des caractères qui distinguent la tribu des Ara- l ( a5 ) néïdes saltigrades de celle des Aranéïdes citigrades , ou les Araignées loups , c'est que dans la première les deux yeux antérieurs et latéraux sont situés aux angles du bord antérieur du thorax, tandis que dans la dernière ils en sont notablement éloignés , et forment avec les deux intermédiaires antérieurs une ligne transverse et à intervalles presque isométriques. Sous ce rapport l'Aranéïde de cette notice est plus voisine des Aranéï- des citigrades et particulièrement des Dolomèdes , que des saltigrades; mais les deux yeux latéraux postérieurs sont presque dans la même ligne que les deux situés derrière les quatre premiei^s ; ils forment ensemble «ne seconde ligne transverse un peu arquée en-devant, et à peu près comme les quatre derniers des Drasses , au lieu que, dans les citigrades , ces mêmes yeux lisses des- sinent un carré ou un trapèze. Quant aux organes de la manducalion, ils sont semblables à ceux des Saltiques ou des Attes. La lèvre inférieure (^ la langue) est plus allongée que celle des Lycoses et des Dolomèdes -, il y a identité pour tout le reste. Les palpes du mâle sont renflés et arrondis à leur base ,' et terminés ensuite en manière de cône allongé , et dont la pointe, vue de profil , est bifide : on aperçoit un denticule à l'exiré- milé interne du quatrième article. Le dernier article des palpes de la femelle est long et cylindrique. On voit par ces caractères que cet Arantïde ne peut entrer dans aucun des genres connus, ou qu'il doit en former un nouveau faisant le passage des Dolomèdes aux Erèses. Les dessins que je mets sous les yeux, et qui ont été exécutes par un habile artiste, M. Alplionse Prévôt, élève de M. Huet, peintre et maître de dessin au INluséum d'histoire naturelle, justifient le nom de Myr- ( =^6) niécie , Myrmecium, que je donne à ce genre, et qui avait déjà été employé par les Grecs pour désigner des Araignées, soit qu'elles ressemblassent à des Fourmis, soit que Ton crût qu'elles fissent leur nourriture de ces insectes. M. Walckenaer, possesseur d'un très-beau manuscrit de dessins d'Aranéïdcs de la Géorgie américaine , ob- servées et peintes par Abbot , y a reconnu une ou deux autres espèces de môme genre. Celle que je possède , provenant de la vente de la collection d'insectes recueillis au Brésil par MM. Marlins , recevra le nom de fauve. Sa manière de vivre nous est inconnue. \ Myrmécie , Mj-rmecium. Genre d'Aranéïdes citigrades. Yeux. Huit, petits-, six rapprochés au milieu du front 5 quatre au milieu formant un carré*, les deux la- téraux antérieurs un peu plus petits , et disposés avec les deux antérieurs des précédens siy une ligne trans- verse •, les deux derniers placés sur les côtés supérieurs du céphalothorax , très-écartés l'un de l'autre en arrière des précédens , un peu plus gros , insérés à l'extrémité d'une petite élévation oblique , et formant avec les deux intermédiaires et postérieurs des précédens une ligne transverse , arquée en-devant. Chelicères (mandibules) fortes 5 leur premier article épais, convexe en-dessus , dentelé en dessous. Mâchoires droites , un peu élargies , arrondies et très-velues à leur extrémité supérieure. Palpes du môh; terminés par un article renflé à ha liase, allant ensuitr en pointe , ou presque pyriforme \ le dernier de ceux de la femelle cylindrique et long. (»7 ) Zèt're( langue) presque carrée, un peu plus longue que large , arrondie latéralement au bord supérieur avec une ligne imprimée et transverse près de sa base. Pieds longs, presque filiformes 5 ceux de la quatrième paire et de la première les plus longs , ceux de la seconde ensuite. ESPÈCES. I. Myrmécie fauve. Myrmecium rufum. Fauve, luisante , presque glabre , avec l'extrémité des palpes , des cuisses , du premier article des pieds posté- rieurs et le bout de l'abdomen noirâtres. Longueur, environ six lignes. Se trouve aux environs de Rio-Janeiro. EXPLICATIOH DE LA PLANCHE 2. Fig. I. Le mâle, de grandeur naturelle. 2. Le mâle, grossi du double. 3. Abdomen du même individu , avec l'exlre'mifé postérieure du thorax , très-grossi. 4- Celui de la femelle, très-grossi. 5. L'une des pattes postérieures du mâle très-grossie. 6. Yeux très-grossis. 7. Parties de la bouche du mâle très-gro.«sies : aa. mandibules ; bb. mâchoires, avec les palpes ce. ; d. lèvre inférieure. 8. L'un des palpes de la femelle, très-grossi. Histoire de /"Arenauia tetraquetha, L. Par m. J. Gat. De tous les disciples de C. Bauhin , celui tjni a le plus long-temps voyagé dans rintcrct de la botanique, et rassemblé le plus grand nombre de plantes , c'est assu- rément Burser, L'Allemagne , la Suisse , l'Italie , la ( 28 ) France, les Pyrénées et presque lotîtes les contrées de l'Europe, furent successivement visitées par lui , et quoi- qu'il n'ait pas décrit lui-même les objets qu'il avait ré- coltés , il n'en a pas moins rendu à la science de cette époque des services signalés , en communiquant ses dé- couvertes à C. Bnuhia, son maître, qui cite souvent Burser dans le Prodromus et dans la seconde édition du Pinax. Parmi les plantes que Burser rapporta des Pyrénées , une des plus intéressantes et des plus mal connues est celle que C. Bauliin mentionne, pour la première fois , dans son Prodromus, sous le nom de CaryophjUus saxa- lilis ericœfolius raniosus repcns. Après avoir passé en dilférentes mains, l'herbier de Burser, qui se composait de vingt-cinq volumes, fut enGu donné à la bibliothèque p.iblique d'Upsal *, et cette circonstance fournit à plusieurs savans, notamment à Lirtné , les moyens soit de décrire des espèces nou- velles , soit d'appliquer , avec exactitude, à celles qui étaient déjà connues , la synonymie de C. Bauliin. Linné publiait la première édition de son Specîes Plantarutriy où les noms triviaux furent pour la pre- mière fois appliqués au règne végétal tout entier. La plante de Burser s'y trouve iudiquée sous le nom d'^re- naria tetraquetra, avec le synonyme de C. Bauhiu, et la citation du volume et du numéro de l'herbier de Burser. La même phrase spécifique et les mêmes synonymes sont répétés dans la seconde édition du Species, publiée neuf ans après. Dans l'une et lauiie édition , Lmne dit que sa plante est très-voisine du Gjpsophyla aggregata , que les 1 29 ) feuilles sont absolument semblables , mais qu'elle en diffère pnr ses fleurs solitaires au sommet des rameaux, non réunies plusieurs en tête. Dix ans auparavant, dans une dissertation intitulée Nova Planlorum gênera, et qui fait partie des Ainœni- talcs ^cademicœ , Linné avait indiqué , sous ce nom de Gypsophila aggregata, une planle qui alors n'avait encore été observée qu'aux environs de Montpellier, et dont C. rSauliin et Magnol avaient déjà fait mention. Le même nom se retrouve , avec l'addition de quelques sy- nonymes , dans les deux éditions du Specîes Plantai um. Les rapports de ces deux plantes sautent aux yeux de quiconque les voit rapprochées Tune de l'autre-, mais leurs différences nesont pas moinsévidentes. Elles nesufïirentà Linné ni pour les maintenir dans deux genres et deux groupes distincts, ni pour les rapprocher d-ins un mé ne genre comme espèces différentes. En 1771, année de la publication du Manlissa altéra, le Gypsophila oggregafa devint le type de VArenaria letraquelra 5 et l'espèce primitive de ce nom ne fut plus indiquée que comme variété p. En opérant ce changement, Linné flt connaître la forme du Gypsophila aggregata ou Are- naria letraquelra a par une assez bonne discriplion, la première qui ait été donnée de cette plante dans le langage linnéen. Reichard , Murray, Gmelin , Wildenow et Poiret sui- virentl'exemple qui leur avait été donné, et réunirent les plantes sous un seul nom spécifique. Seulement ils con- sidéièrent VArenaria teiraqueira primitif comme type de l'iïspèce , ou comme la variété «, et ce fut le Gypso- phila aggregata qui figura dans leurs ouvrages sous le litre de variété (3. Cela devait être , et il faut savoir sr6 ( 3o) à ces auteurs , trop souvent copistes, d'avoir redressé en ce point l'illustre Suédois. Les auteurs que je viens de citer avaient répété mot à mot , soit la description de Linné , soit celle que , dans l'intervalle , Sclireber avait publiée de la variété [3 , dans le quatrième volume des Nova Acta Academice Natwce curiosorum ; et, quoiqu'ils n'eussent point caractérisé la variété « , qu'il était cependant bien essentiel de dé- crire , puisqu'elle constituait le type de l'espèce , ils avaient classé sous deux rubriques distinctes les syno- nymes précédemment rapportés à chacune des deux va- riétés. Alais leurs successeurs , et parmi eux des hommes du plus haut mérite , ayant supprimé les synonymes de la variété a , en conservant le signe de la variété (3 , qui , seule, paraît leur avoir été connue, ont paru ou considérer les deux variétés comme une seule , ouïes prendre l'une pour l'autre ^ ce qui sera reconnu pour une faute grave lorsque les deux plantes auront été distinguées comme elles doivent l'être. C'est sous cette forme incomplète qu'est présenté l'article de V Arenaria tetraquelra dans le Sunima Plantarum de Vitraan , dans la Flore française de De CandoUe , dans le Synopsis de Persoon , et dans le Flora Gallica de Loiseleur. Dans le Prodromus de M. De Candolle , M. Seringe distingue deux variétés de V Arenaria tetraquetra, carac- térisées par leurs feuilles lâches ou serrées , et leurs ca- pitules paucî-ou multiflores. Il est impossible de mé- connaître le Gypsophila aggregata dans la variété laxi' folia \ la phrase et les synonymes s'y rapportent exac- tement. Il serait naturel de penser que , dans la variété densîfolia , M. Seringe a voulu désigner le vrai Arenaria telraquelrahinu. . qui a , en effet, les feuilles beaucoup ( 3i ) plus serrées que le Gypsophila aggregata. Mais M. Se- riuge parle de capitules pauciflores , et il cite pour syno- nyme le Gypsophila aggregata. Il m'est donc im- possible de supposer que M. Seringe ait connu le vrai Arenaria tetraqiietra , et je me verrai forcé de raporter ses deux variélés au Gypsophila aggregata-^ car je n'ai jamais vu plusieurs fleurs à V Arenaria tetraqiietra , et M. Seringe ne peut pas avoir appliqué aux feuilles le mot aggregata que Linné employait pour exprimer la disposition des fleurs. Ray, Boccone , Bari^elier , Gérard, Gouan, Quer et Allioni , ont parlé de la variété [3 , en y appliquant la synonymie qui appartient à cette variété. Lapeyrouse mentiorine , dans son Histoire ahrégée des plantes des Pyrénées^ une variété de V Arenaria tetraque- tra à quatre étamines et à quatre pétales. D'après la loca- lité indiquée par l'auteur, localité que j'ai visitée l'année dernière , et où j'ai vu la variété « , sans la cueillir , j'ai lieu de supposer que la variété de Lapeyrouse se rapporte à fna variété a, qui est celle de Reichard, Murray, etc. , quoi- qu'elle ne m'ait jamais oflert que huit étamines. Mais je crains que l'auieur n'ait confondu mes deux variétés en citant les localités de la plante qu'il considère comme le vrai Arenaria tctraquetra, La variété p, ou le Gypsophila aggregata L. , peut bien croître dans les basses montagnes dudépartement desPyrénées-Orientales etdu département de l'Aude, et j'en possède, en effet , des échantillons provenant de la Font-de-Comps, une des montagnes appartenant au premier de ces départemens, qu'indique Lapeyrouse. Mais je concevrais difficilement que la même plante fût venue s'établir au Portillon , à Picade, au port de Benasquc et à la Massiue , localités situées ( 3a ) dans le département de la.Haute-Garoune ou en Espa- gne , au midi de ce dcpaitement, et séparées du dépar- tement des Pyrénées-Orientales par la vallée d'Arau et par la plus grande largeur du département de l'Arriége , localités, d'ailleurs , beaiicoup plus élevées et où je n'ai lroi;vé que VArenaria tetraquetra Liun. Spcc. Je suis donc porté à croiie que Lapcyrouse n'a pas distingué les deux variétés, et que les localités par lui rapportées doi- vent (être distribuées entre ces variétés de la manière que j'indiquerai plus bas. Mon opinion à cet égard est encore appuyée par un échantillon que je tiens de l'auteur , étiqueté de sa main Arenaria tetraquetra , et qui est exactement semblable à la variété «;. Je n'ai point vu la plante que M. 13ory de Saint-Vîn- cen^^ a décrite dans les Annales générales des Se. pliys. sous le nom à^ Arenaria amabilis , et qu'il a observée sur les hautes montagnes de la S terra- Nevada , dans le royaume de Grenade. Celte plante n'existe point dans son herbier, et il était difficile de juger , à la simple des- cription , si elle différait suffisamment de l'une des va- riétés de VAr. «ef/-rt<7ue£ra pour mériter d'être conservée comme espèce 5 mais M. Bory de Saint-Vincent ayant cru reconnaître sa nouvelle espèce dans les échantillons del'^r. tetraquetra o: que je lui ai fait voir, je rapporte- rai V Arenaria amabiUs parmi les synonymes de cette variété , en attendant que les deux formes aient pu être étudiées comparativement. , Après avoir ainsi tracé l'histoire de ces plantes-, il me xeste à les considérer en elles-mêmes, à les comparer aux. autres espèces du même genre, à signaler une cir- constance remarquable de l'organisation de leurs fleurs, à les distinguer l'une,. de l'autre, et à les décrire som- ( 33 ) mairemeat, dans le langage technique, en rapportant tous leurs synonymes. Les plantes dont il est ici question sont de vrais Are- naria. Elles sont dépourvues de stipules et elles se pla- cent naturellement dans la section caractérisée par la forme lancéolée ou ovale des feuilles 5 mais elles diffèrent des espèces de cette section, ainsi que de toutes les autres espèces, parla consistance coriace de leurs feuilles et de leurs sépales, ainsi que par le bourrelet blanc, épais et arrondi , qui marque le contour de ces deux organes. Il est depuis long-temps reçu en principe que les Ca- ryophyllées ont leurs pétales et leurs étaraines insérés sur le réceptacle de la fleur. Aussi ont-elles été classées par M. de Jussieu parmi les polypélales hypogynes. Il existe, néanmoins, à ma connaissance , trois exceptions à celte règle , et tout porte à croire qu'une étude plus attentive de la tribu des Alsinées en fera découvrir un plus grand nombre. La première de ces exceptions a été constatée, en 1816, par M. Auguste de Saint-Hilaire , dans les fleurs du Siellaria aquatica Lam. (Mém. Plaç. centr. libr. p. 80 , 81 ) dont les pétales et les étamines sont évidemment pén'gynes , et pour lequel, eu raison de cette structure , M. Saint-Hilaire a établi le nouveau genre Larbrea (i). La seconde exception m'a été four- nie par le Cherleria sedoides dont les pétales et les éta- mines sont tout aussi manifestement insérés sur le calice <|ue les mêmes organes dans la fleur du SteUaria aqua- (i) Je dois relever ici l'erreur dans laquelle est touit^ M. Seringe , en faisant du Cerastiuni aqualicun L. , dont les pe'tales et les e'tamin-.s sont hypogynes, l'espèce unique du genre Larbrea^ et en laissant parmi ]ci Stetlaria \c SteUaria aquatica , pour lequel seul ce genre fut ins- titué. ( f^oyez De Cand. Prodr. I. p. .SgS et 39*^. ) Tome TII. 3 (34) tica (i). Enfin, j'ai trouvé des traces bien sensibles de périgvnie dans W4 renaria tetraquetra. Mais il est à re- marquer qu'à cet égard, les ôchanlillons que j'ai cxami- ués n'étaient pas tous aussi instructifs les uns que les ;i^ Les carjclèrvs du genre Clier.'ena oat cte txpojcs d'une manière fort incomplète, et tuècae erronée dans un point essentiel , p»r tous les auteurs qui se sont succèdes jusqu'à ce jour. Non-seulement ces au- teurs ne font aucune mention ni des fleurs polygames, ni du ca- iTce urcéolé à sa base, ni des étamines peVygines ; mais les plus ré- c«ns et les pins estimés d'entre eux , attribuent au Cherleria, quoiqu'ayec doute , une capsule trdocuiairc , ce qui est absolument contraire à la Terité. Je crois donc devoir rétablir ici les caractères de ce genre, d'a- près les obserrations que j'ai faites dans les P3(Ténées , sur la plante fraîche , «u mois d'aot'lt de l'année dernière. CauxsuÀ. Ca/ix ijuin<]uepanu..s, btisi urceolatus. Petula 5, mi- nÙM , sitmiHO calycis bivti uixcolo inserta, tipicc nuitc i'nJi>ùer/ècf.r. Ces caractères n'appartiennent qu'au seul Cherleria seJoùies. La seconde plante qui a été rapportée à ce genre par M. Scringie, a les éta- mines h>'pogjnes, et . pour !e nombre des parties de la fleur, ne diffère pas du J/ocA ri/ijiu. Mais comme on y trouve quelquefois cinq sépales et dix étamines j comme, d'ailleurs , les genres qui. dansée groupe, ont été distingués de W-lrenariii par le nombre seul des parties de la fleur, ne me paraissent pas devoir être conservés, je crois suivre de meilleurs principes en clasS|ant le Chaicria imbricaUt Seringe , parmi les espèces de ce dernier genre. Af.EsiHA (arctioiths) parmla, cespilosa ; JoLis dfmè imbricatis , spa- tulatis . aciitiuscttHs , cont-exis , trinfrvibus . glaberrimis ; Jlaribus in ramonun ûpice solitariis , subiessilibus ; tepaEs 4 > erectit , Ofatis , obtusis, trinenihus , margine memhranaceis : petaUs 4 stjminibuujue 8 hy-pogynU :, ct^psuld inc'usd , triiol^'i. JV. SieberacheilA^ioides. Hopp. in Flor. od. Bot.Zcit. 11. p. a4 (i« Januar. Somerauera quadrifida. Hopp. 1. c. p. 26. Arenaria aretioides. Portenschl. ined. ante ann. 1821 (ex Sieb. ). Cherlcria octandra. Sieb. Herb. Austr. n'" i4g ( aau. 1811 ). ( 35 ) autres. DariH tous ceux que je possède de la \:iiu:i6 f-i aggrf;gat.a,aiimiiiu:ri(:atii. Si^rini^i: in Ui! (iïitul. l'iodr. J. j). /fii ^ iHvi/j ). Pi^tiilu mllii /| , liiiciiri-luiiccolala , indivisu, acula , culyno fn'plo brcvinru, alii» vol ciincif'orinia ol>lti«a aciitiu.sii.s m ( Sid). in litl. ). — Confer Korli. in I'Imi'. (ici Hol. '/,cil. IX. |i. 7ri.'î-7fji) (dcccnilir. i8ja ). Ilaliilal m Hiimini* Cnrinlliia- s en donner la description, sans môme répéter le peu de mots que Linné avait ajoutés à sa pbrase spécifique , et qui suffisaient pour la faire distinguer du Gypsophila aggregata. Ainsi , de tous les ouvrages où il est question de V Arenaria tetra- quetra , les plus utiles à consulter présentent le singu- lier spectacle d'une espèce composée de deux variétés , autrefois regardées comme espèces et même comme genres distincts , dont la seconde seule est décrite , quoique ce soit précisément celle dont le nom a été abandonné. Une telle singularité peut avoir sa cause principale dans l'habitude que les éditeurs du Species Plantarum ont eue trop long-temps de se copier servilement les uns les autres ; mais elle peut tenir aussi à d'autres circonstances. Notre plante ne se trouve ni au nord ni à l'ouest des Py- rénées •, Linné ne la vit probablement que dans l'herbier de Burser , et , par le fait seul de sa rareté , elle resta inconnue à tous ceux qui publièrent de nouvelles édi- tions de son ouvrage , de même qu'à tous les auteurs de Flores particulières. C'est ainsi que se propagent les vices primitifs des meilleurs livres. Je m'estime heureux d'avoir pu corriger celui-ci , et dissij)er la confusion qui en a été la suite. ( 37 ) Au fait , Liuné a eu raison , selon moî , de réunir le Gjpsophila aggregata à VArenaria telraquetra. Mais ces plantes se présentent sous des formes et avec des ca- ractères si distincts, elles croissent à des hauteurs si diffé- rentes, qu'on serait excusé par le juge le plus sévère siou voulait les considérer comme deux espèces. Le Gypsophila aggregala croit sur les collines et les basses montagnes de la Provence, du Languedoc et du Roussillon. A Mont- redon , près Marseille , il descend jusqu'au niveau de la mer. Dans ses Herborisations aux environs de Montpel- Zzer,Gouan l'indique surles petits coteaux qui entourent le village de Saint-Loup , au Capouladou , à la Sérane et au Vigan, toutes localités plus ou moins montagneuses, mais fort peu élevées au-dessus du niveau de la mer. Les plus hautes montagnes des environs de Montpellier sont le pic de Saint-Loup , dont j'ignore la hauteur ; le cap de Cost , qui a SgS toises d'élévation , et l'Aigual qui va jusqu'à 780 toises. Gouan énunière fort longue- ment les plantes qui y croissent , et le Gypsophila aggre- gata n'est dans aucune de ces listes. Je n'ai pas visité moi-même là Font-de-Comps ni les autres montagnes du Roussillon , que Lapeyrouse cite poarV A renaria telraque- tra , et qui vraisemblablement appartiennent au Gypso- phila aggregala. Mais j'ai tout lieu de penser que le Gypsophila s'y trouve à de basses élévations , et non près des sommets. Au contraire, VArenaria telraquetra ne paraît se plaire que sur les montagnes soumises à l'influence des neiges permanentes. Je l'ai trouvé eh Arragon sur le versant occidental de la Massive de Castanbze , à une hauteur qui ne saurait être moindre de 800 toises. Quel- ques jours auparavant, je l'avais cueilli sur le "versant (38) méridional du port de Benasrjue , à q2 3 et à i loo toises d'élévation, et dans cette dernière localité, il n'était éloigné que d'environ loo toises de la limite des neiges perpétuelles. La Sierra-Nevada , où M. Bory a observé son Ajenaria «/«aZ>;7iV, passe pour avoir des sommets tout aussi élevés que les plus hautes cimes des Pyrénées , et M. Bory affirme y avoir trouvé sa plante à une grande élévation. Ainsi V Arenaria tetraquetra vit à de plus grandes hauteurs, a besoin d'un autre sol , et réclame une autre température que le Gypsophila aggregata. La difl'érence du climat devait influer d'une manière notable sur le port des deux plantes. En effet , Y Are- naria tetraquetra est plus raccourci, plus gazonnant que le Gypsoplula agreggata. Les tiges florales du premier ont; i-arement un demi-pouce de long; elles sont, du haut en bas , couvertes de feuilles imbriquées, et ne portent qu'une seule fleur au sommet. Celles du second s'allon- gent jusqu'à deux pouces , les feuilles y sont beaucoup plus courtes que les entre-noeuds, et on compte, au som- met, cinq ou dix fleurs disposées en tête et environnées de bractées. Les feuilles elles-mêmes sont beaucoup plus obtuses et plus glabres dans V Arenaria tetraquetra , que dans le Gypsophila aggregata. Mais la fleur présente d'autres différences , et des différences bien plus remarquables. Après avoir examiné un grand nombre de fleurs de V Arenaria tetraquetra, je m'aperçus que mes échantillons ne portaient pas tous des fruits, et, ce qui m'étonna beaucoup , c'est que les moins avancés étaient ceux que j'avais cueillis plus tard , presque dans le même lieu , à quinze jours de distance des premiers. En cherchant la f 39) cause de cette singularité , je trouvai que les anthères étaient avortées dans tous mes échantillons fructifèi-es , et bien conformées dans les autres dontl'ovaire était lan- guissant plutôt qu'avorté. Dès ce moment , il me fut démontré que les fleurs de Y Ârenaria letraquatra étaient polygames comme celles du Cherleria,c\. je compris alors pourquoi j'avais trouvé en pleine fleur, le a6 août, une plante que j'avais cueillie en fruit le i3 du même mois. Il était naturel que les sucs nourriciers qui dans les pre- miers échantillons étaient dépensés en faveur de l'ovaire et des graines, servissent, dans les autres, à prolonger la vie des pétales. Il est bien connu que les fleurs doubles dont le fruit avorte , durent plus long-temps que les fleurs simples. N'ayant point étudié le Gypsopliila aggregata dans les lieux où il croît , et n'ayant jamais vu ses fruits , il m'est impossible de dire positivement si ses fleurs sont polygames ou non. Mais ce qui est bien certain , c'est que personne n'a signalé cette plante comme ayant des sexes séparés par suite d'avortement, et que tous les échantillons de ma collection , lesquels proviennent de trois localités différentes et éloignées les unes des au- tres , sont organisés d'une manière uniforme, avec des anthères fertiles et des ovaires qui paraissent bien cons- titués. Il est donc très - probable que ses fleurs sont toutes hermaphrodites , à moins qu'on ne veuille sup- poser qu'elles sont toutes mâles par avortement, comme celles du Phragmiles communis et du Donax vulgan's. La dernière différence que je dois signaler, réside dans h; nombre des parties de la fleur. Toute espèce d' yïrenaria présente cinq divisions calicinaies , autant .de péUiles , et dix élamines ou un moindre nombre , ( 4o) avec inconstance du nombre inférieur. A cet égard , le Gypsophila aggregata est un vrai Arenaria. Mais quel- que persévérance que j aie mis à étudier la structate de Y Arenaria tetraquelra dans un grand nombre de fleurs , il m'a été impossible d'y trouver ni plus ni moins de quatre sépales , quatre pétales et huit élamines. Plusieurs genres d'Alsinées ne sont fondés que sur le nombre des organes de la fleur. Quatre ou cinq sépales , autant de pétales , d'étamines et de valves capsulaires , constituent le genre Sagina. Quatre sépales, autant de pétales , liuit étamines, quatre valves à la capsule, carac- térisent le genre Mœhringîa. Cinq sépales , cinq pétales , cinq ou dix étamines, cinq styles, six valves, servent de fondement au genre Spergula , dont V Arenaria diflere uniquement par ses styles au nombre de trois , et YAl- sine par ses feuilles stipulées et sa capsule à trois valves. Si ces caractères présentaient quelque fixité, on pour- rait, à la rigueur, maintenir les genres que je viens d'énumérer , quoique ce ne soit pas un service à rendre à la science que de multiplier sans nécessité les divi- sions. Mais quel est celui qui a étudié les Alsinées et qui ne sait pas que le nombre des valves de la capsule , des styles , des pétales, varie à l'infini dans cette tribu , sur- tout dans les genres dont il est ici question, et qu'il n'est pas rare de trouver les caractères de chacun d'eux dans les différens individus d'une seule et même espèce .t* Ces divisions ont d'ailleurs l'inconvénient de troubles les aflSnités spécifiques. Quoi de plus semblable que Y Arenaria havarîca L. et le Mœhringia muscosa L. , que Y Arenaria uîiginosa Schl. et un Spergula , que le Sagina cerasloides?)va\Û\e\.\e Cerastium pentandrumï^. ! Quoi de plus dissemblable que les Sagina apetala et i (4' ) erecla, que les Arenaria peploides et tn'neivîa, que les Ceraslium vulgalum , maniicum et aquaticum 1 II est donc évident que les genres Sagina , Mœhringia , Spergula, Alsine et Arenaria doivent être réunis, puisque la na- ture n'a point établi de limites entre eux. Telle est , du moins, mon opinion. Je ne commettrai donc pas rinconséquence de rapporter Y Arenaria tetraquetra au genre Mœhringia, dans lequel il vient se placer par ses caractères. J'aime mieux suivre l'exemple de M. Gre- ville qui , dans sa Flora Edinensis , n'a considéré le Sagina cerastoides Smilli, que comme une variété du Ceraslium penlandrum. h' Arenaria tetraquetra ne figu- rera donc ici que comme variété du Gysophîla aggregata, malgré la différence constante que j'ai trouvée dans le nombre des parties de la fleur des deux plantes. Je viens de comparer entre eux Y Arenaria tetraque- tra et le Gjpsophila aggregata. Il me reste à examiner les deux formes du premier, et à voir en quoi elles diffè- renl l'une de l'autre. J'ai déjà dit que , dans certains écliantillons, les an- thères étaient bien conformées et l'ovaire languissant , tandis que, dans d'autres, les étamines étaient avortées, et la capsule remplie de graines fécondes. J'en ai conclu que cette plante était polygame. Je puis ajouter que les pétales sont un peu plus longs que le calice dans la fleur mâle, et un peu plus couris que les sépales dans la fleur femelle. IVJais les pétales on"rent dans les deux sexes une diffé- rence bien plus reraarqunble. Dans la fleur mâle, ils sont, ou, du moins, ils m'ont paru, comme dans le Gysophila aggregata y parfaitement alternes avec les divisions du calice. Dans la fleur femelle , au contraire , ( 4^ ) ils sont évidemment rapprochés par paires opposées 5 et , lorsqu'on en cherche la cause, on trouve que chacun des doux sépales opposés embrasse la plus grande partie des deux pétales les plus voisins , à peu près comme la paillette extérieure d'une Graniinée embrasse les deux écailles de la lodicule. Ces pétales ne sont pourtant point exac- tement opposés au sépale qui les reçoit , puisque l'intei'- valle qu'ils laissent entre eux regarde seul la ligne mé- diane du sépale; mais ils ne sont pas, non plus, alternes avec cet organe, dans la rigueur de l'expression, puis- que leur ligne médiane est adossée à la surface intérieure du sépale , dans la partie de ce dernier organe qui avoi- sine le bord ; le bord seul des pétales dépasse un peu le bord des divisions calicmales. Il y a donc dans celte fleur des pétales disposés deux à deux ou sensible- ment détournés de la situation alterne. Mais je ne sais sil faut attacher beaucoup d'importance à ce carac- tère , qui peut dépendre en grande partie de la forme des pétales., plus courts dans la fleur femelle que dans la fleur mâle. Au reste , celte organisation n'est pas nou- velle dans le groupe des Alsinées. Il y a plus de soixante ans que Gérard décrivait en ces termes les pétales du Bufjhnia anniia (Flor. Gallopr. p. 4oi)'5 petala 4 hasi calfcis adnata , eodem dimidio hre\nora , ex iif roque latere bina, approximata , adeoque duo sîmul proxi'ma, alii's duobus proximis opposila, intersliius pariter op- positis. Les conclusions de tout ceci sont que YArenaria.te- traquatra dillère du Gypsopliila aggregata par des carac- tères très-remarquables, et qui étaient restés ignorés jusqu'à ce jour j mais qui, néanmoins, n'autorisent pas à le regarder comme une espèce différente de ce Gjp- ( 43 ) sophila. Je vais rapprocher leurs différences et les dé- crire , en conservant V Arenaria lelraquelra Linn. Spec. comme type de l'espèce , et en y rapportant le Gj'psopJiila aggregala comme variélé B. ArENARIA TETRAQ0ETRA. A. Caulibus ei eadem radice pluribus , cespitosis ; foliis oblongis , coriaccis, calloso-marginatis , infernè margine ciliatis; sepalis ovato- lanceolatis , coriaceis, rigidis , acutis, trinervibiis, apice et margine callosis j petalis oblongis, sublineaiibus ; stylis plerumqne 3 ; capsula obloDgâ , calycem aeqiiante , plerumqne sexvalvi ; seminibus renifor- mibus , tuberculatis. N. a Uniflora. A. Caulibus floriferis brevissimis, vix unquam semuncialibus ■ foliis ovalo-oblongis, oblusis, dorso glabcrriciis, circà cauleoi floriferum dense imbricatis ; floribus in singulo caule solitariis , polygamis j se- palis pefalisque 4 ; staminibus 8. Caryophyilus saxatilis ericœfolius ramosuSrepens. C. Bauh. Protlr. J651) p. io5. — Ejusd. Pin. edit. 2* (1671) p. 211. — Ray. Hist. II. (1688J p. 1034. —Burs. Hcib. XI. i35. Arenaria tetraquetra. Lion. Spec. edit. i» (i^SS) p. 423; édi^ 3» (1762) p. 6o5. Ar. tetraquetra /?. Linn. Mant. ait. (1771) p- 386 (excl. dcscript. •»arietati yÊ subjcctâ). Ar. letaqiietra *. Reich. Syst. PI. 11(1779) P- ■^%- — Miirr. Syst. Vcget. (1784) P- 4'^^- — Gmel. Syst. Vegot. edit. Lugd. (1796) p. 719. — Miirr. Syst. Vcget. édit. Pcrs. (1797) p. 453. — Willd. Spec. II. (1799) p. 717. cxcl. syn. AU. — Poiret Uict. VI. (i8o4) p. 36i. excl. »yn. AU. et Willd. — (excl. apud omnes descript. varietati ^ subjeclâ). Ar. imbricata? Lag. in Ann. Se. nat. V. p. 278. — non Marscli. nec RuQn. Ar. tetraquetra /2 floribus tetrandris? Lapcyr. Abr. Pyr. ( i8i3) p. 25 I. . Ar. amabilis ? Bory Ann. Gen. Se. phys. III ( 1820) p. 5. — Scriii^îc in De Cand. Prodr. I ( 1824 ) p. 4o9- sp. 90. Habitat in l'yn."na:orum montibus Vei\ascuin, arragonenscm oppidum, cir("uui;acentibu3 , altitudinu 800-1100 hexnpodum , viilelicct in occi- deotali declivitale muutis Massive de Cmlanczc fi in australi declivitatu mentis Port (le Bcnnsquc, loci$ dictis le Plan d'Euaf^ne, cl Penna (44) blanca. Ex locis à Lapeyrousio ad suam Arenariavi tetraquetram citatis hue ctiam spectare videntur le Port Je Paillas in pra?fectura Aurige- rana , le Portillon, inter valleni à'Arran et vallem de Luchon, deniquc le pied du Port de la Picade , qui poslerior locus omnium proximus est monti Port de Benasqiie. "Eamdevaaat proximam sfirpem inregni Grana" tensis altissimis montibus Sierra-Ifevada obseivavit Cl. Bory de Saint- Vincent. "2/; . Floret Augusto. Radix longa , crnssa inter lapides et saxorum rimas allé descendens. Gaules suprà terram vix biunciales , dense foliosi et folis imbricatis omnino tecli. Folia lœto viridia , falcato - incurva , canuliculata , Tix duas lineas longa, obtusa , non pungentia, la ramorum apicibus laxiora. Flores aut omninù sessiles aut brevissimo eoque foliis su- perioribus bractealo pedicello suffulti, bracteis duabus superioribus calycem stipantibus. Galyx 2-21/2 lineas longus , praeter sepalorum marginem ciliolatum glaberrimus. Petaia yenosa. Filamenta com- pressa, alterne petalorum et sepalorum basi affixa. Masculi floris petaia sepalis alterna, iisdem trienle longiora , linearia, obtusa, sub- spatulata ; filamenta cum petalis potiùs hypo-quam perigyna, demùm calyce longiora , basi œqualia ; antherae fertiles j ovarium ovoideum , breviter stipitatum , trigynum, imperfectum. Foeminei floris petaia f^alyce paulo breviora , elliptico-lanceolata , geminatim approximata , et quasi duobus interioribus sepalis opposita ; filamenta cum petalis potiiis peri-quam hypogna, calyce breviora , linearia , basi valdé dila- tata ; antherae castratae ; capsula sessilis , oblonga , calycem a;quans , plerumque trygina , sexvalvis : semel visa quin([aevalvis cum stylis 3 , semel quinquevalvis cum stylis 2, bis qiiadrivalvis cum stylis 2 j ovula subduodena; semioa 3-5, reniformia, luberculata. /5 Aggregala. A. caulibus floriferis i 1/2-2 uncias Ion gis , foliis lineari-lanceolatis, acutis , subpungenlibus, ad nervum carinalem pubescentibus , supernè laxissimis , distantibus , floribus 5-io, terminalibus, aggrcgatis , capi- tatis , quinquesepalis , pentapetalis , decandris. Car^ophyllus saxatilis Ericae foliis , urobellatis corymbis. G. Bauli. Prodr. ( i6ji) p. io5. — Ejusd. Pin. edit. 2= (1671), p. 2ti. — Magn. Bot. Monsp. (1676), p. 53.ic.— Ray. Hisl.Il(i688) p. io33.— Ant. Juss. in Barrel. Icon. (1714) ?• 62. — Quer FI. Espan. IV (1764) p. 75. Alsine cricoides umbellalis corymbis. Magn. Hort. (1697) P' "• Rubiola montana. Bocc. Mus. (1697) part. 2» , p. 60 tab. 47 ( ex Ant. Juss. 1. c. ) —Barrel. Icon. (1714) ûg- SgS. Saponaria calycibus penl^phyllis, floribus aggregatis , foliis mucro- natis , canaliculatis, recurvis. Linn, Hort. Ups. 0748) P- 107. ( 45) Gypsophila aggregata. Linn. ]Nov. PI. gen. ( ann. 1751 ) in Amœn. Acpd. edit. Schreb. III (1787) p. aS. — Linn. Spec. edit. la. (i753) p. 406; edit. 23. (1762) p. 58i. — Gouan Hort. Monsp. (1762) p. 211. Ejusd. FJ. Monsp. (1765) p. a36. —Schreb. in Kot. Act. Acad. Nat. Cur. IV p. i/fo. Arenaria foliis mucronatis, recurvatis, floribus aggregatis. Ger. FI. Gallopr. (1761) p. 4o5. n° 6. Arenaria tetraquetra a.. Linn. Mant. ait. (i77i)p. 386. cum des- criptione varietati subjectâ. A. tetraquetra fi. Reich. Syst. PI. II (1779) p. SSg. — Miirr. Syst. veget. (1784) p. 4^3. — Gmel. Syst. Vcget. edit. Lugd. (1796) p. 719, — Miirr. Syst. Veg. edit. Pers. (1797) p. 453. — Willd. Spec. 11 (1799) p. 717.— Poiret Dict. VI. (i8o4) p. 36i. A. tetraquetra. Ail. Pedem. (1785) II. p. ii5. tab. 89. fig. 1 (mala). Ait. Hort. Kew. edit. 2». III (i«i i ) p. 98. A. tetraquetra a et ;S (propter suppressum varietatis a. synonymon). Vitm. Summ. PI. III Ci 789) p. io3. — Decand. FI. fr. (i8o5)) no 4408. —Pers. Synops. I. (i8o5) p. 5o2. sp. a. — Lois. FI. Gall. I (i8o6) p. 258. A. capitata. Lam.Fl. fr. edit. a (1793) IIJ. p. 89. A. tetraquetra a. Lapeyr. Abr. Pyr. (i8i3) p. a5i. — Suppl. (1818) p 59. ( exclusis prioribus locis natalibus ). A. tetraquetra a. laxifolia et /2 densifolia. Seringe in De Cand. Prodr. 1 (1824) p. 409. sp. 89. Habitat in demissis et aridis Hispaniae montibus Alcaraz , oppidum Castella; novae, circumdantibus (Barr.); ineadem yi?/caWa provincia propé Cannaveras , Olmeda Oe la Cuesta et alibi ( Quer ). In Galliae australis agro Ruicinonenci, et Aurigerano orientali , speciatim in monte l'^ont- de-Comps ( Lapeyr. et Philipp. Thomas ) , et verisimiliter in montibus lie lYoédes, de Conat et propc pagum BeiUoc suprà f^illefranche , locis ;i Lapcyrousio ad suam tetraquetram «t allegafis. In Occitaniœ orientalis collibus et monticulis Monspelio à septentrione vicinis, videlicet circà pagum lit. -/x5u^ (Linn. Spoc. edit. 2*. Gouan Herbor. p. \Q']),auCapou- ladou ( Magn. Gouan. Hort. Monsp. cl Herbor. p. l'ji), a [a Sérane , speciatim circà pagum Sl-GuUhen et loco dicto Montpeiroux ( Gouan Herbor. p. 17901 180 ), dcniquè circà oppidum le f^iqan (C Buuh. in Prodr. .Linn. Hort. Ups. Gouan. Hort. Monsp.). Habitat prsetereà in L Galloi>rovincia; australis montanis stcrilibus ( Ger. Gallopr. ) , ad mare B' propc Massiliam, loco dicto Monlredon { L. Thomas), et circà op- ■ pidum Grasse ( ex ore Balbisii). Deniquc in Pedemontii monte Col-de- H Tende ab Allionio citatur , de qu<1 liabitalione , ob montis celsitudi- r ( 46) Radix brcvior et gracilior praecedente. Cespites laxiores. Caules suprà tciram bi-triunciales , basi tantùm foliis irabricatis tecti. Folia glaucescentia seu pallidè -viridia, acutissima , pungentia , minus quàm in priore coriacea ; inferiora imbricata , ip-a lineas-longa , falcato- incurva, raiiùs recla, slricta ; siiperiora distantia, hamata , dimidiô bieviora. Flores 5- lo, in capitulum unicum collecti , singulum indi- visum dense pubesccnlem caulcm coronantes. Bractea; 6-8 , foliorum inferionim œmula: , at minus falcatœ , decussatœ , capitulum invoiu- crantes, eoque parùm breviores. Calyx 3 lineas longus , sepalisdorso pubescentibus , marginc ciliatis. Petala venosa , sepalis alterna, iisdcm tiiente longiora , linearia , obtusa , subspatulata. Filamenta compressa, alterné petalorum et sepalorum basi aflixa , cum petalis potius bypo- quàm perigyna , calycem demîim aequantia, basi sequalia non dilatata , antherœ fertiles, minutœ , flava;. Ovaria mafurescentia pleraque sexval- yia trygyna , nonnulla quinquevalvia trygyna et quadrivaUia digyna. Rapport sur un Mémoire de M. Auguste Saint-Hilaire , ayant pour titre Monographie des genres Sauva gesia et Lavradia (i). Par m. Desfontaines. ( Lu à l'Acade'mie royale des Sciences , le 8 mars i8a4-) L'auteur de ce mémoire s'est proposé de décrire les deux genres que l'on vient de nommer, de faire con- naiti'e les espèces nouvelles qui leur appartiennent , d'examiner leurs rapports naturels avec diverses familles, et ceux que ces familles ont entre elles. Les genres Sauvagesia el Lavradia sont composés de sous-arbrisseaux à racines fibreuses , à liges ordinaire- ment droites , garnies de feuilles simples, alternes, ses- siles , dentées en scie , rarement entières , calleuses sur les bords, veinées transversalement et accompagnées de (i) Cette Monographie forme les deux premières livraisons de l'ouvrage que Fauteur publie sous le titre de Plantes les plus re- marquables du Brésil et du Piiraguay; chez Belin, rue des Malhurins- Saint-Jacqucs, K. ( 47 ) deux stipules ou folioles latérales , attachées à la tige. Les fleurs toutes axillaires et hermaphrodites , dis- posées en grappes simples ou ramifiées , ne forment de panicule que dans une seule espèce, et à la base de chaque pédicelle se trouve une petite feuille que les bo- tanistes désignent sous le nom de bractée. Le pistil de la plupart des plantes n'est entouré , comme Ton sait , que de trois sortes d'organes , le calice , la corolle elles étamines , tandis qu'il y en a quatre dans le Lawradia, et cinq dans le Sauvagesia ^ savoir, i" un calice , 2" une corolle extérieure , 3° des filamens qui manquent dans le Lavradia , 4° "f^^ seconde corolle, 6" les étamines , et ces divers organes alternent cons- tamment avec ceux des rangs les plus voisins. Le calice est à cinq divisions profondes , ovales , étalées pendant la floraison , souvent colorées. La corolle est composée de cinq pétales liypogynes , ouverts , entiers , blancs ou roses , ovales, renversés dans le Sauvagesia et ovales ou en forme de lance dans le Lavradia ; ici l'au- teur relève une erreur de Linné et autres, qui, d'a- près lui , ont avancé que les pétales du Sauvagesia étaient frangés. En dedans de la corolle extérieure de ce même genre, se trouvent un ou plusieurs rangs de filets, de lormes diilérentcs et souvent très-nombreux. Linné dit qu'ils sont placés entre le calice et la corolle. C'est une erreur qui avait déjà été reconnue et corrigée. La corolle intérieure du Sauvagesia est à cinq pétales ; celle du Lavradia au contraire est monopétalc , d'une forme conique, crénelée ou dentée au sommet. Dans ces deux genres , les étamines, au nombre de cinq, sont lou'iours en dedans de la corolle interne celles alternent avec les pétales dans le Sauvagesia , et I;i même dispo- (48) silion existe sans doute dans le Lavradia , mais on ne peut s'en assurer directement à cause de la petitesse et du nombre variable des dents de la corolle. Les ûlets des étamines de ces deux genres sont très -courts , et l'anthère y est fixée par la base 5 elle est à deux loges qui s'ouvrent longitudinalement sur les bords \ sa forme est linéaire dans le Sauvagesia , elliptique dans le La- vradia. Les filamens qui se trouvent en dedans de la corolle extérieure du Sauvagesia , dont nous avons déjà parlé , ne sont que des étamines avortées : le renflement de leurs sommets et leur insertion alterne avec les pé- tales, le prouvent évidemment. Le style de l'un et l'autre de ces genres est cylindrique, persistant, et le stigmate s'en distingue à peine. L'ovaire est ovoïde dans plusieurs espèces et porté sur un très- petit gynophore ou pivot, auquel les étamines, ainsi que la corolle intérieure, sont attachées. Cet ovaire devient une capsule ovale , communément trilobée, entourée de la corolle interne et des étamines qui persistent. A l'é- poqvie de la maturité, cette capsule se partage jusqu'au milieu de sa longueur en trois valves , dont les bords rentrent quelquefois en dedans , de manière à former trois cloisons complètes vers la base de la capsule , et à la diviser en trois loges. Les graines attachées sur deux rangs aux bords ren- trans ou non rentrans des valves , sont très-petites , d'une forme à peu près arrondie, et parsemées de petites cavités disposées par séries. L'embryon est droit , cylindrique au centre d'un périsperme, charnu , et la radicule se di- rige vers l'ombilic placé à l'une des extrémitésde la graine, dont l'enveloppe est crustacée (1). (i) Ce qui est fort remarquable, c'est que quand il y a dans les deux (49) Surian est le premier qui ait eu connaissance du SaU- vagesia. Il en apporta , des Antilles en Europe , des ra- meaux conservés dans son lierbier et dans celui de Vail- lant, où cette plante est désignée sous le nom d'Yaoba. En 1756, Brown en publia une description et une gra- vure très -inexactes. Linné en forma un nouveau genre qu'il dédia à Sauvages, médecin célèbre de Montpellier, sous le nom de Sauvagesîa , et il lui donna pour nom spécifique celui à'erecla, qui ne convient pas à une plante dont les tiges sont étalées, montantes ou même couchées , et cette dénomination impropre a été la source de beaucoup d'erreurs et d'incertitudes. Jaquin ayant retrouvé, à la Martihique, la plante de Brown, la publia de nouveau en i;;63, dans ses Stirjyes americanœ, avec une assez bonne figure, sous le nom que Linné lui avait donné. Aublet en publia encore une nouvelle gravure avec une description , et il y ajouta une seconde espèce sous le nom de Sauvagesia adima^ qui n'est qu'une variété de la première 5 M. de Laraarck en décrivit une nouvelle très-distincte, apportée de Cayenne par ÎVF. Claude Ricliard, et qu'il nomma Sau- vagcMa tenella. M. Du Petit-Tbouars en recueillit une à Madagascar que M. Persoon a publiée sous le nom de Sauvagesia nectans , et qui ne diffère pas de VErecta. L'auteur relève un grand nombre d'erreurs au sujet de cette plante , commises par Rœmer , Schultes et autres «'ucore. Les espèces de Sauvagesia décrites jusqu'à ce jour , se trouvent réduites à deux. Le Mémoire dont nous rendons compte en renferme sept bien distinctes , {genres des loges incomplètes, les semences ne sont point attachées l'iinj^lc interne , mai* sur \k soinmef tronqué de.i cloisons. TOMT III. 4 ( 5o ) dont la plupart sont indigènes du Brésil , où elles ont été observées et recueillies par l'auteur.. Le genre Lavradia, moins connu que le pi-écédent, n'a pas été la source d'autant d'erreurs. Vandelli est le premier qui en ait parlé dans son Florce Lusitaniœ Spécimen ; mais sa description et sa figure sont si mauvaises , que le Lavradia a été oublié pendant long-temps et regai^dé comme une plante ima- ginaire. Le Sauvagesia et le Lavradia présentent des faits assez remarquables relativement à la géographie des plantes. M. de Humboldt avait avancé qu'aucune plante dicotylédone n'était commune aux deux mondes. Le Sau- vagesîa erecla fait une exception à cette loi. Cette plante croit au Pérou , au Brésil , au Mexique , aux Antilles , à Surinam , k la Guiane , en Guinée , à Madagascar. Les individus recueillis dans ces diverses contrées n'offrent aucune différence , et il n'est pas croyable qu'une plante aussi peu remarquable , dont les graines ne sont.ni ailées, ni accrochantes , ait été transportée , par les hommes ou par d'autres circonstances , sous des climats si divers et si éloignés. Les lieux au contraire où croissent les autres espèces du même genre , ainsi que les Lavradia , sont très-limités. Des douze espèces qui composent les deux genres men- tionnés ci-dessus, le Sauvagesia erecta est la seule à la- quelle on ait attribué des propriétés. Les Péruviens , suivant Ruiz et Pavon , l'emploient dans les affections de poitrine. Les feuilles sont mucilagiueuses, et les nègres de la Guiane les mangent mêlées à leurs alimens. L'auteur traite ensuite de l'affinité du Sauvagesia avec les Violacées , affinités qu'il avait déjà établies en 1816, ( 5i ) dans un Mémoire imprimé parmi ceux du Muséum d'his- toire naturelle, et qu'il confirme encore par de nou- velles observations dont nous croyons devoir omettre tous les détails. Le genre le plus rapproché du Sauvagesia , est in- contestablement le Lavradia qui n'en diffère que par quelques caractères de la fleur dont nous avons déjà parlé. A la suite du Lavradia doit être placé un nouveau genre décrit par l'auteur sous le nom de Luxemhurgia , qui a les plus grands rapports avec les deux précédeus , et surtout avec le second ; et ces trois genres ne doivent jamais être séparés. Les Franhenia qui ont l'ovaire à une loge , les pla- centas pariétaux, des anthères dont le dos est du côté de l'ovaire , comme dans les trois genres précédens , doivent en être rapprochés, quoiqu'ils en diffèrent par le port, par leurs feuilles opposées et par quelques autres carac- tères communs avec les CarjophylléeSi L'intervalle qui existait entre les Violacées et les Franhenia^ se trouve comblé par les genres Sauvagesia , Lavradia , Luxem- hurgia, etle Franhenia, que M. de Sainl-Hilaire réunit à ce groupe, en établit la liaison, et conséquemmenl celle des f^iolace'es avec les Caryophyllécs qui se lient également aux Paronychiées et celles-ci aux Portulacées. L'auteur examine ensuite quels sont les autres groupes qui dans un sens opposé se rapprochent le plus des Sau- vagcsies ou Franheniées -^ ce sont les Cistes , ensuite les yiolacées , et cet arrangement est fondé sur la compa- raison des caractères qu'offrent ces différens groupes , et sur la valeur relative de ces mêmes caractères. On avait déjà proposé de rapprocher les Drosera des f^iolacées 5 et en clfct les pétales et les étamines des Drosera éga- 4* ( 5. ) hmient liypogynes et au nombre de cinq , leurs graines nombreuses, renfermées dans une capsule à une loge et attacliées au milieu des trois valves, les rapprocbent évidemment des Kiolacéss dont ils dillèrent cependant en ce qu'ils ont plusieurs styles et l'embryon placé à la base de la graine et non au centre , comme dans les yiolettes , et qu'en outre les Drosera qui ont des tiges n'ont pas de stipules. M. de Saint-Hilaire dispose les groupes ou familles dont on vient de parler dans l'ordre suivant, savoir : les Droséracées , les Violacées , les Cistinées , les Franhe- niées ou Saui^agésiées , les Carjopkf liées ^ les Parony- chiées et les Portulacées. Les Polygala que M. De Candolle a rapprocliés des f^ïolacées ont en elïet quelques affinités avec elles par l'irrégularité de leur corolle et par leur embryon placé au centre d'un périsperme charnu 5 mais ils en dilïèrenl par un si grand nombre d'autres caractères, qu'il paraît douteux à l'auteur que ce rapprochement soit naturel, et il demande si les Polygala ne seraient pas mieux placés auprès des Sapindacées. M. De Candolle a séparé les Réséda des Capparidées , pour les rapprocher également des Polygala avec les- quels ils ont quelques i^apports 5 mais M. de Saint-Hi- laire observe qu'on ne peut nier que les Réséda n'en aient de plus réels encore avec les Capparidées , par l'insertion de leurs graines aux parois du fruit porté sur un gynophore , par leurs étamines nombreuses et par l'embryon dépourvu de périsperme. Enfin il pense que si on les laissait auprès des Câpriers , et qu'à la suite des Réséda on plaçât les Polygalées , puis les Sapin- dacées ., on conserverait , par cet arrangement qui lui • ( 53 ) paraît préférable , des rapports déjà établis par MiM. De Jussieu et Adanson. L'auteur examine encore d'autres genres sur lesquels ropinion des auteurs n'est pas uniforme et qui , suivant lui , appartiennent à la famille des Droséraeées. Le D rosophjlhun que Linné avait réuni au genre Drosera sans doute à cause de ses feuilles parsemées de soies glanduleuses et de sa fleur dont la structure est entiè- rement analogue à celle des Drosera , en difleré cepen- dant par l'insertion de ses graines à un placenta central libre, comme dans les Caryophyîlées ; néanmoins, malgré cette différence remarquable, on ne peut l'éloigner des Drosera, dont tous les autres caractères le rapprochent. Le Dionœa muscipula dont l'auteur a observé avec soin les organes de la fructification a de grands rapports avec le DrosophfUuni, et conséquemment cette plante singu- lière appartient aux Droséraeées. La structure du fruit n'est pas toujours uniforme dans cette famille , comme on vient de le voir par le Drosaphylhim^ et le genre Ro- ridula que tous les caractères du port et de la fleur réu- nissent encore aux Droséraeées , n'a qu'un seul style et un ovaire à trois loges , dont chacune ne renferme que deux ovules. Le Parnassia y genre dont kîs rapports sont assez dif- ficiles à établir, avait été mis par Adanson auprès des Cistes, et auprès des Drosera par M. de Jussieu. M. de Saint - Hilairc pense que, quoique le Parnassia n'ait aucune ressemblance avec les Drosera , ni par le port , ni par les formes extérieures , néaimioins les divisions do sou calice , ses pétales et ses élamines hypogynes et également au nombre de ciu(i , sa capsule à une loge . ses graines , à la vérité dépourvues do péiisperiiu' , mais (54) ressemblantes à celle du Drosera rotundijolia , et atta- chées aux parois des valves , le rapprochent plus des Droséracées que de toute autre famille. L'auteur, après avoir décrit avec beaucoup d'exactitude les divers organes de la fructification des Droséracées, des Violacées , des Cistes, des Franheniées ou Sauvage- siées , résume dans un tableau abrégé les caractères dis- tinctifs de ces diûerens groupes ou familles. Droséracées. Etamines en nombre défini ; anthères le plus souvent immobiles dont la face est tournée en dehors -, graines attachées à la paroi du péricarpe ou au fond de la loge; déhiscence loculicide, quand les pla- centas sont pariétaux •, embryon le plus souvent très- jielit, droit , conique , placé à la base du périsperme ; radicule tournée vers l'ombilic -, stipules axillaires ou nulles. Violacées. Etamines en nombre défini ; anthères im- mobiles dont la face est tournée vers l'ovaire -, placentas pariétaux 5 déhiscence loculicide ; embryon droit , cylin- drique , placé dans l'axe du périsperme : radicule tournée vers l'ombilic -, stipules latérales. CisTiNÉES. Etamines en nombre indéfini 5 anthères ayant presque toujours la face tournée vers l'ovaire ; placentas axiles ou paiiétaux; déhiscence loculicide; embryon diver- sement courbé et entouré du périsperme ; radicule et cotylédons tournés en sens contraire de l'ombilic ; sti- pules latérales ou nulles. Frankeniées. Etamines en nombre défini ou indéfini 5. anthères mobiles ou immobiles, ayant la face tournée vers l'ovaire; déhiscence seplicide ; embryon droit, cy- lindrique, placé dans l'axe du périsperme ; radicule tour-> née VOIS l'ombilic; stipules latérales ou nulles. ( 55 ; Dans la seconde partie de son Mémoire qui n'est pat susceptible d'analyse , M. de Saint-Hilaire expose les ca- ractères des genres Sauvagesia et Lawradia. Il en décrit douze espèces dont sept appartiennent au' premier, les cinq autres au second , et elles sont accompagnées de dessins qui en représentent exactement toutes les parties. Ce travail renferme un grand nombre d'observations nouvelles d'un grand intérêt. Nous pensons qu'il mérite les éloges de l'Académie, et d'être imprimé dans les Mémoires des savans étrangers. Signé De Jussieu , Desfontaines , rapporteur. L'Académie approuve le rapport et en adopte les con- clusions. Mémoire Géologique sur le sud-ouest de la France , suivi d'observations comparatives sur le nord du même royaume , et en particulier sur les bords du Rhin \ Pab m. Ami Boue. ( Suite. ) Nous avons dit que les Pyrénées renfermaient , outre les Granités, d'autres masses non stratifiées, parmi les- quelles les Siénites doivent d'abord nous occuper. Ces roches parfaitement caractérisées, c'est-à-dire composées de Feldspath lamelleux blanchâtre ou rou- gcâtre , et d'Amphibole lamelleusc noirâtre ou verdàtre et à cristaux disséminés de Titane silicéo-calcaire, parais- sent être fort rares dans la chaîne des Pyrénées , du moins je n'en ai vu que deux exemples. L'un se trouve (56 ) autour de Betarram , les Siéniles souvent assez chargées d'Amphibole semblent, autant qu'on en peut juger, 'se trouver au milieu de Schistes intermédiaires ou d'espèces dfi Grauwackes schisteuses, et elles y forment une espèce de mamelon, ou peut-être font partie d'un large filon, qui s'étend à l'estvers Saint-Pé et Lourdes, ou du moins , qui reparaît , çà et là, dans cette direction. La seconde localité de Siénite est le col de Lherz ; cette belle roche y est quelquefois fort décomposée , quand elle contient assez de fer sulfuré magnétique , et elle occupe un espace considérable sur le côté nord du Col et de la descente du Col à Vicdessos. Elle s'y trouve eu contact , d'un côté, avec des masses granitoïdes et des Schistes cristallins ; et de l'autre avec la grande couche ou montagne de calcaire grenu de l'étang et de Col de Lherz. Si la véritable Siénite est si rare, par contre , une va- riété extrêmement chargée d'Amphibole ou plutôt une vé- ritable Diabase (Grunstein) abonde dans cette chaîne, et surtout dans la partie , qui se trouve entre le golfe de Biscaye et la vallée du Lez et de la Salât. Quelques masses semblables rassortent çà et là , sous les terrains tertiaires du département des Basses - Pyrénées et des Landes , comme près de Bayonue, de Bastènes et de Dax. C'est rOphite de M. Palassou et de beaucoup d'au- tres géologues français, et c'est la roche tjue quelques minéralogistes ont voulu assimiler au Basalte et même au Basalte tertiaire. Dans l'étal actuel de la science, cette question se trouve toute décidée en observant que ces roches renferment constamment plus ou moins d'Epidoté dissémine ou en petits filons^ et leur décomposition bizarre, leurs Citrnrlèrcs particuliers et \cm gissemcnt près de tel ( 57 ) ou tel terrain, ne sont que des choses accessoires ou accidentelles qui ne doivent pas arrêter un instant le géo- logue expérimenté et instruit. Les Diabases des Pyrénées forment avec les Siénites , les Serpentines et les roches pyroxéniques, les masses non stratifiées les plus récentes de cette chaîne, et elles parais- sent , d'après leur nombre, y occuper, jusqu'à un cer- tain point , la place des porphyres d'autres contrées in- termédiaires, qui manquent totalement dans les Pyrénées, ou plutôt elles servent à montrer que les agens ignés ont commencé à percer aussi cette chaîne ., environ à la même époque qu'ailleurs , mais des circonstances locales les ont empêché de continuer leurs éruptions sous la forme porphyrique , comme cela a eu lieu dans tant d'autres contrées. Les Diabases (Ophite, Grunstein) ont été extrême- ment bien décrites , par M. Palassou , dans ses Mémoires sur l'histoire naturelle des Pyrénées (i), Ce sont des roches composées d'Amphibole lamelleuse et de Feldspath, qui renferment de petits nids ou de petits filons contemporains d'Epidote (Saint-Pé, Col de Mendé, Pouzac , Gaujac , Mont-Pcyroux près de Dax). On y voit quelquefois un peu de Mica , comme à Come-Rover , près Labassère , et li Lurbe , dans la vallée d'Aspe. Plus rarement on y trouve disséminé du Fer oligiste (Monl-Peyroux, près Pouillon ), et du Fer sulfuré ( Biaritz), ainsi que de petits filons de Slil- bitc ( pont de Pouzac , Poui d'Eous près de Dax ) ou de^ fentes tapissées do Cristaux de quartz hématoïde ( Poui d'Eous et d'Arzet, près de Dax ). M. Charpentier y a ( 58 ) vu de petits filons de Prechnite à Loubié (i) , qui existeraient aussi , suivant M. Picot de laPeyrouse> dans le Granité de l'étang de Léon , près de Barèges. Les variétés de ces roches sont fort nombreuses et dépendent des difleren tes proportions de leurs parties cons* tituantes et de l'état de ces dernières •, les extrêmes de ces modifications sont , d'un côté , une belle Diabase presque grenue à grands cristaux d'Ampliibole noirâtre ou ver- dâtre (Saiut-Pé , Pouzac) , substance qui parait surtout bien cristallisée le long de petits filons noirs , verdàtres , et de l'autre une roclie compacte noirâtre , très-amphi- bolique , ou bien plus souvent très-feldspatbique , d'une teinte grise , noirâtre , et ressemblant à certains Phono- lites basaltiques ( Basaltic. Klingstone Jameson), comme près de Bastènes, au mont Loustayez, duCournau, près de Brasempoui, et au milieu du Pouid'Arzet, prèsde Dax. Ce sont ces dernières roches qu'on a voulu assimiler, de même que certaines masses assez semblables d'Egypte (Basalte statuaire) aux Basaltes, mais ce dernier rappro- chement est, je le répète, uniquement fondé sur lacouleur, car je n'ai jamais pu apercevoir de Pyroxène dans ces ro- ches. Néanmoins il faut avouer qu'à la première vue , plu- sieurs variétés de ces roches offrent un aspect assez semblable à certaines Dolérites secondaires, surtout lors- qu'elles sont déjà dans un certain état de décomposition. Ces roches ne laissent apercevoir aucun indice de stratification ; elles sont simplement traversées de fentes , et elles présentent quelquefois des décompositions glo- bulaires (entre Bayonne et Biaritz , au Poui d'Eous ) , comme les Kugelfels du Fichtelgebirge et les Dolérites (i) Voyez Palassou , supplément aux Mémoires , 1831 , p. i3(». (59) de rÉoosse, près de Gullon, oa bien elles montrent quelques traces d'une division prismatique colomnaire ou tabulaire , comme dans la commune de Saint-Pandelon , près de Dax. Ces roches paraissent dans les Pyrénées être fort sujettes à se décomposer , ou , pour parler plus correc- tement , elles s'y trouvent souvent dans un état qui, à nos yeux , paraît être une altération ou une espèce de décomposition spontanée 5 c'est là ce qui semble avoir le plus étonné la plupart des géologues qui ont examiné ces roches 5 mais au fond cet accident est très-commun et se retrouve , par exemple , dans le Fichtelgebirge , l'E- cosse, la Normandie ( entre Domfront , Mortain et Mayenne (i) ) et la Hongrie. En conséquence de cette cause , quelle qu'elle soit, les , roches qui, à l'ordinaire , sont très-dures et verdàtres , ou noires verdàtres, ou grises verdàtres , prennent d'abord une foule de teintes bizarres de gris, de gris-jaunàtre, de gris-bleuàtre, de gris-blanchàtre , de jaune de rouille, de brunâtre, etc. , comme cela se voit à Dax , àBayonne, à Come-Rover près de Bagnières, à Portet, etc. 5 de plus elles se désagrègent complètement en une espèce de sable qu'on emploie partout pour des usages domes- tiques. Lorsqu'on vient à examiner ces curieuses carrières , l'on trouve en général que le Feldspath est devenu, en grande partie , une matière stéatiteuse très-tendre , et que l'Amphibole a perdu beaucoup de son lustre , et n'y est très-souvent plus indiqué que par de petites taches II) Cummunicalion du M. Desnoyers. (6o) noirâtres ou plus foncées que le reste de la masse ; néan- moins il paraît que ce minéral uni aux parties feldspa- thiques les plus intactes , forme les parties sablonneuses. Les variétés les plus surprenantes de ces roches sont celles qui présentent des parties brillantes , comme du Mica ( Bastènes ) , qui sont verdàtres , ou verdàtres vei- nées de blanc ou de jaune, et qui ne semblent former qu'une masse onctueuse voisine de la nature serpenti- neuse , et quelquefois employée pour dégraisser les étoffes. Au-dessus du pont de Pouzac existent de sem- blables roches. Ce procédé particulier de la nature qui varie ainsi la cons- titution de ces produits , est très-difficile à expliquer en entier ; car si le fer sulfuré et le fer oligiste paraissent y jouer rarement un certain rôle par leur décomposition et la combinaison de l'eau avec des parties ferrugineuses plus ou moins faiblement oxidées, la principale cause semble cependant dépendre d'autres combinaisons chimiques nouvelles , qui résultent peut-être des affinités que peu- vent avoir enti'e elles , soit les parties constituantes de ces roches, soit celles-ci, et les élémens de l'air et de l'eau. Ces masses sont ainsi intimement liées d'un côté aux serpentines et aux roches pyroxéniqncs , comme M. Pa- lassou l'a déjà démontré , et comme nous le dirons plus basset de l'autre elles sont unies étroitement aux Gra- nités des Pyi'énécs , qui présentent un Feldspath tendre ou 'uhe espèce de Kaolin , et qui paraissent les plus ré- cetis. En effet , on voit à Pouzac , au-dessus du pont , la Diabase traversée de petits filous de Granité , qui pro- viennent d'un amas de cette roche gissant à côté , et (6i ) de petits liions de Diabase se retrouvent aussi dans celte dernière masse granitique , et enfin les deux roches se désagrègent en un sable particulier (i). Cette description fait déjà voir que le dépôt de ces roches a le plus grand rapport , soit avec les Siénites de rile d'Arran , et certaines roches semblables du Thurin- gerwald , soit avec les Diabases du Fichtelgebirge et les Diabases orbiculaires de Corse , qu'il ne faut pas con- fondre avec le Porphyre orbiculaire de la même ile. J'ai cependant observé sur le côté nord d'une butte de Diabase , près de Rimont , à la descente du Pastouret , un accident qui n'a pas encore été remarqué ailleurs. On y voit distinctement la Diabase se lier à une espèce de Tuf fort bizarre , composé de morceaux de Diabase dé- composée, et d'une roche feldspalhiquebrune-rougeâtre, quelquefois Irès-boursoulllée à la manière des laves. La base de celte roche est une matière terreuse ou wacfce verdàtre , grisâtre ou brun -rougeàtre , qui renferme beaucoup de petits filons calcaires et des noyaux de chaux carbonatée et d'une Stéatite verdàtre : c'est, en un mot, le pendant de certains Tufs trappéens, des colonnes trappéennes ou basaltiques 5 et même ces fragmcus de Diabase rappellent par leurs teintes brunes-noiràtres les anciennes scories plutoniques. Ceci tend encore à mon- trer l'origine très-récente de ces Siénites , quoiqu'on ne puisse pas dire pour cela qu'on a là un Basalte 5 car la Diabase est très-distincte , et elle est évidemment recou- (i) Si M. de Charpentier, sorti depuis long-lemps de ralmosphère systématique de l'école de Frciberg, visitait maintenant les Pyrénées, il ne placerait pas le Granité de Pouzac parmi les roches primitive» (^. p. 170), cl l'Opbito du même lieu parmi les Trapps sceondairçs (^. p. 538). L'homme de 182^ n'est plus celui de 1808. (6» ) verte , même à ces endroits lufacés et scorifîés , par des masses de grès bizarres. De plus , les blocs de Diabase amygdalaire qu'on ren- contre dans les vallées des Pyrénées ( gave de Navar- raius, etc.), montrent que les autres amas siénitiques ont eu probablement aussi leurs parties scorifiées. Le gissement de ces roches achève de démontrer leur étroite liaison avec les autres amas granitoïdes ; c'est ce qu'a démontré admirablement le savant M. Palassou , et c'est ce qu'a méconnu un géologue aussi estimable que M. de Charpentier. Les Diabases forment au milieu des Schistes et des Calcaires intermédiaires des espèces de bandes plus ou moins longues , ou plutôt ces roches se trouvent dans de véritables filons , ou , si l'on veut , des fentes qui reparaissent cà et là, en suivant une certaine direction , et qui le plus souvent tiaversent les couches presque parallèlement au plan de leur stratification , au lieu de couper ces dernières sous des angles plus ou moins grands. Néanmoins çà et là ce dernier caractère y est très-distinctement marqué , comme l'a fort bien observé M. Palassou , près de Saint-Jean-Pied-de-Port., au sud d'Alaxa , et près de l'église de Saint-Engrace , dans le pays de Soûle, etc. (i). Je vais donner quelques exemples de tels filons de Dia- base (2). Un des plus distincts se trouve entre Beltaram et Lourdes 5 les couches de Schiste et de Calcaire courent dans cet espace en général , environ d'ouest à l'est , ou (i) f^oyez suite des Mémoires, 1819, et Supple'meDt à ces Me'- moires, p. la^. (a) Pour la distribution des masses de Diabase, voyez les Rle'moires sur rOphite de M. Palassou, et la Carte ge'olog. des Pyre'ue'es de M. Charpentier. (63 ) de l'ouesl nord-ouest à Test sud-est, et leur inclinaison presque toujours très-forte est au sud-ouest. De Bettaram à Saint-Pé l'on ne voit que des roches argileuses ou cal- caires , du moins les alluvions et le lit du gave de Pau empêchent peut-être d'apercevoir les Diabases 5 car ils occupent justement la place où on devrait en attendre. Mais après Saint-Pé , sur la roule , se montre une masse serpentineuse appliquée d'un côté contre des Calcaires et des Schistes intermédiaires , et de l'autre couverte d' al- luvions ou de terre végétale. A dix minutes plus loin des miasses presque verticales d'un Calcaire compacte ou à demi - grenu , blanchâtre ou grisâtre , encaissent un filou ou une masse de Diabase d'environ cent pieds d'é- paisseur. On voit distinctement de la monticule que la Diabase, du côté nord de la route, vient en contact avec la roche intermédiaire , tandis que la même masse descend jusque dans le lit du gave pour s'appuyer presque sur le Calcaire qui s'élève en muraille à quelques toises de distance. Il paraîtrait même , si l'on peut se fier à quelques indices , que la fente remplie incline au nord et court environ de l'ouest nord-ouest à l'est sud-est. A dix minutes plus loin la rive septentrionale du gave présente dans la même direction une colline ou mamelon presque isolé qui se trouve aussi composé d'une belle Dia- base épidotique , et qui s'adosse contre des Schistes in- termédiaires. Au-delà ce n'est qu'au nord de Lourdes , et entre cette ville et Bagnières , qu'on revoit çà et là, toujours à peu près sur la même ligne, des masses de Diabase 5 tout le reste de la contrée ne présente que les Schistes et les Cal- caires intermédiaires ordinaires. Un second exemple se trouve entre Cierp et Portet : ( ^4) l'on voit d'abord" paraître à l'ouest de Saint-Béat, entre une grande couche de Calcaire grenu et des Schistes in- termédiaires, un massif de Diabasc qu'on revoit en petit mamelon en contact avec le Calcaire , à l'est du même bourg, sur la route du col de Mendé. Sur ce col elle forme aussi une butte à côté de Calcaires grisâtres quelquefois coquilliers -, plus loin au col au-dessus de, Portet, on la revoit entre des Schistes , puis à la descent« •de Portet encore entre des roches semblables et des Cal- caires saccharoïdes grisâtres , et enfin à Portet même. En jetant les yeux sur la carte, l'on verra que ces différentes masses se trouvent à peu près dans la même direction-, mais il n'y a guère de probabilité qu'elles ne coupent pas çà et là le plan des couches intermédiaires sous des angles assez aigus. Les amas semblables entre Rimont et Saint-Girond sont aussi sur une ligne qui court du nord-ouest au sud- est , et les buttes près de Rimont sont enveloppées et recouvertes de Grès bigarré , tandis que la masse de Baillard est presque entièrement cachée sous un Calcaire secondaire bréchiforme, qui correspond au Muschelkalk des Allemands, ou bien au Calcaire jurassique magnésien. Dans le département des Landes , les éminences ellip- tiques de Dinbase qui se montrent çà et là sous les ter- rains secondaires et tertiaires , paraissent aussi situées l'une à la suite de l'autre dans une certaine direction; ainsi les Diabases du Poui d'Eous ou d'Eure , de Saint- Pandelon , du Poui d'Arzet dans la commune de Sau- gnac , de Baslènes et du mont Caut à Jauzac , et les buttes de Hon et de Peyres Neyrcs, se trouvent situées dans une direction de l'ouest nord-est à l'est sud-est. Enfin M. Palasson cite une foule d'exemples som- ( 65 ) blables , comme dans la vallée d'Aspe , etc. C'est proba- blement la décomposition de ces roches et leur gissemient particulier dans des crevasses qui se sont entr'ouvertes cà et là , qui font que quelquefois on ne les découvre que très - difficilement , quoiqu'on en voie des blocs épars , comme cela m'est arrivé dans une longue tour- née que j'ai faite inutilement dans les montagnes au sud de Saint-Pé, où les ruisseaux abondent en blocs de Diabase. Les Pyrénées renferment encore assez rarement des roches siénidques plus ou moins porphjriques • ces roches sont tantôt des roches de Feldspath compacte, grisâtre ou gris jaunâtre, ou verdâtre, ou noirâtre et à cristaux d'Amphibole, oubien des espèces de Siénilesporphyriques passant à des roches feldspathiques. Les premières roches forment dans les Schistes inter- médiaires des filons ou des espèces de couches qui sont fort minces , en général , de quelques pieds d'épaisseur, et rarement on y voit quelqiies petits filons d'Asbeste et d'Axinite comme au Pic d'Ereslids. On voit deux filons semblables au défilé de l'Echelle entre Gèdre et Luz et près de Barèges ; on en rencontre en allant au Tourmalet et au Pic du midi 5 M. Palassou en cite encore d'autres , et M. Charpentier en a fait son Trapp primitif- Les surfaces de ceux de l'Echelle sont singulièrement bosselées , et il s'en détache de petits filons i-emplis à moitié de quartz, qui se prolongent dans les Schistes as- sez fendillés, dans quelques points , près de ces masses étrangères. Entre Luz et Gèdre, j'ai aussi trouvé des blocs d'une roche feldspathique semblable à du Quartz dodécaèdre. L'autre variété de la roche siénilique se trouve à l'cn- TOME liï. Ô (66) droit où la route deNalzen vient aboutir au grand cliemin de Tarascon à Fois ; des roches taillées à pic présentent là une section tout-à-fait remarquable. Au sud se trouve du Granité et du Gneiss courant du nord-ouest au sud-est et s'inclinant au nord-est , puis l'on voit suivre, en allant au nord, un Calcaire noir mêlé de parties schisteuses et traversé de petits filons calcaires , puis un Calcaire gris rougeàtre aussi impur et à druses de chaux carbonatée et de chaux carbonatée ferrifère et même à nids de fer spathique. A côté se trouve un massif siénitique, qui présente dif- férentes masses fort bizarres ^ d'abord c'est une Siénite porphyrique assez distincte , puis une roche feldspathique jaunâtre à petits filons calcaires et à petits rognons ferru- gineux, une masse semblable fort décomposée et fer- ruginense rouge brunâtre et ensuite" la même roche jau- nâtre à petits filons ferrugineux et semblable à certaines masses porphyrîques bizarres deStonehaven en Ecosse ( i ). Enfin vient une roche feldspathique blanche rougeàtre , à petits filons ferrugineux, qui est intimement liée aux masses précédentes, et entre ces roches et le Calcaire se iroTive une l'oche noirâtre fort dure à petits filons qui ont quelque ressemblance avec le Schiste siliceux, et un lit noirâtre imprégné de Fer oxidé hydraté et d'une nature méconnaissable. Au-delà de cette Siénite se trouve une couche de Calcaire noirâtre et jaunâtre, et après cela des Schistes, dont quelques-uns sont noirâtres fort compactes et durs. Les Serpentines ne sont pas communes dans les Py- rénées -, elles sont , en général , d'une teinte noire ver- Ci) Fnyez mon Essai géologique sur l'Ecosse, p. iS;. (67.) dàtre , et elles ne m'ont pas paru renfermer beaucoup de parties ferrugineuses et point de Fer chromé, Elles sont intimement liées aux Diabases , qui prennent , comme nous l'avons vu quelquefois , un aspect serpenti- neux, dépendant peut-être de l'accumulation des écailles de Mica talqueux ou de Talc, qui sont, du reste , rare- ment disséminées dans ces roches. C'est ce qui se voit bien , par exemple , près du pont de Pouzac où ces parties lalqueuses , bizarres , renfer- ment quelquefois des fragmens ou des rognons de Calcaire grenu , et même le Calcaire dans le voisinage semble pé- nétré de ces matières lalqueuses. D'ailleurs je n'ai aperçu dans les Pyrénées ni Eupho- tides, ni cristaux de Diallage dans les Serpentines, et ce- pendant de petits filons d'Asbeste roide ou d'Amianthe (Saint-Pé )sont assez fréquens dans ces roches. Dans ce cas-ci, cette substance serait, peut-être, une variété d'Amphibole , tandis que dans d'autres localités et d'au- tres roches l'on sait que de semblables masses fibreuses ou filamenteuses appartiennent soit au Pyroxène, soit à l'Kpidole , soit même à la Tourmaline et peut-être aussi à la Diallage. (Collection de M. le comte deBournon. ) De ces faits l'on serait presque tenté de croire qu'il y a plusieurs espèces de Serpentines ou que plusieurs roches composées, surchargées de matières talqueuses , donnent .naissance à des Serpentines. L'intime liaison connue de l'Euphotide et de la Ser- pentine obligerait , d'abord , d'admettre une Serpentine diallagique , qui serait l'espèce la plus répandue , la plus variable en couleur et peut-être la plus riche en matières ferrugineuses; on aurait ensuite une Serpentine amphibo- lique moins connue et même une Serpentine pyroxénique 5* (68) plus rare encore , car on ne peut nier que certaines Do- lentes ou roches pyroxéniques n'offrent aussi çà et là un aspect et même un état serpentineux fort remarquable , comme, par exeftiple , à l'ile d'Inchkolm en Ecosse, etc. D'ailleui's la Serpentine semble elle-même indiquer cette triple origine , en renfermant non-seulement diffé- rentes variétés de Diallage , mais encore des Amphiboles et des Pyroxènes , deux minéraux bien peu différens. D'après cela on ne doit pas s'étonner de voir, dans les Pvrénées , les Serpentines ne former que des por- tions de filons de Diabase ou quelques-uns des mamelons épars de ces filons , comme cela s observe à Saint-Pé et dans la vallée de Barétons (i). Les Py^énées renferment encore une quatrième roche non stratifiée, qui est le Pyroxène en roche ,• il y est assez rare, il forme des roches compactes à parties gre- nues , d'une teinte vei'dâtre ou noir verdàtre ; il est pres- que uniquement composéde Pyroxène noir ou vert , plus ou moins mal cristallisé et confusément groupé , et rare- ment il y a quelques lamelles de Mica, de la Stéatile, etc. La roche est traversée de petits filons d'une teinte moins foncée qu'elle , et où les cristaux sont plus net- tement prononcés. Les montagnes de Pyroxène offrent à Lherz un amas de rochers bizarrement arrondis , fort durs et peu favorables à la végétation , même à celle des Cryptogames. On trouve ces roches surtout près du col de Portet , où elles paraissent former avec des Diabases une partie d'un filon ou d'une fente remplie , mais la plus grande masse est, comme l'on sait , autour de l'étang de Lherz, (i) /^oyez Palassou , suif e des Mémoires, 1819, p. 120. (69) où elle a son gissement à côté des Granités et des Siéniles au milieu d'un des côtés d'une grande couche de Calcaire grenu. Cet amas considérable ou cette espèce de colonne pyroxénique pax'ait même , sur le côté sud du col de Llierz , supporter une masse de ce Calcaire; du moins on le voit disparaître au-dessous d'une monticule de cette roche et reparaître en-delà. De plus sur le côté nord-ouest de la masse de Pyroxène , il s'est formé çà et là , probable- ment lors de son soulèvement , une espèce de salbande composée d'une brèche de Pyroxène et de Calcaire gre- nu ou plus exactement de morceaux de Calcaire empâtés dans la matière pyroxénique (i). Les dépôts secondaires des Pyrénées ne m'ont pas offert de Grès rouge nouveau ou de véritable Todtlie- gende des Allemands (New red sandstone de M. Buck- land ) ; du moins dans toutes les vallées que j'ai visitées jen'ai rien trouvé qui me rappelât cette formation, quoi- que j'aie cependant aperçu, çà et là, comme à Cierp , prèsdeColedoux, etc. , des roches de transition fort gros- sières, des Poudinguesquartzeux ou à débris déroches plus anciennes , qui m'ont paru correspondre avec la Grauwacke la plus récente de l'Allemagne et le old red sandstone d'Angleterre et d'Ecosse. Au reste les Pyrénées n'oflrant pas de Porphyres , il est tout naturel qu'on ne doive pas y trouver le Todtliegende ou l'agglomérat pov- phyrique par excellence. Quant au terrain houillcr, je n'en ai point observé de véritable dépôt,- mais peut-être «qu'il e§t faiblement remplacé par des roches arénacées impressionées , qui sont intimement liées à un Calcaire secondaire qu'on (i; Couij>;iifZ I c (juc tlil lù-dct'Sus M. de (Jhui'pcitliur , p. 261. t 70 ) doit, peut-être, se hasarder à placer en parallèle avec le Zochstein ou le Magnesian limestone (i). Ce dépôt offre des Grès gris marneux ou argileux, souvent micacés, à impressions végétales ou légèrement charbonneux, qui alternent en lits minces entre eux ou avec un Calcaire. Cette dernière roche est compacte à cassure esquilleuse en petit , souvent plus ou moins mar- neuse , noirâtre , grise noirâtre et grise claire , et à petites veines spatliiques , comme cela se voit à Castetarbet et sur les montagnes autour du Cirque de Gavarnie , où ces roches placées sur le terrain de transition se distinguent si éminemment parleur stratification parti- culière et leurs montagnes escarpées. Quelques Ammo- nites, des Peignes , des Caryophyllites , des Encrines et surtout des Nummulites , des Huîtres crêtées et d'autres * Bivalves indistincts, sont les restes organiques les plus fréquens de ces roches. Rarement ce Calcaire parait se présenter sovis une forme qui approche de celle de la Ruuchwache des Allemands ; c'est alors une roche gris de cendre mar- neuse ou demi -terreuse et poreuse, qui renferme du bitume et des cristaux de soufre , comme , par exemple , au moulin de Monique, dans la commune de Saint- Boës près d'Orthès , où l'on est frappé de la ressem- blance de ces masses avec les Calcaires à soufre de Bcx et de TarnowitZj et où ces roches donnent naissance à une source sulfureuse contenant du pétrole. La formation duGrè^ bigarré (Red Mari, Bunter Sandstein, Macigno) est fort abondamment répandue sur le pied des deux versans des Pyrénées, et surtout, (i) Pour M. Conybeare c'est clu Grès vert. ( 70 à ce qu'il paraît , du côté de l'Espagne , dans la grande vallée de l'Èbre. Sur le côté de la France ce Grès forme une espèce de bande interrompue le long du pied de la cliaine , ou bien il paraît même , çà et là , dans la plaine tertiaire , comme au sud de Dax , où il se trouve en lambeaux épars , plus ou moins considérables , dans un grand nom- bre de vallées des Pyrénées et même assez en avant dans ces cavités , comme près de Lacour , de Lecum- berri , de Mendive , et dans les vallées de Barétons et de Lourhiborre. Les portions les plus considérables sont près de Sainl- Girons, et entre cette ville et Eimont , près de Dax, dans la commune de Saint-Pandelon , près de Bastènes , de Gaujac et de Brasemj)0ui , etc. Comme certaines masses de Diabase et de Schistes anciens (i) ressortent dans la plaine , et que plusieurs vallées des Pyrénées doivent peut-être en partie leur existence aux Diabases et à leur désagrégation , il n'est pas étonnant de trouver quelquefois ces amas encroûtés de Grès bigarré , comme cela a lieu au Poui d'Eous , à Saint-Pandelon , au Poui d'Arzet , à Rimont, etc. , et de voir, d'une auti'e part, quelquefois à côté des buttes ou des mamelons isolés de Diabase des vallées des Pyrénées, des lambeaux de Grès bigarré. D'ailleurs, il est même possible que la destruction des premières roches et leur nature, aient contribué, en partie , à donner au Grès bigarré sa qualité éminem- (i) Ces petites masses de Schiste qui accompagnent çà et là les buttes (le Diabase dans la plaine, ont c'td priiies quelquefois , par des savans du pays , j)our de la Diabase sclii^tcusc , comme par exemple à Cocainat au mont Peyroux près de Fouillon. ( 7^ ) ment argileuse , et même , peut-être conjointement avec les Gtanites, sa couleur généralement rouge. C'est néanmoins du voisinage accidentel de ces deux dépôts qu'on a voulu conclure, d'après les apparences trompeuses de superposition, que la Diabase était posté- rieure au Grès bigarré ; déduction tout-à-fait fausse (i) , puisque l'on voit , dans beaucoup d'endroits , le Grès bigarré reposer sur la Diabase , comme nous venons de le dire. De plus àE.imont, à la descente du Pastourel, et dans une autre localité voisine , où le Grès bigarré a l'air de s'enfoncer sous la Diabase , je me suis assuré que décidément ce Grès ne remplit là qu'un petit angle rentrant de cette dernière roche , que c'était une appa- l'ence de carrière toul-à-fait trompeuse que j'ai déjà même détruite, en faisant faire une tranchée dans une partie de cette sinuosité ainsi remplie par des lits arénacés in- clinés en partie, de manière à s'enfoncer sous la Dia- base. D'ailleurs , le contournement d'une portion de ces couches de Grès ne parait être que le résultat de ce gissement particulier, et enGn la cime de la colline même de Diabase du Pastouret montre déjà la fausseté de cette superposition supposée, puisqu'elle est recouverte , vers le nord , de couches de Grès bigarré ayant la même in- clinaison au nord que celles du pied sud de la butte. Le Grès bigarré des Pyi'énéesne m'a présenté, en gé- néral , que la partie marneuse de cette formation , il oflVe des allernations de couches assez minces et assez inclinées de marne rougeàtre , jaunâtre, jaune verdàtre , grisâtre et grise foncée. Ces roches renferment des nids (i) Voyez à ce sujet les beaux Mémoires de M. Palassou, suite des Mémoires, p. 296, et le supplément , p. rja. (73) et de petits filons de cliaux carbonatée, mélangée de marne ou bien d'une marne fort calcaire , et elles sont , presque toujours , accompagnées de rognons plus ou moins grands , ou de nids de gypse compacte (Lacour), semi-grenu ou fibreux , d'une teinte blanchâtre , rou- geàtre ou grisâtre , et le gypse fibreux y forme souvent de petits filons. Des cristaux simples ou groupés de quartz hématoïde (Hyacinthe deCompostelle) prisme (Poui d'Arzet, etc.) et d'Arragonite (prisme à six pans et groupe symétrique de M. Haùy) y sont aboudans dans quelques couches. Cette dernière substance se trouve assez rarement dans certaines marnes grisâtres , comme à Bastènes , dans le lieu dit Morat , et en Espagne. La Glaubérile et même la Phosphorite terreuse ont pro- bablement le même gissement. Cette opinion se fonde sur ce qu'on a écrit sur ces minéraux et sur la quantité prodi- gieuse de soude sulfatée que déposent les eaux de la sa- line de Corcaballana dans la Manche (i). On voit aussi dans les marnes quelquefois des cris- taux de Fer sulfuré jaune , etc. On y trouve rarement des espèces d'amas subordonnés , ou de bancs de Fer oli- giste écailleux ou micacé , plus ou moins mélangé de marne , comme à Bastènes dans le chemin de la Hontan- nette et dans la lande de la Hernie -, et cette même substance se trouve quelquefois disséminée en lames dans le gypse grenu , compacte ou spalhique gris de la lande de Baylongue dans le quartier du Mont-Peyroux , près de Pouillon. Ce dépôt parait donner naissance à plusieurs sources (i) Molls ncuc Jalirbuch , vol. 5. ( 74) minérales , telles que la source chaude hydrosulfureuse de Tcrcias , celle d'Alemblat, près de Donzal , etc. , et aussi à beaucoup de sources salées , comme au pied, nord du Poui d'Arzet et dans plusieurs points du départe- ment des Landes ou du pied des Pyrénées , à Salies , à Camon , etc. 5 mais la proximité de la mer fait que ces sources sont presqu'entièrement négligées ou utilisées seulement par les paysans du voisinage, La même cause retarde aussi la découverte des bancs salifères , que recèle probablement cette formation. Du côté de l'Es- pagne l'on fait, au contraire, usage du grand nombre de ces sources , ainsi que du sel en roclie que renferme ce même dépôt dans plusieurs endroits de TArragon, comme à Pampelune, à Cord<>na, etc. Les couches de cette formation n'ont naturellement pas de direction et d'inclinaison fixe , puisqu'elles se sont accommodées à la surface inégale des dépôts antérieurs ; aussi elles sont peu inclinées dans quelques endroits , comme entre Rimont et Saint-Girons -, et ailleurs elles sont presque verticales, comme près de Bastènes , où elles s'appuient contre un mamelon proéminent de Diabase , et comme près de Talamon et au pied nord du Çoui d'Arzet, où les alternations bizarres de ces marnes rap- pellent tout-à-fait certains points de la Westphalie et du Mansfeld. De plus , dans cette dernière localité , l'on observe , parmi les couches supérieures des marnes , deux lits de quinze à vingt pieds d'épaisseur d'un Calcaire gris. Ces masses sont séparées par quelques argiles et par un lit d'une espèce de brèche marneuse rougeâtre empâtant les morceaux du Calcaire le plus inférieur. Ces roches sont tout-à-fait analogues à ces lits calcaires qui se trou- ( 75 ) vent , çà et là , autour du Harlz , subordonnés aux marnes bigarrées, placées immédiatement sous la formation du Muschelkalk ou du second Calcaire secondaire. Le Cal- caire est compacte , à cassure conchoïde eu grand , et csquilleux en petit -, il est quelquefois légèrement fétide-, il laisse souvent apercevoir , surtout dans la couche infé- rieure , cette structure oolitique particulière des véri- tables Roggeuslein du Mansfeld , qui est bien différente de celles des Oolites testacés jurassiques. Ces petites con- crétions globulaires se décomposent aussi , çà et là , en une marne terreuse , et laissent enfin de petits vides , qui donnent à ces Calcaires le même aspect que certaines parties du Muschelkalk de Warburg , placé très-près du Grès bigarré (i). Enfin , on y observe rarement des Bi- valves et de petits Univalvs turbines indistincts. Des Calcaires semblables , grisâtres et noirâtres , exis- tent aussi près de Pouillon , et l'on observe près de Ri- mont , les marnes du Grès bigarré , alternant d'abord avec un Calcaire noiràli'e ou grisâtre, et recouvertes en- suite d'un Calcaire compacte grisâtre ou noirâtre , qui m'a paru appartenir au Muscheikalk ^ et supporter le Calcaire jurassique à gryphites ou le Lias anglais, ou bien )a Dolomie et d'autres assises jurassiques. Il est probable que ce dépôt existe encore , çà et là, au pied des Pyrénées , dans une position semblable , et il y est suivi , comme ailleurs, par le troisième Grès se- condaire , ou le Quadersa/idslain et le Calcaire jurassi- que , qui sont plus ou moins liés l'un à l'autre. Le Quadersandstein paraît former tout le long du {i) yojez mon Mémoire sur l'Allemagne dans le Journal de Phy- sique, t. g5. (76) pied des Pyrénées un dépôt d'une épaisseur assez consi- dérable au-dessous du Calcaire du Jura, quoiqu'il pa- raisse manquer accidentellement, çà et là, par la super- position de ce dernier dépôt sur le Musclielkalk ou le Grès bigarré. Il abonde surtout dans les départemens des Basses- Pyrénées , de l'Arriège et de l'Aude ^ il y ollre des Grès plus ou moins schisteux , quartzeux , marneux , fins ou grossiers ; ils sont çà et là désagrégés en sable , et sur- tout micacés; quand ils sont schisteux, ils renferment quelquefois des rognons d'argile ou de marne , comme près de Loubeing , et il y a dans certains lits des nids de Fer hydraté qui , quelquefois , forme le ciment de cer- tams Grès grossiers ou poudingues , comme près du village de Loubeing. Ces Grès alternent avec des marnes plus ou moins sablonneuses , jaunâtres , grisâtres , jaunes brunâtres ou rongeâtres , ou avec des marnes schisteuses , micacées , grises noirâtres , comme près de Nalzen , ou enfin avec des Calcaires marneux grisâtres ou jaunâtres , et des lits de Calcaire jurassique , comme dans les Basses-Pyrénées. On y rencontre assez souvent des débris de végétaux réduits à l'état de lignite terreux ou de jayet , mais ces impressions sont presque toujours fort indistinctes , et pourraient cependant renfermer quelques restes de plan- tes marines , cemme cela se voit dans les masses de Grès entre Ogenne et Navarreins et près de Nalzen. Ces amas de végétaux ont été quelquefois assez consi- dérables pour produire des lits de Lignite , qui méritent rarement d'être exploités comme cela a lieu dans les Cor- bières , dans le département de l'Aube. Des corps marins s'y rencontrent aussi même dans ( 77 ) les lits qui renferment des débris de végétaux 5 ainsi , près d'Ogenne , il y a des pétrifications qui peuvent provenir de quelques espèces de la famille des Isis. Le Calcaire jurassique forme au pied des Pyi^énées une bande presque continue et assez large , qui ne parait se rétrécir qu'au pied du milieu de la chaîne, des deux côtés de la vallée de Bagnères de Bigorre, où le Calcaire est ré- duit à Montgaillard à une très-petite masse. Néanmoins ce réti'écissement n'est qu'un effet du recouvrement des terrains tertiaires qui , avec les alluvions modernes des Pyrénées , nous cacbent souvent des portions considé- rables de ce Calcaire , et en isolent même sur le pied nord-ouest et nord-est des portions qui servent à mon- trer d'une part l'étendue de ce dépôt , et de l'autre sa liaison avec l'immense masse jurassique qui remplit pres- qu'à elle seule toutes les parties basses du grand bassin du sud-ouest de la France. L'étude de l'ordre de superposition des étages duCalcaire jurassique des Pyrénées ne peut être faite par un géologue voyageant rapidement , ou du moins il ne peut les classer que d'après l'analogie avec d'atitres districts de ce Cal- caire \ car outre que plusieurs masses calcaires se trou- vent isolées au milieu de terrains plus récens, comme à Tercis , à Pouillon,à Montgaillard, etc., et qu'elles y ont, avec la craie ou des terrains plus anciens, des positions inclinées et bizarres , l'on aurait besoin de beaucoup de temps, pour rattacher ensemble les masses éparses dans les montagnes jurassiques considérables , telles que celles de l'Arriège et de l'Aude , et pour classer le tout suivant la nature. ( La suite au prochain numéro. ) ( 7» ) Extrait d'une lettre de Van Hassclt , datée de Buiten- zorg(îlede Java), le ii août 1821 , 5wrLES Biphores. ( Algem. Konst en Lelterbode , 1822. ) L'iUGÉNiEuxSavigny(voyez son troisième Mémoiresur les animaux sans vertèbres,!^. 1 1 3) indique ainsi qu'il suit la circulation vraisemblable du sang dans les Ascidies simples. « Un des vaisseaux du coeur reçoit, à ce que ». l'on dit, tout le sang des branchies, il prend le nom » de veine pulmonaire ; l'autre plus long est l'aorte , qui M distribue le sang aux diverses parties du corps. » Il ajoute dans la note a : « L'Ascidie n'a , comme les Gas- » téropodes et les Acéphales , qu'un ventricule gauche » ou aortique , et il n'y a point de ventricule à la réu- » nion de la veine-cave et des artères pulmonaires. » Il résulte évidemment de ces passages que l'auteur ne présume pas de différence entre la circulation piobable dans les Ascidies simples et celles des mollusques dont il a fait mention. Le même savant, dans la suite du Mé- moire, pag. 124, indique aussi le rapport qui existe entre les Ascidies et les Biphores , et il eu vient au ré- sultat , que du moins pour la circulation il n'y a point de différence essentielle entre ces animaux. Telles étaient aussi nos îdées sur l'organisation des Biphores , mais nos propres recherches nous ont prouvé que leur circulation non-seulement est très-différente de celle des animaux auxquels M. Saviguy les compare ^ mais qu'en vérité ce phénomène s'exécute d'une manière jusqu'alors sans exemple dans les animaux : voici ce que nous avons remarqué à ce sujet : Un vaisseau grand et long (aorte, suivant Savigny) ( 79) part du cœur du côté de la partie antérieure du corps (la partie postérieure, suivant Cuvier ) , et se divise en un grand nombre de branches , qui se subdivisent , s'anastomosent et se répandent dans diverses parties du corps. Ces ramifications sortent les unes des autres sous des angles droits et se recourbent ensuite la plupart en arc, ainsi que l'a observé M. de Chamisso, de sorte qu'à l'exception de ceux qui vont en travers , tous ces petits vaisseaux ont une direction opposée à celle du vaisseau pijncipal , c'est-à-dire qu'ils se dirigent d'arrière en ' avant , tandis que l'aorte se dirige de devant en arrière. A l'extrémité postérieure du cœur on observe deux vais- seaux qui répondent aux veines pulmonées , suivant M. Savigny -, ils se distribuent également dans le corps de l'animal en s'anastomosant avec des rameaux du grand vaisseau principal (^ aorte, Sav. ) Mais ce qu'il y a surtoutde remarquable et de singulier dans cette cir- culation, c'est que le sang ne coule pas toujours du cœur à l'aorte pour se répandre de-là dans les diverses par- ties du corps •, mais qu'après avoir coulé ainsi pendant quelque temps on le voit s'arrêter tout-à-coup et prendre une direction absolument opposée. En vérité le sang se rend alors par les artères et l'aorte au cœur , et de-là par les veines pulmonaires et leurs anastomoses, il re- tourne dans les artères et l'aorte. Les contractions du cœur, en général très-régulières, diminuent de vitesse à l'approche d'un tel changement périodique de circu- lation , et ce fut dans ces circonstances que nous vîmes le sang s'arrêter et môme reculer un peu , jusqu'à ce qu'une contraction générale du corps le détermina à prendre la direction opposée. La durée de ces circulations opposées n'est pas lout-à-fait la même -, nous avons vu (8o) le sang couler pendant trois quai'ls de minute du cœur à l'aorte , et, pendant ce temps , il y eut quarante-deux contractions du coeur ; mais il fiillait ensuite un tiers de minute au sang pour refluer des artères au coeur et aux veines pulmonaires, et dans cet intervalle nous comptâmes soixante-deux pulsations. Tout ce pliénomène lient à l'organisation du cœur et à la manière dont il se contracte , les vaisseaux y sont absolument passifs. Ce' cœur, comme d'autres l'avaient déjàremaraué, semblable à un sac tubiforme, est enfermé près du nuclcus dans un péricarde immobile -, mais , ce qui est bien important , ces contractions se font dans une direction de spirale, dont les raouvemens ressemblent au mouvement périslaltique des intestins. Le sang du Bipliore est un fluide séreux rempli de petits globules blancs qui se rangent en chaînes pour passer l'un après l'autre dans les petits vaisseaux. Comme ces globules sont assez consistans , cela produit néces- sairement uije résistance dans toute la masse du sang, qui finit par vaincre la force répulsive du cœur, après s'être arrêtée un moment -, le cœur prend alors un mou- vement de spirale contraire au précédent. Il s'ensuit de tout cela ; 1°. Puisque le sang est poussé tant en avant qu'en ar- rière directement dans les vaisseaux mêmes du corps , et que c'est seulement par le moyen des anastomoses de ceux-cî que la circulation peut être regardée comme ayant lieu , tout le système des vaisseaux pulmonaires ne peut consister que dans des ramifications accessoires , qui n'ont point d'influence directe sur la circulation principale, 2". Deux systèmes artériel et veineux séparés n'existent ( 8i ) pas -y tons deux sont réunis ou plutôt ils ne sont pas encore séparés. Réponse à quelques observations critiques de M. de Fé- russac , sur la famille des NÉraTACÉES de M. de La- marck , et sur le genre Navicelle \ , Par m. g. P. Deshates , Membre de la Société d'Histoire Naturelle de Paris. Dans une notice que j'ai publiée dans les Annales des Sciences naturelles, février i8a45 j'ai examiné le genre Pileolus de Sowerby, et conduit par une analogie de formes , j'ai proposé de le placer dans la famille des Néritacées de M. Lamarck , au lieu de le laisser à côté des Caboclions , en démontrant qu'il pouvait servir de passage entre la Navicelle et la Néritine. M. de Férussac , qui a rendu compte de cette notice dans le Bulletin des annonces, n° 5 , 1824? ^ prétendu que j'avais eu tort de proposer ce rapprocliemcnt, et il s'est fondé , 1° « sur )) ce que les jNatices et lesNérites, quoique rapprochées, » appartiennent cependant incontestablement à deux » familles distinctes , par la forme des tentacules et la » posi lion des yeux , caractères qui , dans les mollusques , .) or.t une telle valeur , qu'il n'est pas permis de passer )) outre. 2». Sur ce que les Néritcs et les Néritines 11c forment point deux genres distincts , puisque leur I» animal et leur coquille sont absolument semblables. y. Que l'opercule des Nay^celles paraît n'avoir que; ': des rapports éloignés avec ce) ly des JSérijps^^ el que ToMi. MI. ' ' é ( 8a ) » même ce n'est point un opercule. 4"'' Enfin , que le » genre Navicelle étant encore fort peu connu , on ne » peut baser des raisonnemens sur ses rapports, ni sur » l'intervalle qui le sépare des Nérites, d'autant qu'il » est très-possible qu'il faille le reporter dans l'ordre » des Pulmonés, près des Ancylës , et l'ôter ainsi et des » Pectinibranclics et des Scutibranches. » Si j'avais été convaincu de la justesse des critiques de M. deFérussac, et de l'exactitude de ses observations, je me serais rangé de son avis ; mais comme je les crois mal fondées pour le plus grand nombre, je pense qu'il est de l'intérêt de la science de ne point les laisser sans réponse. La famille des Néritacées, telle que M. Lamarck l'a proposée, est très-naturelle, à l'exception du genre Nériline qui doit rentrer dans les INérites. Tous les concliyliologues qui ont précédé M. Férussac , et nous citerons entre autres Adanson, Bruguière , M. Lamarck , M. Cuvier , qui ont tous vu les animaux des Nérites et des Nalices , leur ont trouvé tant de ressemblance, qu'ils n'ont point cru pouvoir les séparer dans des familles distinctes ^ ils ont tous vu et j'ai vu également que plu- sieurs espèces de Natices ont les yeux placés sur des pé- dicules à la base des tentacules, ce qui existe également dans les Nérites. Que M. Férussac considère ces yeux pédicules et soudés à la base des tentacules , comme une seconde paire de tentacules , et qu'il se serve de ce ca- ractère pour séparer dans deux familles les Nérites et les Nalices dans les Tableaux systématiques qui font partie de son ouvrage sur les mollusques terrestres et fluvia- tiles-, que M. Férussac, oubliant ce caractère, ne le men- tionne pas ici , et ne se serve que de relui de la forme , ( 83 ) qui doit être à ses yeux d'une moindre valeur que le nombre, c'est un oubli, une contradiction même que nous ne chercherons pas à expliquer, et qui ne détruit pas un seul des faits qui prouveut incontestablement que plusieurs espèces de Natices ont les yeux semblables en tout à ceux des Nérites , ce qui ne permet pas de passer outre et de les séparer. Il est facile, d'après cela , de sentir que l'objection re- posant sur la position des yeux, tombe d'elle-même, puisque le caractère des pédicules à la base des tentacules, n'étant plus le propre des Nérites , devient , au con- traire , un moyen nécessaire de leur réunion dans la même famille que les Natices. Tous les zoologistes savent aujourd'hui que le genre Nériline doit rentrer dans celui des Nérites , en con- servant pourtant pour lui une section particulière , mo- tivée sur la circonstance de l'habitation de ces animaux dans les eaux douces ; et si je l'ai admis dans la Notice dont il est question , c'était pour trancher les formes et en faire mieux sentir les progressions , puisque c'était d'après elles seules que je pouvais porter un jugement. L'opinion que M. Férussac donne sur l'opercule des Navicelles et sur ce genre lui-môme , ne nous paraît con- forme ni aux faits ni aux principes que ce zoologiste parait avoir considérés comme de première valeur. On a vu, par l'exposé des objections, que M. Férussac pense que ce genre ne devra rester ni parmi les Sculibranches ni parmi les Pectinibranches , ce qui est avouer quel'on a eu tort de le placer parmi les Scutibranches, mais qu'il devra se ranger parmi les Pulmonés, h côté des Ancyles, et c'est ce que M. Férussac tend à prouver dans une rourte description de l'animal qu'il n'a vu, à ce qu'il 6* ( 84")' nous apprend , qu'en mauvais état ; mais cette descrip- tion , loin d'infirmer ropinion de M. Lamarck, la con- firme au contraire par tout ce qu'elle contient de plus positif. En eiïet, les tentacules ont une disposition absolument semblable à ceux des Néritcs; comme eux ' ils sont pédicules à la base , et comme eux les pédi- cules sont soudés dans toute leur longueur aux ten- tacules , ce qui. certes, l'éloigné beaucoup de ce que l'ou remarque dans les Ancyles, dont les tentaciiles sont simples ). tronqués au sommet, et oculés à la partie interne de la base , au lieu de l'être extérieurement. Mais puisque les tentacules des Navicelles sont si sem- blables à ceux des Nérites , pourquoi ne pas les rappro- cher , lorsque ce caractère important est le seul bien conpu ? Jl doit résulter de-là que cette dispositiori des tentacules , contre laquelle il n'est pas permis de passer outre pO'Ur les Nérites et les Natices , devient de peu de valeur pour les Navicelles , ce qui rend extréme- njent ^facile à soutenir les hypothèses que l'on peut fai^Q à plaisir, en variant à son gré l'importance des ca- ract-crçs. Celui-rci manquant tout-à-fait à M. Férussac pour sou,tenir son opinion , il ne lui en reste plus que d'.accçssoires qui le l'çjettent dans des probabilités repo- sant, sur la forme du pied , sur celle de la bouche, sur la,, disposition du "manteau et la forme des impressions musculaire?. On sait très-bien que la forme du pied n'est, dans aucun Çfis., d'une importance absolue dans la clas- sification des Mollusques , puisque cette partie varie presque dans chaque . genre : on sait également que, dan,s le très^grand nombre de ces animaux , le manteau est disposé de manière à permettre au liquide ambiant ( 85 ) de circuler librement autour du cou et sur le dos : cette disposition n'étant point particulière aux Pulmonés aqua- tiques, le caractère qui en résulte est de nulle valeur pour le genre qui nous occupe. Quant à ce qui est relatif h la forme de la bouche , je doute qu'on l'ait jamais bien vue chez les Ancyles , ce qui empêche évidemment d'en établir la comparaison avec celle des Navicelles ; et il en est absolument de même de la forme de l'impression musculaire que l'on connaît bien dans la Navicelle , mais non dans l'Ancyle ; et quand même celle-ci serait analogue , comme elle serait semblable à celle des Patelles , des Cabochons , des Sigarets , des Emarginules , etc., ce serait encoi-e un mauvais moyen d'induction. Une seule chose qui aurait pu décider de la place du genre Navicelle , était la connaissance des organes de la respiration , ainsi que de ceux de la génération ; mais à cet égard , M. Férussac nous laisse dans le même doute , puisqu'il n'a rien vu de ces organes. Pour ce qui est de l'opercule des Navicelles ,• nous pensons avec M. Lamarck et M. Blainville que c'en est réellement un. M. Férussac nous apprend qua cette pièce tcslacée est placée entre deux poches , qui toutes deux communiquent à l'extérieur. Il faudrait sa- voir ce que M. Férussac entend par ces poches , pour comprendre cette partie de sa description 5 du reste cette pic*ce est articulée comme les autres opercules de la uiêinu famille , et elle csl fixée au pied par des muscles l'attache, ce qui la fait i^nlrer dans la fègle générale: (julenieut elle se trouverait là daus l'état nulimenlaiïe' , t ce n'iisl pas le seul exemple d'opercule à l'élat rudi- iientaire (jue l'on puisse citer, ci; i|ui ceilaiuemeut (86) ne peut être un motif suffisant pour rejeter ce genre dans une autre famille. Une chose à laquelle M. Férnssac n'a point fait atten- tion , c'est la disposition du sommet de la coquille, et ce caractère est pourtant de quelque valeur. La coquille de l'Ancyleestparfaitementsymétrique : coupée en deux dans sa longueur par un plan perpendiculaire passant par le sommet , les deux parties qui en résulteraient seraient parfaitement semblables, ce qui certainement ne serait point de même pour la Navicelle , dont le sommet s'in- cline à droite, en montrant de ce côté un commence- ment de spire ; c'est ce que m'a offert également le Pileo- lus ncritoides que j'ai trouvé aux environs de Paris , et c'est aussi ce qui se voit dans le JVerita allaviîlensis de M. Defrance. C'est pour ce motif et quelques autres que j'ai exposés dans la Notice sur ce genre de coquillage, que j'ai proposé son rapprochement de la famille des Néritacées. De tout ceci il résulte, i" que l'opinion de Bruguière, de MM. Cuvier et Lamarck , sur le rapprochement des genres Nérite et Nalice , est fondée sur de bons carac- tères tirés de la connaissance des animaux qui présentent dans ce groupe une organisation très-analogue -, 2° que le genre Navicelle y est bien placé par tout ce qu'on en connaît , je veux dire la forme de la coquille , l'oper- cule, les tentacules, puisqu'on ne connaît ni les organes de la respiration ni ceux de la génération -, 3° qu'il est impossible , d'après ce que nous savons sur ce genre , de foi'mer le moindre rapprochement avec les Ancyles , que l'on ne connaît également que d'une manière im- parfaite , et bien moins encore avec d'autres Pulmonés connus. (87 ) Avant de terminer , nous demanderons comment il se fait que M. Férussac , après avoir dit , page 97 du cinquième numérodu Bulletin des Annonces, en rendant compte de ma Notice sur le genre Pileolus, que le genre Navicelle était trop peu connu pour établir des raisonnemens sur ses rapports, et sur l'intervalle qui le sépare drsNérites, nous demanderons, disons-nous, à M, Férussac , comment il se trouve pourtant suffi- samment éclairé à la page suivante , pour proposer de le réunir aux Ancyles? Nous demanderons aussi comment il se fait que M. Férussac ayant, dès l'établissement du genre en 1807 , l'opinion qu'il était plus voisin des Ancyles que des Patelles , on retrouve en 1820, dans ses Tableaux systématiques, ce genre à la même place qu'en 1807 , lorsque M. Férussac était libre d'opérer ce changement dans le système , aussi bien que beaucoup d'autres ? Note sur le gissement du Gypse dans les ^Ipes. Par m. Victor Jacquemont. ( Lu à la Socictë d'Histoire JNaluielle , le 4 juillet i8j3 ) Les couches gypseuses ne sont pas rares dans les Alpes , et s'y trouvent assez également répandues, accompagnant les terrains phis anciens, soit primitifs , soit de transi- tion, composés principalement de roches micacées , tal- queuses , quartzeuses , feldspathiques et calcaires, elles couches aussi très-variées, maisdécidémentintermédiaires du Calcaire alpin. L'étendue du ces coiirhos gvpseuses , leur couleur sail- lante, et enfin l'intérêt qui résulte, dans beaucoup de localités, de leur exploitation, en ont fait reconnaître un (88) grand nombre ; mais les cirronstances particulières qui accompagnent généralement leur gissement , ont laissé de rincerlilnde sur la véritable position géologique de la plupart d'entre elles 5 et il y a peu de roches qui , après avoir été le sujet d'observations si nombreuses, soient encore l'objet de tant de discussions. L'indécision de plusieurs savans relativement à leur gis- sement, et leur divergence d'opinion quant à l'âge relatif de ces Gypses , proviennent de la difficulté de bien ob- server le premier, et du point de vue différent sous le- quel les géologues ont envisagé les terrains qui les ac- compagnent. Ainsi, un grand nombre de couches gvp- seuses sont entièrement découvertes , et paraissent libres de tout recouvrement ; et, s'il y en a qui se montrent évidemment subordonnées , c'est généralement à des ter- rains sur la nature desquels les géologues sont encore partagés. De tous ceux qui se sont occupés de leur détermina- tion , M. Brochant est sans doute celui qui a dû réunir, en faveur de son opinion , le plus de sufl'rages , parce qu'elle est appuyée sur un nombre de faits plus consi- dérable et discutés avec cet esprit de réserve que devraient imiter tous les géologues dans les rapprochemens de terrains. Les conclusions de cet important travail , qui a été lu à l'Institut et imprimé depuis , sont que tous les terrains des Alpes , où le Gypse est intercalé , appartiennent aux terrains de transition , dont il distingue dans les Aljîes deux formations 5 l'une , plus ancienne , qui domine dans la Tarentaise et se i-elrouve , suivant lui, en lambeaux épars à l'AUée-Blanche et en divers lieux du Valais ; l'autre , plus moderne , composée seulement du terrain ( 89) de Calcaire alpin , qui constitue essentiellement la grande chaîne septentrionale ^ et s'étend depuis TOber- Hasli jusqu'aux bords du Léman et aux cimes du Buet. M. Brochant ne reconnaît d'ailleurs dans les Alpes aucune couche , aucune masse de Gypse , distinctement enclavées dans un terrain primitif, et ayant ;ivec lui des rapports d'une formation contemporaine. Tous les Gypses , réputés jusque-là primitifs , sont re- gardés par lui comme de transition , ainsi que les ter- rains qui les renferment 5 ou bien ils appartiennent à une classe de dépôts superficiels , qui reposent indistinc- tement sur les terrains de transition ou sur le sol pri- mitif, et dont plusieurs ont une apparence analogue à celle de dépôts formés dans des bassins. Je ne prétends pas nier l'existence absolue de ces der- niers dépôts , dont on multipliait plus anciennement les exemples sans aucun discernement ; mais je ferai obser- ver d'abord que , de l'aveu môme de M. Brochant , ils ont avec le Gypse des deux gissemens reconnus par lui dans l'un et l'autre terrain de transition, des rapports si frappans , qu'on croirait que ce sont trois membres épars d'un même genre de formation opérée dans les mêmes circonstances , mais à différentes époques d'un dépôt continu; et ensuite je demanderai s'il est vraisem- blable qu'à une époque aussi reculée , au temps d'un ordre de choses assurément différent du nôtre, et qu'en sé- pare le long période des formations secondaires 5 je deman- derai , dis-je , s'il est vraisemblable qu'au temps où se déposaient encore les derniers termes du terrain in- termédiaire , les Alpes eussent déjà leur relief actuel. L'aflirmalive est dénuée de toute vraisemblance; le sol primitif et celui de transition n'ont pas dû rester impas^ (9° ) sîbîes durant les secousses qui ont bouleversé le sol se- condaire , parce que les forces qui ont été capables de ces efforts n'ont pu l'être de tels ménagemens. D'après ces considérations, je ne saurais donc regarder, comme les dépôts d'un bassin, les amas de Gypse qu'on observe dans les vallées des Alpes pi'imitives et intermé- diaires , où ils se montrent sans être recouverts par les roches environnantes ; mais ayant avec elles, des traits de ressemblance qui semblent attester la conformité d« leur âge 5 et elles avaient suffi à beaucoup de savans pour les regarder comme contemporains de ces terrains qu'ils ne paraissent plus que recouvrir. Mais c'est sur une observation précise et sur une preuve irréfragable que je vais établir la contemporanéité d'un de ces prétendus dépôts gypseux , avec les terrains de la vallée dont il occupe le fond ; et dans le cas dont il s'a- git , avec le sol primitif. Ce Gypse est celui du f^al Canaria. Des considérations importantes avaient été présentées en faveur de sa primordialité par M. Lardy qui , dans la présence des paillettes An Mica doré qui y est répandu comme dans là Dolomie de Campa longo , et dans l'incli- naison comparée de ses couches et de celles du Mica- schiste environnant, trouvait de fortes présomptions pour le regarder comme également subordf>nné à celui-ci. Mais M. Brochant rappelant que d'autres Gypses, évi- demment de transition , étaient aussi mélangés de Mica doré ou de Talc , et contestant le fait de l'inclinaison des couchés observée par M. Lardy , a regardé ce Gypse de Canaria comme indépendant du sol primitif de cette vallée , et comme appartenant à cette classe de dépôts gypseux superficiels-, qni ont été dans son opinion les (9' ) derniers termes du terrain intermédiaire dans les Alpes. Si, en eflet, on jette les yeux sur le plan et les coupes du yal Canaria figurés par M. Brochant, on verra que le Gypse eu occupe le fond dans une grande partie de • sa longueur , en se tenant à un niveau toujours à peu près égal ^ que nulle part il n'est recouvert ; et on sera facilement entraîné à le considérer comme un dépôt pos- térieur au creusement de cette vallée. Ces apparences sont très-spécieuses 5 mais Tobserva- tion suivante démontre leur peu de réalité. Je revien- drai ensuite sur leur cause. Le Val Canaria est une petite vallée fort étroite , d'environ deux lieues de longueur , qui descend du Saint- Golliard dans la direction du N. E. au S. O. , et dé- bouche dans la haute vallée du Tessin , un peu au-des- sous à'y^irolo: Il est encaissé entre de hautes monta- gnes appartenant à ce système primitif, où dominent les roches de Schiste micacé et d'Amphibole schisteuse , presque toutes mélangées de Grenat, et comprenant des couches subordonnées de Calcaires saccharoïdes micacés et de Dolomies. Le Gypse occupe le fond du vallon dans sa partie in- férieure , et c'est dans sa masse, encore énorme , malgré les grandes dégradations qu'elle paraît avoir subies , que coule le torrent qui la ravine encore tous les jours , et y mine le pied d'esrarpemens qui, bien tôt manquant de base, s'écroulent et laissent à découvert la nature anhydrili- que de la roche partout altérée par l'épigénie dans les surfaces anciennement exposées à l'air. On reconnaît en- core la structure laminaire et le clivage rectangulaire de l'Anhydrite dans la plupart des fragmens fraîchement éboulés. Le Mira doré et le Mica argentin , ou de minces (90 • enduits talqueus sont très-abondamment répandus dans ce Gypse , et ils y deviennent plus appareus lorsque, par une épigénie complète, les lames a nliydri tiques décom- posées ont perdu leur éclat. A l'entrée du vallon, et sur sa rive droite, on voit des couches d'un Calcaire jaunâtre saccharoïde et mi- cacé , qui alternent avec celles du Gypse. Plus rares et plus minces dans sa partie inférieure , elles deviennent plus épaisses et plus nombreuses dans sa partie supé- rieure , et , enfin , c'est une de ces couches calcaires très- puissantes qui recouvre toute sa masse. Ces couches calcaiies et gypseuses , comme celles des terrains euvii'ounaus , sont dirigées du N. E. au S. O. et généralement inclinées au nord. Elles se terminent brusquement sur les pentes de la vallée du Tessin , où la terre végétale et des éboulemens considérables ne permettent pas de reconnaître leurs rapports avec ces terrains. Mais toutes ne s'arrêteut pas ainsi. Quelques-unes des couches calcaires supérieures vont se prolongeant au-delà , et descendent isolées entre celles du Schiste micacé, auquel elles se montrent subordonnées , comme elles l'avaient été auparavant au Gypse. La plupart ne s'y étendent que fort peu, et n'y ont qu'une très-faible épaisseur; j'en ai observé une , cependant, qui s'éloigne à plus de cent toises du point où parait s'arrêter la masse gypseuse , et qui conserve , dans cette étendue , une épaisseur de près d'une toise. On la voit très-facilement dans une sorte de ravin peu profond, creusé sur les pentes de la vallée du Tessin , parallèlement au f^al Ca- naria, et plus près encore d'^t/oZo. Le Schiste micacé où pénètre cotte couche calcaire , (93 ) et qui la recouvre immédiatement , est mélangé de Gre- nats et criblé d'aiguilles amphiboliques très-déliées -, il e>t recouvert à son tour par un Schiste talqueux carburé assez solide , et pareillement rempli de Grenats. Ainsi , le Gvpse du Val Canaria est recouvert par ces roches , puisque les couches calcaires qui alternent avec lui et dominent dans sa partie supérieure , plongent sous elles ] il est donc primitif. Cette observation décisive confirme les présomptions qu'un grand ensemble de caractères faisait naître en faveur de la primordialité de ce Gypse , et l'établit d'une manière incontestable. Voyons maintenant la cause des apparences spécieuses qui l'avaient fait méconnaître , et qui donnent à ce gissement tant de ressemblance avec un dépôt postérieur au creusement de la vallée. Elles tiennent essentiellement à la forme particulière des dépôts gypseux dans les terrains anciens des Alpes, où ils constituent plutôt des amas aplatis allongés , brus- quement amincis en leurs bords et de forme lenticu- laire , que de véritables couches continues ; or , l'on conçoit aisément que dans le cas où une vallée vient à êire creusée aux dépens d'un de ces amas, d'une de ces len- tilles gypseuses, si la moitié supérieure de sa masse seu-i Içment est emportée, la moitié inférieure qui subsiste," ({uel que soit son nouveau relief, n'est plus recouverte eu aucun endroit par les couches du terrain qui la com- prenait tout entière. Cette moitié inférieure, creusée da- vantage dans sa partie moyenne , la plus épaisse , et qui peut correspondre au Thalwege de la vallée , paraît alors comme un dépôt postérieur qui en remplit le fond. Voilà ce qui a eu lieu sans doute au f^al Canaria, et celle disposition priniilive y est encore attestée par les ( 94 ) couches calcaires , qui, de la masse gypseuse, pénètrent et se perdent dans le terrain environnant. Je joins ici le croquis de ce gissement tel que je Tai observé, avec la configuration de la masse gypseuse avant le creusement de la vallée , et ses rapports avec le Schiste micacé, tels qu'ils me paraissent devoir être déduits des observations précédentes. Au reste , ce gissement de Gypse dans le terrain pri- mitif n'est pas le seul dont je me sois assuré, et j'en indiquerai un second que je n'ai vu consigné nulle part , et dans lequel la réalité des faits n'est pas cachée, comme au Val Canaria, par des apparences trompeuses capables de la faire méconnaitre. J'ai observé ce nouveau gîte dans le Haut- Valais , sur la rive gaucho du Rhône , entre Vispach et Glitz^ à peu près eu face et au-dessus du hameau de Gamsen. C'est une couche gypseuse d'environ quinze à vingt mètres d'épaisseur, peu étendue , ou que je n'ai pu du moins reconnaître que sur une faible longueur, et qui est in- tercalée très -régulièrement entre les couches du Schiste micacé , auquel le Schiste talqueux est aussi subordonné , et passe souvent par des transitions insensibles. Ce ter- rain est dirigé du N. E. au S. O. , et ses couches, que l'on peut suivre facilement jusqu'à Vispach , à l'embou- chure de la vallée de Saint-Nicolas , se montrent incli- nées au sud avec une très-grande régulaiité et sous un angle d'environ dix à quinze degrés. La vallée de Saint- Nicolas en coupe la direction , et l'on y voit les Schistes micacés qui , près de Gamsen , renferment le Gypse , successivement recouverts par des couches puissantes de Quartz en roche, de Schiste talqueux calcaire et car- buré, contenant aussi de la Serpentine , que recouvrent (95 ) à leur tour des Calcaires saccharoïdes Irès-mélangés de <^uartz et de Mica , et enfin des Dolomies. Le Gypse de Gamsen est parsemé de Mica doré et argentin, et sa ressemblance avec celui du V^al Canaria est parfaite. Mais comme il affleure une pente boisée sans ravins et sans éboulcmens un peu considérables qui en aient nouvellement entamé la masse , toutes les surfaces et les fragmens que j'ai observés ne m'ont plus offert aucune trace du clivage de l'Anhydrite. L'observation de ce nouveau gissement , facile à véri- fier par tous les voyageurs qui passeront le Simplon, prou- verait seule, incontestablement, qu'il existe du Gypse primitif dans les Alpes ; mais déjà l'on a dû recon- naître, ^vec moi , comme tel, celui du Saint-Golhard. Ainsi , la primordialilé de celui-ci ne se montre plus comme un exemple unique , comme un fait impro- bable par son isolement. Je présume que des recher- ches ultérieures en ajouteront encore à ceux-ci , parce qu'il serait effectivement singulier que dans les Alpes où la nature a travaillé si fort en grand , et a répandu les mêmes roches sur une si grande étendue de terrain le Gypse primitif fût si. rare. Enfin , je répondrai à une dernière remarque de M. Brochant , si fort prononcé contre la primordialité de cette pierre , que si les Alpes sont la seule chaîne où l'on ait reconnu du Gypse pri- mitif, lui-même aussi a avancé que les terrains où il repose sont un des termes les moins anciens de la for- mation primordiale. y ayez planche 3, la coupe du f^al Canaria. (96) Développement du cœur et formation du sang\, Par mm. Prévost et Ddmas. Vers la vingt-septième heure de rincubation, on aper- çoit dans le Poulet, considéréparsafaceantérieure, et pré- cisément au point où se termine la membrane qui vient se rabattre au-devant de la tête, un petit nuage transver- sal qui s'élargit à ses deux extrémités, et va se perdre in- sensiblement sur Taire transparente. Ce sont les pre- miers indices de Tauricule , et nous verrons plus tard les deux ailes de cet appareil se prolonger avec rapidité pour donner naissance aux vaiseaux qui ramènent au cœur le sang qui vient de traverser l'aire veineuse : trois heures plus tard , le centre de l'auricule se trouve sur- monté d'un vaisseau droit qui se dirige vers la tète , en passant au-dessus du repli antérieur. On y reconnaît le ventricule gauche du coeur que l'on voit bientôt se partager h son sommet en trois ou quatre petites ramifications fort déliées. Elles vont ensuite se réunir en un petit renflement duquel part l'aorte descendante. Au bout de trente-six heures , le fœtus commence à s'incliner, et il ne tarde à se coucher sur le côté gauche. Pendant cet intervalle , le coeur s'est rétréci ■ d'une manière remarquable 5 il s'est allongé et présente alors une courbe très-décidée. Un rétrécissement sé- pare l'auricule du ventricule gauche 5 c'est le canal auriculaire. Un autre distingue le bulbe de l'aorte de ce même ventricule; c'est le frelum de Haller. Mais tous ces détails sont encore plus manifestes à la trente-neu- vième heure , et la flexion dtr roeur elle-même est plus (97) piouoncée. Sa convexité est tournée en avant, et l'au- ricule commence à remonter vers le sommet de l'appa- reil , en glissant derrière le ventricule. A cette époque le cœur bat, et la circulation se dis- tingue sans la moindre difficulté. Le sang passe au tra- vers du ventricule , arrive dans le bulbe de l'aorte , qui le pousse à son tour et le force à pénétrer dans les trois ou quatre divisions qui en partent. Celles-ci l'amènent au tronc de l'aorte descendante qui chemine vers la partie inférieure du foetus , mais qui ne tarde pas à se partager en deux vaisseaux égaux qu'on voit à chaque côté de la colonne vertébrale. Vers le milieu de celle-ci ils se re- courbent subitement à angle droit , sortent du corps du foçtus , et se dirigent en se ramifiant vers l'aire vei- neuse, à laquelle ils amènent le sang. Ce liquide parcourt le vaisseau circulaire terminal d'une manière assez sin- gulière, puisque, si on le coupe par un diamètre perpen- diculaire à la direction du foetus , les points qui en seront traversés seront véritablement des parties dans lesquelles le sang hésite , incertain du chemin qu'il préférera. Au-dessus il se dirige en haut , au-dessous il chemine vers la partie inférieure. Mais dans l'un et l'autre demi- cercle , il se trouve à l'endroit où les courans droits et gauches viennent se rencontrer , un vaisseau , quel- quefois deux, qui reprennent le sang et le ramènent vers le cœur -, ils passent en-dehors du foetus jusqu'à l'endroit où ils atteignent l'auiicule dans laquelle ils pénètrent au rao^'en de deux embranchemens que nous avons reconnus dès les premiers inslans de la formation du cœur. Tous les auteurs qui ont examiné celle question rela- livemcnl /) la formation de l'aorle, ont vu les ramifications ToMF. 111. T (9« ) qui partant dn bulbe se réunissent de nouveau pour former ce vaisseau. Disposilion infiniment remarquable , et qui jette le plus grand jour sur la manière dont se produit la veine-porte, seul exemple analogue que nous ayons d'une semblable division dans le trajet d'un vaisseau. A quarante-deux heures l'on commence à remarquer sur le bord convexe du coeur un point saillant situé dans sa partie moyenne. Il formera un angle toujours plus prononcé , et ne tardera pas à devenir la pointe du, cœur. Les rétrécissemens du bulbe de l'aorte , loin de s'allonger, sont devenus plus courts. Les stries de sang, deviennent d'un rouge plus vif, et désignent d'autant mieux la direction des artères du cercle veineux. A quarante-huit heures le cœur a continué à se déve- lopper, son bord convexe se prolonge en avant , le concave devient moins prononcé par l'ascension progres- sive de l'auricule et le raccourcissement des détroits au- riculaire et aorlique. Entre le troisième et quatrième jour on distingue net- tement le ventricule droit. Il se montre sous la forme d'une petite poche qui est placée en avant du ventricule gauche , et communique librement avec la cavité de l'auricule. A chaque contraction de celle-ci une goutte- lette de sang y est poussée , et l'on peut reconnaître , au moyen de cette injection passagère , le vaisseau qui en sort de l'autre côté , et qui deviendra plus tard l'ar- tère pulmonaire. A l'époque où nous l'observons, le ventricule droit est lié d'une manière intime au gauche par les fibres musculaires qui les enveloppent tous deux , de telle sorte qu'on croirait qu'il s'est développé réelle- ment entre ces mêmes fibres. Cependant il n'en est pas ainsi d'après un observateur justement célèbre , M. Ro- (99) lando 5 il a vu le venlricule droit d'abord sous la forme d'un vaisseau délié qui part delà portion droite de l'auri- cule,.et qu'on peut apercevoir passant au-devant du ventricule gauche , vers la cinquante-huitièrvie heure. Ce vaisseau se soude avec lui au moyen des fibres mus- culaires qui les entourent. Sa partie moyenne se dilate et devient le ventricule droit, tandis que son extrémité effilée se dirige vers le lieu qu'occuperont les poumons. Il est évident que M. Rolando a été assez heureux pour saisir la forme du ventricule commençant, au moment de l'injection momentanée qu'il éprouve à chaque pul- sation du cœur. Notre observation est plus tardive que la sienne d'un jour ; ce qui suffit pour amener les chan- gemens que l'on remarque entre les deux descriptions. Dès le troisième jour la cavité de l'auricule commence à se bilober d'une manière fort tranchée , et cette dis- position résulte évidemment du tiraillement que lui font éprouver les veines qui s'y insèrent. Le pli moyen qui en est la conséquence , se rétrécit en forme d'anneau , et peu à peu divise la cavité en deux parties séparées. C'est à ce resserrement que l'on doit le développement du ventricule droit , à cause de la difficulté que le sang éprouve à passer de la partie droite où il aborde dans la gauche qui communique avec le ventricule corres- pondant. Au sixième jour l'artère pulmonaire est divisée en deux rameaux, un pour chaque poumon^, et ceux-ci se pro- longent dans l'aorte descendante , après avoir fourni la branche pulmonaire. Plus tard cette prolongation s'obli- tère , et à celte époque l'artère pulmonaire n'olTrc plus ; ncunc divibion. A celte époque la circulation est parfaitement établie, 7* ( lOO ) et ne variera plus pendant tout le reste de l'existence fétale. Eu cflel, les artères qui vont à l'aire veineuse donnent des rameaux plus nombreux et plus forts , et l'on aperçoit un second système de vaisseaux qui ramène le sang parallèlement à elles. Ce système est celui de la voine-portc , qui acquiert successivement une plus grande importance à mesure que le sinus terminal s'oblitère. Colui-ci disparaît peu à peu : dès le huitième jour il semble étranger au mouvement du sang , et vers le quinzième il devient presqu'impossible de le retrouver. Après avoir décrit les organes de la circulation dans le foetus , voyons comment le mouvement du sang s'y établit. C'est vers la trente-neuvième heure que le coeur commence k battre. Il ne contient pas de sang alors , mais comme toutes les cavités à cette époque , il est dis- tendu par un sérum incolore. L'auricule se contracte , et l'on voit au même moment le canal qui forme le ven- tricule gauche du cœur et le bulbe de l'aorte se dis- tendre indubitablement par l'etTet du liquide qui y est refoulé. A cette contraction succède celle du ventricule , et dans ce mouvement le liquide ne peut plus retourner en arrière au travers de l'auricule qui est conti"actée, et il est poussé dans le bulbe de l'aorte : celui-ci se con- tracte à son tour , et le chasse dans les vaisseaux qui lui font suite , d'où il gagne de proche en proche les divi- sions de l'artère mésentérique qui se portent au cercle veineux. Lorsque le bulbe de l'aorte a disparu , le mou- vement du coeur se simplifie, et nous ne voyons plus que les contractions alternatives de l'oreillette et du ventricule. On n'aurait qu'une idée bien inexacte de tous ces phé- nomènes, si nous n'ajoutions à cette histoire du coeur quelques mots , relativement à la formation du sang lui- •( loi ) même, atia de uxer l'opinion sur la question si long- , temps agitée de leur influence réciproque et de leurs droits à la priorité. Le cœur paraît le premier , si l'on considère comme cœur la trace des auriculcs , qui se peut distinguer à la vingt-septième heure de l'incubation. Mais déjà dès la trentième et la trente-troisième heure, la membrane vasculaire commence à s'épaissir eu certains points qui présentent d'abord une teinte d'un beau jaune : bien- tôt cette couleur devient orangé , puis rouge-pàle , et enfin, dès la quarantième heure, la circulation peut se suivre dans les plus petits détails , à cause du ton décide qu'ont pris les globules sanguins. Mais il faut bien ob- server en ceci que le sang se crée indépendamment du cœur, qu'il se montre loin de celui-ci fort long-temps avant l'époque où il commencera à battre , et que ce n'est point par conséquent le cœur qui détermine la pro- duction du sang , ni le sang qui stimule le cœur pour l'obliger à se contracter. On peut faire à ce sujet une remarque assez singu- lière 5 le système nerveux , sous la forme du rudiment de la moelle épinière, parait le premier entre tous les organes du fœtus. Le cœur vient beauconp plus tard, mais il est de tous les muscles celui qui entre en fonc- tion te premier; car à l'époque où il commence à battre , les irritations galvaniques ne produisent aucun effet sur Tanimal, ce qui prouve l'absence des muscles ou leur inrapacité à se contracter. Quelle que soit l'opinion qu'on adopte, il est évident que le cœur agit avant tous les autres ^ muscles, et que de toutes les parties qui le composent, c'est l'auricule qui se met la première en mouvement. Observons maintenant ce qui se passe aux approches de ( Joa ) la mort. Toute action des muscles volomtaires disparait avant que le cœur ait cessé de se contracter. L'auricule montre encore des pulsations évidentes bien long-temps après que celles des ventricules se sont arrêtées. Lors- qu'enfin ce pouvoir est entièrement éteint , le système nerveux reste encore susceptible d'éprouver et de mani- fester les effets d'une excitation étrangère. Ce qui dé- montre assez que son organisation est la dernière qui soit altérée , et que la vie se réfugie en lui comme dans son extrême retranchement. Mais si le cœur est étranger à la formation du sang , comme nous venons de le démontrer , quel est donc l'organe qui préside à cette création ? Nous allons dis- cuter ce point avec quelque soin , à cause de l'intérêt qu'il présente pour la physiologie générale. A l'époque où le liquide rouge-orangé commence à se bien distinguer dans les îles de la membrane vasculaire, il est aisé de se convaincre qu'il n'existe encore aucun organe sécréleurpropreàl'animal aduhe. Le poulet nesecompose réellement que d'une moelle épinière emboîtée dans les membranes du canal rachidien, et terminée en avant par quelques renflemens vésiculaires qui correspondent aux diverses parties de l'encéphale. Le sang se sécrète ce- pendant , et la circulation s'établit. Nous avous vu que ces phénomènes se passaient à une dislance qui exclut toute influence particulière du cœur , et que celui-ci ne présentait réellement aucun rapport apparent avec les places déterminées qui servent de points de ralliement aux premières gouttelettes sanguines. Nous avons d'ail- leurs toute raison de penser qu'un organe musculaire comme le cœur est incapable de produire une sécrétion »ussi délicate que celles des globules du sang. ( «o3 ) Il est donc probable que le siège de la sécrétion se trouve alors véritablement situé dans la membrane vas- culaire même, et que cet appareil, tout transitif qu'il soit, doit être considéré comme l'agent de la sanguifica- lion. A cette époque, les globules du sang sont circu- laires et raplalis ; leur centre est occupé par une splière moins colorée que la zone extérieure , et, par consé- quent , ils ressemblent, en tout point, à ceux qui carac- térisent la classe des Mammifères. Ils difTèrent par cela même des globules propres aux oiseaux et aux animaux à sang froid , dont nous avons soigneusement déterminé la forme dans nos Mémoires sur cet objet. Nous les avons toujours vus' elliptiques , et la Poule est parmi les oiseaux que nous avons cités l'un de ceux chez les- quels on remarque la différence la plus prononcée entre le petit diamètre et le grand. Nous possédons ainsi le moyen le plus net pour distinguer les globules du foetus de ceux de l'adulte •, et nous allons suivre pas à pas la marche de la sangnification , afin de saisir la liaison qui doit exister entre ces deux phases de la vie. Au second jour le sang est entièrement formé de globules circulaires; il n'en contient pas d'autres aux troisième, quatrième et cinquième jours. Vers le sixième , on commence à rencontrer, çà et là , des globules ellip- tiques , et leur nombre augmente si rapidement pen- dant les septième et huitième jours, que le sang d'un poulet du neuvième ne montre plus que des globules elliptirjues. Si l'on compare cette série avec les changemens sur- venus dans la membrane vasculaire du jaune , on voit qu'elle correspond précisément à l'époque où ses vais- seaux se sont oblitérés , et où elle a perdu cette circu- ( io4 ) lation riche et abondante , qui montrait assez l'impor- tance des fonctions dont elle était chargée. Mais quel est le nouvel organe dans lequel est trans- porté le siège de la sanguiGcalion. Le poulet en a formé plusieurs pendant l'intervalle que nous venons de par- courir. En elFet, le cœur a pris toutes les parties qui lui sont propres, et nous ofi're en petit l'oiganisation dq l'adulte. Mais nous avons déjà remarqué que ce n'est pas lui qui forme les globules du sang , et nous sommes forcés de chercher ailleurs l'agent de cette métamor- phose importante qu'éprouve la matière alimentaire. Se- rait-ce le poumon ? Mais les tubercules qui en sont les premiers rudimens ne sont encore doués d'aucune fonc- tion respiratoire. Enfin, nous avons la membrane delà vésicule ombilicale qui , dès le troisième jour , a com- mencé à paraître , et qui , vers le quatrième ou cin- quième , a déjà pris une extension considérable , et est devenue l'apparcil'manifestede l'artérialisation ; elle a , par conséquent , remplacé , sous ce rapport , la mem- brane vasculaire du jaune , qui remplissait auparavant cette fonction. Mais il est bien évident que l'apparition des globules elliptiques ne date pas de celle de la vési- cule ombilicale-, et qu'elle ne coïncide pas même avec le moment où elle commence à suffire toute seule aux besoins du jeune animal. Il est donc peu probable que ce soit elle qui devienne le siège de la formation des nou- veaux globules. Mais en même temps que le poumon s'est manifesté , le foie lui-même a commencé à paraître sous la forme d'un tubercule rougeàtre. Vers le cinquième jour, il a pris un développement notable ; et , dès le sixième et le sep- tième , ses fonctions ont pu s'apprécier distinctement. ( io5 ) Il se trouve donc précisément dans les conditions cor- respondantes à la production des molécules elliptiques ; et l'on ne peut s'empêcher de lui attribuer l'importante fonction de la sanguifîcation chez l'adulle, puisqu'à dater de cet instant , il continue à jouir des mêmes fonctions aj^parentes , et que la forme des globules se conserve pendant tout le cours de la vie de l'animaK Il se produirait donc à la fois, dans le même organe , la matière rouge des molécules du sang et la substance verte qui caractérise la bile. Ces deux fonctions seraient simultanées, et probablement liées de telle sorte, que l'une d'elles serait la conséquence de l'autre. Examinons si cette déduction est d'accord en effet avec les autres phénomènes de la vie animale, et s'il nous sera possible de la corroborer par des observations d'un autre ordre. Nous observerons d'abord qu'en même temps que le sang se produit dans la membrane vasculaire , la couleur jaune du vitellus s'altère, et qu'elle ne tarde pas à devenir verdàtre. Ce phénomène a frappé tous les observateurs qui se sont occupés de l'histoire du poulet, sans qu'ils aient pu fixer leur opinion sur la cause à laquelle ils de- vaient l'attribuer. La même circonstance se retrouve, avec plus d'évidence encore, sur les foetus de Mammi- fères , et tous les anatomistes ont remarqué l'abondaute production de matière verte qui se dépose sur les mem- branes près des vaisseaux qui s'y viennent répandre. Il manquait , pour rattacher ce fait aux précédens, un exa- men alteulif des circonstances du phénomène , et nous en avons fait une étude spéciale. .Les détails dans les- quels nous serions obligés d'entrer, nous interdisent une discussion qui serait ici déplacée, et nous nous borne- rons à dire que parmi les membraucs du foetus mam- ( »o6 ) mifère , il en est une que sa position désigne comme l'analogue de la membrane vascnlaire du poulet , et qui reçoit précisément les mêmes vaisseaux. C'est sur elle et d'abord dans les parties conliguës au placenta que l'on voit paraître les premiers indices de la matière verle. Celle-ci ne tarde pas à devenir de plus en plus abon^. dante , jusqu'au moment où le foie du foetus entre lui- même en fonction. Alors elle disparaît successivement, et plus tard on n'en trouve aucun indice. Il est probable qu'elle est absorbée par les vaisseaux de la mère. En plaçant dans le foie la fonction de l'hématose , nous aurions réalisé les pressentimens de Cicbat, qui ne pouvait se résoudre à penser que cet appareil énorme n'eût d'autre but que de sécréter la bile. Nous lui aurions attribué d'ailleurs un emploi bien plus en harmonie avec la gé- néralité de son existence dans tous les êtres qui possè- dent du sang, et avec l'importance de son action pour l'entretien de la sanié. C'est à de nouvelles recherches à décider si notre opinion doit être adoptée. Nous en avons tenté de plus d'un genre , et nous en indiquerons ici les principales, bien qu'elles n'aient pas eu le succès que nous souhaitions. Peut-être quelque autre obser- vateur sera-t-il plus heureux dans la même entreprise, en modifiant convenablement les moyens que nous avons mis en oeuvre. Il paraîtra de toute évidence à quiconque a suivi l'é- volution du poulet dans l'œuf, que le sang se produit aux dépens du vilellus ; mais s'y trouve-t-il formé, ou bien est-il créé par un organe sécréteur? L'observation microscopique des élémens qui composent le jaune prouve qu'il ne s'y rencontre aucun globule de sang, et les variations de forme des globiJes du sang chez le poulet le démontrent également. Cela étant, il se pré- ( 107 ) sente ici l'un des problèmes les plus piquans de la phy- siologie : Le jaune étant donné eu extraire du sang. Les moyens chimiques ou physiques que nous avons essayés n'ont pas réussi, mais il nous semble indubitable que l'on y parviendra tôt ou tard. Enfln , quant à ce qui concerne l'action du foie , nous avons tenté plus d'une fois, et par divers procédés, de supprimer la circulation dans cet organe , afin de dé- truire la sécrétion dont il est chargé. Mais nous avons toujours produit un trouble trop considérable pour que l'animal pût vivre après l'opération. Un physiologiste s babile , M. Defermon , à qui on doit d'excellentes ob- servations sur la raie, s'est occupé de cette question avec succès , et il serait bien à désirer qu'il fit con- naître ses résultats. Explication de la Planche 4- aj. Premiers vestiges du cœur dans le poulet, aprè^ vingt-sept heures d'incubation, aa. Prémicede l'auricule. — 3o id. Après trente heures, c. Ventricule gauche, h. Position de l'aorte. — 33 id. Après trente- trois heures 36 id. Après Irenle-six heures. — Sg id. Après trente- neuf heures. — 4'^ '<^- Après quarante- deux heures, d. Bulbe de l'aorte. — 6o id. Après soixante heures, vue en avant, c. Ventricule gauche, a. Aorte, b. Canal auriculaire, d. Auricules. — 6oI id. Vu j(ar sa partie postérieure. Toutes ces figures sont grossies dix foi». a A 3 jours , repre'sente une portion de la membrane vasculaire d'un poulet de cet âge. On y voit en pleine circulation des globules de forme circulaire. — 4* Globules d'un |-.oulet de quatre jours. — S.id. d'un poulet de cinq jours. — 6. id. d'un poulet de six jours. A toutes ces époques ils sont encore circulaires, mais il n'en est plus de même dans le n" 7 où l'on voit le sang d'un poulet de sept jours. Il renferme déjà des globules elliptiques. No 8 est du sang pris au huitième jour de l'incubation où les globules elliptiques sont encore plus nombreux. N° 9 enfin représente les globules d'un poulet de neuf jours , et à cette époque le* globules circulaires ont presque entièrement disparu, Toute» le» figure» relatives au sang sont grossies trois cents fois en diamètre. ( 'o8 ) Observations sur la nouvelle famille des Coboeacées; Par m. David Don. ( Edimburgh. Philos. Journ. janv. 1824.) Il arrive souvent que les plantes les plus communes sont les moins bien connues sous le rapport botanique -, les qbjels qui nous sont devenus familiers attirent rare- ment notre attention , et nous les regardons comme in- dignes de notre examen. Ces remarques s'appliquent à la plupart des plantes communes, et particulière- ment à celle qui fait le sujet de ce mémoire , le Cobœa scandens, qui orne nos jardins par ses tiges grimpantes et par l'abondance de ses belles fleurs. Cette plante re- marquable est originaire de la grande vallée de Teno- chlillan près de Mexico, et fut d'abord introduite en Eu- rope en 178^-, la facilité de sa propagation , tant par graines que par bouture , l'a rendue l'une des plus com- munes dans nos jardins. Le genre Cobœa a d'abord été décrit par Cavanilles dans le i^' volume de son excellent ouvrage intitulé : Icônes plantarum. Cet auteur l'a rapporté à la famille des Bignoniacées , et cette classification a été adoptée par la plupart des botanistes-, un léger examen montrera ce pendant que cette idée sur Taffinilé du Cobœa est extrê- mement fausse et que sa vraie place dans la méthode naturelle a jusqu'à présent été mal appréciée 5 ce genre ne possède en effet presqu'aucun caractère commun avec l'ordre dans lequel les botanistes l'ont rangé , et pour le montrer clairement , il suffit d'indiquer les grandes différences qui existent entre eux. ( '09 ) Le Cohœa se distingue des Bignoniacées par sa co- rolle régulière et à cinq étamines, par ses anthères lon- gues non divisées et incombantes , par son stigmate à trois lobes, par la structure et la forme de sou fruit, et par ses semences presque dressées , contenant un al- bumen charnu recouvert par un tégument simple; ces caractères le rapprochent beaucoup des Polémoniacées , avec lesquelles il a plus d'affinité qu'avec tout autre or- dre établi, comme M. Desfontaines l'a déjà indiqué (i). Mais il en diffère beaucoup par les valves de la cap- sule nues et non seplifères , par l'insertion oblique des graines et par le port de cette plante elle-même. Je pro- pose par conséquent d'en former un ordre particulier qu'on peut nommer Coboeacées. Le Cobœa , le seul genre qu'on puisse rapporter à celte famille, ne renfermait jusqu'à présent qu'une seule espèce; mais la vaste collection de M. B. Lambert m'en a fourni une seconde espèce, recueillie par Don Juan Tafalla , élève de Ruiz , dans la province de Quito , au Pérou , et on peut espérer que les vastes régions en- core si peu connues de l'Amérique méridionale enrichi- ront cette famille de nouvelles espèces et même do nouveaux genres. CoBOEACEX. Calyx foliaccus , 5- fidiis, icqualis. Corolla campaniilats, limbo 5- loba , aequalis , œstivans , imbricata. Staminu 5, fertilia, xqualia, cxsei'ta,basi cum cot'ollx tubo connata . Aniheiœ iDdivisa;, compressa;, bilocularus, per médium filamcntis ÎDCumbenti adnatx. (i) Ann. Mu». T. i, p. 3o. ( ''o ) Oi'arium simplex . triloculare ; (.)i'ulis pluribus , adscendentibus. Stylus simplex; S tigma trifidava. Capsula cucurbitacea , trilocularis, trivalvis ; valvis crassissimis inlus nudis ; septa nulla. Placenta maiima, centralis, trignna. Semina plana, margine alata, duplici série irabricafa; lesta sim- plex, supei-ficie muciiaginosa j albumen carnosiira ; enibryo reclus, fo- liaceus , incumbcns j coljledones cordatae , intégra; : nidicula inféra, recta , centrifuga. Frutices scandentes. Folia alterna, pinnata, apice cirrhifera. Flores axillares , solitarii. Obs. Genus Cobœa adhuc Bignoniaceis maie associa- lutn , nunc in noviim ordinem conslituere necessarium milii videtur quod cum millà familià usque in série na- turali cognilà, et minime omnium cum Bignoniaceis convenit 5 abis longe discrepat coroUâ regulari pentandrâ, anlheris inJivisis incumbentibus, stigmate iriplici, fruc- lûs forma et structura, septis nullis , placenta maximâ trigonà, seminibus suberectis, testa simplici muciiagi- nosa, albuminis presentià, cotyledonibus integris, radi- culà multo longiore ; sed à Polemoniaceis , cui in niultis accedit,tantum triplici caractère drflTert, scilicet: semini- bus adscendentibus 5 valvis capsulae inlus nudis, septis Bullis. CoBOZA Cavan. Juss. Calyx maximus, foliaceus , quinqiieûdus, praefloratione quinquan- gulus. Laciniis latis , cordato-subrotiindis lanceolatis-ve, marginibus int(îr se per paria arcte applicalis , hinc calyx 5-alalus. Corolla ampla , campaiiulata , linibo 5- loba , .-equalis, lobis late ro- tundatis, margine tomento tenui vestilis , cestivantibus , imbricatisj intus prope basin coarctata atque lanâ molli niveâ copiosâ instructa. S tu mina 5 sequalia omnia fertilia , exserla ; /^i/amenta crassiiiscula , terelia apice attenuata, basi cum tubo corollœ connata , sed fere totâ parte libéra , erecta , distantia , nisi ad bases, omnino gl&bra. Antherœ magnae oblong» , compressae, iudivisœ, biloculares, per médium fila- mentis incumbenti adnat.-B, apice obtusse, basi laliore emarginatâ : loculi lineares, paralleli, singulis extùs rima longitndinali bivalvi déhiscentes et pollen granulosum aurenm eflTandentes. ( «»» ) Ouarium oblongum, trigonum, basi disco magno nectarifero 5- an- gulo , foveis 5 nofato , carnoso cinctiim. Stylus reclus, staminibus brevior , trisulcus. Slignia trifidiim : laciniis liai-ariiiiis aciilis, aequa- Ijbus intiis planis. Capsula pyriformis cucurbitacea, fructiii Passiflorae specieriim quarumJam onanino similis, Irilocolaris, trivalvis, sulcis 3- angiilis placentae oppositis exarata: Loculh oligospermis; p'alwis cras- sissimis, carnosis, inarginibus appositis, medio intiis nuiHs, ovuli-ob- longis. Placenta inaxiraa, trigona , ceniraiis sed fruclum omnino im- pleDS, caraosa, succuK'tita. Septa nulla, nisi vestigia fere obliterata et in aogiilis placentae immersa. Semina latissiroa, compresso-plana , margine alafa, duplici série imbricata , adsccndeolia : testa simplex, tcnera, crassiiiscula , super- ficie dense mucilagiansa , iateris inlerioris prope basin by\o lineari- oblongo notata : albumen parcucn, carnosum, lacteum, molle. Entbryo magnus, recfus, incumbens, lacteus. Colyledonts latae, cordalse, ob- tusae , integrae, corapressae, applicatae. Radicula cylindracea crassius- cula , cotyledonibus triplo brevior, infera , recta, basi oblusissinna. Frulices ( Mexicani et Peruviani) diflusi , ramosissimi , scandentes , glabri, frondosi, Passiflorae habitii similes. /''o/t« Iri-pari-pinnata sessilia apice lerminata cirrho valide in spiram convolulo ; triplici vel quinque ordine dichotomo : FolioUs integerrimis petiolo alatis ^ infimis stipulas menticotibus. Flores magni, axillares, solitarii pcdunculati; peduncu- lus, medio, bracteis 2 oppositis parvis impari-pinnatis, praeditus; sor- dide- purpurei fasciisalbis notati aut luteis. I. CoBOEA scÀNDENS , scgmentis calycinis late cordato-subrotuudis, foliolis ellipticis mucronulatis. Cobœascaitdens. Cav. icon. 1. , p. Ji., t. i6 et 17 , elianaque voK 5 , p. 6g, t. 5oo. Persoon. Syh. I , p. i85. , Lamck. Enc. suppl. %, p. 3o5. Kuntii. in nov. gm. et spcc. 3. p. i5i. Hab. in convalli Tenochitlensi prope urbem Mexico et ad portutn Acapulco Mexicanorum. percnn. — Vulgo <]icitur Yedra Moraâa id est Hedera violacea. 1. CoBOEA LDTEA, scgmcntis calycinis linearilancxolatis mucronatis, foliolis oblongis aculis. Cobœa niacrotlema Pavon. Mss. I/ab. ad fortum Guayaquil in regno Quitensi Peruvianoriim (Joannes Ta/alla) H. — ( V.S. in H«rb. Pavon. nunc in Mus. Lambert). PraeceJenti similis. Corolla lutea, minor. Stamina ultra limbum longe exscrta. Stigmata longiora et angustiora. ( ^»^ ) Note sur le genre Capsella ; Par m. Sendel. On sait que dans son P rodromus comme dans son Syslema, M. De Candolle a pris pour première base de classification de l'ordre des crucifères, le rapport de la radicule avec les cotylédons et la forme variable de ceux- ci ; que de-là résulte la formation de cinq sous-ordres , sous les noms de Pleurorhizeœ , Notorhizeœ , Ortho— plocece, Spirolobeœ , Diplecolobece \ que dans le pre- mier la radicule est latérale , qu'elle est dorsale dans les quatre autres ; qu'en conséquence les espèces du genre Thlaspi se trouvent disséminées dans trois de ces sous- ordres, et réparties dans un assez grand nombre de genres différens -, qu'enfin le Thlaspi bursa postons, de- venu le type et l'unique espèce du genre Capsella , a pris place à la suite des vrais Thlaspi dans la tribu des Thlaspidées appartenant au sous-ordre des Pleurorliizées, c'est-à-dire parmi les crucifères dont la radicule est ap- pliquée devant la fissure des cotylédons , ou dont , en d'fttres termes , les cotylédons sont accumbentes. Un examen réitéré et dont le résultat est facile à vé- rifier par tout le monde, m'a fait voir qu'il y a erreur dans cette dernière supposition : le Capsella bursa pas- toris , en effet, a la radicule dorsale (Colyledones in- cumbentes). Ce genre, d'après la classification suivie par M. De Candolle , devra donc être transporté dans le sous-ordre des Notorhizées , et placé dans la tribu des Lépidinées entre les genres Lepidium et Bivonea : peut- iètre même pourra-t-on le réunir à ce dernier , formé comme lui aux dépens du genre Thlaspi , et que la conformation de son embryon en éloigne également. ( "3 ) Troisième Mémoire. De la génération dans les Mammifères , et des premiers indices du développement de T Embryon ; Par mm. Prévost et Dumas. Nous avons montré dans le précédent Mémoire quels sont les principaux phénomènes qu'il nous a été possible de reconnaître dans la génération des Batraciens , nous avons tâché de suivre pas à pas les diverses circonstances de l'évolution du fœlus , et nous voyons qu'il s'est offert une condition importante que nous rappellerons ici. La moelle épinière ou son rudiment se sont moillrés tou- jours bien avant l'apparition des autres organes, et c'est, pour ainsi dire, auteur de ce centre de cristallisation, que les divers systèmes sont venus végéter successivement. Examinons maintenant si cette loi peut également s'ap- pliquer aux Mammifères. Nous allons exposer eu pre- mier lieu nos expériences particulières , et nous discu- terons ensuite celles que uos prédécesseurs ont fait con- naître. Mais avant d'entrer en ma tière nous serons obligés de réclamer toute rindulge"''e de l'Académie , et nous avouerons sans peine qu'il nous reste beaucoup à faire encore pour amener cette partie de notre ouvrage au même point où se trouvent celles que nous avons eu déjà l'honneur de lui communiquer. Les difficultés que nous avons rencontrées sont telles qu'il est vraiment im- possible à de simples particuliers d'en venir à bout, et nous .Tvons dû. mettre des bornes au zèle dont nous étions animés. Nous espérons toutefois que l'importance ToMt III. — Octobrr. ft (lu sujet déterminera MM. les commissaires chargés d'examiner notre ouvrage, à revoir par eux-mêmes les faits que nous avons pu constater , et à nous aider de leurs moyens et de leurs lumières pour soulever le voile qui cache encore certaines parties du phénomène. Depuis les travaux du célèhre de Graaf , tout le monde sait qu'il existe dans les femelles des INIammifères deux organes analogues à l'ovaire des oiseaux , à ceux des Ba- traciens , et qu'ils renferment des vésicules plus ou moins grosses suivant les espèces. On considère celles-ci comme des œufs. Chez les chiennes et les femelles de lapin, les ovaires sont deux masses oblongues du volume d'une Ejrosse fève , dans lesquelles se voient diverses vésicules pleines de liquide , et qui semblent enchâssées dans le tissu de l'organe. Leur volume n'est pas à beaucoup près identique, et l'on en trouve de très-petiles que Ton a quel- que peine. à distinguer, et d'autres qui atteignent la di- mension d'un pois ordinaire. Vers l'époque de l'accouple- ment , quelques-unes d'entre elles prennent un accrois- sement très-manifeste, et dans les femelles pleines ces dernières ne se retrouvent plus. Elles ont été rempla- cées par un nombre correspondant de carnosités qui pro- duisent autant de petits mamelons <à la surface de l'ovaire. Si on les ouvre on observe que leur partie intérieure est creusée d'une cavité très-manifeste. Ce sont les corps jaunes , et nous pouvons affirmer que leur nombre s'est trouvé parfaitement identique avec celui des foetus dans sept femelles de lapin que nous avons examinées dans ce but, et qui portaient pour la première fois. Ces con- sidérations ne sont point nouvelles, et leurs conséquen- ces avaient déjà frappé le plus grand nombre des phy- loisogistes. ( fT. ) I/o\airo sccrcte des ocnfs. Ceux-ci grossisscnl progrcs- sivemenl et s'échappent enfin vers l'époque de l'accou- plement en déchirant l'enveloppe qui les retenait em- prisonnés. Il en résulte une petite inflammation du 'tissu de l'organe, et l'injection de ses vaisseaux, son gonfle- ment ne tardent pas à lui donner l'aspect particulier qui permet de reconnaître, surtout à des époques peu éloignées de la gestation, la réalité d'une copulation fé- condante, Les corps jaunes ne dillèrent donc pas des godets quel'on retrouve si fréquemment sur les poules, et que M. Geoffroy de Saint-Hilaire vient d'examiner encore tout récemment. Ils renfermaient comme eux, dans leur cavité , l'ovule qui est venu éprouver l'influence prolifi- que de la semence. A la vérité, l'on peut bien rarement se convaincre de la réalité de ce rapprochement, et ce n'est qu'après avoir ouvert un grand nombre de femelles 4G) liuui testis , à un replile du genre Proteus ; on saura , à l'exemple de M. Drapiez (i), reconnaître, dans des osse- mens annoncés pour être humains , quelques restes de la grande Tortue franche désignée par Linné sous le nom de Testudo mj-das\ enfin on ne prendra plus des os de quadrupèdes des rochers de Gibraltar pour des ossemens d'hommes. On saura distinguer des véritables fossiles les ossemens de quelques naufragés échoués sur les côtes de la Guadeloupe , et engagés dans une agglo- mération calcaire composée de madrépores et de coquilles broyés par le mouvement continuel de la mer ; on ne donnera plus le nom à^ Antropolithes à des débris hu- mains renfermés dans des terrains d'alluvion comme ceux qu'on découvrit en 1820 en Saxe, au milieu de quelques pieds de terres glaises déposées dans les cre- vasses d'un calcaire secondaire. Je terminerai cette Notice par quelques mots sur la nature du Grès de Fontainebleau , et sur l'analyse que l'on a faite de plusieurs fragmens du prétendu Fossile. D'abord je rappellerai à tous les naturalistes que d'après les observations de M. Brongniart, et celles d'un grand nombre d'autres géologues , que chacun peut vérifier , il est reconnu que les Grès des environs de Fontainebleau ne contiennent aucun débris de corps organisés 5 que ces Grès qui sont superposés à des bancs calcaires de for- mation d'eau douce , reposent dans les points élevés de cette contrée , au milieu de puissantes masses de sables marins, d'où l'action de l'atmosphère et delà pluie les ont souvent enti'ainés dans les lieux bas où ils se grou- pent de dîvei'ses manïères. L'atmosphère et la pluie pro- duisent à la. longue de grands changemens sur ces Grès, (0 Coijp-d'œil iWineialogiqHC et Gr'ologique sur le Haiuaut , p. 149. ( ^47 ) en les disposant , en les contournant avec plus ou moins de bizarrerie , et en désagrégeant leurs parties ait point de les rendre friables de durs qu'ils étaient, et de leur ôter ainsi la qualité qui les rend propres au pavage des routes , comme cela a lieu dans le Grès du prétendu Fossile. On demandera peut-être comment il se fait que la chimie ait reconnu des substances animales dans le mor- ceau de Grès auquel on donne le nom d'homme fossile. L'analyse des diverses parties superficielles du Grès du Long-Rocher , donne en effet, d'après MM. Thénard et Vauquelin , i" quelques millièmes d'une matière azotée. 2°. De l'eau. 3°. De la silice. 4°« De l'alumine. 5°. De l'oxide de fer, 6°. Quelques traces de chaux. Il est à'remarquer que le Grès du Long-Rocher con- tient du phosphate de chaux, mais en proportion bien faible , puisque les chimistes dont je donne ici l'analyse n'ont reconnu cette substance que M. Barruel y avait trouvée, que dans un seul des dix échantillons examinés, celui qu'on avait pris dans la partie de l'homme qu'on regarde comme la main. La quantité en était si petite , qu'il a fallu recourir à de nouvelles méthodes analytiques pour la reconnaître; mais tout le monde sait que le phos- phate de chaux est xme substaaicc naturelle dont la pré- sence dans certaines roches n'annonce point des débris d'être organisés. Je ferai aussi observer que les portions de matières animales trouvées dans ce (irès y forment une trop petite fraction pour qu'il soit possible d'en déduire les conséquences qu'on en avait d'abord tirées. Et, encore une fois , eùl-on trouvé plus de matière animale , ce no serait point une raison pour regarder un morceau de Grès comme un Fossile , quand surtout cette subslande ( '48 ) se trouve à la surface extérieure , et qu'il est prouvé que celte surface peut en absorber quelques petites parties par suite du séjour des animaux ou bien encore par le dépôt des particules de matière organique qui flottent continuellement dans l'air. Bailleurs la chimie ne juge de la présence des matières animales que par celle d'un composé organique azoté, et les observations de M. Vau- quelin sur la rouille , celles de M. Knox sur divers mi- néraux montrent assez que ces résultats sont insigni- fians dans la question actuelle. Il y a dans les résultats analytiques de MM. Thénard et Vauquelin, une circons- tance sur laquelle ils ont insisté : lorsqu'on expose la roche à l'action de la chaleur , il s'en dégage d'abord une eau acide , puis une eau chargée d'ammoniaque. Ce pre- mier produit acide, d'après d'autres essais, parait plus fréquent dans les matières végétales azotées , que dans les matières animales proprement dites. Je ferai remarquer en outre un fait décisif, c'est que le fragment de Grès qui parut d'abord être le cimier du casque du prétendu homme fossile , et qui , de l'aveu de ceux qui soutiennent que ce Grès est un corps humain , n'appartient à aucune partie de ce corps , a présenté les mêmes indices de matière animale que les autres frag- mens du Grès ; il en est de même des portions du rocher qui dans le système, des propriétaires, n'appartiennent ni au cheval ni à l'homme. Ainsi donc l'analyse chimi- que sert à prouver que l'anatomie et la géologie ont parfaitement jugé le Grès du Long-Rocher , en le ran- geant parmi ces conOgurations accidentelles que l'on désigne sous le nom de jeux de la nature 5 et l'on doit espérer qu'on n'abusera plus de la chimie en interpré- tant de travers les résultats qu'elle fournit. I ( »49) Sun la Méthode de calculer les angles des Cristaux et le rapport de position de leurs faces ^ Par m. E. Mitscherlich. Un des problèmes fondamentaux de la cristallogra- phie , est de rechercher comment, à la rencontre de plusieurs faces, les unes déterminent les autres par leur situation relative , c'est-à-dire par le parallélisme de leurs arêtes , pour pouvoir ensuite calculer les angles. J'ai tâché de ramener tous les problèmes observés , ainsi que le calcul des angles , à quelques règles générales et peu compliquées. Les règles que je vais rapporter compren- nent presque tout le calcul dont on a besoin en cristal- lographie 5 les cas particuliers que j'ai omis , et qui sont très-rares, peuvent être facilement résolus par la même méthode. Pour calculer les angles et la situation relative des plans , je me suis servi de la trigonométrie sphérique et de quelques constructions géométriques. Lorsque l'on a à déterminer la valeur des angles et le rapport de si- tuation des faces , il est bien facile de désigner les plans d'après la méthode de MM. Haûy , Weiss, Bernhardi ou Mohs. L La trigonométrie sphérique enseigne à calculer, les élé- mcns nécessaires étant donnés , le rapport des angles et des côtés d'un triangle sphérique quelconque. On peut consulter les traités élémentaires de trigonométrie sphérique pour con- naître la méthode par laquelle on est parvenu à des formules pour le calcul du triangle sphérique trièdre. On divise chaque polygone sphérique eu des triangles sphériques, et on par- ( i5o ) vient par conséquent, en se servant des mêmes formules, à déterminer toutes les parties du polygone sphérique. Les formules pour les triangles sphériques , telles qu'elles ae trouvent dans les traités élémentaires , admettent une ap- plication immédiate au calcul cristallographique (l) : ceux qui connaissent cette partie des mathématiques , ne trouvent aucune difficulté en l'appliquant à ce cas particulier ; cepen- dant j'entrerai , à cet égard, dans un peu plus de détail que je n'ai peut-être besoin de le faire. Ordinairement , on n'a besoin que de calculer les angles trièdres isocèles , et il arrive rarement qu'on soit obligé de résoudre des triangles trièdres scalènes : ainsi le cas qui se présente le plus fréquemment est celui d'un triangle isocèle ABA' (PI. 8 ^fig. i^f. ) , dans lequel l'angle A est égal à A' . On divise ce triangle en deux triangles trièdres égaux par l'arc BC, tiré perpendiculairement du point B sur l'arc AA'. L'angle que le plan COB forme avec le plan COA est par conséquent un angle droit. Pour calculer l'angle trièdre BCA, dans lequel G est l'angle droit, on se sert des formules trigo- nométriques suivantes : cos. A zz. sin. B cos. a (x) , tg. a ■zz. sin. b tg. A (2) , COS. c zzz cotg.A cotg. B (3) , cos. c r= COS. a cos. b (4) , sin, a = sin. c sin. A (5) , tang.a = cos. B tg. c (6) , (i) M. Haiiv, et ceux île son école, ne se servent que de la trigono métiie rectilione ; elle n'admet cependant une application que lorsque les dimensions ou les axes des formes primitives sont dans un rapport simple ; ce qui se trouve en effet dans la classe des formes primitives , que M. Haiiy appelle formes limites. Dans toutes les autres formes pri- mitives q:ie l'on a déterminées par des instrumens qui admettent une mesure exacte , t et c sont parallèles au plan mené par les coins F et O , et qu'elles sont formées par les plans n' n" et t' f", qui ont résulté d'une troncature des arêtes termi- nales aiguës et obtuses ; gh est une des diagonales du rhombe Pet vc est l'autre ; oi est l'axe du prisme. Si deux des trois (i) Ce qui répond à la l'aco , appelée base par M, Hauy. ( i53 ) angles voi , oie , et coi ont été donnés , le problème est de trouver le troisième. Y-z-fig. 5 représente ce triangle , dans lequel ^'i=z ci ^ car les diagonales d'un rhombe se divisent en deux parties égales. Donc , en tirant -vk perpendiculaire- ment à l'axe , prolongez oc à. k et oi à s; et menant cp per- pendiculaire à vk , on aura oslcpllsklpk ; mais cp=z 2 is , etpk z= sk — vs : par conséquent os l 1 is II sk l sk —^ vs. Cherchons pour cette équation une expression trigono- métrique, nous aurons, si nous appelons a l'angle -vie zz oz'c, c l'angle voi , et b l'angle ioc{i) , cotg. c ; 3 cotg. a ; : tg. Z. ; tg. b — tg. c .- * J cotg. c • cotg. c — cotg. b : par conséquent cotg. c ■=. 2. cotg. a -\~ cotg. b. Si le rapport de deux de ces cotangentes est donné , on trouve bien facilement leur rapport à la troisième. Par exem- ple, si le rapport de la cotangente a à la cotangente b est connu , et qu'on veuille savoir quel est le rapport de la co- tangente a à la cotangente c, on n'a qu'à diviser les deux par- ties de l'équation par la cotangente a , et on aura cotg. c '^otg. b cotg. a cotg. a (i) Pour obtenir cette transformation , il faut consitlcrer, pour le premier rapport, les deux triangles vos et vu; et pour le second rap- port, les deux triangles voj et sok. On a pour le premier os : aiî : : cotg. c : cotg. a; et pour le second, sk ; !,k — v<: :: tang. b : tang. b — tang. c. Et en mettant pour le» tang. leurs valeurs encotang., on a la pro])ositton < î-dessuv. ( i54) et de la même manière on trouve le rapport des cotangentes dans les autres cas. III. Si les arêtes obtuses du prisme sont tronquées, et que le coin formé par ces nouveaux plans avec les plans latéraux soit remplacé par une face rhomboïdale, il s'agit alors, en connaissant deux des trois parties ; savoir l'inclinaison du plan P à l'axe , ou celle de l'arête formée par les plans qui remplacent les arêtes obtuses à l'axe , ou celle du rhombe à l'axe ; il s'agit, dis-je , deux de ces choses étant connues , dé trouver la troisième. Les plans tî', ra" {fig- 3) ont résulté d'une troncature des arêtes terminales obtuses du prisme , et le plan adbe est un rliombe. Menons les lignes am et hm^ qui sont des prolon- gemens des lignes s b et ^''a, puis em et dm , qui sont des prolongemens de k etu} tirons les diagonales du rhombe ab et de et la ligne ml. L'angle //raeestégal à l'angle'que le plan P fait avec l'arête «,• car, puisque les plans n', n" remplacent les arêtes termi- nales obtuses du prisme, un plan mené par s'ms" est paral- lèle au plan P ; la diagonale du rhombe est divisée par l'autre diagonale ab en deux parties égales dl et le. hajftg. 6 représente le triangle dme : menons fj parallèle- ment à me , cette ligne est par conséquent l'axe du prisme ; tirons la ligne ms perpendiculairement sur ts ; menons du point m la ligne tti^ parallèlement à. ed ^ et prolongeons im jusqu'à r : puisque dlz=. le, Im nr: Ir et td= dr, nous avons to =2 ds — rs; et si nous appelons a l'angle formé par le plan P avec l'axe, c'est-à-dire l'angle mrs, b celui que l'arête for- mée par les plans qui remplacent les arêtes obtuses termi- nales fait avec l'axe , c'est-à-dire l'angle mds ; et c l'angle formé par le rhombe avec l'axe du prisme, c'est-à-dire l'angle eds qui est égal à l'angle mts, nous aurons cotang. c = 2 cotang. b — cotang. a. De cette équation on tire , comme de la quatrième , le ( i55 ) rapport de deux cotangentes étant donné, le rapport de la troisième à celle-là. IV. Si les arêtes aiguës du prisme sont tronquées , et que le coin formé par ces deux plans avec les plans latéraux du prisme soit remplacé par une face rhomboïdale , deux des trois parties suivantes étant connues; savoir, l'inclinaison du plan P à l'axe , celle de l'arête formée par les plans qui ont résulté de la troncature des arêtes terminales aiguës du prisme à l'axe , ou celle du rhombe à l'axe , il s'agit de déterminer la troisième. Les plans t! , t" {fig. 3) sont les plans qui ont résulté de la troncature des arêtes terminales aiguës du prisme , et xnqp est le rhombe , ny et qy sont des prolongemens des li- gnes s"" p et s"'n , et qy et ary des prolongemens des arêtes y, u : par conséquent l'angle que zy fait avec a est égal à celui que P fait avec a. La^^. 7 représente le triangle xyq. Tirez la ligne e^ pa- rallèlement ky:z: , la ligne eg est alors l'axe du prisme; me- nez la ligne yn perpendiculairement sur eg, et tirez yg de manière qu'elle divise la ligne qx en deux parties égales ; complétez le parallélogramme yeqx en menant la ligne ye parallèlement à qx , nous aurons qz zzz zx : par conséquent gz "zz. zy et eq z^ qg j par conséquent enzz:^ qn-\- gn. Si nous appelons a l'angle ygn^ qui est l'inclinaison du plan P à l'axe , h l'angle yç/z, qui est l'inclinaison de l'arête formée par les plans t' ^ t" à l'axe, et c l'angle xqn, qui est l'inclinaison du rliombe à l'axe, nous aurons cotg. c = 3 cotg. b -\- cotg. a. V. Si les coins EE du prisme sont tronqués, les plans qui résultent de cette troncature forment l'un avec l'autre , ou JUS les deux avec le plan P, des arêtes qui sont parallèles à la diagonale oblique (i) du plan P, et ils forment avec un (■) J'ii|)pclle li}.(Mu^onuiu du plua P qui est menée (le F à O lu (lia- ( i56 ) plan qui a résulté d'un décroisseraent , soit du coin F , soit du coin O , des arêtes qui sont parallèles aux arêtes que ce dernier plan fait avec les plans latéraux ; c'est-à-dire que ce dernier plan est un rhombe. Les plans ra', n" {Jig- 8 et 9) ont résulté d'une troncature du coin EE , et/" d'une troncature du coin F, Les arêtes for- mées par ra', «" et P sont parallèles à la diagonale oblique du plan P, etyest un rhpmbe. On peut calculer l'inclinaison de ces plans d'après les for- mules trigonométriques susmentionnées ; mais comme il est nécessaire qu'on connaisse le rapport qui existe entre les formes secondaires et primitives, il vaut mieux chercher d'a- bord une formule pour le triangle qui mesure les décroisse- mens du coin E. 1 . 1-ia.Jig. 1 o représente un prisme obliqufe à base rhombe, dans lequel nous voulons déterminer le triangle mensurateur ekr , en connaissant l'inclinaison du plan M à M et du plan P à l'axe : soient l'angle formé par M et M = 2 Z» et celui formé par le plan P et l'axe =: a. La ligne Iz est perpendicu- laire sur Ig et iz d'après les propriétés de cette figure primi- tive. Cette ligne divise l'axe en deux parties égales sp:=pe; spl est un angle droit , parce que l'axe est parallèle à l'arête u : par conséquent sp — = cotg. a, se et — =2 cote. a. Menons rk perpendiculairement à // , et tirons ek , celle-ci sera nécessairement perpendiculaire à er et nous aurons dans le triangle kse , ke — z:z sin. a se j^onale oblique ; et celle qui est menée de £ à E la diagonale liorizon- talc. * C 15; ) ke et — ==«2 cotg. a sin. aizz. "2. cos. a.- La ligne /^ est la moitié d'une des diagonales d'une sec- lion perpendiculaire aux arêtes latérales, et er est parallèle et égale à l'autre demi-diagonale de la même section ; par conséquent — = te. b Ip " er ts- b et — = —S ; ke 2 COS. a et si nous appelons c l'angle ekr du triangle mensurateur, nous aurons tg.b tg- 2 COS. a 2. Venons à présent au problème même. Soie'nt^/^. 8 et 9 l'inclinaison du plan/'à l'axe = d, celle de M' à M " = 2 è, celle de P à l'axe = a , celle de n' à n" zz: 2 e , le plan^" est un rhombe , et par conséquent l'angle v est égal à v' ; le planyforme avec les plans latéraux un triangle sphérique isocèle, que nous diviserons en deux triangles sphériques égaux, dans lesquels un des angles est un angle droit et l'in- clinaison de/" à « et celle de M' à M" est connue : par con- séquent tg. ^ v' z=: sin. «f tg. i ( 1 , 2 ). Le plan/' forme de même un triangle sphérique isocèle avec les plans /i', «", dans lequel nous connaissons l'angle plan ti' et l'inclinaison de l'arête formée par les plans «', n" À y., qui est égal à a -\- d : par conséquent tg. f V sin. d tg. b tg.e — sin. ( a 4- J ) sin. {a-\-d) Si nous divisons cette formule par la précédente que nous avons trouvée pour le triangle mcnsurateur, nous aurons ( t58) tg. e 2 C09. a sin. d 2 cos. a sin. , et celle de l'arête formée par le plan n à l'^çp'(,U), cotg. c 2 cotg. C -f" cotg. b cotg. a cotg. a ' et log. cotg. 8o°42' \ = 9,2i38o log. 3 = 0,47712 log. cotg. 63"5i' i == 9,69092 :=. log. cotg. c. nés plans P et n forment un triangle sphérique, dans le- quel on trouve l'angle plan de la face P de l'inclinaison de P à l'axe et de M 4 M , tt dans lequel l'inclinaison du plan Pgà ( ^66 ) l'arête formée par les plans n est de i63°9' ( ^^ 99°^?' ; "ï- 63°5i' f). Les plans n ont résulté 'd'une troncature parallèle aux arêtes terminales obtuses du prisme, dont P est la face terminale primitive, et ^ est un rhombe : si nous appelons l'inclinaison du plan P à l'axe a celle de l'arête formée par les plans n à l'axe b et celle du rhombe à l'axe c, nous au- rons cotg. c 2 cotg. h — cotg. a cotg. a cotg. a - — •: par conséquent log. cotg. 8o°42' V = 9,2i38o log. 5 = 0,69897 log. cotg. 5o°4^' = 9,91277 = cotg. c, on trouve l'inclinaison du plan /» à jg- et ^ à M de la manière susmentionnée . Je vais ajouter ici quelques formules y afin qu'on piiisse déduire des rapports trouvés les signes employéspar M. Haiiy. , Soit le rapport de la cotangente de l'angle que le plan P fait avec l'axe à celle qu'un plan qui résulte d'un décroisse-^ ment sur le coin F pu O , comme i : x, on désignera^ dans le premier cas , le nouveau plan a: -t- 1 , et dans le dernier F a JF 1. Si la cotangente de l'angle que le plan P fait avec l'axe est en rapport comme i * x à la cotangente de l'angle qu'une arête formée par deux plans qui ont résulté d'un décrcjfte- ment sur les arêtes aiguës (B) ou obtuses (D) du prisme fait avec l'axe , nous désignerons , dans le premier cas , les noi\- ( i67 ) 1 I veaux plans x -+• i , dans le dernier x — i . B D Si deux plans ont résulté d'un décroissement sur le coin £, X nous désignerons les nouveaux plans E , si la tangente c du triangle mensurateur est à la tangente de la moitié de l'angle que ces deux nouveaux plans font l'un avec l'autre en rapport comme i * a:. Si le rapport de la tangente de la moitié de l'arête H ou G est à la tangente de la moitié d'un biseau placé sur l'arête H ou G comme i * ar, on désignera, dans le premier cas, les faces du biseau X -4- 1 H X H- 1 X — 1 X — I ' et dans le dernier X 4- 1 X 4- I X 1 ç X 1 On désigne la troncature tangente de l'arête H * 'H', et celle de 'G'. Il me reste encore à montrer avec quelle facilité on peut employer ma méthode à calculer à tous les autres systèmes cristallins. Soit (.Jjg- i4) un octaèdre régulier, un octaèdre à base carrée ou un octaùdre à base rhdmbe. Menons par les arêtes r,« et w,j: deux 2>lans , et menons le plan cvs de manière qu'il fasse avec la face h un angle droit : dans ce cas l'angle svd que ce dernier plan fait avec le plan qui est mené par les arêtes -w at x est le complément de l'angle vds : d'après cela on voit que lorsqu'on connaît deux angles qui sont indépen- dans l'un de l'autre , on peut calculer tous les autres d'après les formules pour le triangle sphériquc, dans lequel un des angles est un angle droit. ( i68 ) Tous les cas où l'inclinaison est déterminée par le paral- lélisme des arêtes sont résolus d'une manière très-simple dans les cristaux qui ont pour forme primitive une de celles dont nous nous sommes occupés. Un seul cas peut-être a be- soin d'explication ; savoir, celui où les plans terminaux sont droitement mis sur les plans latéraux , et lorsque le coin que les plans terminaux forment avec les plans latéraux est rem- placé par un plan qui est un rhombe. Soient les plans n ou t droitement mis sur les plans M {^g. 3), l'angle a ( form. III et IV ) est alors un angle droit , et l^ncotangente az=.o: par conséquent , cotg. c = a cot. b — cotg. a = 2 cotg. b (form. III), cotg. c = 2 cot. b -f- cotg. a rz a cotg. Z> ( form. IV). La, cotangente de l'inclinaison de l'arête formée par les plans n on t est alors en rapport à celle de l'inclinaison du rhombe à l'axe comme i * 2. Je veux ici ajouter le calcul des angles du biarséniate ou biphosphate de soude. J'ai trouvé, par la mesure , M' : M"= 78030' P :P' = i26%52", et d'après la formule 1,6, log. cos.B.=9,8oi2o=:log. cos.5oo45'=:l'angl. svd {Jig. j4) tg. c :rro,3oioo=:log. tg. 63''26'=l'angl et/et» tg. ^ ; =o,io22orzlog. tg. 5i''4'''=l'^°6'^ ^^^ '• pfir conséquent «- w : M = 128^19'; et d'après la formule I, 3 , log. COS. c =. 9,65o54 := log. cos. 63**26' =: l'angle dcv log. COS. 5^=9,91224 = log. cot. 5o°45' «=a l'angle svd ,i> log. cot. A=i9,7583oi:z. log. cot. ôi^iS' = ( '69) l'inclinaison du plan h au plan Jfc = H «' >" ) = P^"" ^«'^- séquent 7ï : « =: i?.2°36' «:? = i5i°i8'. Le plan i, qui remplace le coin formé par les plans n,n et M,M, est un rhombe : nous avons par conséquent log: ( cotg. P : l'axe ) = 9,69600 = log. cotg. ôS-^ô' log. 2 =: o,3oio3 log. cotg. (B: l'axe) = o,oooo3 == log. cotg. 90". Tableau des formules cnstallographiques les plus usitées. I. COS. A = sin. B COS. a (1). tg. a = sin. b tg. A (2). COS. c = cotg.A cotg.B (3). COS. c = COS. a cos, b (4)' sin. a ■=■ sin. c sin. A (5). tg. a = COS. B tg. c (6). II. ctg. c = 2 ctg. a ■+- ctg. b. III. ctg. c — 2 ctg. b — ctg. a. IV. ctg. c = a ctg. b 4- ctg. a. te. ^ y. tg. c=— 2 (1). ° 2 COS. a tg. e ^ 2 ctg. a ^^^ tg. c. ctg. c^-t-ctg. a ctg. rf _ 2tg. c — tg. e ^^^_ ctg. a tg. a tg- g _ ^ ^tg. a ^^^ tg. c ctg. J — ctg. a ctg. d _ -3. tg. c -f-tg. e ^ ctg. a tg. c a — ^ . \II. sin. (x— y) = 7 sin. (x-Hy ) a .4- w (Extrait des Annales des Mines, tome IX. — 1824.) ( 170 ) Obseuvatioms sur la Géologie de la côte orientale du Groenland. Par m. Jameson. ( Extrait du f^oyage de M. W. Scoreshy- ) D'après les vues de la côte orientale du Groenland , données par M. Scoresby, il paraît qu'une grande partie de cette côte ainsi que les montagnes de rintérieur , telles que les montagnes de Wemer, remarquables par leur masse colossale, sont formées de roches primitives*, et même à en Juger d'après les échantillons de ces roches , rapportés par le capitaine Scoresby , et d'après la struc- ture générale de ce pays àxx. côté occidental, tel que l'a dé- crit M. Ch. Giesecké, l'explorateur habile et intrépide de cette affreuse contrée , il paraîtrait que toutes les roches principales et subordonnées de cette classe , depuis le granité jusqu'au schiste argileux , se retrouvent dans le Groenland. Ces roches montrent, dans ces i-égions éloignées, les mêmes variétés de structure que celles de la côte occiden- tale du Groenland, et celles-ci ne diffèrent pas des roches primitives de la Grande-Bretagne et des autres pays ; elles fournissent ainsi une nouvelle preuve de l'unifor- mité de caractères, de la similitude de position et de l'universalité de la distribution des roches primitives sur le globe. D'après ce qu'on connaît des minéraux, renfermés dans les roches de la côte occidentale , et d'après la res- semblance de ces roches sur la côte occidentale et orien- tale, on peut présumer que si le capitaine Scoresby eût eu plus de temps pour diriger ses recherches sur ce sujet ,^ ( '71 ) il y aurait retrouvé plusieurs espèces rares , découvertes sur l'autre côte; telles que la Cryolite , la Sodalite, l'Al- Innite, de belles Tourmalines, des variétés intéressantes de Zircon , des Hyperstènes , la Dicroïte et toutes les espèces de Feldspath; il paraît également probable que les filons de fer, de plomb, d'élain et de cuivre de la côte occiden- tale , doivent se rencontrer dans les mêmes roches sur la côte orientale. Les échantillons des roches de transition , quoique peu nombreux, sont très-intéressans en ce qu'ils prouvent l'existence de cette classe de roches au Groenland, et ajou- tent ainsi un nouveau fait à la géologie ; car M. Giesecké n'indique aucune des couches qu'il a observées dans ce pays , comme se rapportant aux terrains de transition ; ce fait est encore une preuve de la distribution uniforme de ces roches, et il montre, contre l'opinion de quelques auteurs, qu'elles ne sont pas limitées à quelques points circonscrits du globe; mais qu'on peut les considérer de même que le Gneiss, le Micaschiste , etc. , comme s'of- frant dans les pays les plus différens. Cette série de ter- rains doit, par conséquent, être admise parmi les for- mations universelles ; et il est à remarquer qu'on ne con- naissait pas encore d'exemple de roches de transition, trouvées à une latitude aussi élevée. Les roches secondaires recueillies par M. Scoresby, paraissent appartenir au moins à deux formations, la^br- mation houillère et la formation des porphyi-es et des trapps secondaires. Formation houillère. M. Giesecké ne fait aucune men- tion de la formation houillère, ei c'est par conséquent la première fois qu'on l'indique parmi les formations du Groenland. Elle présente les mêmes caractères au Groen- ( '7^ ) land qu'en Europe et dans les autres régions du globe 5 sa prédominance à la terre Jameson (^Jameson^s land), est ce qui donne à cette partie de la côte les caractères de forme qui lui sont propres , et fournit ainsi un nou- vel exemple des rapports qui existent entre la forme gé- nérale et particulière de la surface d'un pays et sa cons- titution géologique : l'existence de ces roches qui ren- ferment toujours de nombreux débris de plantes, dont plusieurs ont un aspect tropical à des latitudes aussi sep- tentrionales, et dans un pays toujours couvert de neige et de glace, présente un intérêt tout particulier. La forma- tion houillère de l'ile Melville , où l'été ne dure que quelques semaines , renferme , d'après l'examen d'une sé- rie d'échantillons , des plantes fossiles d'un aspect tropical semblables à celles qu'on rencontre dans les mines de houille d'Europe ; et comme la première formation se retrouve dans les latitudes élevées de la terre Jameson , il est probable que les naturalistes qui visiteront de nou- veau ce pays, découvriront dans ces couches des restes de plantes analogues. Ces débris de végétaux des régions équinoxiales , trouvés dans les lieux où ils on crû, sous le ^0*^ de latitude nord , est un fait qui conduirait à des discussions très-étendues et très-curieuses sur le climat des régions septentrionales du globe à des époques re- culées , mais qui ne peut être considéj^é ici. La grande étendue apparente de cette formation dans la terre Jameson , rend très-probable qu'elle abonde en lits de charbons, et si cette présomption se confirme, elle peut par la suite devenir d'une grande impor- tance. Au Groenland coinme en Ecosse , la formation houil- lère est traversée par des veines de Greamlone '-, fait ( »73 ) qui vient encore confirmer l'analogie de celte formation dans les deux pays. Formation de Porphyre et de Trapp secondaire. — La présence du Trapp secondaire et du Porphyre au cap Brewster , et à l'île Traill , ajoute aux connaissances que nous avions sur la distribution de cesroclies', et ceux qui admettent la théorie de leur forination volcanique cite- ront les faits rapportés par le capitaine Scoresby , comme une 'preuve de l'action des volcans au Groenland; la source chaude de l'ile de Ouanastok, à la latitude de 60° sur la côte occidentale , mentionnée par M. Giesecké, et l'existence de volcans en activité dans le Groenland, an- noncée par Zenetli, seront aussi considérées, parles vol- canistes, comme des circonstances favorables à l'origine ignéfi de ces roches. Composition de la tête osseuse de l''Homme et DES Animaux. Par m. Geoffroy St.-Hila.ibe. Art. 1". Du Crâne comme faisant partie du rachis et comme étant composé de sept vertèbres. On porte les données de l'organisation au degré de propositions générales, à toute leur valeur scientifique, en recherchant soigneusement et en établissant leurs rapports d'une manière ferme. Mais si c'est le seul but où tende toute philosophie, il est toutefois deux routes, à quelques égards très-diflercntes , qui y conduisent. Ainsi, l'on arrive d'une part à ce résultat, en comparant, ( «74 ) dans les dwers Animaux , des parties da même raug ou du même drgré dans l'ordre des développemens ; et , pour prendre mes exemples dans les sujets de cet écrit, je citerai le crâne, comparable à lui-même, ainsi que le donnent diversement les di vei-ses tribus d'Animaux j tel est l'objet des considérations ou de la science dite des Ana- logies. On arrive , d'une autre part , au même résultat , si l'on compare dans le même Animal des choses qui n'appartiennent pas aux mômes noeuds de développe- mens , mais qui , consécutives dans la marche des for- mations, se conviennent néanmoins , en vertu du carac- tère de la nature organique , montrant une tendance à répéter ses premiers actes et à composer des appareils similaires. Les rapports évidemment d'un ordre diffé- rent, qu'apportent à l'esprit de telles recberclies, de- viennent à leur tour le sujet d'une autre manière de voir , de la science des Homologies. Les Allemands', qui ont imaginé ce terme, se sont proposé de l'assimiler à l'ancien par l'emploi de racines étymologiques corres- pondantes , et de le différencier par une toute autre forme : ils l'ont jugé de cette façon propre à rappeler le caractère nouveau et le but de leurs recherches , ap- pliquées aux identités que présentent certaines parties, considérées dans le même être. Ainsi , l'une des ver- tèbres est comparable à toutes les autres dont se com- pose la colonne épinière \ et en eflet , s'il n'y a presque jamais une parfaite ressemblance entre tous les segmens du rachis , ou remarque du moins une tendance tou- jours persistante, qui fait chez tous plus ou moins reproduire les mêmes formes j on y aperçoit manifes- tement des rapports aussi vrais qu'ils sont multipliés. Le crâne est de tous les organes celui qui se prête le ( »:5) mieux à ces considérations , celui qui nous donne les faits les plus nombreux et les plus facilement obser- vables , les déductions les plus satisfaisantes comme démonstration rigoureuse, et les plus philosophiques pour les hautes généralités et les grandes pensées , dont le domaine de l'esprit puisse s'enrichir. C'est , frappé de l'utilité de ces conceptions , que j'entreprends aujour- d'hui de revenir sur la composition de toute tête os- seuse 5 je m'en occupe depuis vingt ans , et je me flatte que l'opiniâtreté de quelques derniers efforts donne cette question comme présentement tout-à-fait éclaircie. Dans la recherche de tant de rapports , j'aurai recours à l'une aussi bien qu'à l'autre des deux méthodes. L D'abord, je traiterai dans ce premier article d'un " point dont on s'est avant moi déjà occupé; savoir : si et comment l'appareil crânien offre des parties dans un rapport d'identité avec plusieurs de l'appareil ver- tébral. Du Crâne aperçu anciennement, comme formé de trois ou quatre vertèbres. t L'idée que le crâne est composé de segmens trans- versaux , ayant une analogie décidée avec des parties ■^ verlébrales , est aujourd'hui généralement accréditée. On s'aperçut que, chez les Animaux remarquables par l'exigaiié de leur boîte cérébrale, comme chez les Pois- sons , par exemple , les enveloppes osseuses répandues autour du cerveau différaient peu de celles répandues un peu plus loin autour de la moelle épinière. Les noyaux qui çervcnt de base à la moelle épinière avaient plus spécialemtMit paru, au cou et à la tête, reproduits d'une manièrf si semblable; , qu'on en avait conclu qu'on ne ( ^76) quittait pas l'ordre des mêmes arrangemens en passant de l'appareil cervical à l'appareil crânien ^ et alors , sans trop s'être rendu compte de ce qu'on exprimerait par le nom de vertèbre , et sans en être venu à décider si ce serait tout ou seulement la plupart des parties crâniennes qu'on embrasserait dans les mêmes analo- gies , on eut le sentiment d'un rapport, et on l'exprima en donnant la tête comme formée àe vertèbres. Ce fond d'idées fut presque à la même époque , c'est- à-dire en i8o^ , par M. le professeur Oken à Brème , et, en 1808, par M. Duméril à Paris, fut, dis-je, également imaginé. Les deux auteurs se rencontrèrent effectivement sur ce qu'il y avait de fondamental dans ce système; toutefois, ils se trouvèrent dans un grand dissentiment sur les accessoires, tant étaient différens les inspirations , le point d'où ils étaient partis. M. Duméril , attentif aux surfaces articulaires des muscles spinaux chez l'homme et les mammifères, ci'ut apercevoir que les parties postérieures de leur crâne (i) (i) Considérations générales sur l'analogie qui existe entre tous les os et les muscles du tronc dans les Animaux , par M. C. Duméril ; Mé- moire lu àrinslitut, les x5 et 22 février 1808. Voyez Iflagasin En- cyclopédique , année 1808, t. 3. Le paragraphe second de ce mémoire, intitule. : de la Télé considérée comme une p^ertchre , de ses muscles et de ses mouvemens, donne le développement des propositions sui- vantes. « Le trou occipital correspond au canal racliidien dés vertèbres , » dont il est Torigine : l'apophyse basilairc et très-souvent le corps de M l'os sphénoïde sont semblables, par la structure et les usages, aux )) corps des vertèbres : le condyle unique ou double représente leurs j) facettes articulaires j la jjrotubérancc occipitale et les espaces com- 1) pris au-dessous sont les analogues des apophyses épineuses et de » leurs lames osseuses ; enfin les protubérance* mastoïdcs sont tout- ■u à-fait conformes aux apopliyses transverses. » » Chez les poissons osseux, la tète n'est pas plus mobile sur l'échiné \ ( 1770 offraient des éminences, des saillies , des dépressions et des cavités, en même répétition que les parties- posté- rieures des vertèbres. C'est, ajouta M. Duméril, une correspondance tellement suivie de formes et d'usages, un arrangement des parties médullaires et des attaclics musculaires si manifestement le même , qu'on se laisse naturellement aller à cette prévention , à cette conclu- sion générale : la télé Tiest autre quune vertèbre d'une dimension gigantesque. Mais cette opinion, qui établit incontestablement que l'auteur avait, à quelques égards, pressenti les fameuses doctrines des homologies alle- mandes ^ n'eut pas été plutôt énoncée au sein de la pre- mière classe de l'Institut, quelle y excita une rumeur, dont , je ne puis me dispenser de le faire remarquer , il est fâcheux que notre savant confrère se soit trop préoccupe. L'expression de vertèbre pensante ^ proférée tout-à-coup comme offrant un équivalent du mot crâne ^ et qui circula durant la lecture du Mémoire , fut con- sidérée par M. Duméril comme une condamnation in- directe d'une hardiesse trop grande. Cet incident engagea l'auteur à ne publier s%a. écrit, lors de l'impression, qu'avec les plus grands correctifs (r), et même bientôt après à quitter une direction dont il venait cependant, avec tantde bonheur, de saisir un premier chaînon. Les » que les autres vertèbres ne le sont entre elles j aussi ces animaux )i n'ont-ils pas de condylcs au crâne, mais une cavité conique, situde i> en dessous du ttou occipital', et articulée absolument comme les ver- » tcbres qui suivent, etc., elc. (i) L'auteur s'en tint, dans ses coaCltisions im])rime'es, à dire que c'en scu/cntcnl sons le rapport des mowcmens de lennniilc qa^U cnn- iidùre la tc'lc des Animaux comme une vcrtcbrc ircs-dcvcloppce ; Mao. Khcïc. 1 tome 3 de l'aunéc 1808 , ou tome 75 de la Collection générale , page 148. Tome IIL la ( 178 ) rapports trouves étaient incontestables , l'expression seule était fautive. Le mot de vertèbre , qui n'avait encore figuré que dans des anatomics spéciales , avait eu jusqu'alors un sens précis et nécessairement restreint ; la nouveauté de l'idée , au contraire, demandait le se- cours de beaucoup d'art , exigeait peut-être nu terme nouveau , pour être rendue clairement et de manière à échapper aux inconvéniens des interprétations. Mais déjà de grands travaux étaient entrepris en Alle- magne. La situation politique de l'Europe mettait alors les savans de divers pays sans communications , et nous ignorions que des tentatives faites en France avaient été poursuivies chez nos voisins avec un succès dont il est juste de leur faire honneur. Le célèbre rédacteur de l'Isis, M. Okeu, jeune aloi's , voyageait pour son ins- truction -, se trouvant à Brème , et dans le cabinet d'his- toire naturelle de l'excellent liomm'e et savant analo- miste Albers , il fut, sous les yeux de ce maître , et tout soudainement , frappé du rapport que présentaient avec les ariière- parties du crâne des poissons les premières vertèbres de leur rachis. Les iijiprcssions furent fortes , et au moment même tout le système d'Oken fut conçu et expliqué à Albers. Je tiens ces détails de la bouche même de celui-ci, dans une visite qu'il me fit à son dernier voyage à Paris , voyage qui n'a guère précédé que d'un an la mort de ce bien digne et respectable savant. Ainsi, sur la considération des corps vertébraux se continuant chez les Poissons , presque sans interrup- tion , dans le crâne , Okpn publia ses vues nouvelles , lesnuelles ont servi de base à son Mémoire sur la signifi- cation des os de la tête (i). Il a reproduit ces mêmes (i) A son retour à léna , le professeur Oken s'empressa de publier. ( ^79) idées , rendues alors plus étendues et plus précises , eh 1820 et 1821, dans deux articles en langue française (i)- Les vues d'Okeu sont singulièrement amplifiées dans la Cephalogenesis , qui a paru en i8i5. L'auteur» M. Spix, naturaliste bavarois, porte beaucoup plus loin les effets de VJiomologie • car il ne s'en lient point seule- ment à donner le crâne comme une prolongation du système vertébral , il le voit comme une seconde forma- lion, qui eu répèle toutes les parties; comme une re- production, pièce à pièce , de ce qui compose le tronc et ses extrémités. Ainsi , l'être serait constitué deux fois , savoir , par deux tronçons complets •, l'un en avant, restreint dans son développement, c'est Za têle ; et l'autre en arrière , qui se serait étendu sans obstacle, c'est le tronc. Comme celui-ci a des extrémités (les en leur donnant la forme d'un Programme , les idées de ce Mémoire intitule' : Ueber die bedeutung dec schadelhnochen , le'na 1S07. (i) « La tête (lisons-nous dans i'Isis, no 6, anne'e 1820, page SSa), » la têle est une continuation de la colonne vertébrale ; car le crâne M montre les vertèbres complètes, soit dans la conformation, soit dan» » le nombre des pièces, comme les vertèbres dorsales dans le corps )) et les arcs latéraux. En effet , dans le crâne, il y a trois corps , celui » de Toccipital et ceux des deux sphf'noïdes , lesquels répondent aux )) corps des vertèbres du dos : les parties latérales des vertèbres « crâniennes sont formées , savoir : pour la première vertèbre , par » les condyles; [)our la seconde , par les pariétaux, et pour la troi- » sième, par les frontaux j à quoi il convient d'ajouter , pour la face, » une quatrième vertèbre fournie par le vomer (corps ) , et par les » dcdx naî'aux. u L'année suivante Tauteur donna des noms comme il suit à ses ver- tèbres: voyez Esquii'.e d'un système de l'Analomie, de Plijsiolo'^ie, etc., page 4' ) l'aris , cXwi. Bcchct, libraire. « Le crûne est composé de trois )i vertèbres, le visage d'une. Chacune de ces vertèbres est destinée pour M les organes des sens j telles sont les vertèbres auriculaire , iinguaU » oculaire et nasale. 1» ( i8o ) quatre membres ), le crâne en a de pareilles , qui seraient les élémens de la face : se fondant sur cette interpréta- tion , M. Spix n'admet que les trois vertèbres crâ- niennes , qu'il désigne par les parties qui y dominent , occipitale , pariétale et frontale : la face est ainsi ré- servée. L'auteur, qui a d'autres vues d'homologie, nomme de plus ces mêmes vertèbres cranique, thora- cique el abdominale (i), ou bien encore, antérieure, moyenne et postérieur, voulant par-là indiquer les ana- logies correspondantes des diverses parties de la tète et du tronc. Au moyen de la face réservée , l'auteur s'est de pîus ménagé les ressources de trois sections aussi cor- respondantes , antérieure , moyenne et postérieure , pour en former les appendices ou les extrémités de la portion céphalique de l'animal. Tel est le singulier échafaudage (i) Voici, quant à la troisième vertèbre crânienne, un exemple du mode d'exposition de M. Spix. VeRTEBRA ANTERtOR , SEU TERTIA , SED CRAMIO-CEPHALICA , SEU FROWTAUS. Processus ejusdem spinosi , slve ossa superiora. ( Ossa Jrontis. ) III* Eorumdem pars superior. llla' anterior. ni»" lateralis, seu temporalis. nia'-- inferior , seu orbitalis. III"' . . . processus zigoraaticus. Illa-- in cornua excurrens. Processus ejusdem iranscersi , seu Ossa lateralia {Alœ sphenovïdce mi- nores. ) III'' Eorumdem regia interna , seu cerebralis nib- esteroa , seu facialis. seur d'Iéna se répandît rapidement \ elle passa dans l'école française. MM. Ciivier (i), de Blaiuville(2), Adelon(3), (i) M. Cuvier s'abstient de prononcer le mot de vertèbres, mais il s'exprime en ces termes sur les rapports découverts : « Leur crâne se » subdivise comme en trois ceintures , formées, rantérieure par les » deux frontaux et Tethmoïde , l'intermédiaire par les pariétaux et » le sphénoïde, la postérieure par l'occipital: entre r'occipital, les Il pariétaux et le sphénoïde, sont intercalés les temporaux, dont une » partie appartient proprement à la face. » Cdv. , Règne animal, etc. , tome I, page ^3, in-8° , 1817. (3) M. de Blainville s'en explique, en 1816 et en 1817, de minière à faire croire qu'il adopte comme judicieuses les opinions des Allemands sur la compoiition verteTjrQle du crâne : « La tête des Animaux est 3> composée, dit M. de Blainville, 1° d'une suite d'articulations ou de 3> vertèbres soudées , chacune développée proportionnellement au 3> système nerveux qu'elle renferme , comme dans le reste de la co- j) lonne vertébrale; a» d'autant d'appendices pairs, qu'il j a de ces » fausses vertèbres. » Voyez Bullelin des Sciences, année 181 6, page Ï08. Ces idées, presque dans les même^s termes, sont reproduites l'an- née suivante , même ouvrage , page m. « La tête des Animaux ver- j> tébrés, reprend M. de Blainville en 1817 , comme celle à peu près u des Animaux articulés, est composée, 1° d'une série de vertèbres im- » mobiles, dont les anneaux développés proportionnellement au sys- }> terne nerveux qu'ils renferment, forment la voûte cérél)ralcj 2° d'ap- » pcndices latéraux et servant au perfectionnement des organes dos » sens , mais dont ils sont réellement indépcndans ; ou à l'appareil de » la mastication ou enfin à celui de la res])iration. m (3)' C'est un extrait des idées de M. de Blainville , et recueillies à son cours , que M. Adclon a consigné dan» sa Physiologie , tom. II , p. 73 , ainsi qu'il suit : « Le crâne est formé par la réunion de plusieurs ver- » tèbres analogues à celles qui forment le rachis , mais soudées entre » elles d'une manière immobile et ayant toute l'étendue que cora- * mande le volume de l'organe nerveux qu'elles recouvrent : la f.ice ré- » suite de ipiatrc appendices placés sur les coté» du ces vertèbres » crâniennes , savoir : l'appendice de lu mâchoire supérieure, celui di; ( i8i ) l'enseignèrent. Ulric en 1816 (i), et Bojanus en i8i8 et en 1819 (2), ont repris ces mêmes travaux de leur con- citoyen , sans y introduire des niodificatiopks essentielles. A peu près à la même époque , Carus (3) entrait dans d'assez grands détails sur les trois principales vertèbres crâniennes, et essayait de déterminer les os qui appar- tiennent à chTicune d'elles chez les animaux vertébrés. Ce travail , disséminé au milieu d'une foule de reclier- cbes zootomiques, est encore l'un des plus étendus qu'on ait publiés sur la matière. Meckel (4) n'admet non plus que ti'oîs vertèbres crâniennes. Du caractère général de la vertèbre et de ses condi- tions examinées chez le fœtus. On se fourvoyait pour avoir laissé derrière soi quel-» ques lacunes. La science réclamait de nouvelles re- clierclies, j'essayai de pourvoira ses besoins , et j'Icrivis un article qui eut po---v:' titre : Considérations générales sur la f^ertèhre (5). Des dissections assidues et de nom- breuses observations , qui m'ont permis de poursuivre toutes les modiflcations de la vertèbre, soit en descen- » l'organe de l'ouïe , celui tle la mâchoire inférieure , et euGa tout en » bas, celui de l'hyoïde. » (0 U1.RIC , Opuscule in-4° ; savoir : Annotationes quœdam de signi- ficatione ossiuni capit's. BeroUni apud Dumnttemm. (a) BojaTJUs dans plusieurs cahiers de Tlsis , anne'e 1S18, p. 498 , et 1819. (3) Dans son Lelirhiich der Zootomie , Leipsik , 1818, in-S". (4) Mflndbuch der menscJilichen anatnmie, tome II. (5) Ployez Mémoires du Muséum d'Histoire naturelle, tome IX page 8g. Ployez eucore tuou Mémoire sur le Syslinie intra - vcrtcbral des Jnaecies , imprimé daus loa Annales de la Physiologie de M. le docteur Broussais , tome II , j'.Tge 233. ( i83 ) dant les degrés de l'échelle zoologique , soit en recher- eliant les formations foetales , ont donné lieu aux pro- positions suivantes : Toute vertèbre qui se développe régulièrement est formée de deux anneaux posés ou attachés sur un noyau intermédiaire. L'anneau supérieur'conlient un tronçon dn système méduUaii-e, l'inférieur un tronçon du sys- tème sanguin. Deux paires d'osselets deviennent ks pièces du cercle d'en haut , deux autres paires celles du cercle d'en bas. Ayant donné à la pièce unique et moyenne le nom de cjcléal , j'ai nommé les autres pièces qui en dépendent , en raison de leur position res- pective , soit à son égard, soit à leur égard mutuel; savoir , supérieurement , les osselets les plus voisins du cycléal ,périaux., et les plus éloignés, épiaux] et, infé~ rieuremeiit , les plus voisins du cycléal , paraaux , et les plus éloignés , cataaux. Ainsi j du cycléal, partent pour former la région dorsale et pour circonscrire le système médullaire , deux ailes , qui commencent par le périal de droite et par le périal de gauche , et qui sont ramenées sur elles-mêmes, et en forme d'anneau , au mioyen de l'épiai droit et do r épiai gauche. Le même arrangement, dans un él^t in- verse toutefois , forme la région ventrale et sert d'en- ceinte au système sanguin. Les composans de cette enceinte sont le cercle produit par les paraaux et par les calaaux. C'est ainsi que s'établit une vertèbre, si rien re'en gêne le développement. Elle est donc composée de neuf parties primitives , de neuf matériaux élémentaires. Chaque élément tend à se reproduire et à devenir une r«îpéti|ion de Ini-même ; mais celte tendance est presque ( x84 ) toujours contrariée par les parties organiques, ou les sys^ lèmcs médullaire. et sanguin, qui occupent l'intérieur des cercles , et qui , le plus souvent , sont l'un à l'égard de l'autre dans un rapport inverse , quanta leur volume respectif. Cependant , il est des cas où leurs dimensions se ba- lancent et deviennent égales. La vertèbre offre alors une symétrie parfaite, et elle réalise , bien utilement pour l'observateur , une circonstance qui n'est indiquée plus haut que comme une vue de l'esprit , qjie comme pré- sentant les conditions , nécessairement un peu arbi- traires , d'un type idéal. Je citerai , comme étant dans ce cas , la vertèbre post-abdominale des Pleuronectes. J'en ai donné plusieurs figures dans les planches de mon mémoire précité. Je crois devoir le redire ; la nature des choses s'op- pose à ce que les deux cercles soient fréquemment d'un volume égal , et cela, principalement dans les animaux les plus élevés dans l'échelle. Tout au contraire , l'un des anneaux gi-andit ; accroissement qui se fait aux dépens de l'autre : et c'est quand cette prédominance de l'un sur l'autre devient extrême , que les élémens du plus petit cercle se montrent sous l'apparence de très-petits points apophysaircs. On a coutume d'exprimer cet état réduit elles os qui le ressentent, par l'idée et par le nom à^cpiphyses. La nature des choses veut encore que le contenant soit soumis à toutes les variations du contenu, en sorte que , celui-ci grandissant , les pièces qui l'enveloppent croissent dans une même raison, de même que, dans le cas de son moindre volume , elles diminuent. Enfin , le système médullaire , qui forme iio long ( i85 ) cordon et dont les deux bouts sont si différens, étant atténué et finissant à rien postérieurement, refoulé au contraire sur lui-même et singulièrement accru et ra- massé en bouie par-devant , rend encore là nécessaires , non-seulement un accroissement superficiel des pièces principales , mais de plus , à égalité d'influence , le con- cours de toutes. Toutes sont appslées à intervenir d'une manière uniforme , et , sans aucune distraction de par- ties au-deliors ou de saillies , à devenir pièces d'enceinte, à fournir le cloisonnage extérieur. On peut ainsi ex- pliquer le défaut de saillies et d'apophyses, qui forment un des caractères distinclifs des crânes les plus volumi- neux. Le système osseux est alors uniquement affecté et comme entièrement dévoué au cloisonnage d'une masse médullaire considérable, et il s'y rend utile , en conser- Taut le moins possible de relations au-dehors. Mais tout au contraire , s'employant plus loin à la région cervicale , seulement au profit d'une très-petite tige ( le cordon spinal), son extérieur, c'est-à-dire celui des enceintes osseuses , devient tout rabotenx et se compose sur tous les points superficiels de fortes saillies pour chaque partie musculaire. Je viens de dite ce qu'il faut entendre par vertèbre^ quelles généralités la caractérisent , quelles idées il convient présentement d'attacher à ce terme? Ce n'est plus un seul compartiment transversal, un tronçon qui, placé bout à bout à la suite d'autres tronçons semblables, donne lieu à un entassement de parties , à* un arrange- ment, d'où le nom de colonne a pu être donné à l'en- semble. L'homme adulte avait fourni les premières con- sidérations et fait croire à un objet unique : mais pré- sentement ce n'est plus un seul os -, nous y voyons un ( '86) ensemble formé de neuf élémens , un système à pan , dont les parties peuvent être ou non soudées , et cela , sans que cette circonstance en modiûe l'essence. Bien au contraire , l'isolement des pièces est le fait néces- saire du premier âge , comme leur groupement devient celui des derniers efTorts du développement. Leur isole- ment s'observe chez le foetus ou chez les animaux des rangs inférieurs de l'échelle zoologique , dont le degré du développement correspond à celui des fœtus. Ainsi la soudure des pièces serait , elle est bien véritablement une circonstance secondaire. Sur ce pied , quand je viendrai à faire entrer le mot de vertèbre dans une définition du crâne, je me ser>- virai d'un terme nettement défini , et , par conséquent , je puis rechercher, comme j'ai montré qu'on Tavait déjà fait avant moi 5 je puis, sans que cela doive maintenant donner lieu à quelque fâcheuse interprétation , re- chercher , dis-je , si le crâne est lui-même un composé d'appareils vertébraux. Du crâne , reconnu présentement comme formé de sept vertèbres. Nous avons vu de quelles considérations sont sorties les analogies trouvées par MM. Oken et Duméril. On a pensé à faire honneur de leurs découvertes à des au- teurs plus anciens 5 d'abord, à un élève de M. Duméril, aujourd'hui M. le docteur Burdin , qui a rédigé et im- primé en 18Ô3 un Cours cC études médicales (i); à Kiel- (i) ployez le discours préliminaire de cet ouvrage ; on y lit page 16 : « Quant à l'appareil osseux , considérez d'abord celui dont se com- 3) posent les vertèbres, au-devant desquelles est la lêtc qui est elle-. D même une espèce de vertèbre très-ddvcloppc'e. » i I I ( ï87 ) n3eyer(i), qui aurait exprimé les mêmes rapports, mais en renversant les termes ; à Autenrietli (Archives de la pliysiologie par Reil), et à Jean-Pierre Frank (^Epist. de cur. hom. morb. lib. 2, p. 4^ ) , qui ont eu aussi les mêmes inspirations ; mais il faut vraiment concevoir ces analogies aussi nettement qu'on le fait aujourd'hui, pour les aller présentement découvrir au milieu de tant d'idées hasardées, pour les y démêler là comme impor- tantes, et pour les faire enfin sortir de ce chaos qui est censé les contenir. J'ai ra^^porté et cité textuellement tous les faits et toutes les opinions qui sont entrés dans le domaine de la science , touchant les questions de cet écrit. On n'en saura que mieux discerner, si ce qui va suivre se borne à étendre les vues de mes devanciers, on si je n'en ai point proposé qu'on pourrait, à beaucoup d'égax-ds, croire en- tièrement nouvelles. Car autre chose est sans doute un pressentiment heureux, un rapport saisi sur un seul fait dans une question compliquée , et autre , un travail qui embrasse tous les élémens du problème , soit aperçus dans leur ensemble , soit détaillés et considérés chacun en particulier , un travail enfin suivi sur tous les points et exactement comparatif. Il y a des vertèbres de plusieurs sortes , et aussi divers modes dégroupement pour l'association de plusieurs ; car, premièrement, elles aûeclent des formes très-varices ctsont composées tantôt de tous leurs élémens au complet, et tantôt de moins, suivant les régions où on les ob- (i) Voici l'opinion qne M. Ulrich (DisscrJation citée plus haut, page 4) atlrilmc à son vcocrahle maître : « tLiclmeyorum prîcccplnrum » pic vcuerandum , quunivis v9> ) osseux sont susceptibles des mwmes modifications. Ainsi, quand les élémens vertébraux de la rangée supérieure , ou ceux du système médullaire, sont portés au maximum de composition , en revanche , les élcniens du système sau guin sont réduits à un état de miniinwji, et vice versa. Quand ce sont ces derniers élémens dont le volume devient prédominant , les élémens supérieurs sont dans .l'état rudimentaire. Les Tortues sont dans ce dernier cas. Cette application de la loi du balancement des or- ganes revient sans cesse. J'arrête à ce point ce premier article. Entrer plus avant dans la démonstration que le^groupe des os crâ- niens constitue vi'aiment un appareil céplialique dU même rang que le groupe des osselets du cou qui compose l'appareil cervical, me parait désormais superflu. Ce serait d'ailleurs prévenir l'exposition des faits de détail que je ne manquerai point de donner , mais que je ne puis pas cependant présenter dans une discussion de généralités. Je réserve une partie de ces détails pour l'ar- ticle 2 , dans lequel je traiterai spécialement des pièces crâniennes clicz les Crocodiles. ( La suite au numéro prochain. ) Note sur le genre Francoa. Par m. Ad. de Jussieu. CavANilles , dans l'ouvrage intitulé : Icônes et des- criptiones plantarum, avait établi, d'après une plante oi'igiuaire de l'Ile de Chiloé , un nouveau genre qu'il nommait Francoa. Il lui donnait pour caractères un calice profondément quadriparli , qTiatrc pétales, huit étamines aUernaat avec autant de corpuscules, un ovaire ( 193 ) libre creusé dans sa longueur de quatre sillons , et sur- •monté de quatre stigmates sessiles ; un fruit composé de quatre capsules réunies entre elles par leur angle in- terne, s'ouvi'ant au sommet et en-dedans en deux valves , aux sutures desquelles s'attachaient des graines nom- breuses. Les botanistes , en discutant les aflBnités de ce genre , étaient restés indécis sur la place qu'il devait dé- finitivement occuper. En effet , ils la chercbaienl d'a- près l'indication assez obscure de Cavanilles , dans les familles où l'insertion des étamines est liypogynique 5 et s'il se rapprochait de quelques-unes de ces familles par certains caractères , il s'en éloignait par d'autres. Une plante qui faisait partie d'un herbier du Pérou et du Chili, m'ayant présenté dans son port une ressem- blance frappante avec la figure du Francoa, j'ai voulu m'assurer si elle appartenait à ce genre, et sur ce point son analyse ne m'a laissé aucun doute. Mais en retrou- vant tous les mêmes caractères , j'en ai rencontré un que l'auteur avait négligé, et qui est delà plus grande im- portance. J'ai reconnu que les étamines s'inséraient , non sous l'ovaire , comme on l'avait cru , mais au calice , un peu au-dessus de sa base. Dès-lors on doit chercher autre part les rapports du Francoa,' el l'on peut les déter- miner avec plus de facilité. Mais avant d'entrer dans cette discussion, il convient de décrire complètement la plante qui y donne lieu. Sa racine cylindrique est interrompue assez près de terre par un ou plusieurs renflemens en forme de tuber- cules, d'où parlent des prolongemens coniques et grêles : il en naît quelques fibres capillaires. Une lige ou plutôt une hampe nue , droite , hante d'un à trois pieds , sort du milieu de plusieurs feuilles ToMK III. i3 ( '94 ) radicales qui l'embrassent et la cachent à sa base jusqu'à environ un pouce de hauteur, et dont les inférieures sont ordinairement flétries et desséchées. Les autres se redressent ou s'étalent en divers sens. Elles sont lyrées à sept lobes , les six latéraux opposés deux à deux et d'autant plus larges , qu'ils se rapprochent davantage du terminal. Celui-ci , ainsi que chaque paire des pre- miers , se termine à sa base par une double oreillette qui recouvre un peu les lobes immédiatement infé- rieurs. Le bord des feuilles est sinué et denté irréguliè- rement ; leur plus grande largeur d'un pouce et demi à quatre, leur longueur de quatre à douze. Elles sont parcourues lo:».giiudinalement par une nervure large, d'où en partent d'autres latérales plus étroites qui se ramifient et forment par leurs anastomoses un réseau assez peu apparent sur le sec. Leur consistance est molle. Leurs deux surfaces sont couvertes de poils très-courts et fins dirigés en divers sens , aboudans surtout le long des nervures et vers le contour. La hampe , garnie comme les feuilles d'un court du- vet , porte h son sommet un épi long de deux à quatre pouces, et souvent il en part plus bas deux ou trois épillets latéraux plus courts. Les fleurs longues de quatre lignes, et larges de la moitié, sont écartées au bas de l'épi , serrées supérieurement, et sont accompagnées cha- cune d'une ou deux bractées étroites naissait sur un très court pédicelle, et égalant presque les divisions du calice. Celles-ci sont profondes , entières, aiguës , trinervées , légèrement hispides. Avec elles alternent autant de pé- tales deux fois plus longs , rétrécis en onglet à leur base , à limbe à peu près ovale, légèrement caréné, parcouru extérieurement par une nervure longitudinale assez ( '9^ ) saillante, d'où en iiaisseul plusieurs latérales. Ils s'at- tachent au calice un peu au-dessous du point où il se divise. Au-devant , et presque à la même hauteur , s'in- sèrent les huit étamines et les corpuscules qui les sépa- rent. Les filets sont subulés •, les quatre opposés aux divisions du calice les égalent à peu près en longueur , et surpassent un peu les quatre autres. Les corpuscules plus courts que ces derniers, plus épais, ont la forme d'un cône grêle et obtus à son sommet. Les anthères sont terminales , cordiformes , k deux loges qui s'ouvrent en-dehors par une fente longitudinale , et renferment un pollen de couleur jaune à grains très-menus et glo- buleux. L'ovaire plus court que les étamines est pris- matique , a quatre angles mousses séparés par quatre sillons. Le stigmate est divisé jusqu'auprès de sa base en quatre lobes, lisses extérieurement, granuleux en- dedans , légèrement échancrés au sommet , placés entre les sillons de l'ovaire. Ce dernier est partagé en quatre loges cylindriques, presque libres, car elles ne tiennent Tune à l'autre que par l'axe central. Parvenu à cet axe, le péricarpe se réfléchit pour former deux placentaires longitudinaux , couverts chacun d'un rang de tubercules blanchâtres auxquels s'insèrent des ovules très-nom- breux. J'ai eu à ma disposition des ovaires plus ou moins avancés , mais je n'ai ou aucun fruit. L'espèce décrite par Cavanilles sous le nom de Francoa appendiculata , diffère de la mienne par ses feuilles dont les lobes, au lieu de se recouvrir, sont séparés par un rétrécissement plus ou moins long , et par ses fleurs pé- donculées et deux fois plus grandes. Il pense avec Née que la plante recueillie par le père Feuillée au Chili , et nommée TJaupanhe , est congénère i3* ( '9<^ ^ du Francoa , et c ost , il me semble , avec raison. Il est vrai que Feuillée n'indique que quatre étamines et pas d'appendices entre elles. Mais des huit étamines, quatre perdent souvent plutôt leurs anthères , ou bien ordinai- rement celles qui sont opposées aux pétales sont cachées dans leurs l'eplis , de sorte qu'il est facile , si l'on décrit la fleur sans l'ouvrir , l'étaler et l'examiner avec soin , de ne pas voir tous les filets et les corpuscules. D'ailleurs dans la figure donnée par Feuillée , on peut dans une fleur reconnaître, quoiqu'assez obscurément, quelques autres corps entre les quatre étamines. Si l'on admet maintenant le Llaupanhe comme une espèce de Francoa , il deviendra difficile d'en distinguer celle que j'ai décrite. Elle présente en effet de même une racine oblongue interrompue par des tubercules , des fleurs en épi accompagnées de biactées , des feuilles lyrées à sept lobes, dont les supérieurs recouvrent un peu les inférieurs par les oreillettes de leur base. Elle offre , il est vrai , quelques légères différences. L'auteur décrit les feuilles comme naissant en tout sens de la tige; mais d'après la figure , c'est seulement à sa base. Dans les feuilles de ma plante , chaque paire de lobes est séparée des autres par un rétrécissement que je ne retrouve pas dans celle du dessin de Feuillée, et, sous ce rapport, elle est intermédiaire entre le Llaupanhe et le Francoa de Cavanilles. Mais des caractères aussi faibles suffisent-ils pour établir une espèce? Je ne le crois pas, et je conserve en conséquence à mon espèce le nom très-juste de Fran- coa sonchîfolia , que Cavanilles a proposé pour le Llaupanhe. Je résume tout ce qui précède , en traçant en latin les caractères du genre Francoa et de ses espèces. ( 197 ) ' FramcoA. Cavan. ( Icon. tom. 6, p. 76. ") Calix jj-partitiis , persistens. Petala 4 lodgiora , unguiculata , imô calj'ci inserta. Stamina 8, ibidem inserta, cum corpusculis tutidem brevioribus altcrnantia , inclusa , 4 alterna calici opposita paulô bre- viora , filamentis subulatis , antheris cordatis, bilocularibus , longitu- dinaliter extrorsùtn debiscentibus. Stylus o. Stigraa profundè 4-lobum. Ovarium superum , sessile , 4-sulcum , apice 4'l<)bum, 4-loculare , loculis multi-OTulatis , ovulis angulo interiori biseriatim adnexis. Fructns ( ex Cavanilles loc. cit.), 4"<^*P5ularis, capsulis inter se axi centrali coalitis , apice et dorso in valvas duas debiscentibus ; semina numerosa, oblonga, rugosa, minuta. Herbœ; Folia radicalia , lyrala ; flores racemosi spicative, singuli bracte.iti. Frahcoa. appendiculata. Cavan. le. tom. 6, pag. 77, tab. SgG. F. chiloensis, lobis foliorum 5-9 omninè inter se discretis, floribus racemosis. Fpancoa ionchifolia. (Ann. Scieuc. nat. tab. 11.) F. peruviana , lobis foliorum 7 sibi mutuo incumbeutibus , floribus spicatis, minorîbus. Congener absque dubio atque etiam conspecifica profectù praece- dentis. Llaupanke amplissimo sonohij'olio , Feuillée. ( Journ. tom. II. , p. 74^, tab. 3i.) Planta chilensis, diversa tantùm lobis foliorum non in- terse intervallo angustiori , ut in aliis speciebus , discretis j in quâ prœ- tereà flores spicse inferiores sœpiùs 6-petali. Le Francoa me semble devoir prendre sa place à la suite des Crassulées , après le Septas. Il a en effet la plupart de ses caractères communs avec les genres de cette famille , dans laquelle on observe un calice infère à divisions pro- fondes en nombre défini; autant de pétales insérés à sa base, ainsi que les étamines qui sont en nombre égal ou double, etquialterncnt avec de petits corps squammiformes ou glanduleux ; des capsules , en môme nombre que les pétales , s'ouvrant du côté interne en deux valves , au bord desquelles sont allachées des graines nombreuses. Il est vrai que d'une autre part il présente quelques différences assez notables. Rn effet , dans les CriXssulécs le pistil se ( '9« ) compose de plusieurs ovaires libres , chacun terminé par un style et un stigmate libre également, et muni en-dehors à sa base d'un appendice glanduleux ou écail- leux : le nombre de ces derniers égale donc celui des pétales. Dans le Francoa il est double -, les appendices s'insèrent au calice sur un plan plutôt postérieur qu'an- térieur à rinsertion des étamines ; les quatre loges de l'ovaire sont réunies par l'axe central ; il n'y a pas de style , mais un seul stigmate quadrilobé. Cependant si l'on considère l'indépendance presque complète des loges , la profondeur des lobes sligmatiques , le court support qui les soutient , et qu'on pourrait regarder comme résultant de la soudure de quatre styles très- courts , on attachera peut-être moins d'importance à ces différences , et l'on trouvera , en comparant les points par lesquels le Francoa se rapproche des Crassulées , et ceux par lesquels il s'en éloigne , que la somme des premiers surpasse celle des seconds. Explication de la Planche 12. a. La plante de grandeur naturelle. B (i). Une fleur. C". Fleur coupée verticalement , i. Calrce, 2. Pétales, 3. lilaimnes, 4. Corpuscules, 5. Ovaire. D. Fleur ouverte et e'talée artifîcielk'uient , i. Base et division du calice, a. Pétales, 3. Etamines, 4- Corpuscules, 5. Place de l'Ovaire q-ni a été enlevé. K. Anthère au moment de sa déhiscence. F. Pistil, I. Ovaire, 2. Stigmate. G. Stigmate d'un ovaire plus avancé. (i) Toutes les tigures indiquées par une lettre majuscule sont plus oii moins grossies. ( '99 ) H. Coupe horizontale de Tovaire, i. Son soiaraet, 2. Axe central , 3. Loges et ovules. 1. Coupe verticale de l'ovaire, i. Deux loges conserve'es , 2. Deux loges coupe'es , 3. Ovules , dont la plupart ont e'té enlevés dans l'une des deux loges, 4- Placentaire mis à découvert par l'ablation des ovules. Remarques additionnelles sur la détermination du sys- tème solide et du système mrveux des Animaux Articulés. L'auteur des Obsei'vations sur les deux systèmes ner- veux des Animaux vertébrés , dont il suppose qu'un seul subsiste dans les Animaux invertébrés (Voyez Ann. des Se. naturelles, juillet, tome II, page 3o4-3io), a communiqué le i3 août dernier à l'un de nous quel- ques développemens de ses idées sur le même sujet. Il remarque d'abord qu'en supposant un animal ver- tébré couché sur le dos dans la situation où se trouvent les animaux articules , et en assimilant l'ouverture des; narines de celui-là à ce qu'on appelle la bouche dans ceux-ci , l'os ba.silaire et le sphénoïde se trouvent au- dessous du canal digestif et près de son extrémité, préci- sément comme est placée dans les animaux articulés; la pièce impaire à laquelle on a donné le nom de lèvre infé- rieure , et celle qu'on désigne sous celui de languette , la première de ces pièces correspond ù l'os basilaire des vertèbres , et la seconde à leur sphénoïde. En supposant toujours l'absence de l'encéphale dans les insectes , et leur crân(! ouvert, les analogues des os qui s'articulent sur l'os basilaire, les uns immédiatemcnl , les autres médiatcment, se retrouvent dans les diver-ses arliculalions dos palpes. ( 200 ) Dans la même siuialion de l'animal vertébré renversé sur le dos, si Ton suppose que les points osseux de l'embryon qui, en se soudant, forment les deux branches de chaque mâchoire» restent au contraire séparés et se changent en des pièces distinctes et simplement articulées entre elles, sans contracter aucune union aux extrémités où ces bran- ches se réunissent sous le milieu de chaque lèvre, on aura précisément les quatre antennes des crustacés , et une seule mâchoire donnera les deux antennes des insectes dans lesquels l'autre mâchoire reçoit probablement une destination différente. Jusqu'à présent on a cherché les analogues des parties dures dont se compose supérieurement la tête des ani- maux articulés dans les os du crâne dos animaux verté- brés : suivant ma manière de concevoir l'organisation des invertébrés, il faut les chercher dans les os de la face. Mais comme M. Geoffroy Saint-Hilaire a établi que les uns et les autres sont en même nombre et soumis aux mêmes connexions^ d'après la correspondance qu'il a établie entre chacun des os des sept anneaux verté- braux et des sept anneaux périsplanchniques de la tête des animaux vertébrés , il suffirait que toutes les parties dont nous parlons fussent déterminées dans Tune des manières de voir, pour qu'elles le fussent immédiatement dans l'autre en remplaçant chaque os des atineaux verté- braux par l'os correspondant des anneaux de la face. Celte expression , les anneaux vertébraux , employée par op- position aux anneaux périsplanchniques , repose sur ce qu'il paraît coûvenable de ne donner le nom de ver- tèbres qu'aux anneaux formés par les os que M- Geoffroy Saint-Hilaire a nommés périaux et épiaux , sans y com- ( 201 ) prendre le cycléal , comme on le fait communément , parce que cet os n'appartient pas plus à la vertèbre propre- ment dite , c'est-à-dire à l'assemblage osseux qui entoure la moelle épinière , qu'à l'anneau périsplanchnique cor- respondant : il est le support commun et le lien de ces deux anneaux , pourquoi le comprendrait - on plutôt parmi les os de celui qui est formé par les périaux et les épiaux , que parmi ceux de l'anneau que forment du côté opposé les paraaux et les cataaux. En restreignant ainsi le mot de vertèbre , il sera vrai de dire que les animaux des classes inférieures n'ont pas de vertèbres, puisque les os qui devraient les former restant séparés , ne forment point d'anneaux autour de la moelle épinière , et deviennent des organes de locomotion. On devra donc conserver le nom d'Animaux invertébrés , déjà consacré par l'usage universel des physiologistes et des natura- listes. En continuant la comparaison d'un Animal vertébré renversé sur le dos , avec un Animal invertébré, on voit que l'analogue de ce qu'on appelle cerveau dans celui-ci, doit être cherché dans les ganglions de l'Animal ver- tébré qui appartiennent aux anneaux périsplanchniques de la face , qui sont déformés et très - restreints dans leur développement , à cause que les anneaux verté- braux correspondans prennent une grande extension pour loger l'encéphale. On ne considère ordinairement ces ganglions que comme des accessoire* de la cinquième paire, tandis qu'ils ne sont, ainsi que la plupart des ra- meaux nerveux de cette cinquième paire, que la partie antérieure du système ganglionnaire des Animaux verté- brés , qui devient dans les Animaux invertébrés le Seul organe des sensations et de la locomotion. On observe ( 202 ) en effet que, de même que le reste de ce système envoie dans les Animaux vertébrés des rameaux à tous les nerfs locomoteurs sortis de la moelle épinière pour prodtiire dans les muscles où ils se rendentles mouvemens instinc- tifs de locomotion, la partie antérieure du même système , formée de la cinquième paire et de ses ganglions , en- voie dans les mêmes Animaux , à chacun des organes des sens , un l'ameau accessoire destiné à recueillir les im- pressions reçues par ces organes , qui déterminent des mouvemens instinctifs : rameau accessoire qui par suite de la dépendance mutuelle des deux systèmes nerveux des Animaux vertébrés , est indispensable à l'intégrité de l'organe sensitif , d'après les belles expériences que IVL Magendie vient de communiquer à l'Académie des Sciences , et qui paraît même suppléer dans quelque.s- uns de ces Animaux le rameau venu de l'encéphale , quand ce dernier devient rudimentaire et cesse d'arriver jusqu'à l'organe correspondant. Il ne sera pas difficile , d'après cette indication , de dé- terminer chez les vertébrés les ganglions de la cinquième paire analogues à ceux dont se compose le prétendu cer- veau des invertébrés , puisque le nerf accessoire de chaque organe des sens des Animaux vertébrés correspondant au nerf qui se rend au même organe chez les invertébrés , le ganglion d'où part ce nerf sera le même dans ces deux classes d'Animaux. On donne principalement chez les Animaux articulés le ncm de cerveau au ganglion situé au-dessus de l'œso- phage qu'il embrasse de deux coi'dons nerveux formant une sorte de cercle autour du tube digestif. L'analogue de ce ganglion doit se trouver parmi les ganglions que présente la face des animaux vertébrés en avant du \ ( 20'3 ) môme tube. Ne serait - ce pas le ganglion naso-palalin de ces animaux qui correspond au prétendu cerveau des invertébrés , et les filets nerveux de ce ganglion qui s'a- nastomosent avec ceux du spliéno-palatin , rte seraient- ils pas les analogues des deux cordons dont nous venons Je parler ? La réunion des sphéno-palatins correspondrait alors au ganglion pro-aesopbagien des insectes et des crus- tacés (i). Le nerf olfactif est-il t organe de l'odorat? Expériences sur cette question 5 Par m. Magendie. Demanher si le nerf olfactif est le nerf de l'odorat , n'est-ce pas s'exposer à faire rire à ses dépens ? Qui en doute ? vous répondra-t-on j cette vérité n'est-elle pas reconnue depuis que l'anatomie a fait connaître la dispo- sition du nerf, sa distribution sur les surfaces olfactives , son volume considérable dans les animaux où ce sens est plus parfait, etc. , etc. J'avoue que le mois dernier encore, si la question m'avait été posée, je n'aurais pas balancé à répondre par l'affirmative, et que je n'aurais pas osé élever de soupçon à cet égard , bien qu'en physio- logie, en médecine , etc. , il ne soit pas inutile de douter quelque peu des choses les plus certaines : mais ne doute pas qui veut. (\) -M. Bailly , dans le Mémoire sur lequel M. tuvier a fait le rap- port insère dans notre numéro d'aoAt, et M. Serres, dans l'ouvrage qu'il vient de publier , sont parvenus à des résultats analogues à ceux iiui «ont indiques ici -, et qui paraissent s'accorder en gênerai avec les idée» do l'auteur de cet article. ( IVnic des RcJacteurs. ) ( M ) Quoi qu'il en soit, voulant cette année démontrer dans mes séances de physiologie expérimentale les di- verses propriétés du système nerveux , je commençai par chercher à prouver directement que le nerf olfactif était l'agent de l'odorat , tentative qui , à ma connais- sance, n'avait point encore été faite. Ma première expérience fut de mettre à découvert , sur un chien d'environ un an , les nerfs olfactifs \ je ne m'attendais guère à les trouver sensibles au contact des corps , ni même aux piqûres , les hémisphères cérébraux étant insensibles à ces excitations sur la plus grande partie de leur masse ; en effet, les pressions, les piqûres profondes , les déchiremeiis en divers sens n'amenèrent aucun signe qui indiquât la sensibilité de ces nerfs. J'étais curieux de, voir si le contact direct d'un corps très-odorant aurait un même résultat : je plaçai à cet effet quelques gouttes d'ammoniaque sur le nerf; l'animal ne parut pas d'abord s'en apercevoir , mais bientôt il donna des preuves d'une vive sensation. Je m'aperçus dans le moment que le liquide avait coulé sur les parties latérales du nerf et avait gagné sa face inférieure, et par conséquent la fosse ethmoïdale. Je crus alors que l'ammo- niaque avait agi sur la partie médullaire du nerf, qui , comme on sait, repose sur la lame criblée de l'ethmoïde, et que si la substance grise supérieure n'était point sen- sible , la substance blanche inférieure était douée de cette propriété. Après avoir fait ces observations , je pris le parti de détruire entièrement les nerfs olfactifs, bien persuadé d'abolir complètement l'odorat. Quelle fut ma surprise, en examinatit le lendemain l'animal , de le trouver sen- sible aux odeurs fortes que je lui présentais (l'ammo- ( 205 ) niaqiie , l'acide acétique , l'huile essentielle de la- vande , etc. ) ! La sensibilité de l'intérieur de la cavité nasale n'avait rien perdu de son énergie 5 l'introduction d'un stylet avait le même résultat que sur un chien in- tact. Cet étrange phénomène me rappela un fait auquel j'avais donné peu d'attention l'année précédente, parce qu'il était tellement en contradiction avec les idées ad- mises , que je l'attribuai , je ne sais pourquoi , à quelque •vice d'expérience. Je veux parler d'un canard auquel j'avais enlevé les hémisphères cérébraux et qui survécut huit jours en présentant divers phénomènes curieux. Il avait, entre autres singularités , conservé l'odorat pour les odeurs fortes; je montrai cet animal, et je lui fis subir ces di- verses épreuves dans mes cours de cette époque. Pour bien m'assurer du fait , je détruisis sur plusieurs autres animaux les nerfs olfactifs , et les résultats furent exactement semblables; mais je fis en outre la remarque importante que la sensibilité que j'avais observée à la face inférieure du nerf olfactif, n'existait que le long du bord externe de la lame criblée de l'ethmoïde , et je fus ainsi conduit à penser qu'elle pouvait appartenir , non au nerf de l'odorat , mais au filet du nerf ophthalmique , qui passe de l'orbite dans le nez par une fente de la lame criblée. Cet indice me mit sur la voie de soupçonner que les branches que la cinquième paire envoie dans les fosses nasales étaient les organes par lesquels la sensibilité ol- factive se maintenait après la destruction des nerfs de la première paire. Dans l'homme ces branches sont assez nombreuses , quoique d'un volume médiocre ; elles se conoposent : i" du filet ethmoïdal du nerf nasal ; 2° du ( 206 ) naso-palaliii de Scarpa ; 3° des filets multipliés qui nais- sent de la face interne du ganglion sphéno-palatin. Elles ofl'rent ensemble cette disposition , qu'elles se distribuent à toutes les parties de la pituitaire. Je ne connaissais pas exactement la manière dont la cinquième paire se com- porte relativement au nez du cliien : je priai M. Des- moulins , très-habile en pareille recherche , de disséquer avec moi ce nerf, et nous trouvâmes que le filet elhmoïdal est beaucoup plus gros que chez l'homme , et qu'il fournit un nombre assez grand de petites divisions dans la partie la plus supérieure de la cavité olfactive ; nous trouvâmes encore que le nerf maxillaire supérieur ne forme pas de ganglions sphéno-palatins , qu'il envoie dans les parties inférieure, latérale et interne du nez, une grande quantité de Glets d'un volume considérable. Il était donc anatomiquement possible que toute la sensibilité de la pituitaire dépendît des divisions de la cinquième paire. Mais les conjectures analomiques sur les fonctions organiques ne sont lien jusqu'au moment où elles sont prouvées par les expériences physiologiques. Je pensai à couper les nerfs de la cinquième paire, de manière à ce que les animaux survécussent. Mais il était plus facile d'avoir cette idée que de la mettre à exécution. Dans leurs trajets sur la base du crâne , les nerfs sont accolés au sinus caverneux et à l'artère carotide interne. Cependant j'en tentai la section sur quelques lapins , et le hasard me servit assez bien pour que je réussisse sur ' plusieurs animaux , à les couper des deux côtés sans produire d'accident grave. Je fis les mêmes tentatives sur de jeunes chiens , de jeunes chats , des cochons- d'Inde \ je pus aussi m'assurer qu'une fois les nerfs bien coupés» toutes les traces de l'action des odeurs fortes ( 207 ) disparaissent. Les animaux qui éternuent , se frottent le nez , détournent la tête quand on leur fait respirer de Tammoniaque , de l'acide acétique , etc. , restent impas- sibles après îa section de la cinquième paire , ou bien ne manifestent que l'action des odeurs sur le larynx. 11 résulte, ce me semble, de cette expérience , contre- épreuve de la précédente , que l'odorat , relativement aux odeurs fortes , est exercé par les branches de la cin- quième paire , et que la première paire de nerfs ne par- ■^tage pas celte fonction avec la cinquième. Ici se présente une objection : les odeurs que vous avez employées ^ dira-t-on , sont très-actives , elles ont une action chimique sur la pituitaire, comme elles en ont une sur la conjonctive quand elles viennent la frapper. Ne serait -il pas possible qu'en détruisant le tact de la membrane du nez vous enlevassiez à cette membrane la propriété de reconnaître, non les odeurs proprement dites , mais la faculté de sentir l'impression des vapeurs piquantes et caustiques , comme celle de l'ammoniaque , (le l'acide acétique? Cette remarque est fondée pour les vapeurs citées •, mais elle ne l'est plus autant pour l'huile de lavande et de Dippel. Dans tous les cas , on n'aurait guère pu présumer avant mes expériences que les va- peurs irritantes n'agissaient pas sur le sens de l'odorat. Afin de résoudre expérimentalement la difficulté, j'ai détruit, en les broyant, les nerfs olfactifs d'un chien braque, dont on connaît la finesse du nez; et j'ai re- connu, comme dans mes précédens essais, qu'il distin- guait aisément les odeurs fortes. Mais j'ai voulu m'assurer s'il reconnaîtrait l'odeur de la viande , du fromage, et en général des alimens. A cet eflct , j'en ai enfermé des portions dans du papier et je les ai présentées à l'animal j ( 208 ) il a toujours défait le papier et s'est emparé des alimens. Mais je ne regarde pas cette tentative comme suffisam- ment probante ; car, dans d'autres circonslances, il m'a paru manquer d'odorat pour trouver des alimens que je mettais près de lui à son insu. En supposant ce dernier résultat exact , il ne prouverait pas non plus que la cin- quième paire n'est pas l'agent de l'odorat, car le désordre nécessaire pour détruire les nerfs olfactifs produit néces- sairement de l'inflammation dans la cavité nasale , et peut ainsi, bien que secondairement, nuire à l'odorat. Je poursuis en ce moment cette recherche. J'ai enlevé , sur des poules , des canards , des pies , les hémisphères cérébraux et la totalité des nerfs olfactifs : ces animaux ont conservé toute la sensibilité de la pitui- taire , et donné des signes évidens de l'action des odeurs fortes sur l'odorat. Je ne comprends pas comment on a pu récemment imprimer le contraire. Enûn , je dois à la complaisance de M. Ramon , mé- decin inspecteur de la maison royale de Charenton , un fait qui me semble prouver que l'intégrité des hémi- sphères cérébraux n'est pas non plus indispensable chez l'homme à l'exercice de l'odorat. Après plusieurs années de démence et d'exaltation , il est très-fréquent de voir tomber les aliénés dans un état d'engourdissement et de torpeur qui a de l'analogie avec une ivresse complète 5 les jambes sont chancelantes , les mouvemens incertains , la langue embai-rassée : cet état , auquel rien ne peut remédiej- , est suivi d'un vé- ritable anéantissement des facultés intellectuelles -, la mort survient au bout d'un temps qui n'est jamais très- long. A l'ouverture du corps on trouve les hémisphères gorgés de sang , les enveloppes du cerveau enflammées , ( 209 ) et souvent la substance corticale -profondément altérée. Sur des individus qui présentaient cet appareil dé symp- tômes , M. Ramon a constaté la persistence du setis de l'odorat , non-seulement pour les odeurs fortes et pi- quantes , mais encore pour des odeurs beaucoup plus fugaces. Telles sont les observations que je présente aux phy- siologistes touchant le nerf de l'odorat; elles sont en- core incomplètes et demandent à être suivies : j'espère toutefois qu'elles auront l'avantage d'engager aies répétées,'* et à ne pas négliger l'occasion de les confirmer ou infirmer" par des observations pathologiques. ii • ii u;p i «iip Il résulte encore de ces recherches que les anîman* qui, tels que les dauphins , manquent entièrement d& nerfs olfactifs, ne sont probablement pas dépourvus d'o- dorat, ainsi que quelques naturalistes l'avaient supposé. S'il se confirme que l'odorat appartient à la cinquièm^e' paire , il restera à rechercher quels peuvent être les usages des nerfs et des lobes olfactifs. Rien jusqu'ici ne 'sem- blerait mettre sur la voiCi Ge serait,' dans ce'Oas , ' d«lî parties a ajouter à toutes celles qui dans le système ni^^iJ veux ont des fonctions entièrement ignorées. 'i'"-< 'in'I ( Extrait du Journal de Physiologie. — '■ 1824! 3"' "^^ • ' f"i'j7t'iq -•'^ji!!.! . 'jh ai'Mîil De T influence de la cinquième paire de neàfsvsuK la nutrition et les fondions, de T œil. <. inthifith I :-.■ :.i 'II' '(lilidiari'i. jq Par M. Magendi^j;,,,.,;;,,^^!, ^,,^^,^,^ On a vu, dans le Mémoire qui précède, comitieht j'àî été conduit à couper les nerfs de la cinquième païro'dffKi le crâne , de manière à rte pas comprOihcttfe 'IJi"Vié "(Tèi TOiMK UJ. i^ ( 2IO ) animaux. J'ai ainsi été amené à observer des phénomènes qui sortent complètement des idées reçues loucha ni les fonctions du système nerveux. Apre? avoir coupé sur un lapin la cinquième paire d'un côté , je reconnus que toute sensibilité était perdue du même côté de la face ; l'intérieur du nez , la surface delà conjonctive, etc. , étaient insensibles au conlacl des corps durs et même des instrumens piquans. Je voulus m'assurer si le défaut de sensibilité existerait pour des agens chimiques très-irrilans ; j'appliquai donc de l'am- moniaque sur l'œil, et je n'eus. pas de peine à remar- quer qu'il ne produisait aucune impression. Pour avoir u-n objet de comparaison , je touchai légèrement l'œil du côté sain avec un peu d'ammoniaque , et aussitôt l'ani- mal manifesta, par ses mouveniens, ses efforts, l'abon- dance des larmes , le resserrement des paupières , etc. , l'exquise sensibilité connue de l'œil. Il n'y avait rien de semblable du côté où le nerf était coupé; l'œil était sec, et, clios.e des plus singulières, le mouvement des pau- pières , appelé clignement, avait cessé ; le globe de l'œil lui-même semblait avoir perdu tous ses mouveniens; l'iris était fortement contracté et immobile ; enfin l'œil semblait un œil artificiel placé derrière des paupières privées de mouviimeut. Vivement intrigué par la mul- titude de phénomènes étranges que j'avais observés , je remis au lendemain à continuer mes observations, et je cherchai à me rendre raison de ce que j'avais vu. La perte de sensibilité de la surface de l'œil était ce qu'il y avait de plus facile à comprendre : la distribution des brandies du nerf ophthalmique aux paupières , à la con- jouctive, etc. , expliquait bien ce phénomène, qui d'ail- Ijçtjrs avait été. v^ récemment par M. H. Mayo sur des '~ I ( 2'I ) pigeons. La suspension de la sécrétion des larmes pou- vait aussi s'entendre par la paralysie du nerf lacrymal ; mais l'immobilité des paupières, celle de l'œil, la con- traction permanente de- la pupille, n'étaient pas aussi faciles à ramener à des faits déjà connus. Je m'ari'êtai toutefois à l'idée que probablement , en coupant les nerfs trijuraaux , j'avais intéressé les nerfs moteurs de l'oeil. Le lendemain, j'examinai l'animal , et je ne fus pas peu surpris de retrouver les choses dans l'état où je les avais laissées *, seulement, l'œil sain , par l'effet du contact de l'ammoniaque , était très-fortement enflammé ^ l'oeil op- posé , au contraire, n'offrait aucun indice d'inflamma- tion. La section des nerfs avait donc empêché le dévelop- pement du travail inflammatoire , et ce résultat n'était pas moins curieux que les précédens. Pour me mettre à même d'étudier avec soin ces divers phénomènes , je coupai ce jour-là la cinquième paire sur plusieurs lapins, soit d'un seul côté , soit des deux à la fois. C'est en ob- servant ces animaux les jours suivans que je découvris successivement les faits que je vais rapporter, qui sans doute exciteront l'intérêt des physiologistes. A. Après vingt-quatre heures de la section , la cornée commenceà devenir opaque, après soixante-douze heures; elle l'est beaucoup plus , l'opacité augmente , et cinq ou six jours après la section elle est de la blancheur do Talbàtre. H. Dès le deuxième jour , la conjonctive; rougit , pa- raît s'enflammer, et sécrète une matière puriform<;, lactescente , fort abondante ; h s paupières sont, ou lar- gement ouvertes et immobiles, ou bien elles sont collées par les matières puriformes qui sont desséchées entre leurs bords , et (piand r.n vicnl à les écJIrter, il s'écoule '4* ( 212 ) une assez grande quantité de la matière dont je viens de parler. C. Vers, le deuxième jour qui suit la section , on voit aussi l'iris devenir rouge , ses vaisseaux se développent , enfin l'organe s'enflamme. Il se forme à sa surface anté- rieure de fausses membranes, qui ont comme l'iris la forme d'un disque percé à son centre. Ces fausses mem- branes finissent par remplir la chambre antérieure de l'oêil , et contribuent à faire paraître la cornée opaque. N'est-ce pas un phénomène bien extraordinaire qu'une inflammation vive avec suppuration et insensibilité com- plète de la partie enflammée , et qui est causée par la section d'un nerf? Avant d'aller plus loin , je dirai que cette opacité ra- pide de la cornée me parut d'abord dépendre du con- tact prolongé de l'air. Pour m'en assurer , je. coupai sur un lapin la septième paire de nerfs , qui , d'après les ob- servations de M. Charles Bell , dirigent les mouvemens de clignement : mais quoique l'œil ait resté sur cet animai en contact continuel avec l'air pendant plusieurs jours , aucune opacité ne se montia sur la cornée , ni aucune inflammation , soit à la conjonctive, soit à l'iris. Je vins alors à soupçonner que l'opacité dépendait du défaut de sécrétion des larmes. Il est possible , nie disais- je , qu'une membrane telle que la cornée ait besoin d'être continuellement imbibée par un liquide limpide pour conserver sa transparence. Pour m'assurer si ma con- jecture avait quelque fondement , je fis sur deux lapins l'extraction complète de la glande lacrymale , mais au- cune opacité ne se montra sur la cornée durant les huit jours qui suivirent cette exlracliun. Ma supposition n'était donc pas fondée* L'opacité de la cornée, Tinflammatiou (2i3) ei la suppuration de la conjonctive , celle de l'iris , dé- pendaient donc de l'influence nerveuse. D. Vers le huitième jour qui suit la section de la cin- quième paire , la cornée s'altère visiblement ; elle se détache de la sclérotique par sa circonférence , et son centre s'ulcère : au bout de deux ou trois jours, les hu- meurs de l'œil , troubles et en partie opaques , s'écou- lent , et l'œil se réduit à un petit tubercule qui n'occupe qu'une très-petite partie de l'orbite; ce qui donne à l'aspect des animaux quelque chose de hideux. Si à cette époque on dissèque l'œil, on trouve qu'il ne contient plus qu'une matière qui ressemble à du caséum fraîchement coagulé , et que la rétine est presque entièrement disparue ; on n'en voit que çà et là quelque trace, E. La vue paraît être , sinon perdue entièrement par la section du nerf, du moins très-affaiblie, et si quel- ques heures après la section on pousse une aiguille sur la surface de la rétine , l'animal ne donne aucun indice de sensibilité (i). Dès que les deux nerfs sont coupés sur un animal , il semble aveugle, et sa démarche est des plus singu- lières -, il ne marclic que le menton appuyé fortement (i) On se fait généralcineot une idée fausse de la bcn-.ibililé de lu re'line; elle est représenlec comme le prototype des organes sensibles. Kllc touche, dit'On, jusqu'à la lumière! si un corps dur venait à la loucher, des douleurs alrooe.s seraient la suite de ce contact grossier. L'expérience ne donne pas ce résultat ; une aiguille portée sur la rétine 110 jiroduit ({u'une s<;nsation lrès-faii)le , le broiement, le décliirement de la membrane n'excite qu'une doule ir médiocre , et qui ne peut être comparée i\ celle qui se proiluit quand on [>ique lu surface de l'œil. J'ai fait égalemrut celle remarque sur l'Iiomuie , en ]>ruli(juan> l'opération de la calaractr [>ur la méthode de rabaissement. ( 2l4 ) sur le sol , poussant ainsi sa tête devant lui , et s'en ser- vant comme d'un guide , ou comme l'aveugle de son bâton. La démarche d'un animal dans cet état diiïere tout- /i-fait de celle d'un animal simplement privé de la vue : celui-ci se dirige facilement au moyen de ses mousta- ches et de la sensibilité de la peau du visage ; il s'arrête devant les creux, sent les obstacles, enfin il serait sou- vent difficile de savoir s'il est aveugle ou non ; tandis que l'animal dont les cinquièmes paires sont coupées n'a qu'une manière de se mouvoir, et au lieu de s'éloi- gner des obstacles , il s'obstine souvent à les pousser pendant plusieurs heures , et de manière à s'excorier la peau de la partie antérieure de la lêle. F. La langue est insensible du côté où le nerf est coupé , et des deux si les nerfs le sont à droite et à gauche. L'animal la tient dans ce cas hors de la bouche , mais il peut la retirer vers le pharynx. Les corps sapides n'ont aucune action apparente sur la partie antérieure de l'or- gane , mais ils ont une action évidente sur le centre et la base. Dans les chiens, les chats, la mâchoire infé- rieure est pendante après la section des deux cinquièmes paires , ce qui gêne beaucoup la déglutition et la rend quelquefois entièrement Impossible. Ils ont la même dé- nnrche que les lapins,- mais, au lieu de s'appuyer sur le menton , ils pressent souvent sur la langue , qui de- vient inférieure par l'abaissement de la mâchoire, et qui frotte alors contre le sol dans le moment de la pro- gression. G. Quand un seul nerf est coupé , il se montre des altérations dans les narines , la bouche, la surface de la langue de ce côté \ la moitié de la langue devient blan- ( ^«5 ) chaire, son épiderme s'épaissit, les gencives quiltenlles dents , des matières alimentaires s'enfoncent dans les intervalles qui se forment ; probablement que les animaux, n'étant plus arrêtés par la sensation de la tendance des matières à passer entre les dents et les gencives , les y poussent sans s'en apercevoir. H. Je crois avoir remarqué que la section de la cin- quième paire entraîne aussi la perte de l'ouïe,- cela se- rait d'autant moins extraordinaire , que dans beaucoup d'animaux le nerf acoustique n'est évideinment qu'une branche du tri-facial. Si ce dernier résultat est exact , tous les sens seraient donc sous l'influence de la cin- quième paire , et la théorie générale des sensations de- vrait donc être réformée. (^Extrait du Journal de Physiologie. — 1824.) Recherc.hes anatoniiques sur les Cakabiqiies et. sur plu" sieurs autres insectes Coléoptères > Par m Léon Dufodr. {Suite^ B. ClClMDÉLÈÏES. Les Coléoptères de cette tribu de carnassiers se font remarquer par le développement des parties de la bou- che , et surtout des mandibules qui sont armées de dents fort acérées, par des pâtes grêles et déliées, par une exlrêine agilité à la course et au vol, par une struc- ture , en un mot, qui les rend essentiellement propres à la chasse des petits insectes dont ils fout leur proie. Iis habitctit les lieux les plus exposés à la chulcur et jiarliculièrenienl les plages sablonneusest J'ai'disséqué eL ( 2i6) figuré , ainsi que Ramdohi- , l'appareil digestif de la Cicin- dela campestris. Son canal alimentaire est assez analogue pour s{i forme générale, sa texture et le nombre de ses parties , à celui des Carabiques. Sa longueur n'excède que fort peu celle du corps de l'insecte. Un œsophage court débouche dans un jabot assez vaste , dilaté en arrière , et dont la surface est le plus souvent parcourue par des séries longitudinales de granulations. Ce dernier Irait est mal exprimé dans la figure de Ramdobr (i). Il est vrai que cette première poche gastrique est exposée suivant son degré de réplétion à des variations qui changent l'as- pect de sa texture. Le gésier est oblong , garni intérieu- rement de quatre lames cornées dont les pointes sont conniventes. Les papilles du ventricule chylifique sont bien prononcées. Lecœcum ou la dilatation qui précède le rectum a, comme dans les Carabes , des bandelettes musculaires longitudinales dont Ramdohr ne fait pas mention. C. Hydrocamhares. La tribu des Hydrocanthares , ou Coléoptères nageurs , se compose des s,enves Dytiscus et Gjrinus de Geoffroi. Ces Insectes, tout-à fait inhabiles à la marche, sont tous aquatiques et carnassiers. Ils exhalent, quand on les retire de l'eau, une puanteur des plus nauséabondes. Les espèces du genre Dytjscus dont j'ai fait la dissec- tion sont : Djtjscus marginalis , D. RoëseVd , D. siil- catus. Leur tube alimentaire , quoique formé sur le même plan que celui des antres Coléoptères carnas- siers , présente quelques diilérences que je vais men- (i) yibbildungen zur yfnatomie der insecten vont Dr. Karl Augtist fiamdolir. — 1809 — 1810. — Tab. 111, tig. r , a , 3 , 4 , 5, 9 et 10. ( 217 ) tioaner. Le jabot se termine en arrière par un bourrelet aûnulaire bien marqué, qui n'a point été exprimé par Ramdolir , et qui est constant au moins dans les trois espèces soumises à mes recherches. Ce bourrelet est pro- duit intérieuremeut par la saillie de l'orifice du gésier. Celui-ci , orné à l'extérieur de trachées ramuleuses qui lui forment une élégante broderie, est armé en-dedans de quatre pièces lancéolées cornées, dont les pointes conniventes alternent avec des mamelons charnus. La texture du ventricule chylifique est la même que celle des Carabiques, mais ses papilles sont sensiblement plus dé- veloppées. Je n'ai point trouvé dans le D. sulcalus ni dans les deux autres espèces , la portion lisse de ce ventricule mentionnée et figurée par Raradohr (i). Cette poche gastrique est proportionnellement plus courte dans le D. sulcatus que dans le marginalis , et ses pa- pilles sont plus grosses. L'intestin grêle est beaucoup plus long que dans les Carabiques. Il est filiforme , replié sur lui-même, et débouche brusquement sur la face laté- rale d'un cœcum très-expansible. Celui-ci , quand il est bien dilaté, est ordinairement conoïde ou piriforme; et sa grosse extrémité, qui est antérieure, se termine par une appendice vermicidaire flottante, plus ou moins contournée en spirale. H dégénère postérieurement eu un rectum. Quand il est vide et contracté sur lui-même, il est allongé , froncé , ridé en travers, et au lieu de pa- raître recevoirlaiéralementriutestin grêle, celui-ci s'insère ik l'origine du rectum par une portion rétrécie en forme de col. Le cœcum des Dytiques est une véritable vessie ualatoire. Susceptible de se gonfler par de l'air , elle sert espèces que j'ai eu occasion de disséquer. Ramdohr nous a donné les ligures du canal digestif de la première de ces espèces et de VEl. spnlator (i). Le tube de la digestion des Taupins n'a guère plus d'une fois et demie la longueur de leur corps. Il débute par un oesophage excessivement court renfermé dans la tète ; puis il se renile en un petit jabot conoïde, lisse à l'exté- rieur, et qui ne peut être mis en évidence qu'en tirant en sens contraire la tète et le tube alimentaire. Ce jabot n'a point été saisi par Ramdohr. Le ventricule chy- lifîque esl allongé et à peu près droit. Il est remarquable à son origine, au moins pour le murinus et le gili^ellus , par deux courtes dilatations latérales , arrondies , sépa- rées par une échancrure qui reçoit le jabot. Dans la (1) Lbc. rit. Tal). XI, (ij5. I et a. ( aa4 ) première de ces espèces, sa surface est toute couverte de papilles granuleuses arrondies , serrées entre elles. Dans la seconde il est parfaitement lisse. Il offre ordinaire- ment dans la cavité abdominale un renflement plus ou moins prononcé; puis il se termine brusquement par un bourrelet autour duquel s'implantent les vaisseaux bi- liaires. L'intestin grêle est filiforme , flexueux 5 il se renfle en un cœcum oblong plus ou moins rempli d'une pulpe blanche comme crayeuse , et il dégénère en un rectum filiforme , au moins dans la femelle. Je n'ai pas reconnu que le ventricule cbylifique de VElater ,sanguineus fùlbilobéà son origine comme celui des deux espèces précédentes. Il m'a paru aussi très-lisse. A en juger par la figure que nous a laissée Ramdolir de l'organe digestif de VElater spulator, le tube alimentaire de cette espèce serait moins long que dans les précédentes, et le ventricule cbylifique aurait des plissures trans- versales. C, Lampyrides. Le Lycus t'ufpennis , le Lampjris splendidula , les Telephorus fuscus et lividus sont les espèces de cette tribu dont j'ai étudié l'analomie. Le corps de ces Insectes .est généralement allongé , plus ou moins déprimé, re- mai-quable par la mollesse d-e ses tégumens et k sou- plesse , la flexibilité des élytres. Ils habitent pour la plupart les fleurs. c:iiij t. > i . •■. Le ttibe digestif du Lycus a tout au plus une fois et demie la longueur du rorjw de l'animaL II a des tu- niques minces et diaphanes. L'œsophage se renfle en un jabot oblong où le microscope découvre une disposition longitudinale des fibres , et qui est séparé par une con- ( 225 ) traclion , une valvule annulaire du venlrîcule cliylifique. Celui-ci est allongé , très-lisse , droit et simplement mem- braneux. L'intestin grêle est filiforme, flexueux , et il présente quelques boursoufflures ou rides transversales en approchant du cœcum. Ce dernier est allongé et renferme une pulpe excrémentilielle blanchâtre. Le rec- tum est peu marqué. Le Fer luisant , qui est la femelle aptère du Lampjrisy a un canal alimentaire dont l'étendue a environ deux fois celle de tout le corps. L'œsophage est d'une briè- veté qui le rend imperceptible. Il se dilate aussitôt en un jabot court. Le ventricule chylifique est séparé de ce dernier par un étranglement valvuîaire. Il est fort long, lisse , c'est-à-dire dépourvu de papilles , mais boursoufflé dans ses deux tiers antérieurs , et cylindroïde , intes- tiniforme dans le reste de l'organe. L'intestin grêle est fort court. Celui qui eéx. destiné au séjour des matières fécales en est brusquement distiuct. Il est flexueux, et offre un renflement , peut-être inconstant , qui repré- sente le cœcum, et qui dégénère en un rectum allongé. Le canal digestif des Telephorus est absolument droit , sans aucune inflexion. L'œsophage, à son issue de la tête , se renfle en un petit jabot conoïde qui n'a point été exprimé par Ramdohr dans la fjgure qui représente le tube alimentaire du T. fuscus (i). Le ventricule chylifique est allongé , lisse , dépourvu de papilles , mais ridé en travers dans celle dernière espèce , et parfai- tement uni dans le T. lividus. L'intestin grêle est bien marqué et filiforme dans le -fuscus , plus renflé dans le lividus. Le cœcum est peu distinct. (i)Loc. cit., T. VII, fig. 5. Tome III. j5 ( 9.9.6 ) D. Melyrides. Cette tribu , de la famille des Serricomes , comprend des Coléoptères dont la forme , ainsi que la texture du corps et le genre de vie sont fort analogues à ceux de la tribu précédente. Je n'ai pu encore soumettre à mon scalpel que le Malachius œneus et le Drilus flavescens. Dans le Malachius , le tube alimentaire a près de trois fois la longueur du corps. L'œsophage, bientôt après sa sortie de la tête , se renfle insensiblement en un jabot allongé , séparé par une contracture d'un ventricule chy- lifîque , oblong , cylindroïde ou conoïde , parfaitement lisse et glabre. L'intestin grêle est assez long, filiforme , flexueux. Le cœcum est gros et court, comme tronqué en arrière. Le rectum est allongé et filiforme. Le canal de la digestion du Drilus est un peu moins long que celui du Malachius . Le jabot est fort court , ainsi que l'œsophage. Le ventricule chylifique est oblong et lisse comme dans l'espèce précédente. L'intestin grêle ressemble à celui de cette dernière. Le cœcum est oblong. E. Ptiniores. Il n'y a que de fort petits Insectes dans cette tribu. Ils habitent nos maisons , et leurs larves ruinent nos meu- bles et nos collections. JJ^^nobium fasciatufu , espèce qui me semble nouvelle , et la seule que j'aie disséquée, a un tube digestif trois fois environ plus long que son corps. Le jabot était peu marqué. Le ventricule chyli- fique est allongé , glabre , lisse , et se termine par un bourrelet saillant pour l'insertion des vaisseaux biliaires . ( 227 ) L'intesliii grêle est filiforme. Le cœcum est gros , ovoïde, rempli d'une pâte fécale roussâtre , et le rectum est allongé fort grêle. Famille IV* Clwicornes. La famille des Clavicotmes se compose de Coléoptères dont la filiation généalogique ( qu'on me passe l'ex- pression ) me semble mériter le reproche déjà adressé à la fan)ille précéden'^i;. Sans prétendre ici faire ressor- tir l'espèce de mésalliance qui résulte de lai réunion en une seule race des sections et genres qui y sont compris et qui forment surtout un contraste par leur geni-e de vie, puisque les uns se nourrissent du pollen des fleurs, les autres de charognes ou de matières animales décomposées, je me contenterai d'exprimer le vœu que l'on rétablisse dans leurs anciens droits la famille des Clairons, celle des Bjijfhiens , celle des Nécrophages , celle des Niddulaires dont la formation est due à M. Latreille et qui se trouvent aujourd'hui confondues dans les Clavicornes. A. Clairons. Les Clairons sont des Coléoptères oblongs , velus , dont les antennes se terminent par une masse de trois articles distincts et qui ont les yeux échancrés. Ils habitent gé- néralement les fleurs. Je vais exposer mes recherches anatomiques sur le Clerus alvearius et le Cleriis apiariiis, deux espèces voisines mais très-distinctes. Leur tube ali- mentaire a tout au plus deux fois la longueur du corps. Le jabot est si court qu'il est presqu'entièremcnt caché dans la tête et qu'il faut briser le crâne pour le mettre en i5* ( 9.28 ) évidence. Il est conoïdc ou turbiné suivant son degré de plénitude. Une valvule marquée à l'extérieur par une contracture annulaire le sépare du ventricule chyliflque. Celui-ci est allongé, cylindroïde, flexueux , dépourvu de papilles , mais à sa surface l'œil, armé d'une bonne loupe, découvre des cryptes glanduleux logés en dessous de la tunique externe. L'instestin grêle est fort court , le cœcum oblong, dilatable, contenant une pulpe fécale d'un jaune pâle. Le rectum est bien marqué , filiforme et droit. B. ESCAKBOTS. hes Escarbots ou H l'ster que M. Latreille avait placés autrefois dans la famille des Byrrhiens et dont il fait au- jourd'hui une section des Clavîcomes , ont des antennes coudées , terminées par une massue en bouton solide , des pâtes rétractiles , le corps court , presque carré, avec des tégumens très-durs et le dernier segment dorsal de l'abdomen entièrement à découvert. Ils vivent de sibs- tances animales dégénérées. Le Hister sinuatus est la seule espèce dont j'ai pu faire la dissection. Le canal de la di- gestion de cet insecte a de quatre à cinq fois la longueur de son corps. L'œsophage est très-court , entièrement ca- ché dans la tête. Un renflement oblong lui succède. A tra- vers ses parois on dislingue quelques traits brunâtres qui sembleraient annoncer l'existence intérieui-e de pièces propres à la trituration. S'il en était ainsi, ce que je pré- sume , ce renflement mériterait le nom de gésier. Le ven- tricule chylifique est fort long , replié sur lui-même, hé- rissé de papilles acuminées, très-saillantes, bien distinctes les unes des autres et d'une égale grandeur dans toute l'é- tenduede l'organe. L'intestin grêle estfiliforme, flexueux. ( 229 ) Le coecum est distinct du précédent par une contracture annulaire. Il offrait dans l'individu, dont je joins ici le dessin , des plissures transversales qui annoncent sa dila- tabilité. Ramdohr, dans la figure qu'il a donnée de l'ap- pareil digestif du H'ister bipustulatus , qui est peut-être la même espèce que la nôtre , n'a point exprimé le ren- flement que je présume être un gésier (i). C. Boucliers. Ainsi que les Hister , à la suite desquels leur classifi- cation naturelle les place , les Boucliers ou Silpha vivent de matières animales plus ou moins putréfiées. Comme les Carabes et les Staphylins avec lesquels ils ont une analogie frappante sous le rapport de la structure du ventricule chylifîque, ils vomissent , quand on les saisit, un liquide noiràtie d'une odeur fétide, repoussante. J'ai disséqué les Silpha ohscura , sinuata et Uttoralis. Le canal digestif de ces insectes a environ trois fois la longueur de leur corps. L'œsophage est si court qu'il ne déborde point la tête. Il est suivi d'un gésier oblong ou ellipsoïde , lisse à l'extérieur et un peu roussâtre. En dé- chirant avec précaution ce gésier, j'ai trouvé dans le Littoralis et le Sinuala une tunique interne de consis- tance un peu scarieuse , conservant après son extraction la forme ellipsoïde de l'organe, et hérissée de soies poin- tues , dirigées en divers sens , mais disposées en huit bandes longitudinales que séparent des intervalles lisses. Ramdohr a fait la même observation pour le Silpha ohs- cura dont il a dessiné l'appareil digestif (5). Le ventri- (1) Loc. cit., T. VIII, fig. 4,5, G. •j) Loc. cit., T. IV , (ig. a, 5, fi, 7. ( uio ) cule chylifique est assez long pour faire sur lui-mèuie une circonvolution ou une anse plus ou moins grande. Il est hérissé de papilles grêles et pointues également prononcées dans toute la longueur de l'organe. Recou- vert dans sa position naturelle parle paquet intestinal , il est maintenu en place par des brides trachéennes nom- breuses et fort déliées. Le tube intestinal est fort long , filiforme, replié sur lui-même. Sa partie antérieure , com- prenant environ le cinquième de son étendue , est lisse et peut être comparée à l'intestin grêle. Elle présente à son origine une courte portion distincte par un étrangle- ment qui s'efface quelquefois. A cette partie lisse succède un intestin qui n'en diffère point par son diamètre, mais dont l'organisation est toute particulière. Cet intestin est tout couvert à sa surface de points saillans , granuleux , bien sensibles à la loupe. 11 m'a paru avoir un peu plus d'étendue dans le Littoralis. Une semblable texture dans le tube intestinal est encore pour moi un fait unique parmi les Coléoptères , et elle suppose des fonctions particulières qui ne sont pas à ma connaissance. Cet intestin granuleux s'ouvre , un peu latéralement pour le Silpha obscura, et directement pour le Sinuata et le Litto- ralis , dans un renflement lisse qu'on peut comparer au cœcum. Avant de se terminer par le rectum, il reçoit par côté une bourse pédicellée ovalaiie ou oblongue , qui appartient à l'appareil des sécrétions excrémehtilielles dont je parlerai ailleurs. Je n'ai point encore en l'occasion de disséquer le Né- crophore , mais d'après la figure queRamdohr a donné* du canal digestif du Necrophorus ve^pillo (i), je vois (i) Loc. cit , T. V., (ig. I , a, 3. ( 23i ) qu'il a la plus grande analogie avec celui du Silpha. Seu- lement le tube intestinal est beaucoup plus long , et le gros intestin, au lieu d'être couvert de papilles granu- leuses, a des rubaijs musculeux, transversaux, qui lui for- ment des plissures annulaires. D. NuiDULAlRES. Cette section de la famille des Clavicornes ne renferme que des Coléoptères de petite taille. Le Thymalus lîm- batus est le seul que j'aie disséqué. Cet insecte habite sous les écorces du sapin et du hêtre dans nos Pyrénées , et malgré sa rareté, j'en ai sacrifié plusieurs individus à des recherches anatomiques. Son tube de la digestion a un peu moins de trois fois la longueur du corps. L'oeso- phage et le jabot sont confondus en un tube fort court et très-lisse. Le ventricule chylifique estoblong, droit, assez ample. Au lieu des papilles saillantes qui caracté- risent cet organe dans les Silpha , il n'offre que des gra- nulations presque imperceptibles, qui s'effacent même par une macération peu prolongée. L'intestin grêle est lisse, llexueux et dégénère en un coecum allongé. Le rectum est bien distinct du précédent par une contracture an- nulaire , droit , mais d'une extrême brièveté. Famille V. Palpicornes. Ia' Hydrophilus piceus , l'un des plus grands Coléop- tères aquatiques de l'Europe , forme lé type de celte fa- mille. Il a un tube digestif dont la longueur surpasse quatre ou cinq fois celle de tout le corps , et qui a beau- coup d'analogie pour ce dernier trait , ainsi que pour sa ( a32 ) forme el sa texture , avec celui des Lamellicornes. Quoi- qu'il vive dans l'eau ainsi que les Djliques , il n'a pas comme ces derniers une vessie natatoire distincte. M. Dutrochet,dans ses recherches sur la métamorphose du canal alimentaire chez les insectes (i) , a évidemment commis une erreur essentielle ou du moins une inadver- tance, en décrivant l'organe digestif du grand Hydrophile et de sa larve. C'est un Djtique et non un Hydrophile qu'il a soumis à ses dissections. Famille FI. Lamellicornes. C'est la dernière famille des Coléoptères pentamérés , et une de celles qui renferment les insectes les plus nom- breux et les plus grands. Leur trait entomologique le plus saillant esld'a voir des antennes courtes, terminées par une masse feuilletée oupeclinée. M. Latreille les partage en deux tribus , celle des Scarahéides et celle des Lucanides. A. ScARABÉlDES. Parmi les Scarahés de Linnaeus, les uns se nourrissent presque exclusivement des excrémens des animaux her- bivores ou de la matière végétale plus ou moins décom- posée. M. Latreille les avait précédemment groupés dans une même famille , celle des Cop/'ophages , qui me parait bien naturelle. Les autres dévorent les feuilles fraîches des végétaux, ou le pollen des fleurs. Ils sont compris dans les genres 3IeloIontha , Cetonia et Trichius de Fabricius. a. Coprophages. Mes recherches relatives à ces fouil- (i) Journal de Physique. — Mars , 1818. ( 233 ) leurs de bouses ont été particulièrement dirigées sur les Coprîs lunaris , Ateuchus semi-punctatus , Onthophagus taurus, Geotrupes sylvaticus , Geotrupes stercorarius. Leur canal digestif, fort grêle et très-replié , est sans dilatations Lien constantes. Je vais me borner à esquisser la description et à fournir le dessin de cet organe dans le Copris lunaris. Je signalerai en môme temps les diffé- rences peu remarquables de forme ou de structure dans les autres espèces. Le tube alimentaire a , dans ce Copris, une longueur dix à douze fois plus considérable que celle de tout son corps. L'oesophage est d'une extrême brièveté. Il se dilate aussitôt en ua jabot oblong, co- noïde, qui ne dépasse que de peu le bord occipital de la tête. Le ventricule cbylifîque est distinct du jabot par un étranglement valvulaire. Il est reconnaissable aux papilles conoïdes ou claviformes , mais clair-semées dans toute son étendue. Il n'est pas rare qu'il offre , çà et là , principalement vers son oi'igine, des traces de plissures transversales. Il forme à lui seul les cinq sixièmes de la longueur de tout l'organe. Il se replie en huit ou neuf circonvolutions agglomérées en un paquet et mainte- nues par de nombreuses brides trachéennes. Avant sa terminaison , reconnaissable aux insertions hépatiques , il acquiert ordinairement un diamètre plus considérable, et les papilles de ce renflement sont plus rares , plus distantes entre elles. Je me suis bien convaincu dans cette dissection que les papilles ne sont véritablement que des bourses destinées au séjour du liquide alimen- taire , car elles étaient tout-à-fait incolores dans les por- tions du ventricule qui ne renfermaient aucune trace d aliment , et d'une couleur brune dans les circonvolu- tions de ce même ventricule remplies d'une pulpe de celle ( ^34 ) dernière nuance. L'intestin grêle est filiforme , très- étroit , lisse , courbé en anse , et avant de se terminer à l'anus, il présente un renflement cœcal oblong, qui ren- ferme des excrémens blartcs. Le tube alimentaire de V Onthophagus n'offre pas de différence essentielle avec celui du Copris 5 seulement il est du double moins long , et l'intestin présente à son origine une portion courte , plus étroite. Le canal de la digestion des Geotrupes a, un peu moins d'étendue que dans le Copris , et leur ventricule chylifique n'offre aucun vestige de papilles. On lui observe des étrangle- n\ens annulaires qui le rendent plus ou moins festonné sur ses bords; mais ce caractère est loin d'être constant. Il présente aussi des renflemens tout aussi variables, b. Phytophages. Les Scarabéides de cette section , dont j'ai étudié l'organisation interne , sont les suivans ; Melohnlha vulgaris, Melolontha vilis , Hopliaformosa, Trichais fasciatus , Cetonia aurata , Cetonia sticlica. Dans les deux Melolontha que je viens de désigner , le tube alimentaire , moins étendu que celui du Copris, puisqu'il n'a que six à sept fois la longueur du corps , a des parois plus robustes. L'oesophage se dilate aussitôt en un jabot conico-cylindroide qui pénètre jusqu'au tiers antérieur du corselet. Le ventricule chylifique , replié en trois ou quatre circonvolutions , est tout-à-fait dé- pourvu de papilles. Les élégantes franges des vaisseaux hépatiques rampent et adhèrent à sa surface. Il est assez souvent d'une couleur sombre due à la pulpe alimen- taire dont il est rempli. Il est plus gros, plus dilatable à sa partie antérieure. Lorsque celle-ci n'est pas distendue par des alimens , on y voit des rubans musculeux très- prononcés qui , dans la condition contraire , s'effacent ( 235 ) presque enlièremenl. L'iuteslin grêle est excessivement court. Il est suivi d'une portion intestinale très-ren- flée , dont la texture épaisse et charnue annonce par ses anfractuosités l'existence de nombreuses valvules inté- rieures. C'est une espèce de colon. Ces valvules, sou- niises à un examen spécial . se présentent sous la forme de petites poches triangulaires embriquées et disposées sur six séries longitudinales , séparées par autant de cordons musculeux. J'ai souvent rencontré ces poches remplies d'une pulpe végétale verte. Cette portion cel- luleuse dégénère en un intestin cylindroïde qui , avant sa terminaisoti à l'anus , offre une dilatation cœcale. Le canal digestif de VHoplia est beaucoup moins long que celui du Melolontha , et se rapproche davantage de celui de la Cetonia. Sa longueur ne dépasse pas plus de deux fois celle de tout le corps. Le jabot est le même que dans les Lamellicornes précédens. Le ventricule chylifique est lisse , flexueux. L'intestin grêle est moins court que dans le Melolontha. Il présente souvent à son origine un renflement ovoïde. Il est suivi d'un gros in- testin allongé , dépourvu d'anfractuosités valvuleuses. Le rectum en est distinct par un bourrelet et est bien marqué. Le tube alimentaire de la Cetonia aurata a deux fois environ la longueur du corps de l'insecte. Le jabot est plus ou moins renllé , et quelquefois , comme dans l'in- dividu dont j'ai représenté l'appareil digestif,. il ne dif- fère; pas de l'œsophage. Le ventricule chylifique, bien moins long que celui- dii Melolontha , a sa tunique ex- terne couverte de fort petites papilles supcrOcicllcs eï\ forme de points saillaijs. L'inlcstiu grêle c&t fort court fi suivi d'uti rendement allongé (|tu* n'est point cavcr- ( 236) Deux comme celui du Melolonlha , et qui a tous les ca- ractères du ccecum des autres Insectes. Il y a un rectum distinct. Dans la figure que Ramdohr nous a donnée de l'appareil digestif de la même Cétoine, il n'a point fait sentir la distinction de l'oesophage , ni celle de l'intestin grêle (i). Je trouve la même forme et le même plan d'organisa- tion dans le tube alimentaire de la Cetonia stictica. Le jabot est conoïde \ le ventricule chylifique a des papilles en forme de points \ l'intestin grêle est bien distinct et conoïde à son origine, et le cœcum est lisse et flexueux. Je puis en dire autant du Trichius fasciatus. Son ca- nal de la digestion est en tout semblable à celui de la précédente Cétoine. A en juger par la figure que Ramdobr a publiée de ce même canal dans le Trichius eremita (2), cet or- gane serait à peu près droit, moins long par consé- quent que celui du T. fasciatus '., et le ventricule chyli- fique serait dépourvu des points papillairés qui s'obser- vent dans cette dernière espèce. B. LucANIDES. Les Insectes de cette tribu terminent la section des Coléoptères pentamérés. Ils se distinguent surtout des Scarabéides par leurs antennes à masse pectinée et par le développement souvent extraordinaire des mandibules dans les mâles. Le vieux bois vermoulu paraît être leur aliment. M. Latreille en avait autrefois formé une fa- mille distincte , et elle mériterait d'être rétablie. Les es- ^ , , — , , (i) Loc. cit.* T. Vil, flg. I. o " (a) Loc. cit., T. XXIV, Gg. 3. ( 237 ) pèces que j'ai disséquées sont le Lucanus cerviis et le Lucanus parallelipipedus . Le canal de la digestion du Lucanus cervus n'a guère qu'une fois et demie la longueur de son corps. L'œsophage est bien plus long que dans les Scarabcicles , filiforme. Il se dilate en un jabot de forme variable, tantôt à peine distinct de l'œsopliage , et tantôt ovoïde. Le ventricule chylifique est cylindroïde plus ou moins dilaté , flexueux ou replié sur lui-même. Il est lisse et glabre extérieure- ment ; mais l'œil armé d'une forte loupe y dislingue des points blancs qui sont des cryptes glanduleux , ou , si l'on veut, des papilles rudimentaires nichées au-dessous de la tunique externe , et conséquemment ne formant pas une saillie en dehors. L'intestin grêle est bien dis- tinct \ ou il est simplement allongé et comme plissé lon- gitudinalement quand il est vide, ou bien il offre, soit un renflement ovoïde, soit quelques étranglemens în- constans. Il est suivi d'un cœcum rugueux , boursoufflé, qui dégénère en un rectum. Le tube alimentaire du Lucanus parallelipipedus ne diffère essentiellement de celui du Cerwus , que parce que le ventricule chylifique est hérissé de papilles bien prononcées quoique courtes , et que son cœcum n'est ni rugueux ni boursoufflé. La comparaison des figures , jointes à mon travail , suppléera à de plus amples détails. ( La suite au prochain Numéro. ) Explication de la Planche X. Fig. I • Ajuiarcil digestif fort grossi dé I'Omophron iimbatum. a. 'ïèie, anteanes et parties de la bouche. Tôle transversale arec son bord occipital largement cchaDcrc ; mandibules acére'cs cJente'es ; nuîchoircs alloDgdes ciliées, Icrminëes par un crochet; labre carré cilié ; article terminal des palpes allongé cylindroïde , comme tronqué. ( ^^38 ) b. Jabot ; c. gésier oblong , suivi d'un ventricule chylifique asse? court ; M. vaisseaux he'patiques ; e. intestin grêle , suivi d'un cœcum; ff. appareil des sëcre'tions excrcnieniitielles ; g. dernier segment dorsal de Tabdomen du mâle. Fig. 2. Appareil digestif fort grossi de la CiciMnELA campestris. a. Tête et parties de la bouche ëtale'es; b. jabot granideus; c. gésier j d. ventricule chylifique droit conoïde ; ee. vaisseaux hépatiques ; f. intestin grêle ; g. cœcum. Fig. 3. Appareil digestif médiocrement grossi du Dttisccs roeselii. a. Tcte et partie de la bouche; b. jabot et œsophage ; c. gésier; d. ' ventricule chylijique ; ee. vaisseaux hépatiques j J. intestin grêle replie sur lui-même ; g. cœcum ou vessie natatoire ; hh. appareil des sécrétions excrémentitielles ; i. dernier segment dorsal de l'ab- domen de la femelle. Fig. 4- Appareil digestif fort grossi du Gyrinus natator. a. Tête transversale, largement échancrée«n arrière avec une petite dent à peine sensible de chaque côté de l'échancrnre ; labre ar- rondi en devant et villeux; b. jabot; c. g-eiier oblong ; d. ventri- cule chylifique court, avec de grosses papilles; ee. vaisseaux hé- patiques assez gros, excepté à leurs insertions j y. intestin grêle suivi d'un cœcum peu marqué; gg. appareil des sécrétions excré- menlitielles ; h. les deux derniers segmens dorsaux de l'abdomen de la femelle , velus , et les crochets vuli^aires ciliés. Fig. 5. L'un des organes des sécrétions excrémentitielles beaucoup plus grossi , pour mettre en évidence le mode d'insertion du vais- seau sécréteur avec le réservoir. Fig. 6. Appareil digestif fort grossi du Staphylinus ertthropterus. a. Tête et partie de la bouche étalées. Ou y distingue , i o un col ou lobe occipital à trois festons; 2° deux gi-andes mandibules qui se croisent dans le repos et qui ici sont représentées dans une'carte- ment forcé. Elles sont inégales entre elles. Celle du côté gauclie est tridentée à sa base, l'autre n'offre qu'une seule grosse dent tronquée et presque échancrée j 3° le labre distinctement bilobé , en forme de bouclier ou de cueilléron, doublement bombé au milieu, comme membraneux sur les bords, velu et cilié; 4° '^s palpes maxillaires avec le dernier article plus petit; 5o les antennes ve- lues à leur base; le dernier article échancré en dehors en crois- sant, les trois premiers conoïdes , les autres hémisphériques mo- niliformes; fc, g-t-'iier précédé de l'œsophage; c. ventricule chjli- ûque; dd. vaisseaux hépatiques ; e. intestin grêle, dégénérant en un cœcum allongé peu marqué ;_/. appareil des sécrétions excré- î ( ^39 ) v^entitielles ; g. dernier segment abdominnl ilii m.lle et appendices qui s'y rattachent. Ceux-ci au nombre de deux paires , l'une plus grande externe, velue en dehors deT^ordant l'abdomen dans l'ani- mal vivant; l'autre interne plus petite, pareillement velue, in- sérée en dessous du segment abdominal. Fig. 7. Trois des lames canalicule'es qui garnissent intérieurement le gésier; l'une d'elles est vue dans un sens opposé aux deux autres pour mettre en évidence les poils en brosse dont elle est armée. Fig. 8. Appareil digestif fort grossi du Staphylinus pdnctatissimus. a. Tête et parties de la bouche , même conformation générale que dans la précédente espèce, antennes et palpes velus, mandibules unidentées ; i. g-Rter précédé de Vœsophage; c. ventricule c/iy/t- Jique; dd. vaisseaux biliaires ; e. intestin grêle et caecum; f. der- nier segment dorsal de l'abdomen de la femelle, et appendices qui s'y rattachent. Fig, 9. Appareil digestif fort grossi du Pjederus riparius. a. ,Tête et parties de la bouche. Le lobe occipital ou col m'a paru entier; labre IransversA; antennes et palpes hérissés ; mandibules ■ acérées unidentées ; b. gésier et œsophage ; c. ventricule chylifique-, d. vaisseaux hépatiques à insertion unilatérale; e. intestin grêle suivi du cœcum ; f. dernier segment abdominal et appendices. Planc/ie XI. Fig. 1. Appareil digestif fort grossi du Bupbestis novem-macdlaha.. a. Tête et antennes; b. œsophage ut jabot confondus ; c. ventricule chylifique ; dd. yaisseau^ hépatiques : e. intestia grêle ; f. cœcum. Fig. 2. Appareil digestif fort grossi du Buprestis viridis. a. Tête transversalement obronde , bord occipital léf^ùremeut échan- cré, antennes en scie , labre demi-circulaire; b. jabot et œsophage: c. ventricule chylijique; dd. vaisseaux hépatiques; e. cœcum al- longé précédé d'un intestin grêle , court et suivi du rectum.; f. der- nier segment dorsal de l'abdomen. Fig. !<. Appareil digestif fort grossi de I'Elater murincs. a. Tête transversalement ovale, à bord occipital à trois lobes; an- tennes en scie, dernier article ovalaire; labre demi circulaire; mandibules hïdàc» a \eur pointe; b. ventricule chylifiquc , bilobé à son origine , précédé d'un ^'aiot court ; ce. vaisseaux biliaires; d. intestin grêle suivi d'un ca-cuin ohlong ; e. dernier segment dorsal de l'abdomen de la femelle. Fig. 4- Appareil digestif fort grossi de I'Ei.ater cilvellus. a. Tête, bord occipital avec un lobe intermédiaire arrondi, peu ( Mo ) saillant j antennes à peine pubesccntes , leur 4o, 5* et 6e articles triangulaires un peu en scie; mandibules peu arquées avec un Tcstige de dent près de leur extrémité ; labre demi-circulaire ; palpes filiformes ; b. ventricule chylijique bilobé à son origine , précédé d'un jaio£ court; ce. vaisseaux biliaires ^ d. cœcum pré- cédé de l'intestin grêle ; e. dernier segment dorsal de l'abdomen de la femelle. Fig. 5. Appareil digestif fort grossi du Lyccs rdfipewnis. a. Tête à borà occipitallé°èremeul trilobé; y/t>/it prolongé en mu- seau ; antennes insérées à côté d'une petite éminence frontale ; labre ovale arrondi cilié ; palpes de quatre articles , dont le pre- mier à peine apparent, et le dernier très-obtos; mandibules petites, faibles; nmc/zoires allongées, lancéolées, dans un état d'extension forcée i b. jabot et œsophage ; c. y entricnle chylijîque ; dd. Tais- seaux he'pati/juss ; e. intestin grêle suivi d'un cœeum allongé; f. les deux derniers segmens dorsaux de l'abdomen du mâle; g. vais- seau dorsal, libre comme dans les Cimex , barbu sur les côtés, atténué à son extrémité antérieure. Fig. 6. Appareil digestif fort grossi du Lamptrts splendidcia femelle. a. Tête à bord occipital dro^t; antennes de 12 articles, dont le der- nier excessivement petit est encbatonné dans le précédent; der- nier article des palpes ovale, obtus; b. ventricule chylijîque , précédé d'un jabot fort court ; ce. vaisseaux hépatiques] d. cœcuni allongé, précédé d'un intestin ^réZe court; e. rectum. Fig. 7. Appareil digestif fort grossi de la larve du Lampyris splen- DIDDLA. a. OEsophage ; b. jabot OU gésier; c. ventricule chylijique:, dd. vais- seaux hépatiques ; e. cœcum allongé précédé d'un intestin grêle court. Planche XIII. Fig. I. Appareil digestif fort grossi du Telephords tivîbus. a. Tête; b. jabot et œsophage ; c. ventricule chyUûque; e. intestin ; f. dernier segment dorsal de l'abdomen. Fig. a. Appareil digestif fort grossi du Malachitis jemeus. a. Jabot et œsophage ; b. ventricule chylifique; ce. vaisseaux hépa- tiques assez gros ; d. cœcum renflé précédé de l'intestin grêle ; e. rectum long, brusquement distinct du cœcum ; yi les deux derniers segmens dorsaux de l'abdomen du mâle, et un fourreau appartenant à la verge. Fig. 3. Appareil digestif fort grossi du Clerus alvearitis mâle. a. Tête, horà occipital trilobé, lobe intermédiaire un peu terminé { A^ ) en YO\a\.e; yeux velus echancres ; labre cchancré; iiian<]ibitl,;s eilfPii'Jes presque droites , acére'es; palpes à dernier article sécii- riforme; b. ventricule chylijîque, précède d'un j nbol fort court ^ ce. vaisseaux hépatiques ; d. caecum oblong , précédé de Tintestin grêle; e. rectum; J. dernier segment dorsal de Tabdomen du mâle , et pièces copulatrices. Fig. 4- Appareil digestif fort grossi du Hister sindatus. a. Tête petite, relativement à la grosseur du corps; front plane; bord occipital avec un lobe médian pointu , table inférieure du crâne débordant en arrière la supérieure ; yeux triangulaires , obiongs m grande partie, placés sous la têfe; antennes coadées au premier article ; mandibules rohasias, crochues à leur point, <;t faiblement unidentées ; labre petit , en carré transversal , ar- ticulé à une espice de bouclier incline et tronqué j b. jabot ; c. ventricule chylijique ; dd. vaisseaux hépatiques \ e. intestin gréle-jf.cœcum-^g. dernier segment dorsal de l'abdomen de la femelle. Fig. 5. Appareil digestif fort grossi du Silpha obscura. a. Tête; région occipitale comprimée latéralement; et offrant eu arrière un lobe moyen arrondi , à peine sensible j labre large- ment échantré , bordé d'un duvet rou.x ; mandibules bifides à leur pointe ; b. gésier ; c. ventricule chylijique , dd. vaisseaux biliaires , e. intestin granuleux, précédé d'une portion lisse, f. coecum; g. appareil des sécrétions excrémentilielles ; h. dernier segment dorsal de l'abdomen. Fig. 6. Mode d'insertion de l'intestin granuleux , avec le cœcum. Fig. 7. Portion fort grossie du tube alimentaire du Stlpha littoralis. a. Partie postérieure du ventricule chylijique ; b. intestin grêle; c portion granuleuse de l'intestin ; d. cœcum ; e. appareil de.s sécré- tions excrcmentitiellcs . Fig. 8. Surface infernc du gésier de la même espèce formée de huit bandes parallèles, hérissées de soies. Planche XIV. Fig. I. Appareil digestif forfgrossi du Thtmalus limratds. a. 'Tête, bord occipital trilobé, lobe intermédiaire triangulaire, table inférieure du crâne débordant la supérieure comme dans le Hiiter; yeux assez grands, oblongs, latéraux fortement chagrinés ; labre demi-circulaire , velu ; b. jabot suivi du venlricuie chylijique; celui-ci a des papilles ponclifonnes ; cf. vaisscoux tupatiqurs ; d. intestin grêle ; e. ccecwn allongé suivi d'un court ivctum;f. les deux ilernicrs segmcos dorsaux de l'abdomen. ToMK m. iG ( 242 ) Fig. a. Origine Ju cœcum vu par sa face inférieirre, pour mettre on évidence le mode d'insertion cœcale des vaisseaux hépatiques. Fit;. 3. Appareil digestif fort grossi du Copris lunaris mâle. II. Tête; h. jabot; c. ventricule chylijique excessivement long; (i. intestin grêle terminé en arrière par un renflement cœcal ; ee. vaisseaux hépatiques tronqués ;/. dernier segment dorsal de l'abdomen. Fig. 4- Appareil digestif grossi du Melolohtha. tdlcàris. a. Tête du mAle ; b. jabot; c. ventricule chylijîque fort long; ihl. vaisseaux hépatiques; e. sorte de colon, précédé d'un intestin grêle fort court ; f. cœcum. Fig'. 5. Portion considérablement grossie d'un vaisseau hépatique. Pianc/ie XV. Fig. I. Appareil digestif fort grossi de la Cetonia auhata mâle. a. Tête; b. jabot non dilaté; c. ventricule chylijîque; dd. vaisseaux hépatiques; e. intestin grêle ; f. cœcum suivi d'un court rectum ; g. dernier segment dorsal de l'abdomen. Fig. a. Appareil digestif médiocrement grossi du Lucahus cervcs mâle. a. Parties de la bouche étalées. On y distingue: i" une plaque membrano'Coriacée, échancrée en arrière, formant la paroi su- périeure de l'embouchure de l'œsophage; 2° la lèi-re inférieure consistant en deux languettes coriacées velues , soyeuses, rousses , réunies à leur base en »me tige commune courte ; 3° des palpes labiaux de quatre articles , dont le premier excessivement court. Ils sont inséré.-! sur une éminence, de chaque côté de la base de la lèvre inférieure ; 4*^ des mâchoires en forme de languette rousse et velue comme la lèvre inférieure ; mais plus grande «jue celle-ci. Elles ont à leur base interne une autre pièce plus petite et pareillement velue; 5° des palpes maxillaires de quatre articles, insérés dans une échancrure entre la mâchoire et un lobe corné; b. jabot précédé d'un œsophage; c. ventricule chylifique; tlil. vaisseaux hépatiques; e. intestin gn^fe ; y. cœcum; g. dernier seg- ment dorsal de l'abdomen. Fig. 3. Portion considérablement grossie du ventricule chylifique. Au- dessous de la tunique externe, le microscope découvre des ru- dimens de papilles , des cryjnes. Fig. 4- Appareil digestif fort grossi du Lccatvcs PABAitELipiPEDUs. a. Tête de la femelle; bord occipital échancré ; un petit sinus près des yeux; deux petits tubèrctdes rapproches sur le vcrtex ; b. jabot et œsophage , c. ventricule cï\y\Vîu[ue ; dd. vaisseaux hépa- tiques; e. intestin grêle suivi du cœcum ;f. dernier segment dorsal de l'abdomen. ( 243 ) Note sur une Ichthyolithe des rochers des p^aches- Noires. Par m. Constant Prévost, ( Extrait du Bulletin de la Société Philomathique , i8a4 , p. 4' • ) Dans la séance du 3 avril , M. Constant Prévost, mem- bre de la Société , a présenté une tête de poisson fos- sile, qui a été trouvée près de Villers-sur-Mer, en Nor- mandie , dans un calcaire marneux bleuâtre , placé au- dessous des argiles brunes et en partie oolitiques dont se composent presque en totalité lesTfalaises entre Villers et Divrs , localité célèbre par le grand nombre de fos- siles qui s'y rencontrent , et généralement connue sous le nom vulgaire de Vaches-Noires , à cause des blocs de couleur foncée que l'on voit , lorsque la mer est basse , répandus cà et là comme un troupeau sur une plage sablonneuse jaunâfre. L-/i4 ) à Grandinonl , à quatre lieues de Heaune en Bourgogne , dans un calcaire de même nature que celui de Villofs, et appartenant aussi aux terrains jurassiques , on ne trou- vait entre eux des rapports assez grands pour faire croire qu'ils sont les restes d'une même espèce. L'Ichthyolithe de Grandmont a été figurée par d'Ar- genville , puis par Faujas de Saint-Fond -, et M. de Blain- ville , en la rapportant dans son Histoire des poissons fossiles au genre Elops , l'a nommée Elops macropterus. Voici donc encore une même espèce d'êtres organisés dont les débris se retrouvent à des dislances géographi- ques considérables , dans des couches de la terre qui correspondent à une même époque , espèce qui n'a été trouvée ni dans les couches plus anciennes ni dans les couches plus modernes. Chaque iour apporte des faits nouveaux à l'appui des rapports intimes qui existent entre la présence des divers fossiles et la position relative des couches qui les renferment ; chaque observation nouvelle semble aussi donner plus de force à cette con- sidération générale de la plus haute importance ; que l'apparition successive de nouvelles classes, de nouveaux ordres, de nouveaux genres et de nouvelles espèces de corps organisés aurait eu lieu en même-temps que la terre s'enveloppait de nouvelles couches. S'il faut se garder de donner aux fossiles une importance trop ex- clusive , il semble que, daprès la masse des faits connus , il faut à plus forte raison n'admettre un fait évidemment en opposition avec le principe général qu'il semble ren- verser , qu'après s'être bien assuré qu'il n'est pas expli- cable par une disposition locale. Ainsi la présence de mammifères dideîphes cités dans la série des terrains oolitiques en Angleterre , demande , par ces motifs , un examen qui ne saurait être trop minutieux. ( 245) Composition de la tête osseuse de l'Homme et DES Animaux. Par m. Geoffroy St.-Hilaibe. Art. 2«. Des pièces crâniennes chez le Crocodile, com- parées à leurs analogues chez tous les animaux , d'une part ramenées à ï identité philosophique , et de Vautre , considérées sous le l'apport de la spécialité et des anomalies de leurs formes. Mes premiers essais de détermination touchant les pièces crâniennes, datent de i8o5 et 1806. Déjà per- suadé que la tête des animaux vertébrés était formée de parties analogues, je ne voyais alors de difficultés, pour établir cette proposition par les faits , qu'à l'égard des poissons ; et ce fut uniquement à titre d'acheminement vers cette solution désirée que je donnai en 1807 un pre- mier travail sur le crâne du Crocodile (1). Revenant sur toutes mes recherches quant à la tête osseuse , je commence cette révision , comme autrefois , par cette même espèce , prise vers le milieu de 1 échelle zoologique. Je crois toujours ce mode préférable , y trou- vant l'avantage qu'en ne m'occupantpas d'abord des Mam- mifères , je ne heurte point dans ce début une opinion nouvelle , (jui s'est toul-à-coujnrépandue , que leur crâne est exactement une répétition de lui-même , et qu'en ne m'occupant ])oint non plus des Poissons , je respecte également cette même opinion, encore trop effrayée des dillicnltés de notre problème , en ce qui concerne ces Animaux , . 35. ( 268 ) § IV. — Des os formanl la hase du Crânt:. La délerniinalion des os de la base du crâne m'a pré- senté d'assez grandes difficultés -, mais du moins les re— clierches qu'il m'a fallu de nouveau entreprendre ont eu, je crois , un lieureux résultat : je vais donc donner cette détermination différemment qu'en i8oy, bien que j'aie en ce point été entièrement suivi par les naturalistes qui se sont après moi occupés de ces questions. Des os occipitaux. — Le tçou occipital devient ordi- naiiement un excellent point de repaire quant à la base du crâne : néanmoins dans cette occasion , il a fourni quelques indications trompeuses. On le sait , ou du moins, on l'a toujours cru le produit d'une enceinte osseuse , formée supérieurement du sur-occipital , sur les côtés de chaque ex-occipital et inférieurement du sous-occipital ou du basilaire. C'est parti de' ce renseignement qu'on a cru jusqu'à ce jour qu'à de vrais segmens occipitaux correspondaient les pièces marquées, fig. 5 , par les lettres Q , Z + R, Z+R et G+F. On aurait dû , avant de s'en tenir à cette détermina- tion , discuter au moins une anomalie assez sérieuse, c!est que la pièce Q ne faisait point partie du trou central. Mais au lieu d'élever des doutes sur ce point , on a sup- posé que les ex-occipitaux s'étaient avancés l'un sur l'autre jusqu'à se rencontrer , qu'ils avaient fait ainsi supporter leur hypertrophie au sur-occipital , en lui dérobant sa place habituelle au pourtour du trou central , et que la pièce Q , contrainte à souffrir cet empiétement , s'était accommodée d'une autre position entre les ex-occipilaux inférieurement et les temporaux supérieuiomcut. Mais C 269 ) supposer n'est pas démontrer, et par conséquent la question restait entière. Une connexion en défaut ne peut fournir une propo- sition aussi facilement admissible , même à litre d'ex- ception. Et en effet , ma confiance dans la valeur du principe des connexions (1) , si ce cas semble se pré- senter , va jusqu'à en rejeter, sans aucune hésitation, le mécompte sur les calculs de l'observateur , plutôt que sur les données de l'observation. J'étais renvoyé , dans ce cas-ci , à l'application de ces principes , et je n'hésitais nullement. Prévenu par des études sur la monstruosité , sur les poissons et sur l'os- téologie des embryons appartenant aux animaux de de- grés élevés, que le pur-occipital est primitivement tou- jours formé de deux pièces, et que les époques de sou- dures des os sont des cas variables qui deviennent les traits caractéristiques des diverses familles , je me suis demandé ce que déciderait à lui seul le principe des connexions , si seul il était consulté sur l'arrangement des élémcns osseux , tels que chez le Crocodile ils font partie de la base du crâne. Or voici quelle considéra- tion générale fut donnée en réponse. Le trou occipital se montre à son pourtour, toujours composé par les deux sur-occipitaux en dessus , par les deux ex-occipitaux sur les côtes , l'un à droite et l'autre à gauche , et par le sous-occijÊtal en bas. Sur cette réponse , j'admis la per- sistance de ce fait chez le Crocodile , sauf les modiiica- (1) J'ai lu quelques observations dirige'es contre le principe des con- nexions. Proviendraient-elles d'impuissance dans le travail, ou d'un fond «le Icf^érclc, ou du désir de faire cfl'ct et d'en imposer p:ir qnel- qu^dcLt extraordinaire? ( 270 ) lions suivantes. Parlant de la pièce inférieure , dont la détermination est incontestable , c'est-à-dire du sous- occipital (F -{-G), je reniontc à droite et à gauche sur de plus larges pièces que je vois allant tout-à-coup fermer l'anneau occipital , anneau que nous venons de dire toujours complété par quatre ou seulement par trois os , si la paire médiane est de bonne lieure soudée. Puisque chaque côté donne nécessairement un ex-occipital et un sur-occipital , je n'ai que le choix entre l'une ou l'autre des propositions suivantes : ou bien le sur-occipilal aura été atrophié et avorté, et les ex-occipitaux se seront ac- crus et prolongés jusqu'à leur mutuelle rencontre , ou chaque ex-occipital se sera soudé de bonne heure avec le sur-occipital conligu , pour ne former qu'une seule pièce. S'accorder ces faits, c'est admettre une chose toute simple, une chose qui est dans l'ordre des varia- tions d'espèce à espèce; car, d'une part, il est connu que tout excès de volume préjudicie aux dimensions des parties voisines ; et d'autre part , il est beaucoup d'exemples, même chez le Crocodile, sur tous les autres points, pour nous montrer deux os passant dans une espèce beaucoup plus tôt et comme d'une manière précoce à nne articulation synarlhrose, soudure qu'il leur faut d'ailleurs soulîVir tôt ou lard. Je me suis fixé à la seconde des deux propositions possibles sur les renseignemens fournis par le système musculaire. J'ai vu les tinq paires de muscles qui se rendent des vertèbres cervicales sur les occipitaux , et qui partagent leurs attaches entre Vex-occipital et le sur-occipital , se distribuer de cette même façon et de chaque côté , parpartiès égales , sur tout l'os réuni , et quant à l'un de ces muscles prin- cipalement sur la ligne supérieure d'articulation. I (^70 Du Ritpéal. — Or voyez comme renchaînetnent des faits de connexion trouve ailleurs à se justifier par des preuves évidentes, comment en effet ce principe exerce sa faculté d'investigation. Il faut qu'au-delà des occipi- taux se trouve le rocher; car c'est ce voisinage qui est indiqué par le sur-occipital et par l'ex-occipital , qui l'est sur un autre bord par le temporal. Dans ce cas, qu'a^ perçoit-on chez le Crocodile qu'on puisse croire dans cette mesure? Ici les faits parlent 5 c'est une anomalie qui s'y manifeste. On voit dans l'emplacement , tel que nous venons de le circonscrire, au profit de chaque c6lé , une seule pièce , une pièce sur la ligne médiane. Le sur-occipital sfe serait-il atrophié ou abaissé pour laisser passer les deux rochers qui , arrivés l'un sur l'autre , se seraient soudés en un seul? C'est une proposition si inattendue, que bien qu'elle Éoit déjà l'évéh^e par le principe des connexions que nous savons être une règle constante , infaillible, il ne faudra croire ce fait que s'il y a une surabondance de preuves. Or voici sur quoi repose l'opinion que j'ai prise de l'existence sur la ligne médiane d'un rupéal unique , d'un seul rocher chez la Crocodile. Premièrement, je rappelle les connexions déjà signa- lées-, l'unique pièce Q , cette unique pièce que je con- sidère comme étant le seul rupéal , comme le seul rocher du Crocodile , est supérieurement recouverte par le pariétal médian et unique également, et sur les ailes par les temporaiix PP, et elle est flanquée et entourée par les piè( es doubles (Tl + Z), (R+Z). Mais , de plus , l'os carré ou l'énostéal ( p+y-i-II) , que nous verrons plus ba^ former la caisse auditive , y entre en plein, l'uil à droite et l'autre à gauche ; circonstance dont nous ne ^ ( 272 ) pouvons trop recommander la valeur, puisque seule elle établirait incontestablement la certitude de notre déter- mination. Secondement ^ tout l'organe auditif est contenu dans notre pièce impaire. La portion du rupéal qui forme or- dinairement le fond de la caisse , est très-considérable , sorte de supplément sans doute très-extraoïdinaire, car ce fond de caisse est à l'égard de cliaque conque auri- culaire sans limite. De-là le rupéal est percé de part en part, et ce n'est pas uniquement comme sinus os- seux, puisqu'il n'est en dedans aucun diaphragme mem- braneux. A un rupéal unique correspond alors une caisse unique , et ici il faut s'expliquer sur la valeur de cette expression. Je l'emploie comme on l'a toujours fait en analomie humaine , c'est-à-dire pour désigner un lieu et non la partie qu'Hérissant a nommée l'o* cairé. Cet os carré , dont nous allons tout à l'heure nous occuper sous le nom à' énostéal , forme le conduit auditif qu'une membrane , celle du tympan , sépare en deux compar- limens : la partie extérieure commence la conque au- riculaire , et la partie intérieure est aussi une première partie pour la caisse , dont le surplus et le fond se trou- vent fournis par une excavation dans la substance même du rocher. Cette excavation est , chez le Crocodile , éten- due dune conque auriculaire à l'autre, d'où il arrive par conséquent que traversant le rocher de. part en part , elle constitue avec chaque cercle tympanique une seule chambre à air, et, comme on la nomme ordinairement, une seule caisse. Ce qui doit en outre surprendre, c'est la grandeur de cette caisse en dedans d'un os d'une dimension aussi restreinte. Cependant celle grandeur de caisse n'est, au surplus , qwe le fait ordinaire des animaux qui vivent dans l'eau, principalement des poissons, ainsi que je viens de m'en assurer tout récemment. Toute orei\le se compose nécessairement de trois principaux comparti- mens : i» d'un entonnoir recueillant les rayons sonores, Chambre d'introduction^ 2° d'un tambour où ils reten- tissent avec énergie, et où ils augmentent d intensité. Chambre de renforcement ^ et 3° d'une cellule intérieure, composée des trois canaux semi-circulaires, et d'un ves- tibule commun , dans lesquels se répand la substance nerveuse , Chambre de sensations et modijications. Cette troisième partie indispensable de l'oreille , ne manque pas plus chez le Crocodile que les deux pre- mières. Dill'érente en ce point de la caisse , elle n'est point sur la ligne médiane : il y a donc, au fond, les élémens de deux oreilles distinctes. Chaque large espace que ferme la platine de l'étrier , eu égard à l'unique com- partiment sur la ligne médiane ou la caisse , se voit in- férieurement, un de chaque côté, vers les bords d'ar- ticulalion du rupéal , des grandes ailes et de l'ex-occipital. Celte cavité est creusée dans la substance de ces trois pièces , qui y concourent à peu près par égales por- tions ; mais ce qui ne s'observe que dans le rupéal , c'est qu'en dedans de ses lames seulement, sont creusés les trois canaux demi-circulaires qui aboutissent au vestibule commun. Tout cela existe tant à droite qu'à gauche, et sans doute il suffit de cette observation, pour nous donner en toute évidence la connaissance et par conséquent la détermination du rupéal. Troisiimement , toute la face externe du rupéal , bien qu'entièrement reculée en arrière, bien qu'uni- quement dirigée sur les vertèbres cervicales, n'en est pas moins sccidcntée comme les rochers des antres animaux : eflectîvement on aperçoit vers les angles supérieurs de l'unique rupéal des Crocodiles , nue saillie Irès-pronon- cée, laquelle répond évidemment à l'apopliyse mastoïde , et donne lieu à de mêmes attaches musculaires. Celte apophyse , partie sur laquelle on s'est étrangement mé- pris dans ces derniers temps, bien loin de se détacher du rocher comme un os à part , que selon cette suppo- sition on avait dit former l'os mastoïdien , rentre aussi bien chez le Crocodile que chez tous les autres animaux dans ses conditions et services ordinaires, c'est-à-dire sur le pied où on l'a vu d'origine en anatoniie humaine. L'apophyse mastoïde est la seule partie du rocher qui intervienne dans l'extérieur du crâne ; car tout ce qu'on a cru d'ailleurs dans ce cas , c'est-à-dire tout ce qu'on en a supposé de visible à la base du crâne chez l'Homme et aux mêmes places correspondantes chez les animaux , forme des surfaces qui y sont produites au contraire par le développement dii tuyau auditif et de l'os coly- Quatrièmement., il suffirait de donner attention à la manière dont les temporaux ont gagné le plafond du crâne , et au peu d'intervalle que l'unique paiiétal laisse subsister entre eux , pour conclure que la seule pièce qui existe sur la ligne médiane enl»e les temporaux et ag- dessus du pariétal est décidément un seul et unique ro- cher \ car il est ordinaire aux temporaux d'acculer les rochers sur les ex-occipilaux. Voilà donc le prétendu sur-occipital Q qui reçoit enfin une détermination conforme à sa position, à ses con- nexions et à ses usages. On admettra sans doute que décidément les preuves sont assez nombreuses pour tjae nous puissions prononcer avec certitude que c'est bien là le rocher, notre rnpéal. Mais cette démonstration donnée, elle réflécliit à son tour le jet d'une vive lumière sur la détermination des occipitaux ; car si le rnpéal est repoussé de la combi- naison qu'on avait d'abord admise , les occipitaux n'en sont que mieux abandonnés aux conséquences de leurs propres faits. De VËnostéal. — Hérissant fit le premier attention à une pièce d'une articulation mobile chez les Oiseaux, laquelle lui apparut sous une forme à peu près quadran- gulaire et qu'il nomma os carré. A peu près dans le même temps , Petit l'Ancien la remarquait et propo- sait de l'appeler os en tnassue , et beaucoup plus tard , vers 1806, Schneider, insistant sur sa position et ses usages entre et pour les deux mâchoires , la désigna sous le nom d' intermaxillaîre. Hérissant en avait essayé la détermination , la croyant un démembrement de la mâchoire inférieure 5 mais j'ai depuis long - temps remplacé ces vues , en démontrant que c'était au contraire un démembre- ment de la caisse auditive, ce qui engagea M. Cuvier à substituer le nom de caisse à celui d'os carré. Cet os ne s'unit jamais au crâne chez les Oiseaux et chez la plupart des reptiles, tandis qu'il y est au contraire soli- dement ancré chez le Crocodile et chez la Tortue. C'est l'os crânien qui m'a le plus souvent et le plus péniblement occupe -, j'en ai écrit ex professa dans plusieurs ouvrages , et dernièrement dans un INIémoire lu à l'Académie , dont il n'a été imprimé qu'un extrait. Les résultats déOuitifs auxquels je suis parvenu , sont que l'os carré ou que Vénostéal , dénomination que ( 276 ) j'adopte , était un os composé principalement du cadre du tympan ( le tympanal et le scrrial ) , et d'une pièce qui chez les Mammifères revêt inférieurement le rocher ( le cotyléal) , et qui chez les Oiseaux et animaux ovipares , provient de l'hyoïde ( le st/ylhial) : c'est ce que j'ai cher- ché à rappeler figurativement dans mon tahlcau synop- tique, par l'emploi des trois lettres appellalivesp+j + ZT,- voyez fi g. 3, 4i 5. Je n'insiste pas davantage sur celte détermination 5 il m'a paru qu'elle a reçu l'aveu de tous les naturalistes ; son nouveau nom d'énosléal restant étranger à ses formes variables à l'infini , lui convien- dra , quels que soient ses métamorphoses et même ses composans. Des osselets de Vouie. — Ils se composent chez le Crocodile, voyez fig. ^, d'une branche cartilagineuse^ analogue au marteau , et d'un long osselet filiforme , dont l'extrémité est une large platine : le long manche filiforme r correspond à l'enclume , et la platine z à l'étrier. Avant remplacé ces trois noms par ces équiva- \ens , maUéal , incéal et stapéal , je donne à la pièce filiforme un nom qui rappelle sa conjposition, ou le nom des élémens dont elle est le produit , celui dlncéo- stapéal. § V. — Des os de la bolle cérébrale. Nous avons déjà traité du frontal et du pariétal, pièces imiques : ce que ces os semblent avoir perdu en dimensions superficielles leur a été amplement restitué en épaisseur : les mailles de l'intérieur se remplissent avec l'âge, et tout* le corps osseux devient éburné ; la scie l'entame difficilement. Le canal entre les occipitaux égale presque en Ion- ( 277 ) gueur le reste de la boîte cérébrale 5 c*est que les occi- pitaux sont d'une grandeur gigantesque et hors de pro- portion à l'égard des autres pièces. Nous ajouterons à ce que nous avons dit plus haut , au sujet des pièces cy- cléales , que l'iiyposphénal forme une languette très • resserrée entre le sous-occipital et l'hcrisséal , et que l'entosphéual , par sa disposition en lame et par sa si- tuation verticale , prépare les cycléaux antérieurs à l'in- sufBsance de développemens qui les caractérise. Nous allons faire mention des deux seules pièces dont nous n'ayons encore rieu dit, de celles qui. servent de lit aux lobes cérébraux , savoir , du ptéréal et de l'in- grnssial. Du ptéréal, lettre X , fig, 4. — Ce sont les grandes ailes du sphénoïde que je distingue depuis long-temps sous ce nom. Elles naissent de l'hyposphénal ou du corps postérieut du sphénoïde"; elles gagnent supérieu- rement le pan'élal , et sont enfermées en avant par les petites ailes ou les ingrassiaux , en arrière par le rupéal, et au-dessous par une partie des occipitaux : au point de leur contact avec le rupéal , elles développent une gorge évasée qui entre pour un tiers dans la com- position du vestibule ou chambre auditive interne : c'est sans doute d'après celte considération que M. Cuvier aura donné celte pièce pour le rocher. De l'ingrassial, loti.. V. Cg. 4. — Os analogues aux petites ailes d'Ingrassias , et sous l'abri desquels les nerfs optiques gagnent le centre de la chambre orbi- t^re. L'ingrassial est ici du double plus étendu que le ptt-réal : il le précède , et vers le plafond du crâne il allciint le pariétal en arrière et le fronlal en devant : il envoie de plus une apophyse sur rcntospliénal. Tome III. 10 ( ^78 ) Je viens de décrire ce que j'aperçois , ce que je lis , pour ainsi dire , sur le Crocodile ; et les personnes , au courant de l'anatomie humaine , auront pu penser que j'ai seulement voulu rappeler les connexions de ces pièces chez l'homme et les mammifères. EnOn elles recouvrent les mêmes parties cérébrales ^ elles leur sont donc en tous points analogues. De l'exposition qui précède , il résulte que je viens de comprendre dans cette énumération des pièces crâniennes du Crocodile , exactement tous les os qui composent le crâne d'un fœtus humain, ayant à peine terminé sa vie embryonnaire. Ainsi je n'en ai omis aucun, comme je n'en ai non plus trouvé davantage. C'est à l'égard du plus petit nombre seulement que j'ai été forcé , pour saisir partout les mêmes correspondances , pour les re- trouver encore là même où elles cessent d'être visuelles , d'en rechercher l'existence , et de les poursuivre sous l'état et sous le masque de ces parties imparfaites , qui est un premier état de leur formation, et qui ne nous deviennent manifestes que sous l'apparence d'un tissu cartilagineux. Il est donc des parties dans un minimum de compo- sition chez le Crocodile •, mais en revanche la presque to- talité est au contraire dans un maximum exliaordiuaire de développement. Cela place ce farouche reptile dans des conditions de différences singulières, qui deviennent .les traits particuliers et les caractères distinctifs de sa famille. Après avoir démontré comment cet être , choisi comme le plus disparate et le plus anomal des animaux verté- brés, se trouve cependant, sous le rapport du nombre , des usages et des connexions des parties osseuses de la ( ^79 ) tète , ne diflerer aucunement de ces mêmes animaux quant aux points de ressemblance philosophique , fai- sons voir maintenant comment des différences dans le volume respectif des parties , dans le degré du dévelop- pement , et dans la soudure plus ou moins précoce des bords articulaires , introduisent, parmi tous ces ma- tériaux au fond véritablement identiques , des causes de diversité si grandes , qu'il ait fallu tant d'efforts , d'observations et de profondes méditations, pour con- cevoir enfin et les faits identiques et les faits différen- tiels que révèlent les nombreux détails de la compo- sition de toute tête osseuse. § VI. — Du Crâne des Crocodiles sous le rapport de l'ano- malie et de la spécialité de ses formes. Le crâne des Crocodiles rentre en effet dans des con- ditions caractéristiques et spéciales , dont le fait prin- cipal est fourni par un développement très-considérable de certaines de ses parties. Le trait dominant du Croco- dile en fait un animal d'une voracitéeffrayante; soncràney semble sacrifié, de manière à procurer la plus grande éten- due possible aux brandies maxillaires et à la voûte pala- tine. Et en effet, les dimensions du palais passent tout ce que rimnginalion aurait pu pressentir de plus con- sidérable ; d'où il est résulté une habitude singulière qu'Hérodote a racontée avec la naïveté d'un liommc sans préjugés , et avec tout autant d'exactitude que le pouvait faire un littérateur peu au fait des détails et des distinc- tions anatorniques. CcsL le seul animal, a dit Hérodote , dont la nidcfioire inférieure ne soit pas mobile, et qui fasse au contraire retomber la nuichoirc supérieure sur l'inférieure. Voyez Traduction de M. Miot , t, I , p. 277 , ( 28o ; Paris 1 Sa?.. Les célèbres Perrault et Duverney, qui dans la fameuse dispute, sous Louis XIV, de la prééminence de mérite des divers âges de la littérature , pi'irent parti pour les modernes contre les anciens , avaient vive- ment reproché à l'historien de l'antiquité son peu d'exactitude quant à ce point. Ils disaient posséder des preuves manifestes que la mâchoire supérieure ne se sépare pas du reste du crâne 5 ce qui était vrai , sans qu'ils en eiissent été plus en droit de quereller. Mais aussi qui au premier abord pouvait soupçonner qu'une tète entière fut comme encapuchonnée, qu'elle en vint à être cachée entre ses mâchoires , que la tète serait dé- cidément assez petite, et que les mâchoires s'accroî- traient au point que la totalité serait logée dans une de ses parties (i) ? C'est la seule distinction que n'avait pas faite , que ne pouvait faire Hérodote. Les condyles formés par l'énostéal [p + y + H) terminent le crâne , mais non pas la tèlc : la mâchoire inférieure prolonge au-delà loule sa branche montante , et le plus puissant de ses muscles masticateurs, le crotaphite. L'intervention de ces parties en dedans et au-dessus des muscles du cou , procure à la première moitié de celui-ci un gros- sissement considérable et rend sensible aux yeux, sur- tout si on observe un anim'al vivant , que la tète du Crocodile se continue par-delà son crâne. La mâchoire inférieure s'abaisse peu et très-difficiicmcnt , en raison d'une des écailles cervicales rencontrée par l'extrémité de la branche montante. Il ne pouvait se faire que le palais acquît une di- (1) J'ai dans mon article , lecture d'Ilcrodotc, explique ce mécanisme en détail j voyez Annale* du Muse'um d'Histoire nat. , tome 10, p. 375. ( 28l ) mension aussi grande, sans qu'il n'arrivât au maxillaire , et de prendre une étendue hors de mesure , et de resler pour cela décomposé en ses divers élémens, portion den- taire, portion orbitaire, portion ptérygoïdienne en dedans et portion ptérygoïdienne en dehors ; c'est-à-dire sans qu'il n'arrivât à chacun de ses composans de montrer une pro- pre et individuelle existence, sa condition d'élément pri- mitif et vertébral. Mais malgré ce développement extraor- dinaire , les branches maxillaires, de même que les bran- ches palatines placées sous les mêmes conditions d'ac- croissement que celles-là , n'atteignent cependant pas l'os carré ou l'énostéal. Nous avons vu plus haut cet os com- plexe formant les angles ou lès parties les plus reculées du cràue : toutefois les branches maxillaires trouvent à s'unir à l'énostéal au moyen du cotyléal, lequel n'ap- partient à celui-là que pour le border par-devant , et que pour faire en ce lieu l'olHce d'uy anneau ac- crochant les deux bouts de la chaîne. Les branches pa- latines , au contraire , ne trouvent d'appui que sur l'axe : car par derrière elles s'étendent en ailes sans rencontrer , ce qu'il leur arrive de faire ordinairement, l'énostéal •, lequel en décrivant un arc de cercle en sens contraire , semble par-là se détourner et vouloir se soustraire à leur union. Il résulte de cet allongement des parties latérales un renversement eh arrière et un refoulement tant sur le centre que vers le plancher supérieur de la boîle céré- brale , dont riiérisséal , devenu libre sur les côtés, a profité pour étendre presqu'indéfiniment ses ailes. INul animal n'a cet os porté à un aussi haut degré de développement. Nous allons continuer à donner lou.s les détails de celle singulière anomalie. L'héiisséal , cl je puis ajouter , un seul hérisséal , ( a82 ) termine postérieurement la voûte palatine : un seul , parce que ses deux composaus reproduisent au plancher inférieur le même fait d'une soudure anticipée que les composans de l'unique pffrictal et de l'unique frontal au plancher supérieur. Cette circonstance , jointe à celle de son ampleur , prépare cette pièce à prendre dans l'édifice général l'ascendant d'une principale quille : on sait que tout au contraire chez les Oiseaux et chez la plupart des Eeptiles, cette solidité est procurée à l'é- difice crânien par l'ethmoïde , os composé de trois par- ties , de l'ethmosphénal et des deux ethmophysaux , et que les liérisséaux comme les énostéaux y sont essen- tiellementdans une immobilité continuelle. Ce n'est pour- tant point par ses ailes , qui ne font aucune rencontre sur les flancs et qui n'y éprouvent aucun obstacle , que riiérisséal du Crocodile y prend tout son ascendant, mais il le doit à un puissant ancrage sur les corps des sphé- noïdes , dont la solidité est en outre augmentée par l'ar- ticulation toujours maintenue des palatins en avant et des adgustaux sur les côtés. Or , c'est dans ces circons- tances que les ethmophysaux , partant du plancher su- périeur , prolongent verticalement de non moins so- lides apophyses sur l'hérisséal , et que , continuant au Crocodile le même office que celles-ci remplissent chez les Oiseaux , ils deviennent les pièces d'assemblage et comme les contreforts des deux planchers. Voilà donc comment l'hérisséal , qui chez le plus grand nombre des ovipares ne forme qu'un chaînon peu remarquable des arcades palatines , devient chez le Crocodile véritable- ment la quille de l'édifice crânien , et de quelle manière il fournit enfin le trait éminemment caractéristique de la lête du plus dangereux et du plus voiace des Reptiles. La forme du crâne et celle en particulier de l'hé- ( 283 ) Fisséal , peuvent de plus être envisagées sous un autre- rapport , celui de leur aptitude à favoriser l'acte de la respiration. Les sinus olfactifs , qui se prolongent tout autant que le crâne, sont d'une ampleur considérable , mais surtout ils deviennent , étendus des vomers aux arrière - narines , d'une grandeur prodigieuse ; l'iiéris- séal qui se trouve en ces lieux s'y renflant en boule. L'intérieur est tapissé d'une simple membrane , et , sans autres relations avec les cbambres olfactives que d'en continuer et que d'en étendre les conditions tubulaires , ce sont deux vastes canaux, ou plutôt, eu raison de leur développement sphéroïdal, deux vastes réservoirs, qu'on ne peut qu'attribuer à l'appareil respiratoire à titre d'or- ganisation supplémentaire : je vais, dire de quelle ma- nière. - J'ai vu en Egypte des Crocodiles se reposant sur des rampes sableuses à la naissance des îles ; ils élevaient à d'assez longs intervalles leur tête entière qu'ils déta- chaient de la mâchoire inférieure , celle-ci restant im- mobile sur le sol : c'étail pour porter hors de l'eau et dans l'air l'extrême partie de leur museau, c'est-à-dire la région qui est terminée par les ouvertures nasales. Attentif à ces actes évidemment produits dans le dessein de respirer, j'ai très-bien remarqué que la répétition de CCS mouvemens se faisait attendre plusieurs minutes , et quelquefois un demi-quart d'heure. Ce souvenir ets l'aspect des capacités considérables des tubes olfactifs m'ont suggéré l'idée que d'aussi grandes cavités étaient de quelque ressource pour le Crocodile , et qu'elles lui procuraient en avant de la Irachée-arlère tous les avan- tages de deux magasins ou de deux sinus sci'vant à un approvisionnement d'air. Je n'en ai plus douté , quand ( 284 ) j'ai eu connu la structure de ces larges sinus osseux en avant du larynx. On pourrait désirer savoir pourquoi et comment l'appareil respiratoire se trouve recourir à une orga- nisation supplémentaire aux dépens de l'appareil crâ- nien. Il n'est pas sans doute de mon sujet de traiter aujourd'hui du premier : aussi je n'en donnerai que celte seule idée. Les poumons des Crocodiles , beau- coup plus celluleux que ceux des Mammifères , le sont incomparablement bien moins que ceux des autres Rep- tiles, chez lesquels , en eflet , ces organes deviennent de fort grands sacs, et ajoutent par conséquent k leurs services habituels les ressources d'un réservoir à air. Le défaut d'espace , qni caractérise les cellules aériennes du poumon des Crocodiles , est donc chez eux com- pensé par l'accroissement des chambres nasales , et de plus par une disposition du pharynx. Ainsi les Moni- tcjrs , sorte de Lézards aquatiques , emportent sous l'eau une portion d'air renfermée dans les sacs pulmonaires , et le Crocodile une même provision renfermée dans les Cctvités nasales et pharyngiennes , les ailes du ne* se fermant d'elles-mêmes et s'opposant au retour de l'air que l'animal aurait puisé dans le milieu atmo- sphérique. Effectivement , ce développement des cham- bres nasales manquant, qui sait si les Crocodiles, solli- cités par bien d'autres puissances organiques à séjourner dans l'eau , le pourraient faire également ? Chaque es- pèce diffère par le volume du renflement latéral des ilérisséaux. Qui sait encore si cet élément de diver- sité n'est pas le mobile des déterminations de l'animal < et la cause de son plus ou moins de capacité pour pro- longer davantage son séjour dans le milieu aquatique sans recourir à une nouvelle inspiration ? ( ^^85 ) J'ajouterai un mot sur le pharynx : il nest plus sous la tête. L'excédant de longueur des maxillaires inférieurs l'a etitrainé très-loirt en arrière . et avec lui le larynx et la langue ; car la langue ne manque point : ce qu'avait dit Hérodote , et ce qu'on croit voir sur le vivant. Maïs elle est tellement reculée en arrière, et elle s'est par conséquent si fort étalée en de- dans des brandies maxillaires , qu'il ne lui reste aucun moyen de saillir par devant, en sorte que pour l'obser- vateur, elle est comme si elle n'était pas, et surtout qu'elle ne se trouve d'aucune ressource contre les insectes du genre Iclineumon , qui viennent envaliir et qui ta;- pissent tout l'intérieur de la gueule immense du Croco- dile , quand celui-ci dort gissant sur le sable (i). De cfet arrangetnent il résulte que le pharynx devient un vfeë- libule d'une grande étendue j interposé entre le crâne , le larynx et l'œsophage , il dispat-aît fcomme cavité qûancl ceux-ci s'approchent dé U tètt , se vidant par ce moyen de tout l'air vicié que la respiration y aurait pu aupara- vant accumuler ; et au conlraircquand le voile du palais long et sillonné sert de diaphragmé en avant et qiïe le larynx et l'otsophage sont tirés et fermés en arrière , le pharynx redevient une vaste cclIule h air en communicalioi} seulement a^cc les sinus nasaux : la capacité de ceux-ci comme réservoirs à air se trouve donc augmentée do (i) Le Trocldlus , a liit IlcroJote, entre diins la gueule (lu Croco- dile; il y trouve une proie abonchinte, et le Crocodile en e'prouve un si grand soulagcmctlt «(u'il se garde bien de raouvemerts qui inqtiit;- leraient et écarteraient le Trochilus, J'ai vcrilie ce récit , il est exact : cet oiseau est une espèce voisine du notre petit Pluvier. En Amérique, c'est un Todicr (jui rend <;e service au Crocodile dit de S;iint-Do- mingiie. ( 286 ) celle qu'y ajoute la cavité pharyngienne. Quand l'a- nimal se retire sous Peau avec une si grande provision d'air , il manœuvre ensuite à loisir pour échanger l'air qui se vicie eu dedans de ses poumons contre celui qui est encore renfermé dans ses réservoirs antérieurs j ce qui lui devient possible en agissant sur sa glotte, dont il règle l'ouverture et la fermeture à sa volonté et selon ses besoins. L'hérisséal , qui étend ses usages sur le pharynx , en lui fournissant une base élargie, et sur l'organe res- piratoire , en lui conservant de l'air en réserve , et qui d'ailleurs , quille toute-puissante , s'emploie à asseoir avec toute la solidité désirable et à réunir dans une sorte de lien commun toutes les parties de la face et de la boite cérébrale , devient comme pièce élevée au plus haut point des développemens possibles , et comme sa- tisfaisant à des emplois aussi multipliés qu'énergiques , devient, dis-je , l'une des plus grandes siugularités que nous offrent les variations organiques , en même temps qu'il forme le trait fondamental de l'organisation parti- culière de la tète des Crocodiles. Combien cette tête du Crocodile , surtout si on la compare à celle de l'Homme , semblera comme tour- mentée ! En effet, afin qu'elle fut étendue latéralement , et , pour le surplus , contenue entre les branches maxil- laires , les pièces de la boîte cérébrale sont établies , comme si elles avaient été contraintes de s'entasser sur le centre, et, par conséquent, de s'y faire les plus petites possibles. Celte sorte de culbute les a portées à se souder dès leur apparition , quand les autres pièces , abandonnées à plus de liberté , sont toute la vie dans le cas contraire. Effectivement sont soudés ensemble , ( 287 ) sur la ligne médiane , les composans du frontal ^ du pai'iétal , du lupéal et de riiérisséal. Le frontal et le pariétal paraissent avoir subi, avec quelques difficultés , le joug des parties latérales. Cela résulte de la quotité de leurs élémens formateurs. En effet , les molécules osseuses leur sont distribuées à l'or- dinaire et comme à des os appelés à une grandeur consi- dérable ; mais privées de se ranger côte à côte, elles s'établissent sur plusieurs rangs en hauteur ; non- seulement les os qui en proviennent ont une épaisseur considérable , mais en outre ils sont plus pénétrés , plus remplis 5 tous les vides de leur partie réticulaire dispa- raissent, et leur substance est partout ébnrnée et d'une dureté extrême. Que d'événemens amène ainsi l'envaliissement des parties latérales delà tête par les maxillaires! Les tempes ne sont plus sur les flancs, mais deviennent parties in- tégrantes du plancher supérieur, s'inclinant pour une portion et à angle droit en arrière. Dans ce cas , les temporaux , en raison du peu de largeur du pariétal qui les sépare en dessus, se sont assez approchés l'un de l'autre , pour avoir plus bas repoussé les élémens du rupéal sur la ligne médiane , où ces élémens se ren- conti'cnt et se soudent, et où, dans l'excès de cette ano- malie , ils viennent comme usurper la place d'un os qui forme toujours le couronnement de l'anneau occipital. Et ce qui complète tout le piquant de ce jeu merveil- leux des variations organiques , c'est que tous ces prodiges , si je puis me permettre de les appeler ainsi , se passent comme en présence ou plutôt sous l'autorité du principe des connexions. Ainsi, tous les matériaux crâniens changent de forme, ils varient dans leur vo- ( 288 ) lume respectif, ils refluent les uns sur les autres, pour s'entasser ou en arrière, ou en devant, ou sur les lignes médianes ; mais ils gardent toutefois leur distance res- pective ; ils se maintiennent enchainés , comme les perles d'un collier , par le fil qui les pénètre ; ils couservcWt invariablement leurs connexions (i). Parmi tant d'anomalies , qui caractérisent le crànë dès Crocodiles , figure eu première ligne la petitesse ex- trême de la boite cérébrale. Quand on réfléchit que c'est là une sorte de salon commun à toutes les chambres des orgafles des sens , que conlraircment à ce qui est chez les animaux supérieurs , les capacités de ces chambres observent, dans Tordre de leur dimension respective , une raison inverse , et que cette boîte crâ- nienne donne liécessairement la condition d'extrême pe- tîtéssè du cerveau , ou ne peut qu'être infiniment surpris d'ùh aussi singulier résultat. Mais, au surplus , je iie finirais pas, si je voulais entre- prendre d'énumérer to.us les faits de spécialité qui dis- tinguent les Crocodiles. Il liic suffira sans doute de dire, par forme de conclusions , qu'ayant réussi dans les pre- mières parties de cet écrit à montrer ce que , comparé à l'universalité des êtres , un tel Reptile , choisi parmi les plus diûTérens de sa famille , pouvait oiTrir de considé- rations analogiques , je ne m'étais cependant pas privé entièrement de la faculté de le recorùmander à l'atten- tion des naturalistes , pour les singularités uotnbrcuscs et les anomalies bizai-res que le jeu 'dos 'variations spc- (i) Consultez sur le principe des connexicns , Par m. Ami Bocé. ( Suite. ) Le Calcaire àgryphiles ou le Lias , qui forme à l'or- dinaire l'assise inférieure du Calcaire du Jura, ue se trouve peut-être guère sur le pied des Pyrénées , ou du moins je n'ai vu des couclies marneuses grisâtres, pé- tries du Gryphœa arcuata , Lam. : (Gr. incurva , Sow. ), qu'au nord de Saint-Girons, et je n'ai pas pu par exemple , le mot ad/lcntiil signifie la première moitié {dentaire ) du raaiillaire supérieur; adnrbilal, la seconde vaoïûé {orbiluirr ) du même maxillaire, cl plur - occipital , l'os résultant de la re'union et fusion dcï deux pièces, f occipital supérieur ci Vuccipitat latéral. ( 3oo ) décider si elles reposaient simplement sur le Muscbel- kalk, ou si elles étaient intercalées dans le Calcaire ju- rassique. La Dolomie jurassique est assez abondante dans les Pyrénées. Cette assise se trouve à l'ordinaire, comme on le sait (i) , assez près du Lias , et elle aurait dû fixer l'at- tention des géologues depuis long-temps, puisqu'elle se trouve bien décrite par MM. Voigt et Lupin ," dans le quatrième volume des Epbémérides de Moll. Cette rocbe a , comme ailleurs , une structure grenue fine , ou bien elle n'est composée que de rlioraboèdres de chaux carbonatée magnésifère. Sa couleur est le gris- brunàtre , le jaunâtre et le blanc-jaunàtre veiné de bru- nâtre (Dax) ; elle se désagrège en sable ; elle est fort indistinctement stratifiée 5 elle est fendillée et caver- neuse comme en Franconîe. Les masses les plus consi- dérables que j'en ai observées sont près d'Ortliès , de Saint-Girons , de Nalzen , de Tercis et de Dax. Dans cette dernière localité elle ressort sur les bords de l'AdoUr, aa pied delà bute de Diabase , et elle en im- pose d'abord par son aspect cristallin. On y observe cependant quelques traces de restes organiques , en particulier des impressions de bivalves du genre Téré- bratule?. Le reste du Calcaire jurassique des Pyrénées m'a paru être formé des Calcaires compactes , qui sont à l'ordinaire dans les parties inférieures ou tout-à-fait supérieures du Calcaire jurassique. LesOolilbes y sont rares et ne se mon- trent que dans la partie nord-est. Voici quelques exemples de ces calcaires. Au sud d'O- (i) h'oyez M. de Rqch , Journal de Pliysi<|uc , tome qS j et se? Mémoires îus à l'Académie de Berlin, ea 1822 et iS^î. ( 3oi ) genna , dans la commune de Dogueu. on trouve à côté du Quadersandstein des couches d'un Calcaire compacte , blanchâtre , qui alterne avec des lits d'un Calcaire mar- neux de la même couleur et légèrement rosaire, qui renferme des Coraux, des piquans d'Oursins , et les mêmes débiis d'Isis, qu'on observe dans les Grès in- férieurs. A l'ouest d'Ogenne l'on retrouve les mêmes couches accompagnées de quelques masses de Calcaire blanc-jaunàtre à Nummulites. A Tercis , près des bains chauds , l'on observe des couches fort inclinées d'un Calcaire compacte ou mar- neux, gris-blanchàtre, à débris d'Orthocératites , à Bival- ves , à Peignes et à Huîtres , et Ton trouve aux rochers de Tercis, sur le bord de l'Adour, des variétés de Calcaire grisâtre , noirâtre et brun-jaunâtre , à débiis de Madré- pores , de Coraux , d'Encrines , d'Oursins et d'Huîtres. A Montgaillard , le Calcaire compacte est gris-blanc et alterne avec des Marnes calcaires brunes et grisâtres. Près de Foix et de Nalzen , la chaîne jurassique gro- tesque offre des couches quelquefois contournées d'un Calcaire compacte gris ou jaunâtre -, on y voit du Fer sulfuré et des restes organiques , et dans sa partie infé- rieure il y a quelquefois des amas ou des bancs en partie composés de Fer hydraté globulaire rougeàtre , et des petits apfias de Lignites ou Jayet , comme près do Maudin (i). De semblables lignites se voient aussi près d'Orthès , et , suivant M. Palassou , on y aui'ait trouvé quelque- fois une résine succinique : fait qui , s'il n'y a pas erreur de gissement , mérite quelque attention, puisque M. le (i) A'o^e: Me'ni. Je M. Pulassuu , i8i5,iiagc /jCr). ( 302 ) professeur Mérian , de Bâle , m'a montre des résines semblables , découvertes près de celte dernière ville dans une Argile bitumineuse, qu'on regarde comme inférieure et appartenant au Lias. Après avoir esquissé à grands traits la constitution géologique des Pyrénées , si nous portons notre atten- tion vers le nord du grand bassin de la Gascogne , dont les Pyrénées sont la limite méridionale, nous trou- vons que la plupart des formations secondaires de cette chaîne , à l'exception du Calcaire jurassique, n'y occupent qu'une place si peu considérable , qu'on peut facilemciit les omettre dans une vue générale. Les recherches des géologues n'ont encore fait dé- couvrir dans cette partie de la France que quelques masses de Gi'ès bigarré et de Calcaire secondaire co- quiller ancien^ de Quadersandteiu et de Calcaire à mine- 'rais de Plomb et de Zinc (Melle , départ, des Deux-Sè- vres 5 Sanarais, départ, de la Vienne , et Allau , départ, de la Charente) (i). Ce dernier a son gissement sur les Grès houillers des départemens du Lot et de l'Aveyron , et parait se rapporter, d'après les observations les plus ré- centes , plutôt au Muscheîkalk qu'au Zechstein. Outre le Grès bigarré qui existe dans le fond oriental de notre bassin, on peut y rapporter, avec quelque vraisemblance, les mas9»:s gypseuses compactes et spathiques , éparses çà et là, comme celles des environs de Saint-Front, de Le- vert et de Repeire , près de Rochefort , de Cognac , de Saint-Jean-d'Angcly , de Bergerac , de Beaumont et de Villeréal, dans le déparlement de Lot-et-Garonne, et plus (t) y oyez Notice sur une formation metnllifùrc dans l'ouest de la France, par M. Bonnard ( Bull, de la Soc. Philom. , avril iSaS, p. 5^.;' ( 3o3 ) au nord , les Gypses de Decizes et de quelques autres points (i). Ces Gypses et ces Marnes sembleraient indiquer fai- blement la liaison du Grès bigarré de la Lorraine avec celui des "Pyrénées. Cependant la position de ces masses dans les dépar- temens de la Charente-Inférieure , de la Charente et du Lot, presque sur la limite du Calcaire jurassique, du Grès vert et de la Craie , est assez particulière pour attendre de nouvelles recherches , qui achèvent de fixer définitivement l'âge de ces dépôts morcelés. Le Calcaire jurassique recouvre toutes les formations plus anciennes , probablement à cause du niveau bas cpi'elles avaient seulement atteint ou qu'elles avaient lors du dépôt jurassique. Ce Calcaire entourant le bassin du nord de la France sépare , d'abord , le sol intermé- diaire du Limousin de celui de la Vendée , et s'étend ensuite au sud jusqu'à environ une ligne, qui passerait au nord de Rochefort , d'Angoulême , de Périgueux , de Gourdon , et au sud de Çahors et de Gaillac. La partie inférieure de ce dépôt calcaire paraît se trouver seule- ment dans le fond oriental du bassin dont nous nous occupons , et le Calcaire à gryphites ( Terrasson , etc.), ainsi que les étages inférieurs du Jura paraissent y abonder , tandis que dans toute la portion nord-est de cette étendue calcaire , l'on ne voit guère que des Oolithes, des Calcaires compactes, et les assises les plus récentes de celte formation , telle que le Calcaire à poly- ])iers ( Coralrag des Anglais) , etc. M. Jouanet cite (2) des impressions de Poissons dans (1) Afjiicllc formation appartient le Gypse d'Aigucpcrsccn Auvergne':" (3) f^oyez le calendrier des corps administratifs et judiciaires dii département delà Dordogne, pour iSao. ( ^^o4 ) un Calcaire du Péiigord. Il serait intéressant de s'as- surer s'il appartient au Calcaire jurassique , et s'il faut aussi annexer à ce dépôt ou à la Craie ces Calcaires qui couronnent les coteaux de Chavagnac et de Ladoraa , et qui renferment, d'après le même savant , des Peignes , des Ammonites , des Huîtres , des Bélemnites , des Pois- sons et des Ecrevisses. Ayant observé que ce dépôt jurassique était difficile à étudier dans l'intérieur du pays , je me suis dirigé , avec plus d'espoir de succès , vers la côte, et j'ai trouvé , en effet, qu'entre Luçon et Rocliefort les différens Cal- caires jurassiques étaient assez Lien exposés le long du rivage. Cependant, la stratification très-peu inclinée et même ondulée de ces roches , les marécages et les sables des baies profondes, empêchent de suivre d'un bout à l'autre toutes les diOérentcs couches de ce dépôt. Assisté des lumières et des connaissances locales de MM. Fleuriau de Bellevue et d'Orbigny, j'ai pu observer, grâce à leur bienveillance envers moi , les faits suivans. Les Calcaires compactes et coquillers de cette côte sont tous de la partie supérieure du calcaire jurassique , ou , plus exactement , au-dessus de la grande masse oo- lithique , comme l'on peut s'en assurer , soit en Angle- terre , soit en faisant la route de Metz à Verdun , de 'Vancy à Bar-le-Duc ou de Lure à Troyes. Néanmoins, dans l'intérieur du pays , il parait qu'il y a des Calcaires jurassiques plus anciens , car à une lieue au nord de Niort abonde ce Calcaire particulier , à débris d'Encrines et d'une teinte brune-jaunâtre, qu'on voit dans le nord- • est de la France , non loin du Calcaire à gryphitcs pu du Lias , comme autour de Nancy et de Metz. Le plus ancien Calcaire de la côte paraît être le Cal- caire compacte, blanc ou blanc-jaunâtre, qui s'adosse l ( 3o5 ) înimédiatement contre le sol intermédiaire de la Vendée ; il renferme dans certains lits un grand nombre de pé- trifications , parmi lesquelles se remarquent surtout , de même qu'en Bavière et dans le département de la Meuse , des Ammonites , des Nautiles , desTérébratules, des Cardinm , etc. , comme près de Lucon , de Grelot, etc. D'autres lits, qui semblent un peu su- périeurs , contiennent une grande abondance d'impres- sions et de moules de Donaces , de Sabots , de Bucardes, d'Isocardes (I. Dlceras d'Orbigny) , de Vis , de Fu- seaux et de Cérilbes , comme cela se voit près de La Rochelle et à Angoulin. Parmi les pétrifications rares de ce dépôt , le savant et laborieux M. d'Orbigny m'a fait voir dans sa belle collection des Diceras , des Patelles , des Ptérocères et même des Eburnes. Autant qu'on en peut juger, il parait que les parties tout-à-fait supérieures de ces Calcaires sont des alterna- lions de Calcaire compacte lumachelle ou pétri de pe- tites Huîtres. Immédiatement au-dessus s'élève le Cal- caire à polypiers (i), comme cela se voit à la pointe Duclié. Cette dernière roche n'est qu'un agrégat de plusieurs espèces de Madrépores , ou , plus exactement, de rochers de polypiers , .contre lesquels sont venus s'appliquer des bancs d'Huilres et des Encrincs , et dont les interstices ont été remplis par des fragmens d'êtres marins et par un limon calcaire qui s'est durci. La décomposition donne actuellement à ces couches des formes tout-à-fait grotesques ou une surface fort raboteuse. (i) yoycz le beau travail de M. Prévost sur la Wormandic , Annales des Scicncrs Naturelles, tom. I,j>. jif)."} ; et les Mémoires de la Soc. Linn. de Cacn , y. i. ( 3o6 ) Au-dessus de cette assise , d'une dixaine ou vingtaine de pieds environ d'épaisseur , se trouvent quelques lits de Calcaire compacte ou marneux , qui renferme des débris de Madrépores et de coquillages, et probable- ment là-dessus reposent les couches puissantes de Marne grise et bleuâtre, qui sont si bien exposées à la pointe de Chateillallion , car malgré leurs ressemblances avec certaines parties du Lias anglais , le manque de pétri- fications caractéristiques et leur place entre les Calcaires jurassiques très-récens et le Grès vert, laissent peu de doute sur leur place géognostique. Ces Marnes , plus ou moins endurcies , forment une masse à surface convexe , qui se trouve divisée en un grand nombre de lits. A la pointe de Chateillallion on peut compter au moins quatorze lits de Marne endurcie , alternant avec d'autres plus tendres , et çà et là l'on y aperçoit ^des coquillages et surtout des Bivalves. Sur elles repose une couche de Calcaire oolilhique et sablonneux blanc-jaunàlre , à Nummulites et coquil- lages , puis vient une, lumachclle à Huîtres crétées , à petites Gryphées ( G. auricularis , Bg. ), et à Trigonies , et enfin des Calcaires marneux à surface bosselée , qui indiquent déjà le voisinage du Grès vert, par des points verdàtres d'une substance ressemblant à la Chlorite terreuse. Dans le fond delà baie, entre les pointes de Chateil- lallion et de Fouras , l'on revoit , au lieu dit le Rocher, des masses de Calcaire lumachelle , et peu à peu l'on se trouve dans les sables , les Grès et les Marnes du Grès vert.' D'après les détails que nous veaons de donner sur la composition des bords du bassin du sud-ouest de la France , nous voyons évidemment que ce n'est qu'une (3o7 ) immense cavité entourée de Calcaire jurassique et for- mée , comme le bassin du nord de la France , par l'inclinaison opposée des masses de Calcaire des deux côtés du bassin ; en un mot , c'est une cavité qui n'est pas tant due à un creusement postérieur qu'à la con- cavité même des couches qui constituent son fond et qui ont dû. s* modeler sur la surface inférieure des roches , qui formaient entre les Pyrénées , le Limousin et la Vendée , le lit fort profond d'un bassin ou d'une grande baie. Sur le dépôt jurassique est venue se placer la Jbrmafib» crajeuse , qui , comme ailleurs , présente dans sa partie inférieure le terrain du Grès ou du Sable ferrugineux et vert (Iron et Green sand des Anglais), et est com- posée elle-même de Craie chloritée , de Craie grossière et de Craie proprement dite. Cette formation occupe une étendue considérable dans la partie nord du bassin, s'étend ïe long du Calcaire ju- rassique , le recouvre même souvent , surtout dans les départemens de la Charente et de la Dordogne , et vient se cacher sous les terrains tertiaires vers une ligne qui passerait environ par Mortagne , au nord de Mirambeau et de Contras, non loin de Bergerac, et qui traverserait la partie septentrionale du département de Lot-et-Ga- ronne , pour venir se terminer dans celui du Lot , au nord-ouest de Cahors. Mais dans ces deux départemens , diflTérens terrains tertiaires recouvrent très-souvent la Craie, en isolent des portions dans le fond des vallées et rendent très- diÛicile l'énuniération des lieux où elle se trouve. C'est encore moins aisé au. pied des Pyrénées , où la formation crayeuse no se trouve que çà et là dans le département ( 3o8 ; (les Landes et près de rembouchure de TAdoiir , et où ces couches , très-fortement inclinées ou même verti- cales (Bedat), indiquent Iqs pentes rapides qu'elles re- couvrent ou les boiileversemens qu'elles ont subis. Le long du reste des Pyrénées , et dans le fond du bassin , les terrains plus récens empêchent probable- ment de l'apercevoir ; cependant , d'après la constitua tien géologique des Landes et les espèces de hauteurs qui les traversent environ du sud sud-est au nord nord- ouest, il n'est pas impossible qu'avant le dépôt ter- tiaire , la Craie de Dax, etc. , ne formât une chaîne plus ou moins continue jusqu'à l'embouchure de la Garonne, et que c'est dans ce bassin crayeux presque fermé , que se sont déposés les terrains tertiaires. Celte formation ne présente dans les Landes que le Grès vert, la Craie chlorîtée et grossière, tandis que la Saintonge et le Périgord offrent la série de ces dépôts plus complète même que dans le nord de la France et l'Angleterre. Le Grès ferrugineux et vert y forme sous la Craie une bande continue, très-importante pour l'industrie des départemens de cette partie de la France ; ce terrain est composé de Sables , de Grès , de Marnes plus ou moins argileuses , et de dépôts de Fer hydraté et de Lignite s. Les sables sont quartzcitx et quelquefois micacés ou chlorités ; ils sont blanchâtres , jaunâtres ou ferrugi- neux et bruns-jaunàtres 5 ils sont agglutinés , çà et l.à , en Grès quelquefois assez grossiers et même assez fortement cimentés pour servir de pavé , comme les Grès de Jenssac, qui forment le pavé de Bordeaux. Ces roches renferment dans certains lits dss rognons ( 3o9 ) de Marne ou de fer hydraté , ou bien quelques traces de Ligniles quelquefois imprégnés de fer hydraté. Les carrières ou les escarpemens de ces Sables ont le plus souvent l'apparence des Sables tertiaires, supé- rieurs au gypse de Montmartre , comme , par exemple , les Sables qui sont à une lieue de Rocbefort et qui rap- pellent ceux du Mans. Les Marnes sont grisâtres , noirâtres ou jaunâtres 5 elles sont plus ou moins feuilletées et renferment sou- vent de petites particules d'une substance verte: on y trouve çà et là des lits bitumineux ou même des amas 4de Lignite, composés de Bois dicotylédons et de Plantes marines, et accompagnés de Pyrite blanche et de pro- duits siliceux ou calcédoniques. Ces Marnes passent à l'Argile schisteuse et alternent avec des Sables ou des Grès , comme cela se voit bien à la pointe de Fourras et vis-à-vis de l'Ile d'Aix. Dans la première localité , l'on voit sur le côté nord- est des Calcaires compactes jaunes , brunâtres , à débris de coquilles , former le toit supérieur de la formation jurassique, et à quelque distance de-là paraissent , à fleur de la mer, des couches presque horizontales de Marnes feuilletées grises-noirâtres , à parties verdâtres , à py- rites et à petits fragmens de Lignite. Le lit le plus in- férieur est extrêmement bitumineux et est couvert d'ef- llorescences d'alun -, c'est probablement presque le même que celui qui renferme, au port des Bagnes dans l'ile d'Aix, les bois bitumineux, pyriteux et siliceux, l'amas de Fucus fossiles ou de Tourbe marine de M. Fleu- riau de Bellevue , et les rognons d'une espèce particu- lière de Rctinasphaltc jaime-brunâtre et identique avec celle (le la Craie chlorilt-e d'Obora en Moravie. Ces Tome 111. ai ( 3to ) bois montrent qu'ils ont été long-temps sur le tivagc de la mer , puisqu'ils sont couverts d'Huîtres et do Serpules, et qu'ils sont percés de trous de Tarets, qui ont été remplis postérieurement par de la Pyrite blanche ou de la Calcédoine (t). Sur ces Marnes repose une couclie d'un Sable jau- nâtre ou blanchâtre, qtii est en partie agglutiné en un Grès qui oiTre la particularité qu'une partie de la por- tion supérieure de ses lits horizontaux a une incli- \ naison propre de quinze degrés au sud 5 et de plus ce Grès, à ciment calcaire, présente des concrétions en forme de choux-fleurs comme le Grès de Fontainebleau^ Quelques débris de Lignite existent aussi dans ces couches arénacées qui sont séparées par des Argiles mar- neuses , schisteuses , brunâtres , d'une masse de vingt pieds d'épaisseur d'un Grès jaunâtre, souvent sablon- neux et çà et là ferrugineux. Ce dernier dépôt , qui parait correspondre «lux Sables au nord de Rochefort , est recouvert, de même que ceux-ci, par une couche d'un Calcaire compacte , sa- blonneux , jaunâtre , qui renferme quelques Térébra- lules et des Bivalves indistinctes. Des dépôts semblables se voient , par exemple, près d'Angoulème et de Mareuil , où les Grès sont quel- quefois grossiers, très- ferrugineux , ou rougeàtres , et jaunes-brunâtres , et il reste à décider si les Grès assez semblables , accompagnés d'Argile rouge et jaune (1) Voyez pour plus de détails le Me'moire de M. Fleuriau de Bel- leviie. Serait-ce peut-être un dcpôt semblable, auquel appartiendrait la forêt sous-marinc à roseaux, à feuilles d'arbre» et à substances cal- cédoniques, découverte près de Morlaix, par M. de la Fruglaye? ( 3w ) et de Minerai de fer hydraté, qu'on rencontre près deThiviers et de Clerraont , appartiennent au Grès dont nous nous occupons, ou au Quadersandstein. Néanmoins il est certain que ces roches abondent dans le Périgord , dans le nord de l'arrondissement de Bergerac et de Sar- lat , comme à Quinsac , Villars , Saint-Crépin , etc. Elles renferment beaucoup de rognons et d'amas de fer hydraté , et dans certains endroits une grande abon- dance deboissilicifîéset percés de Tarets et de Fistulanes, comme à Saint-Apre, Mensignac , à Ville-Chalane , à Saint-Martial , entre ce bourg et Quinsac , dans la foret de Villambard, à Bussièi-e, à Varaignes , à Saint-Martin de Frcssingues et au lieu dit Charabor près de Sarlat , où on voit aussi des produits calcédoniques (i) et pyriteux , et quelques coquillages siliceux tels que des Olives. Ailleurs , comme dans le vallon de Pommier, en face de Proseau, près de Périgueux , on y. voit du charbon minéral dans un Calcaire bleuâtre , et les Cal- caires crayeux des mêmes contrées ont offert rarement de petits rognons de résine fossile, comme près de Chàleau- rÉvêque (a). Les dépôts de fer hydraté de cette forma- tion méritent une attention particulière , puisqu'ils ali- mentent beaucoup de forges et d'usines de cette partie de la France. Le fer hydraté est disséminé dans les Grès ou les Sables, où il s'y rencontre en rognons ou nids plus (i) Lorsque ces nids siliceux du Grès vert ou de la Craie sont co- loré» par du ter hydraté, ils rappellent quelquefois le Jaspe brun égyptien, et indiquent peut-être ainsi son gissement. (2) f^fiyez les inidressantes observations mine'raiogiques de M. Joiiaii- net, dans le Calendrier des corps administratifs , judiciaires et mili- taires du département de la Dordogne , 1810. 21 * ( 3.2 ) on moins gros 5 il forme des masses cellulaires et com- pactes ou des hématites , comme dans plusieurs localités du Périgord , à Fulgon et non loin de Fumel , dans le déparlement de Lot-et-Garonne. Sur ce dépôt se trouve la Craie grossière , qui forme aussi une bande traversant la France depuis Rochefort jusque dans le nord du département de Lot-et-Garonne , et on la voit reposer sur le Grès vert, soit à Fourras, soit entre Saint-Pierre et Charrois , près de Rochefort. Cette Craie grossière se présente sous un aspect un peu différent qu'autour du bassin du noi'd de la France et de l'Angleterre; elle office en général un Calcaire assez compacte, très-blanc, et rarement faiblement tachant. Cette roche a im grain plus ou moins grossier, et a l'air, au premier aspect, d'une singulière Oolithe indistincte et compâ!cte ; mais quand on vient à l'examiner avec atten- tion , on s'aperçoit que ce n'est véritablement qu'un agrégat de débris d'êtres marins , qui sont plus ou moins brisés en petits morceaux, et cimentés ensemble par un limon calcaire ou spalhique. Quand tous les in- terstices n'ont pas été ainsi remplis , la roche a çà et là des cellulosités. Dans le voisinage du Grès vert on y aperçoit aussi quelquefois quelques points verdàtres ou quelques écailles de mica. Les pétrifications intactes y sont rares et appartiennent surtout aux genres de fossiles les moins fragiles : ainsi on y trouve des Bivalves indistinctes , des Pétoncles , des Huîtres , de petits Peignes, des Térébratules (Fumel), des Trigonies et des Vis , et surtout dans certains bancs f une assez grande quantité de débris et d'individus en- (3x3) tiers de Sphérulites , de Caprines ( C. opposila d'Orbi- gny) (i) et d'Ichliosarcolites. Les Sphérulites occupent par leurs lames horizontales des étendues quelquefois très-considérables , et leur in- térieur est assez souvent rempli d'une marne terreuse , et les singuliers Ichliosarcoiiles ont de quatre pouces à un pied et demi de long. Ces restes organiques sont épars dans tout le dépôt, comme à Fourras , entre Rochefort et Tonuaint (Cha- rente ) , dans le Périgord , et à Fumel , dans le départe- ment de Lot-et-Garonne. Ce Calcaire est employé souvent pour les routes et pour la bâtisse , et il est même excellent pour les cons- tructions sous Teau , lorsqu'il est un peu grossier, comme celui des carrières de Saint - Savinien , qui rappelle certains Calcaires du Leithagebirge en Autriche. Celui qui est fin , comme la roche de Crasanne, est bon pour bâtir des maisons. La Craie proprement dite passe à la roche précédente au moyeu de couches intermédiaires qui , sans avoir la compacité des Craies grossières, se distinguent cepen- dant par le manque de cette cassure terreuse uniforme de la véritable Craie, qui parait restreinte à la Sain- tonge et au Périgord. Cette roche est divisée comme la précédente , généra- lement en lits presque horizontaux et quelquefois on- dulés ; elle abonde , comme partout ailleurs , en Silex pyromaque et corné (Ilornstein), qui paraissent presque entièrement manquer dans les assises de la Craie gros- (i) yoyet Annales du Musëiim. (3.4) sière , et qui y sont irrégulièrement disséminés ou en espèces de bandes interrompues. Les pétrificalions de la Craie sont abondantes et en partie siliceuses ; ainsi Ton trouve , soit dans la Saintonge, soit dans le Périgord, une grande abondance de Sphé- ruliteset d'Alcyons siliceux, et Tony voit distribués irré- gulièrement des Madrépores, desFlustres, des Gorgones, des Ortbocéralites , desHuitres, des Peignes (Saintes) , des Plagiostomes ( P. Spinosa ) , etc. ( Saintes ) , des Térébratules , etc. Des Oursins et des Nummulites s'y rencontrent à Talmont , près Royan à l'embou- chure de la Gironde, des Cyclolites silicetwt à Cendrieux près de Vergt , et dans le lit de la Double , près de la source de la Lucre dans le Périgord , et peut-être des Hamites , suivant M. Jouannet , à Saint-Jean-de-Cole (i). Sur le pied des Pyrénées , dans le département des Landes (2) , le G/'è^'yerf ne se montre que çà et là dans le fond de quelques vallées , comme dans celle de Gabas près de Sainte-Marie, et, suivantM. Dufour, à Gambon et Mugron. Il est composé de gros grains de Quartz et à particules vertes disséminées , et il est çà et là très- forteraènt cimenté, comme le Grès des paveurs du Mans et de La Flèche, (1 ) Voyez Calendrier , etc. , du dei>artement de la Dordogne, 1820, (3) C'est avec le plus grand plaisir que je reconnais ici combien m'ont été utiles, dans ce département, soit les renseignemens des savans et obligeans docteurs Grateloup et Dufonr , soit la vue de la précieuse collection de INI. de Borda à Dax; tout ce que je dis de cette contrée, est connu de ces Messieurs, mais faute d'avoir fait de la géologie une élude particulière , le^classement des objets leur devenait quelquefois difficile ; j'aurais bien à me féliciter de mon voyage, si ce faible essai pouvaitjconhibuer à diminuer leur embarras et nous procurer bientôt une description détaillée de cet intéressant pays. ( 5'5 ) Cette agrégation particulière et irrégulière fait qu*il ne reste quelquefois de ces couches détruites que quel- ques blocs épars qui , entourés çà et là de terre végé- tale ou de champs , ont l'air de monumens druidiques ou de blocs roulés comme les roches primitives sur le Jura. Ce fait se voit bien dans la vallée de Gabas. Les Sables ferrugineux ne s'y laissent pas apercevoir, et en général il paraît que la Craie chloritée , plus ou moins mélangée de parties sablonneuses , remplace dans cette contrée une portion de ce dépôt; du moins cette assise particulière de la formation crayeuse , ressort daiis un grand nombre de points sous les recouvremens ter- tiaires. Ainsi on voit de la Craie chloritée au nord e •• à l'ouest de Coudure , dans la commune de Sainte- Colombe , à Aires-, à l'entrée du chemin de la Hon- tanuette, près de Bastènes , à Baiglz, à Lahosse , à Lour- quen , à Mugron , à Montfort, à Nousse , à Ozoure , à l'Esperon , à Talamon , à Bedas ( trois métairies sur l'Adour, entre Tercis et Dax ), à Tercis , à Pouillon , à Biodos et entre Saint-Jean de Marsacq et Saint-Vincent. Dans plusieurs de ces localités , la Craie chloritée est en partie employée à la bâtisse , et en partie exploitée comme Marne pour l'amendement des terres , comme dans la superbe carrière de Tribaix , dans la commune de Sainte-Colombe , où l'on peut compter au-delà de douze altcrnations de Craie chloritée assez compacte, et de Craie marneuse chloritée, et où abondent les Crabes , les Kchinites, les Nautiles, les Térébratules ( 7\ sub- stiiala Schl. , Defranci, Bg. ) , les Plagiostomes(P. spi- .noiaSow., les petites et grandes Huîtres ( O. vesicu- /rtmLam.), et quehiues autres Bivalves et Uni valves tur- riculées , en particulier une Dnivalvc voisine d'un Buccin. ( 3i6) Dans la carrière de pierre à bâtir près de Bedat, non loin de TAdour , Ton voit alterner de même plusieurs couches semblables qui sont remplies de Clypéastres bom- bés , de Cassidules , de Plagiostomes (P. spinosa Sow.), des Madrépores, etc. Elles sont placées verticalement à côté de couches jurassiques semblablement situées , et n'en sont séparées que par un lit mince d'Argile -, c'est un bel exemple du renversement d'une grande série de couches. Ce dépôt est en général riche en pétrifications , tant zoophytiques que de la classe des Mollusques , des Crus- tacés , et même rarement de celle des Poissons , dont des dents et des impressions y ont été trouvées aux envi-' roos de Saint-Séver. On y rencontre aussi des petits amas ou lits de Lignite, ou des bois bitumineux percés, comme à l'ile d'Aix, de trou deTarets, comme cela se voit à Saint-Jean de Mar- saeq , près de Saint-Vincent, de Tercis et au pont de Brinx , et même on y trouve , rarement , la résine fossile et les produits calcédoniques de la Saintonge , comme près de Pouillon. Enfin des Silex cornés (Hornstein) oupyromaques ne s'y voient que rarement , comme , par exemple , dans une couche de Bedat et à Aires , près de Saint-Séver , où l'on voit reposer sur une Craie chloritée durcie , verte , bleuâtre , une Craie blanchâtre , peu chloritée et à silex , et une Craie marneuse blanche à silex corné et pyromaqne. Outre la Craie chloritée , le département des Basses- Pyrénées présente çà et là ( Baigtz près d'Orthes ) des Calcaires marneux assez schisteux et noirâtres, dans lesquels abondent les Orbitolitcs , et le département des (3i7 ) Landes offre encore çà et là des masses de Craie ou plutôt de Calcaires compactes crayeux à Nummulites, à Madrépores , à Serpules et à Peignes , comme dans les communes de Monifort , de Gamarde , de Lahosse , de Baiglz ; dans la lande de Bergoucy et entre Donzat et Bastènes , au pont de Brinx près d'Orlhes. A un quart d'heure au nord-ouest de Bastènes, l'on voit paraître, à côté des Marnes bigarrées à Gypse et à Arragonites , une petite masse de Craie proprement dite , qui renferme des Silex cornés et pyromaques , et qui , par sa position , semblerait supérieure au Calcaire à Nummulites. Du reste , toutes les portions de Craie sont si mor- celées dans le département des Landes, et se trouvent si singulièrement placées , soit à côté du Grès bigarré et du Calcaire jurassique , soit près du Calcaire grossier ter- tiaire et des Sables tertiaires supérieurs , que ce n'est que par analogie et par les pétrifications qu'on peut par- venir à classer ces masses. ( La suite au prochain Numéro. ) Esquisse d'une distribution générale des Mollusques , d après un ouvrage inédit, intitulé : Familles Naturelles du règne animal , exposées succinctement et dans un ordre analytique , avec l'indication de leurs Genres ; Par m. Latreille, ( De l'Académie royale des Sciences, etc.) B Lacécité de M. le chevalier de Lamarck, événement qui ^k eut affligé le simple ami de l'humanité , mais bien plus ^Hdéplorablu par ses suites pour l'ami des sciences nalu- I ( 3i8 ) relies, l'a obligé de me confier la tâche honorable de le remplacer dans l'enseignement public. Afin de répondre de mon mieux à ce nouveau témoignage d'estime et d'amitié, il m'a fallu détourner mon attention des ob- jets dont je m'occupe habituellement pour la porter sur d'autres , tels que les Mollusques , les Annelides , les Radiaires, etc., avec lesquels j'étais peu familier. Sans vouloir m'élever au-dessus des fonctions d'interprète , et toujours pénéti'é de l'idée que je n'étais que l'organe de ce célèbre professeur , je devais néanmoins chercher, par de nouvelles études et la méditation des meilleurs ouvrages traitant de ces animaux , à suppléer , par des développemens et des commentaires , à la concision des leçons écrites que je donnais eu son nom aux élèves. Sans parler de son excellente Histoire des Animaux sans vertèbres, qui en formait la base, j'avais pour moyens auxiliaires le Règne Animal, distribué d'après son organisation, par M. le baron Cuvier, ouvrage éminem- ment classique , ses beaux Mémoires sur les Mollus- ques, ceux de MM. Savigny etBlainville, d'autres ti'avaux importans , tels que ceux d'Adanson et de MM. Poli, Férussac , Sowerby , Roissy , Lamouroux , Rudolphi , ainsi qu'un grand nombre d'autres , qu'il serait trop fastidieux de citer ici. Mais une vérité qui me parait incontestable , c'est que vu les immenses progrès qu'ont faits, dans ces derniers temps, les sciences naturelles, l'exposition de ce dédale effrayant- de genres et de sous-genres , résultat de la rapidité d'une telle impul- sion, est incompatible avec un cours élémentaire et de peu de durée ; et qu'il faut se restreindre à présenter aux étudians les coupes principales. Ne voulant pas courir les risques de m'égarer dans ce vaste labyrinthe , ( 3i9 ) dont les ditEcultés sont d'autant plus grandes que la synonymie en est un elle-même , je me suis attaché à bien connaître les groupes les plus importans , en des- cendant graduellement des premiers, ou des classes , aux tribus et à leurs divisions les plus remarquables. Ajoutant aux données que j'avais ainsi acquises sur les Animaux invertébrés et inarticulés , celles que j'avais déjà sur les autres invertébrés , et dont j'augmente cliaque jour le nombre , soit par mes propres obser- vations , soit par la connaissance de celles des autres entomologistes , j'ai rédigé , pour tous les Animaux sans vertèbres , un prodrome général. Des motifs exposés dans l'ouvrage annoncé par le titre de ce mémoire, m'ont déterminé à réunir à ce prodrome un tableau des Animaux supérieurs , exécuté sur le même plan , et qui fait de ce livre un programme général de zoolo- gie. L'exemple d'une application partielle de mon travail, et ayant pour objet les Mollusques , envisagés sous l'ac- ception générale que M. Cuvier donne à cette dénomi- nation , pourra faire connaître d'avance ce que le public a à eSpérer de moi , par la mise au jour de cette produc- tion, et relativement aux classes dont je m'étais peu occupé. Pour éviter l'équivoçjue , qui résulte de la diversité d'emplois de la dénomination de Mollusques , peut-être serait-il à propos de la remplacer par celle d'Animaux à manteau ou mantelcs , palUata, puisque cette expan- sion dermique de l(?ur corps est l'un des caractères es- sentiels de leur organisation extérieure.. Ces Animaux forment dans ma distribution générale la première division , ou race de ma seconde (i) grande coupe des Animaux, celle que j'appelle Céphalidicns, Petite- 'i) La prcmicre est celle des Spini-tcïébraux ou vertèbres. ( 3ao) Tête , attendu qu'ils n'ont plus qu'un encéphaloïde , composé d'un à quatre ganglions nerveux pro - œso- phagiens , et qu'ils manquent de cerveau et de cer- velet. Les Zoophytes de M. Cuvier et ses Mollusques acéphales sans coquilles forment ma troisième et der- nière grande division du Règne Animal , celle des Acé- phales. Ici, lors même que les nerfs sont distincts, il n'existe plus d'cncéphaloïde ou de ganglions nerveux pro-œsophagiens. Celui que l'on a découvert dans les Mollusques acéphales précités , ou les Tuniciers de M. deLamarck, est sous-oesophagien, et ce qu'on ap- pelle ici bouche est simplement le pharynx. Quoique la distribution des Mollusques de ce savant naturaliste ,et celle que M. Cuvier a donnée des mêmes animaux , présentent quelques dillérences , leur série , cependant , à un petit nombre d'exceptions près , est presque identique : je fais abstraction des tities et des dénominations des coupes. Quelques considérations ana- tomiques, et plus spécialement les variétés du mode de réproduction , dont M. de Lamarck n'a pas toujours fait usage , quelques divergences encore dans l'applica- tion de certains caractères extérieurs , ont produit les disparités des deux méthodes. C'^st ainsi , par exemple, que pour n'avoir pas tenu compte des organes généra- teurs , M. de Lamarck a placé à la suite des Gastéro- podes nudibranches et inféro-branches de M. Cuvier, les Cyclobranches et une portion des Scutibranches, Mol- lusques terminant dans la méthode de celui-ci sa classe des Gastéropodes, et immédiatement suivis des Acé- phales ou des Conchifères de M. de Lamarck. S'il était possible d'établir une transition entre les Poissons et les Mollusques , les Céphalopodes, ainsi que le montre la \ (321 ) supériorité de leur organisation sur ces derniers ani- maux , nous fourniraient ce chaînon ; ces rapproche- mens ont été l'objet de l'un de mes Mémoires. M. de Lamarck, attachant plus d'importance à quelques carac- tères extérieurs des Mollusques qu'il nomme Hétéro- podes , a jugé qu'ils se rapprochaient davantage des poissons ; mais toujours fait-il venir immédiatement après eux les Céphalopodes. Ceux-ci, dans l'ordonnance méthodique de M. Cuvier , sont suivis de Ptéropodes. L'autre professeur , négligeant encore la considération des organes sexuels , et voyant que dans quelques-uns de ces animaux, comme les Hyales , la tète n'était plus distincte , caractère propre aux Acéphales ou Conchi- fères , a pensé que les Ptéropodes étaient intermédiaires entre ceux-ci et les Trachélipodes , qui sont des Gasté- ropodes pour M. Cuvier. C'est néanmoins sur des bases anatomiques et de première valeur que repose la clas- sification de M. de Lamarck. Il s'est ensuite plus parti- culièrement attaché à l'examen de la coquille, et de manière que dans la plupart des cas l'on puisse arriver à la détermination des genres , par la seule étude de ce corps tcstacé, et sans que les rapports naturels soient offensés. Afin de suppléer à l'impuissance où l'on est, la plupart du temps , d'observer l'habitant de la co- quille , il a donné une autre méthode , uniquement fondée sur ce moule extérieur du corps de l'animal. C'est aussi ce qu'a fait un autre naturaliste , dont l'ou- vrage , en latin et danois , est peu connu, M.Schu- macher. Mais cet estimable auteur parait avoir perdu de vue que , dans les méthodes artificielles même , il faut lâcher de s'éloigner le moins possible de l'ordre naturel , et que dans le cas dont il s'agit, rorganisation ( 3aa ) da Mollusque doit toujours servir de boussole : sans cela, l'on confond des tests de Cirripèdes , d'Annelides et d'Ecliinodermes avec celui des Mollusques , ou on prend pour une Coquille une peau osseuse , et on rap- proche des objets très-disparates. Aux genres déjà pu- bliés , ce naturaliste ne a ajouté de nouveaux , et que l'on retrouve dans des ouvrages postérieurs , sous d'au- tres dénominations -, c'est ce qui m'a déterminé à donner la correspondance de sa nomenclature géné- rique avec celle de M. de Lamarck. M. Turton , na- turaliste anglais , dans sou ouvrage sur les Coquilles bivalves de la Grande-Bretagne, n'a pareillement em- ployé que le test pour signaler ses coupes génériques. Dans sa distribution générale des Mollusques , faisant partie des quatorzième et quinzième livraisons de son magnifique ouvrage sur les Mollusques terrestres et lluviatiles , M. le baron de Férussac suit une marche parfaitement régulière , puisqu'elle est toujours établie sur l'organisation de ces animaux , et que les carac- tères tirés de la coquille ne sont que secondaires. Sa méthode, au surplus, quant aux Mollusques marins, ne dilîère guère de celle de M. Cuvier, qu'en ce qu'elle est moins simple et accompagnée d'une synonymie très- étendue. Ayant donné trop de latitude à ses familles, les signalemens que lui fournit la coquille sont for- cément trop généraux et peu déterminés 5 et ceux qui viennent en première ligne étant censés non avenus , puisqu'on ne possède point , le plus souvent , l'animal , cette méthode ne peut être , telle qu'elle est présentée, d'un grand secours pour le conchyliologiste. Ces remar- ques ne s'étendent point aux Gastéropodes terrestres et fluviatiles , personne ne les ayant mieux étudiés que lui , ». \ ( 3^3 ) cl n'en possédant une collection aussi considérable en es- pèces et en variétés. Nous croyons pouvoir ajouter que ce savant aurait dû employer, dans ses caractères, des parties de l'animal, autres que celles dont il se sert ordinaire- ment, telles que les tentacules , les yeux et quelques autres. C'est exclusivement sur la connaissance appro- fondie et complète de l'organisation des Mollusques , et dont les Mémoires de M. Cuvier nous offrent le modèle, que l'on pourra établir des genres bien naturels. De cette connaissance seule dépend encore l'explication de la variété de formes des coquilles ou de la corrélation du moule avec l'objet moulé. Si à l'égard du genre Scarabée de Linné, l'on s'en fût tenu aux caractères qu'il lui assigne , dans quel embarras ne serions-nous pas aujourd'hui pour signaler les neuf cents à mille espèces, dont, d'après ses principes , il se compose maintenant ; pourquoi le genre Hélix de M. de Férussac ne serait-il pas aussi une famille ou une sous-famille ? Je ne doute pas qu'une étude profonde et détaillée de divers organes des Mollusques , auxquels jusqu'ici on a donné peu d'at- tention , n'eût fait connaître les rapports de ces parties avec les formes de la coquille. Ces caractères , inaperçus jusqu'ici , auraient consolidé l'établissement de ces coupes , qualifiées du titre de genres par les plus ha- biles naturalistes, et qui ne sont plus que des sous- gcnrcs pour M. de Férussac. Voulant soumettre la no- menclature à un système raisonné , il a changé toutes leurs dénominalioq|. Mais en rendant justice aux ta- lens et aux bonnes vues de cet auteur, j'ai peine à me persuader que ce néologisme puisse prévaloir sur les habitudes mémoriales , qui opposent un si grand obstacle n ces sortes de réformes. Il en sera probablement ainsi ( 3=4 ) de la nomenclature d'un célèbre zootomiste , qui , après MM. Cuvier et Poli , connaît le mieux l'anatomie des Mollusques, M. de Blainville. Il nous est permis, d'a- près ce qu'il a déjà publié sur eux, de présumer que l'ar- ticle du Dictionnaire des sciences naturelles , relatif à cette division zoologique et dont il est chargé , sera l'un des plus riches en observations et une mine fé- conde pour le conchyliologiste. Admettant , à l'exemple de M. Cuvier , le mode de reproduction des Mollusques , comme l'un des élémens essentiels de leur classification , je partage d'abord ces animaux* en deux premières coupes ou branches ; les Phanérogames, ou ceux dont les deux sexes sont bien dis- tincts , où celui du mâle s'annonce par la présence d'un organe copulateur , tantôt solitaire , tantôt réuni avec celui de la femelle sur le même individu ; et en Agames , ou ceux qui offrent un tel assemblage , mais sans organe propre à la copulation. Dans les premiers , la féconda- tion nécessite l'accouplement; les seconds se fécondent eux-mêmes. Ces combinaisons et les services variés des organes générateurs ont été employés avec un grand avantage par M. Cuvier , dans l'exposition des carac- tères des coupes principales de son embranchement des Mollusques , et je ne fais ici que généraliser l'applica- tion de ces moyens. Les Gastéropodes scutibranches et cyclobranches de ce savant étant Agames devront , d'a- près ma division , sortir de cette classe et en former une autre , que je nommerai Peltocootlides , coquille en forme de bouclier, soit qu'elle soit d'une seule pièce , comme dans la plupart ; ou de plusieurs et en forme de cuirasse , comme dans les Oscabrions; Les Sigarets sont si voisins des Haliotides que M. de Lamarck les met dans ( 3x5 ) la même famille , celle des Macroslomes *, que dans la méthode de M. Cuvier ils terminent les Pectinibranches, et que les Ormiers ou Haliotides sont le premier genre de l'ordre suivant, celui des Scutibranches. Les Sigarets ayant les sexes séparés ou étant Dioïques(i) , il s'ensuit que dans un ordre naturel tous les Gastéropodes , pareil- lement Dioïques , doivent précéder immédiatement les Sigarets , et ce caractère est en effet commun à tous les Pectinibranches. Le genre Yet d'Adanson , réuni avec les Volutes par M. de Lamarck , paraît à M. deFérussac être le plus voisin du précédent ^ mais comme dans l'animal des Sigarets le manteau est ample et qu'il renferme sa co- quille, les Porcelaines et les Ovules, et tous les autres genres où les lobes du manteau, ou du moins l'un d'eux , recouvrent à un certain âge la coquille, me semblent s'en approcher davantage. De-là , j'ai dû , en remontant , passer naturellement à des genres de coquilles enroulées , et arriver graduellement aux Pectinibranches dont le man- teau ne forme plus de siphon et où la coquille est cons- tamment accompagnée d'un opercule. Dans la méthode de M. Cuvier le G. Strombc de Linné , ou la famille des Ailées de M. de Lamarck, précède immédiatement les Sigarets. De tous les Mollusques phanérogames, les Céphalopodes et les Pléropodcs sont les plus favorisés sous le rapport de la faculté locomotrice. Des tentacules couronnant leur tète , ou des nageoires situées de chaque coté du cou, leur donnciu la facilité de nager. L'absence d'un (i) Les Entozods no(|| offrent aussi des Phancrogames dioïques j les autres sont Agamcs , et soit Androgynes , soit Agença , ou sans sexes distincts. Tome III. 22 / ( 6i(i ) pied ventral les distingue en ouire des antres Mollusques phanérogames. Ils fornieront une première section, celle des Plérygiens , que l'on pourrait aussi nommer Apo- gastres . ventre sans pied, par opposition aux Gasté- lopodes. On a d'abord partagé la classe des Céphalopodes en deux ordres, les Décapodes et les Octopodes. M. Gray en a depuis forme un troisième, celui desNautilophores, composé seulement du genre Nautile. Ces Céphalopodes paraîtraient en eflet s'éloigner des autres par leurs ten- îacules beaucoup plus nombreux et sans suçoirs ^ maisnous u'avons point à cet égard d'obs"ervations bien positives. Je divise les Décapodes en deux familles , les Poly- ihalamts et ies Entérostés, ou ceux qui , comme les Seiches , les Calmars, etc. , ont un osselet intérieur. La première se subdivise en quatre tribus ou sous-familles : 1° les Orlhocéiates ; 2° les Polycycliques ou les Spiru- lites et lés Ammonites; 3° les Nauiilites , dont l'ordre établi par M. Gray fait partie ; 4° ^^^ Milléporites. Je crois être parvenu, en muilipliaut les divisions et subdi- visions , à exposer clairement les genres ou sous-genres de Deuvs de ÎMontfort , qui se rapportent distincte- ment à cette famille. Les Octopodes se composent aussi de deux familles , les Acochlides ou ceux qui n'ont point de coquilles, et les Cvmbicochlides , dans laquelle, d'après mie re- marque de M. Defrance , je place , outre les Argo- nautes , le génie Bellérophe du naturaliste précédent. La classe des Ptéropodes est formée de deux ordres , les Mégaplérygiens et les Microptérygiens. Celui-ci ne comprend que les genres Pneumoderme et Gastéro- ptèrc. L'autre se partage en deux familles, les Procé- ( 327 ) p4iales , ayant eu tête le genre Limacine , el les Cryp- tocéphales , n'oflfrant que celui d'Hyale. La seconde section dos Mollusques phanérogames, celle des Aptérygiens, embrasse la classe des Gastétopodes de M. Cuvier, sauf, ainsi que je l'ai dit plus haut, les deux dernieis ordres , savoir , les Scutibranchts et les Cyclo- branclies. Parmi les Gastéropodes , les uns sont Hermaphrodites et les autres Dioïques. Là comme ici la respiration s'o- père de deux manières 5 par des bi^aucliies ou par des pneumo-branchies , c'est-à-dire des sortes de branchies aériennes , faisant l'office de poumons , à raison de leur communication immédiate avec le fluide respirable. Les Gastéropodes hermaphrodites respirant l'eau ou pourvues de branchies se diviseront en trois ordres , comme dans la méthode de M. Cuvier : i« les Nudi- branches , qui se composent de trois familles , les Uro- branches , commençant par le genre Carinaire ; les Séri- branches ou Tritoniens de M. de Lamarck , et les Phyllobrauches , où je place les Glaucus , les Eolides et les Tergipes de M. Cuvier. 2°. Les Inféi'obrauches , par- tagés en deux familles, celle des Rifaribranches , formée des genres Phyllidie et Diphyllide ; et celle des Una- branches, ofliantceux des Pleurobianche.Liuguelle, etc. 3". Les Tectibranches , constituant pareillemeat deux familles, les Tent..culés et les Acères. Viennent ensuite les Hermaphrodites respirant l'air di- rectement , et formant l'ordre des Pulmonés de M. Cuvier. Si l'on en retranche notre première familh' , celle des Nu-Limaces, cet ordre , réuni aux deux suivans et à quelques «Scutibranchcs , compose celui de Trachéli- podesde M. de Laaiarck. Les Gastéropodes hermaphro- 22* ( 3i8 ) dites respirant par des branchies ou nos trois premiers ordres , les autres Sculibranclics et les Cyclobranclies ensuite, forment seuls dans sa mélliode l'ordre des Gas- téropodes. Je partage celui des Pulmonés en trois familles , les Nu- Limaces , les Géococlilides et les Limnocochlides. Celle des Auricules de M. de Férussac rentre dans celle-ci , et en forme la pi'emière division. Il a établi avec les Cyclostomes et les Hélicines, un nouvel ordre , celui des Pulmonés operculés , ou de Phahéropneumones de M. Gray. Aucune de ces dénominations n'étant conforme aux règles de l'art, je leur ai substitué celle de Pneumopo- mes , formée de deux mots grecs , poumon , opercule. Cet ordre est le premier des Gastéropodes dioïques, et si l'on en excepte l'organe respiratoire , il se rattache par tous les autres rapports à la famille des Turbines de l'ordre suivant, celui des Pectinibranches : on peut donc le considérer <;omme en étant un appendice latéral : c'est donc encore parles Turbines et autres Mollusques analogues que nous devons ouvrir l'ordre des Pectinibranches. Les uns , et qui en composent la presque totalité , ont la coquille extérieure ; ils formeront une première section , celle des Gvmtiocochlides ou Coquilles nues. Nous la partage- rons , ainsi que l'ont fait MM. de Lamarck , Cuvier et Férussac, en deux divisions principales , ayant pour ca- ractères l'absence ou la présence d'un siphon produit par le prolongement antérieur du manteau , caractère exprimé sur la coquille par la dilatation rostriforme ou l'échancrure de sa base. La famille des Péristom'iens de M. de Lamarck se lie avec celle des Turbinécs , qui mène à celle des Tro- choïdes. Le genre Monodonte terminant la dernière , ( 329 ) uous conduira aux Néritacés , qui seront suivis des Mélanides et des Plicacés. Les deux genres de celte dernière famille , savoir les Tornatelles et Pyramidelles, on.t été placés par M. de Férussac , mais dubitativement , dans celles des Auricules. Il distingue la famille des Troçhoïdes ou Toupies de celle des Turbinacées ou Sabots par le nombre des tentacules de ces Mollusques. Ceux de la dernière en animaient deux et les autres quatre. Mais M. Cuvier remarque, dans son Anatomie des Haliotidcs , que deux de ces tentacules , dans ceux qui paraissent en avoir quatre , ne sont que des pédi- cules (/culaires. C'est plus spécialement sur la forme du manteau , tantôt simple , tantôt garni sur ses bords de lanières , que doivent porter les caractères. Ils n'a- vaient pas échappé à Adanson , et nous voyons ici la preuve de ce que j'ai avancé plus haut , que les signale- mens génériques doivent embrasser toutes les parties de l'animal. Des Mélanides et des Plicacés , nous passerons aux genres Potamide et Cérite , qui seront les premiers, de la famille des Fusiformes. Avec elle commence la série des Pectinibranches , dont le manteau se prolonge an- térieurement en manière de siphon. Vient ensuite la famille que Je désigne par la dénomination de Variqueux, et qui se compose d'une grande partie du genre Murex de Linné. Succèdent les Cassidites, les Doliaires, les Buc- cinides , les Subulés , les Columellaires et les Conoïdes Nous arrivons par les derniers aux Pectinibranches , dont la coquille , toujours adermiquc ou sans épidcrmc , ejt enveloppée avec l'âge par les lobes du manteau ou par l'un d'eux. Ils forment deux petites familles , les Oli- ( 33o ) vaires et les Ovoïdes , qui rentrent dans celle des En- roulées de M. de Lamarck. Nous atteignons maintenant les Pectinibranches , dont la coquille est intérieure; ils composent notre seconde section , celle des Cryptocochlides. Le genre Sîgaret est le type de la seule famille qu'elle comprend , celle des Macrostomes , nom emprunté de M. de Lamarck. Les Haliotides et les autres genres qui en dérivent , réunis par ce naturaliste avec les Sigarets , dans sa famille des Macrostomes , devant en être séparés , en formeront une autre , celle des Auriformes. Ici finit l'ordre des Pectinibranches et la série des Mollusques phanérogames. La seconde branche , celle des Agames , se partage en deux sections, les Exocéphales et les Endocéphales. La première forme la classe des Peltocochlides , divisée en deux ordres, les Scutibranches et les Gyclobranches. Celui - là comprend la famille des Auriformes et celle des Piléiformes ; celui-ci en présente deux autres , les Scutiformes et les Lamelles ou les Oscabrions. ( La section des Endocéphales est composée de deux classes : celle des Brachiopodes , qui', au moyen des Té- rébratules , dès Orbicules et des Cranies , nous paraît , ainsi que l'avait déjà pensé M. de Lamarck , se lier , par les Ostracées , avec les Conchifères , ou les Acéphales de M. Cuvier. Les deux bras charnue qui forment l'un des caractères de cette classe , nons semblent être les ana- logues des tentacules de la bouche des Mollusques de la dernière. Les Brachiopodes sont divisés en deux ordres , les Pé- doncules et les Sessiles. La coquille de ceux-là est équi- valve ou inéquivalvc ; tel est le signalement des deux ( 33i ) familles désigoées de la même manièi« , qui composent, ce premier ordre. Les anciens ayant affecté la dénominaiion de Cochlœa aux coquilles nnivalves el contournées , et celle de concha anx Coquilles bivalves , le nom de Conchifèjes donné par M. de Lamarck à la classe des Mollusques que M. Cuvier avait établie et appeléeCA.cépbales , convient très-bien à ces animaux. Nous le préférerons d'autant mieux que la dénomination d'Acépbales ne s'applique rigoureusement qu'aux animaux de notre troisième divi- sion générale , et que nous les désignons ainsi. M. Cuvier partage ses Acépbales tesfacés en cinq fa- milles. Les trois premières sont pour nous autant d'ordres particuliers •, les deux dernières en forment un autre. Le premier ordre , celui des JManteaux- ouverts , patuli- palla , se divise en detix sections : les Mésomyo- nes , ceux dont la coquille n'offre qu'ujie stulc im- pression musculaire et presque centrale , ou située du moins dans une ligne abaissée perpendiculairement de la charnière •, et les Plagimyones , ou ceux dont la co- quille présente deux impressions analogues, l'une anté- rieure et l'autre postérieure (i). Il résulte des observa- lions de M. Cuvier, que plusieurs Coquilles de la divi- sion des Monomyaires de M. de Lamarck ont réellement deux muscles ; mais l'impression que leur allacbc laisse sur les valves n'en est pas moins placée dans la ligne médiane de leur face interne. Si leur muscle conslric- leur CM plu'j prononcé ou plus robuste , les (Jeux cnfon- (i) Le côt<5 de la cqquille qu'on a coutume dénommer antérieur, est au contraire le postérieuc et vice versa; il el^t. fallu mettre sa si- tuation en rapport avec la direction du corps de l'animal', et c^cst c.>: (|uc n'ont point fait la plupart de» naturalistes. ( 33. ) cemens sont alors éloignés de cette ligne. Tels sont les motifs qui m'ont déterminé à remplacer les mots de Mo- nomyaires et de Dimyaircs par ceux de 'Mésomyones (muscle médiaire ), et Plagymyones (muscle latéral). Notre première section est composée de trois familles : les Oslracés, les Pectiuides et les Oxygones ( les' genres Peme , ^faîteau , ^vicule , etc. ) j la seconde rc'en com- prend cju'nne , celle des Arcacées. Désormais la coquille sera toujours plagymyone. Le second ordre , les Man- teaiix-biforés , Biforipalla , renferme les Mytiiacés et les Nayades. Le troisième , celui des Manteaux-triforés , Trifoiipalla, les Tridacnilcs ou Bénitiers. Le quatrième, les Manteaux-tubuleux, TubîpaUa , est divisé en deux sections, les Uniconques et les Tubicoles. Je relègue à la fin des Uniconques , et au moyen de caractères divi- sionnaires , les Myaires , les Solénides , familles compo- sant, avec les Tubicoles, celle des Enfermés de M. Cuvier. En remontant à l'autre extrémité du même ordre, je débute par les Camacés , dont la coquille est distincte de celles des familles suivantes , en ce qu'elle est irré- gulière et fixée par l'une de ses valves. Je passe ensuite , ainsi que le. fait M. de Lamarck , aux familles dont la coquille n'a qu'un ligament, et qui est toujours totale- m.ent extérieur. Se présentent d'abord les Cardiacés , et ensuite les Conques ; la charnière des conques fluviatiles étant sujette à des anomalies , tandis que celles des es- pèces marines est généralement constante , et que l'une de leurs v*lves au moins ollVe toujours trois à quatre dents cardinales, nous avons isolé ces Conques marines ; elles forment la famille des Vénérides , et les autres celle des Cycladines. Le mode d'habitation de celles-ci, indiqué d'ailleurs par le faux épiderme de leurs coquilles, ( 333 ) servira à les distinguer des précédentes et de quelques autres Conchifères avec lesquels on pourrait être exposé à les confondre. La famille des Vénérides , ainsi cir- conscrite , est alors bien distincte de la suivante , celle des Tellinides. Ici chaque valve de la coquille ou l'une d'elles offre au plus deux dents cardinales. Cette coupe embrasse les Lithophages et les Nymphacées de M. de Lamarck. Nous passons ensuite aux familles où le liga- ment de la coquille est tantôt unique, mais en partie extérieur et en partie intérieur , tantôt double , et dont l'un est externe et l'autre interne. Ces familles sont au nombre de trois : les Corbulés , les Mactracés et les Ampbidesmiles ou Lavignons. Celle-ci nous conduit aux Myaires , qui entraînent à leur suite les Solénides et les Pholadaires. La section des Tubicoles , et qui sont en quelque sorte des Diconques , se compose dés genres Taret, Fistulane et autres analogues. Je n'y forme qu'une famille, celle des Térédinites. Telle est la marche analytique de notre classification des Mollusques. La méthode, naturelle est si avancée à cet égard , et la distinction des groupes principaux est si bien établie , que tous les perfectionnemens dont leur distribution générale est susceptible se réduisent à une exposition plus simple et plus nette des caractères de quelques-uns d'entre eux et à quelques changemens dans leur ordonnance. Si l'on en excepte en effet quel- ques transpositions dans l'ordre des Pectinibranches , la conversion des Scutibranches et des Cyclobranches en une classe, et le déplacement des Brachiopodes et des Acéphales sans coquilles , la série des Mollusques que j'ai présentée est en harmonie parfaite avec celle donnée par M. Cuvier. J'ai essaye de combiner sa mé- ( 334 ) thode avec celle de AI. de Lamarck. La première m'a fourni le plan , et la seconde les détails. Celle-là suppose des observations anatomiques très-délicates , celles , par exemple , qui sont relatives aux organes de la généra- tion ; celle-ci les exclut , et si elle emploie les parties extérieures de l'animal , la coquille supplée le plus sou- vent à l'impossibilité où l'on est de les connaître. Aussi" cette métbode, moins naturelle dans quelques points, plus naturelle dans d'autres , est-elle plus élémentaire ou plus usuelle. M. de Lamarck d'ailleurs a présenté à l'article Conchyliologie de la seconde édition du nou- veau Dictionnaire d'Histoire Naturelle, un tableau des genres de Mollusques , uniquement fondé sut les ca- ractères de leurs coquilles , et coordonné cependant à sa distribution générale. Celle que je viens d'esquisser peut aussi servir de base à un système concbyliologique analogue. Car si on. sépare d'abord les Coquilles xmi- valves polythalames , ensuite les Coquilles univalves sans prolongement canaliculé ni écliancrure à leur base infé- rieure , et dont beaucoup sans opercule, presque- toutes les autres pourront être distinguées génériquemeot et groupées dans l'ordre que nous avons exposé, indépen- damment de la connaissance de l'animal. Les Sigarets et les Peltococlilides univalves seront portés dans les pre- mières divisions , ou comme dans la méthode de M. de Lamarck. Des renvois au surplus pourront rétablir l'ordre naturel, lorsqu'il sera troublé par suite de la marche systématique on de l'absence de caractères corrélatifs. Voilà un exemple de la manière dont j'ai traité , dans l'ouvrage que je vais mettre au jovir, les classes de la zoologie , en dehors du cercle ordinaire de mes études. Ne m'en étant occupé que transitoiremenl , il m'était '■M\ TABLEAU ANALYTIQUE DES FAMILLES NATURELLES DES ANIMAUX COMPOSANT L'EMBRANCHEMENT DES MOLLUSQUES DE M. LE BARON CUVIER. PAR M. LATREILLE, DE L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES. Nota. Ce tableau, à quelques additions et corrections près, est le même que celui présenté par l'auteur à l'Académie royale des Sciences > dans sa séance du aa novembre iSa^. MOLLUSQUES. ~ Définition. — Animaux invertébrés, Céphalidiens, ayant une circulation double, respirant par des branchies aquatiques ou aériennes ( faisant l'office de poumons ), ioexuviables ( point suieu à défi mues ) , inarticulés , pourvus d'un manteau formé par une expansion dermique ; sans pieds , ou n'ayant , pour eu tenir lieu , qu'un prolongement ventral ; privés , un petit nombre excepte' , d'yeux propres à la vision; sécrétant, pour la plupart , et par couches successives, un test calcaire ou coquille, le plii'; souvent univalve ou bivalve , fixé au corps au moyen de muscles, distinct de ses témimens proprement dits , ou n'étanl qu'un simple appendice pmtecteur , renfermant ordinairement le corps , et ne recouvrant , dans quelques-uns , qu'une partie de son dos. Observafions. — D'après celle définition, le test des Oursins et le sac des Ascidies, que M. Savigny nomme test, ne sont point des coquilles, puisqu'ils tonsliluent les tiSgumens propres ou la peau de ces anîmnux. Les Cirripèdcs n'oni pfls non plus de coquille, car leurs vcaillcs ne sont (pie des portions durcies de leur épidémie. LeluLe renfermant le corps de certaines Annclides peut se\d être considéri! comme un corps tcstacc'' nnalogue; maïs iln'fidhér point, par des muscles , à l'animal. PHEMIERE SECTION. — PHANEROGAMES (mollusques s'accouplamt ). ( CDi|uilles toujours univalve» , le plus souvent Ircs-contournées j habitations varii^es. ) 1. PTÉRYGIENS (ou APODES). fREMlfeltE CLASSE. CÉl'llAI.OPODES. ( Point d'opercule. CoiiuîUcs, pour lo plupart, multiloculaîrcs; les unilocubîres contournées sur le même plan. ) 1 Familles: Po/rl/ialames.divhic çn nualrctribnsr Orilinccratîle!.. 1 I" DDUnC. — Dl:C*PODES, II' onnnti, — Octopodbs. Familles : Polylhalaines, divisic en quatre tribus; Orlhocèretiles, Pol y cycliques (partagés en Spii'ulitcs et Ammoiiiti:]), Nautililes, Milléporilcs. Enlerosiéi (os intérieur), composée illes: Acùchlides ( sans coquilb;), composée du genre Poulpe. CymhicochUdes , formée ec le-6 genres Argonaute, Bellérophe, SKGOWnE CLASSE. PTÉBOPODES. ( Point d'opercule. Gtiquitlcstoujoursexténcurcs, untloculaii spirale. ) l^'oRDuc. — M; 11' OnilBE. — ArTÉnYOïuNS J^""*'"'^*- i'™cAff/w I ( le genre Hjole ). . Fannllc : PneiuiioiUrmilci, les genres Pncumodcrme, Gnstéroptère. II, APTÉRVGIENS ( GASTÉHOPODES 00 TRACHÉLIPODES ). TllOISIÈUE CLASSK, CASTÉROPOntS. 1, Hermaphrodites, ( Point d'opciculc. Coquilles ipjoliiiiefoii intérieures, loujoiirs uniloouliiirns, le plus s jnmuis prolongée en rnunicrc de bec ou de queue , cunaliculéc, et s jvcnlen spirale; leur extrémité iorérieure is écliuncrure dorsale. ) :, — I^nuiunANCiies, A, //rrfroiranc/iw^brancliies respirant l'eau). Iles: Urohainhes (les genres Carinoîre, Dorls, Polycère, Oncl.iodorc). Séribranches (les , TtUij-(, Scyllée). Phrllolranc/ies Qcs genres Lanîogère, Glaueus, Éolide, Pbyllidie, Diphjllide, Atlas? ), Vnabrauches (les genres IBE, — PdlMONÉ! i genres Ti l'ergipcs ). jFumilles :/;/n(,/-ru»r/,„(ies genre ) Pleuiobranclic, LiiiL'ii(Hc, etc. ) I Familles : Tentacules f le» genres Phyllirboe , Notarche, Aplysie, DolaLelle, Bulline 1. Acérés \ (lMgcnrcsBiillée,lW,Sormel,ï)oridle). ^ B. Piieiiniùbraiiches { branchies respirant immédialement l'air ). (Fnmnics: N„-limaccs (Limacicnt de Lam.), GâocothUiht (les Colimaris du niÈme, moins les s Ljclostome, Hilicine, Auriculc, et en v ajoutant celui de Vitrine ), LimnocochUdes '.ulei de M. de Ferussac , et les Limnécns de M. de Laraarck ). II. Dio'igaef (soxcs séparés ). ( Un opc-coU a»Tii lo plu, grand nombre. Coquille IrÈï-rnrctoent intér luirf et contournée : son eiif,Vmité inroricute, dans plusieurs, soit [ bec ou de queue , canaliculée, sôit ayant une échancrure dorsale.) Nota. Cci Molluiquct i.oun-airnl, dVptft k» cancUrti iciucIb . former une clas genres Cydostome (la famille dci^u, e , toujours anilocu- )ngée en manière de A. Pneumobranchu (coquillage» leireslres). Familles: Hélidnides, TuUdnts , familles établie: par M. de Féruss VI' OBDBE. — Pectin B. Hydroliranehes ( coquillages aquatiques). piŒiiiÈBK SECTION. — Gyiniwcockli'dei. [ A Non-tïphonculés. \fam\\\ci: Périslomiens (^Périslomiens cXScalarîens de M. de Lamarck), Tiirbméi (formant I avec la snivanle cl legenrc Jnnlliine.cellcdes Turbinacis du même), Trochoidei (lej genres I Troijue, Cadran, Roulette, Monodonle), Niritaeét , Milanides (les genres Phnslfnclle, I Méinnie, MélanopsidCjPjrène, Planusse ), PlUaett (les genres Tornatelle, Pvramidelle ). B. Siphoaeiiléi. e queue, avec un canal 1 Jamillci de cet or I "' ^'"^""'' '"/'Prieure de la eoqullU dilatée en manière de bec Jrccidel»d;.«edMCoT.d.it.f«,obîJ„ Mmi par Je prohngem<-ni de l'otn-triure. Vn opercule dans le plutûlJcslribu»queduiraioi1!c.|.ro-|*'''"""'ï»= FM'formes (en coin mentant par les genres Potamîde et Céritc; , Ailés, Variqueux premrntdUH.inB»l(.olarrcdoJaroi!-l ClM&euresUoeber.Runelle, Triton , Struthiolaire ), GiwiV.Vw ( les genres Ricinule.Cas- Ihudccugrait quelletfutsftii pr^jcn-l sidaire , Cn»nue). v o "'=1 l>. Exlrimili infirieute de la coquille ian.t prolongement rosiri/orme, et offrant simple- ueiit une éclianerxtre tlartalr. Vn opercule ovale ou elliptique dans tous,- coquille non enroulée. , Familles: Do/mircJ ( les genres Tonne, Licorne, Cunebulépas), Buccinides (les genres Naue ' Buccin, Eburne). ' " Très-rarement un opercule; cet opercule alors toujours fort allongé, et coquille enroulée el éairlernvque. Celte de ceux qui n'ont point d'apci-eule ndermiquc et souvent encore enroulée IFamillcs : Subulés (le genre Vis), t'i/umcZ/nireJ ( les genres Yct, Volute, Margiuullc Co- lombelle. Volvaire), Conoides ( le genre Cûne j, OHmires ( les Renres Olive, Tarrièrr- Ancillaire), Oj'oiifcj ( les genres Porcelaine, Ovule). ' RoiA. On i^un^.il, oomnio l'o (..U M. do l'dri.»..., wrmiatr ™t ordre par \o» PoolinihrancliM wni opercule; le* Cuiioio» tciaicnt alors iiluce* dam In diTisioa pncciJcnlc. Dana les dcu» durniércs rimlllfs 1« lobe, du manteau ou l'on d'çuieuv.lopi.o toujours avec 1 âge In coq,iillcq,,i. Han, ce cas. «M'nmn,,^ Miiio et adcrtniqui-. Mais dans d nutrci Mollusques où le maoleau n est pniot aussi dlcnd pareillement dépourvue du pi*"- ' -■•—---'■-'---' • — ■ - ■ . __ nv.inl»ge, dans sa distribiitinl Irop (l'importaace aux caracl is d'abord Ira iflcndii, la cQqaillocil ciirnclere. M. Grav a emplÈy,! j,„ dus Molluiiiues, la confiitancc et lu forme de l'opcrciile ■ rea (luc culte pifcc fournît. ' nCTSiÈME SECTION. — Crypiocothlidci. Sigaret. ( Coquilles illc : il/acro.(/owcJ. Lcgen: SECONDE SECTION. —AGAMES (point d'accouplement). fluviatiles, pour la plupart bivalves, les autres tantôt univalvcs, peu on point e an forme d'oreille ou de bouclier , tuntOl formées d'une série de lames ou d'éeD I. EXOCÉPHALES. ( Tête extérieure. Coquille univalve ou plurivnlvc. Animal lîmacifurme. ) QUATItlÈME CLASSE. — PELTOCÛCULIDES. nlournéea, sans oncr les.) ' I" OnOBE. — ScnTIBBANCHBS , II* OHDHE. — Ctclobbanches. . (Familles : Auri/ormes (les genres Haliotide, Stomulo, .Slomatellc) , Piléiformej. ( Les aulie' ) Sc^ibrauebesdeM. Cuvicr. ) (Familles: .Çcuff/ôrmw ( les genres Ombrelle, Patelle), Ian»f//(ii ( les genres Oscabrion Os- \ cabrellc ). II. EHDOCÉPHALES. (_ Téle intérieure ou non ^aillanle. Coquille bivalve. ) CliVtiUlÈME CLASSE. — BR ACHI0PODES ( CONCHIPtllES, Lam. ). I'' OHDHE. — Pedoncolês Familles : Équivalves ( le genre Lingule ) , Inéquivahes ( le genre Térébratulc ). !!• ordre. — Sessiles Famille: fi;Eii'û/i'e/,lesgenrcsOrbieuk-,Crunie, el peut-élreeeux de Spbéruliteelde Radiolite SIXIÈME CLASSE — COMCHlFÈnES (ACEPHALES, CuV. ). ' pREBirÉRK SECTION. — Méiomyonesf, Muscles vers le milieu dus volves ). 1" OBDUE.— ManteaDx-ouverts. j Familles : Ostracés . Peclinides , Oxygones ( les genres Mul!erîc„Crénàlule , Gervillie, Pcrne , :ulcïrapre Marteau , Piniadine, Avicule , Piiine). Nota. Les Concbiférfi niditlct de M de Lamarek forment une divi nrlilicicllect composii,' de gtaiD : Mrlilacés , Nayadei- ■A presque ecotraU- dan» les uns,^ deux d.iDi les nutrei , mais charnière'', "■cenit- seu». nombrcuKs '"oit de dcob Mnlîna"» j «euxiéme accTiow. — Plagimyoïiu ( Muscles écfl.ics , l'un antdriçur cl l'autre poslériem-. Doui ^ J i.llonKCM,on rormadolBracillaonao./ ,m,,rw-ioii»mii»cuInires, ninsi que dans lOuK Ua concbtrorM suivaus J. transver»«lciDeDt. [Famille : /Inacés. W ORDRE. — Ma»teadx-bipobés.\ NorA. Dans les uns, l'une det deuitl itoprcsiou, e*t peu opparenle el Irêi-l Familles petite, el l'aulro alloogi-'o ^ dooi les' ïulres, l'une d'ellTB «l compoicc ou diviice. IIP ORDRE.— MAKTEAOI-TBIFOniiS.l Koi*. La coquille, touvenl Ii\eel par un bviius.cst traosvcrsc cl cqui-I tjIïc. le lig-imenteîl extérieur. mL.r-> Famdie : fndacnitet. cinal el sllongil ; la clianiièrc occupei presque exclusive ment la mjjuurc pai'-l . lie Ju c6H> posUrieui ] pnxMiÉriE sECTios — Lincvi'juei I I. Clausicunqutt. I Familles: Camaeés , Cardiacés, Cycladines (les genres Cyelade, Cyprine, Gnlatbéc,Cyrènu), \ f^nrfriVw (les Conques marines de M. de Lamarek et son genre Vénérupe ) , 2'o//irt(We/ 1 (Xes Lilbùphages du mèine , moins le genre précédent, el ses Nj-mphacés ) , Corbulit , I\^obd,-Ma>teaCï.teibcleiii. Mactracés. ,.„„,,. 11. Hianticun^ua- Familles : Myaires_, Solénides , Plioladairei. DKrxiÈME section. — Tubitolet { Diconquet en quelque sorlc ». Famille : Térédinites. Nota. Lct AerphoUi .nn* eaquUla de M. Cuvier.oo les runiVrez/do M. de L*ri«rek., appsrlieooent,^ kIdo Dout . aiii Aciinoimi , série un Acephalei. ( 335 ) impossible de les enrichir de nouveaux faits. Mais on peut encore servir la science , lorsque , par une disposi- tion particulière des matériaux qu'on a sous la main , on rend son accès plus facile. C'était là tonte mon am- bition. Mémoire sur la Calyptrée. Par m. G.-P. Deshates , Membre de la Socie'lé d'Histoire Naturelle de Paris. Les Calyptrées repandues dans les mers d'Europe furent connues de la plupart des anciens auteurs*, Buo- nani , Lister, Rumphius , etc.. en font mention d'une manière particulière; ils les placèrent parmi les Patelles , et déjà ils en firent apercevoir les diflérences par la lame ou l'appendice qu ils remarquèrent à l'intérieur. Quoiqu'il n'en connût qu'un petit nombre , Lister les sépara des vraies Patelles , comme il en sépara aussi les (]abochons, les Fissurelles et lesCrépidules, ce qui pouvait donner aux auteurs qui suivirent quelques indications pour former de chacune de ces divisions autant de genres séparés •, mais nous voyons qu'il n'en a pas été ainsi . car Linné se «ontenta de suivre Lister , en partageant son genre Patelle, et répéta, ce qui avait été fait avant lui. lîruguière lui-même, qui le premier donna l'exemple des réformes dan» le système linnéen , ne proposa qu'uu -eul démeiribreirsent des Patelles ,• le genre iFissurelîe . (|urfut généralement admis. M. Lamarck proposa le pre- mier fl(! séparer chacune des sections du genre Patelle de Linné en autant de coupes génériquOs , et il y trouva en outre les élémcns de plusieurs genres qu'on y avait ( 336 ) confondus : aussi nous voyons dès 1801, dans le Systèurt; des animaux sans vertèbres , figurer à côté des Patelles et des Fissurelles, les genres Éraarginule, Crépidule et Calyptrée. M. Lamarck a sans doute emprunté ce dernier nom générique à Klein (Ostrac., pag. 118), qui le premier a employé le mot Catyptra pouv les Calyptrées, que Hum- phrey (Muséum caluinniaiium ) reproduisit , en l'appli- quant spécialement aux véritables Calyptrées. M. Félix Roissy (t. 5 des Mollusques du BulFon de Sonnini , p. 241 ) pense que certaines Calyptrées , celles qui ont une lame spirale et une spire extérieure , ont tant d'analogie par leur forme avec certains Trochus , qu'on devra les eu rapprocher. Montfort, saisissant cette idée , fit avec la Calyptrœa trochiformis , en y joignant le Trochus concai^us^ et quelques autres analogues , son genre Infundibulum : ce genre ne fut point admis , et il ne pouvait l'être , car les élémens en sont hétéro- gènes. Sowerby seull'a conservé dans son Minerai Con- chologj. M. Lamarck en 181 1 (Extrait du cours) établit une famille sous le nom de Calyptraciens , parmi les Gasté- ropodes •, il la sépara avec juste raison des Patelles , sur la différence des branchies , et il la composa des genres CaiocZio« ( Montfort), Fissurelle y Êmaiginule , Caljp- trée et Crépidule. Tel était l'état de la science , lorsque M. Cuvier pu- blia le ^ègne Animal. Ce célèbre zoologiste forma la famille des Scutibranches , qu'il divisa en Scutibi^anches non symétriques et en Scutibranches symétriques. C'est parmi les genres de celte dernière division que se trouve celui delà Calyptrée. Quelque temps après la publica- C 337 ) ■ tion de l'ouvrage que nous venons de mentionner , M. Lamarck publia son grand ouvrage des Animaux sans vertèbres ; il y conserva la famille des Calyptraciens , en y ajoutant toutefois le genre P armophore , que M. de Blainville , appuyé de la connaissance de l'animal , re- produisit du Sculus de Montfort. II opéra dans les Ca- lyptrées la division indiquée par M. Roissy et faite par Montfort , c'est-à-dire que ce zoologiste , trompé sans doute par une analogie de formes , plaça avec les Trochus la Caliptrœa trocJiiforntis, sous le nom de Trochus calyp- trœforniis. Ce changement , dont il est difficile d'aper- cevoir les motifs , n'est basé que sur un rapprochement de caractères assez éloignés , ce qui rompt évidemment les véritables rapports. On a dû remarquer dans l'exposé rapide que je viens de faire des divers travaux qui mentionnent les Calyptrées, qu'il n'a point été question de l'animal ; c'est qu'effecti- vement il n'est point encore connu. La manière dont on a classé ce genre n'a donc été fondée que sur des formes extérieures, ce qui pouvait permettre un plus grand nombre de changemens qu'il n'en a subis; on doit même s'étonner que les conchyliologues qui en ont parlé aient presque tous suivi la même marche , comme pour tendre à un but unique, c'est-à-dire l'aient constamment rappro- ché des Patelles. Cette analogie , forcée pour ainsi dire par les rapports , n'est pas le seul exemple que nous pourrions citer. L'opinion quel'on a eue généralement sur ce genre, ne pouvait cependant , sans la connaissance de l'animal, avoir de base solide ; et quoiqu'elle se trouve pleinement justifiée , comme on le verra bientôt , je crois rendre un service à la science, en fermant une lacune qui devait toujours laisser du doute dans l'esprit des nomenclatcurs. ( :i38 ) L'animal que je vais décrire appartient au Calyptrœa sinensis ha.mk^ Patella sinensis Linné, qui se trouve quelquefois sur les côtes de la Manche , d'où je l'ai reçu conservé dans la liqueur. La coquille de forme circulaire n'acquiert jamais un grand volume ; elle a la forme d'une pyramide conique très- déprimée, ayant le sommet cen- tral et légèrement maraelouné. C'est vers cette partie que l'on observe dans quelques individus un indice de la spire, correspondant à la lame septiforme oblique qui se voit à l'inlérieur. Toute la surface extérieure est lisse ou légèrement sillonnée par des accroissemens obliques. En dessous cette coquille est concave, présente une lame oblique, triangulaire, mince, transparente, parlant du sommet , épaissie en son bord interne ou columellaire , tranchante au bord inférieur, et soudée obliquement en formant un demi-tour de spire à la partie gauche de la coquille. L'animal est pourvu de deux tentacules oculés exté- rieurement dans leur milieu ; ils sont aplatis et uu peu coudés dans l'endroit de l'insertion de l'œil ;. ils ne pa- raisssent point rétractiles. La tête est petite , aplatie , divisée en-dessus en deux petits lobes , qni inférieurement se continuent par un sillon médian assez profond , au haut duquel se trouve la bouche , qui est munie de chaque côté de deux lèvres charnues, longitudinales, ce qui donne à cette face inférieure de la tète l'apparence quadrilobée. Cette tète est soutenue par un cou assez long , triangulaire , très-déprimé, et muni de chaque côté de membi'anes très-minces qui le font paraître plus large qu'il ne l'est réellement. Au-dessus du cou se trouve une grande cavité bran- ( 339 ) chiale , formée par le manteau , qui est largement ou- vert ; celte portion du manteau est înince , transparente, et forme uu sac assez irregulier yav l'itisertion de son bord postérieur au reste de l'aniraal. Les branchies sont composées d'une multitude de fila- mens cornés ou cartilagineux, élastiques, creux à l'in- térieur , flottans par uue extrémilé , pectines , traver- sant la cavité branchiale obliquement de gauche adroite , insérés demi-circulaiiement à gauche He l'animal dans un épaississeraent du manteau. On voit à leur origine le vaisseau branchial qui donne naissance à plusieurs ra- meaux qui se rendent à un tronc commun qui entre dans li; corps de l'animal vers le milieu de sa longueur, sur son bord gauche , où il aboutit bientôt au cœur. On voit dans celte même cavité branchiale une por- tion de l'intestin, le rectum, comprise dans l'épaisseur de l'insertion du manteau : cet intestin est ordinairement rempli de petits fragmens ovoïdes, grisâtres , de matière fécale, que l'on retrouve quelquefois rejetés dans la cavité des branchies où se trouve l'anus , un peu à droite, en avant du muscle 'd'attache de l'animal à sa coquille. Outre ces parties que nous venons de mentionner, se remarqiH^ encore dans le sac branchial l'orifice de l'or- gane générateur femelle , qui se prolonge jusque près du bord droit du pied, ("et orifice se continue en un ovaire assez grand qui passe derrière le rectum , devient plus postérieur , et va gagn<'r le bord libre du foie dans l'endroit où cet organe s'insère sur le dos, et où se ter- mine le sac branchial postérieurement. Le pied est un disque charnu adhérant au ventre i.ir nn pédicnh; court et large \ il semblerait qu'il n'est poiul «laiis la ligne médiane de l'animal pris dans son ( 34o ) ensemble •, on croirait qu'il est rejeté plus à droite ^ mais cela est dû à ui*e fausse apparence , produite par l'exteusion latérale gauche de la cavité branchiale. La bouche est terminale , placée entre les deux lobes antérieurs de la tète; vue <à une forie loupe, les lèvres présentent quelques petits crochets que je crois car- tilagir.*»ux ; elle est dépourvue de trompe. Par la transpa- rence de sa paroi supérieure , et mieux après l'avoir coupée en deux longitudinalement, on erçoit un petit appareil lingual formé de pièces carlih»y.aeuses articu- lées. La cavité buccale est assez grande 5 elle se rétrécit en un œsophage assez long qui aboutit directement à l'estomac : celui-ci est charnu ; ses parois sont épaisses , ridées à l'intérieur-, de son fond part un intestin qui descend sous le foie , et en y arrivant reçoit les vais- seaux biliaires^ il se prolonge, enveloppé par cet organe, jusque vers l'ovaire , où il pénètre mi peu ; c'est là, sur le bord postérieur du foie , qu'il se replie , remonte en s'y enfonçant de nouveau , parvient en s'élargissant vers son bord antérieur, jusqu'à son insertion dans la cavité branchiale , comme nous l'avons précédemment observé. Le foie n'a qu'un seul lobe assez grand ; il est séparé du reste du corps par un enfoncement aussi grand que la lame oblique qui se voit dans l'intérieur de la co- quille -, il remplit avec la portion de l'ovaire et de l'in- testin toute la cavité qui est au-dessus de cette lame. Cet organe est couvert en dessus d'une membrane jau- nâtre , au travers de laquelle on voit des vaisseaux assez gros •, en dessous il est brun, marbré de jaune verdàtrc : on aperçoit sur cette surface les vaisseaux biliaires , qui se réunissent en un seul tronc, qui se rend dans l'intestin ^J au sortir de l'estomac. ( Ml ) L'orgaue excitateur mâle est très-petit, placé au côlé droit du cou, au-dessus du tentacule; lorsqu'il est ré- tracté on l'aperçoit quelquefois se prolongeant jusque vers la moitié du cou , en s'infléchissant un peu 5 sou extrême ténuité et la petitesse des animaux de l'espèce que j'ai à ma disposition , ont été pour moi des obstacles que je n'ai pu vaincre pour le disséquer. Mais ce quil était essentiel de constater, c'est l'hermapliroditisme de ces animaux , qui portent tous un organe mâle et un ovaire. Les organes de la circulation se composent d'un cœur avec son oreillette , d'un vaisseau brancliial et d'un sys- tème vasculaire général. Le cœur est petit , placé dans un péricarde au côté gauche de l'estomac , et un peu au-dessous de lui, lorsque cet organe est en place ; il n'est séparé de l'oreillette que par un étranglement fort court. L'oreillette est sub- tiiangulairc ; elle donne naissance par un de ses angles, l'antérieur, au vaisseau branchial qui traverse la peau pour suivre le trajet que j'ai indiqué plus haut. Le sys- tèmp vasculaire général ne m'est que très-imparfaite- ment connu-, je n'en ai trouvé des vestiges que sur là fnce supérieure du foie, où les vaisseaux sont bien déve- loppés , pour fournir sans doute à la sécrétion de la bile. Quoique nous ne connaissions qu'imparfaitement ranimai des Crépidules , nous reconnaîtrons pourtant qu'il ofJrc avec ceux des genres voisins , des rapports assez intimes; on les distinguera néanmoins des Kmar- giiiules, des Parmophores et des Fissurelles , par la position des yeux et la disposition des branchies qui ne sont point symétriques , ainsi que par le cœur , qui ne saurait l'èlri;. Les diflfércnces cpii se rrmJi'queiil ToMP. in. 9.3 ( 342 ) avec les Calvptrées ne sont pas moins sensibles ; elles s'observent d'abord dans la position des yeux et la forme de la brancbie , qui est un panache dans la Crépidule et en peign." dans la Calyptrée. Cependant malgré ces diffé- lences, on ne peut disconvenir que les Calyptrées n'aient de ifès-grandes affinités avec tous les genres des Calyp- (lacîens. Elles se trouvent donc convenablement placées, et dans la famille qui leur a emprunté son nom , et dans leu»'s rapports avec les genres voisins. Avant d'en venir à la partie purement descriptive , je dois avertir que les mêmes parties dans toutes les figures sont désignées par les mêmes signes (pi. i^. ) Pour arriver à la connaissance de tous les organes que j'ai mentionnés dans la Calyptrée , je l'ai d'abord vue à la loupe a\ec soin sans la disséquer, et j'ai observé la tête portant deux tentacules aa oculés vers leur milieu, et coudés dans l'endroit de l'insertion de l'œil bb. Elle a dans son milieu une rainure au haut de laquelle est l'orifice de la bouche c. Cette bouche est pourvue à l'intérieur d'un petit appareil lingual d, corné , armé de pointes ( fig. ^ , très-grossi , fig. 9 ). Au-dessous du tentacule droit, on voit une petite languette triangulaire e (fig- 5 et 6 ) , qui est l'organe excitateur mâle rétracté -, je l'ai vu développé et cylindrique e'e' (fig- 7 et 8 ). De chaque côté du cou on voit des membranes flottantes f très-minces et assez larges. C'est encore au côté droit du cou qu'on aperçoit quelquefois , et seulement sur un petit nombre d'indi- vidus, l'extrémité des branchies g^, qui passent au-dessous du rrianteau hh , ouvert naturellement au-dessus du cou ouvert dans presque toute sa largeur. Dans la cavité branchiale on voit le rectum i placé à l'origine du man- teau , ainsi que l'orifice / de l'ovaire. ( 343 ) Derrière l'inserlion du manteau et drs- deux organes dont nous venons de signaler les orifices extérieurs , se trouve le foie l. Il est fixé par un bord antérieur , et libre dans tout le reste de son étendue. Dans sa position naturelle il est soutenu par la lame oblique , qui est à l'intérieur de la coquille (fig. 2). Son bord droit et postérieur est uni à l'ovaire l, qui l'embrasse dans cette partie. A la hauteur de l'insertion du foie à droite se trouve le muscle d'attache m , de l'animal à sa coquille , et enfin tout-à-fait postérieurement et à droite une partie de la surface supérieure du pied est à découvert. Si après avoir examiné l'animal par sa face dorsale , nous le retournons pour voir la face abdominale , outre quelques-unes des parties que nous avons indiquées ci- dessus , nous remarquerons (fig. ti) que la fissure de la bouche s'étend en dessous , jusque vers le milieu de la tête ; que le pied n est un disque charnu fort grand , attaché au corps par un pédicule. Nous voyons aussi à la partie antérieure, du côté du cou, une ouverture rf pratiquée daus le manteau : elle fait communiquer di- fectemeni la cavité branchiale avec le dehors. Sur le bord postérieur du pied, on voit une petite poiliou du foie qui le déborde. Pour bien voir les branchies, il a fallu couper le manteau à son insertion sur le côté droit , continuer la séparation , de son insertion postérieure jusqu'à son bord droit , et renverser le lambeau dans son en- tier; alors on voit dans toute leur étendue les bran- chies pectinées o fixées par la base à un épaississernent p du manteau un peu au-dessus duquel règne le vais- seau bianeliiiil q. Cette disposition est indiquée par ( 344 ) ■la préparation aualomiquc (fig. 7). Sur le même individu^ après avoir enlevé une partie de la peau de la tête et du cou , nous avons aperçu la cavité buccale r, l'œsophage 5, qui aboutit à l'estomac t. Par la même section et à côté de l'estomac , se voit un petit renflement u, qui est le cœur dans son péricardo. Après avoir enlevé une partie du foie dans son épaisseur , en commençant par le lieu de son insertion , et en conduisant la dissection avec un très-grand soin , on parvient à mettre à découvert l'in- testin 1' ainsi que les vaisseaux biliaires qui s'y rendent ; ceux-ci touchent presque à la face inférieure de cet organe. C'est sur les bords droit , postérieur et gauche, c'est-à-dire dans presque toute la circonférence du foie qu'adhère l'ovaire / qu'on voit là dans tout son déve- loppement. La préparation de la fig. 8 diffère de la précédente en ce que nous avons détaché et isolé les intestins et l'ovaire, enlevé entièrement le foie dont on ne voit plus que l'insertion y : nous avons rejeté l'estomac un peu à droite , pour fendre le péricarde et mettre le cœur u à découvert, ainsi que son oreillette z. Le vaisseau bran- chial naît de l'angle supéi-ieur de cette oreillette. Nous avons représenté du côté gauche le ganglion nerveux a, qui a un gros filet traversant au-dessus de l'œsophage pour s'anastomoser sans doute avec son congénère : il offre aussi quelques autres filets que nous n'avons pu suivre , mais destinés probablement aux perceptions générales de l'animal. h I ( 34'5 ) Rapport sur le Microscope achromatique de M. Selligue, Par m. Fresnel. f ( Lu à l'Académie royale des Sciences , séance du 3o août 1824. ) Nous avons été chargés par l'Académie , M. de Hum- boldt , M. Mirbel et moi , de lui faire un rapport sur le microscope qui lui a é.té présenté dans sa séance du 5. avril dernier par M. Selligue (i). Le perfectionnement des microscopes est , comme ce- lui des télescopes , du plus haut intérêt pour le progrès des sciences j si les uns étendent le champ des observa- tions astronomiques , les autres nous font apercevoir les détails les plus délicats de l'organisation des végétaux et des animaux ; ils montrent à nos yeux une infinité de petits êtres vivans et de phénomènes cachés , plus curieux et plus admirables peut-être que le grand spectacle des cieux. Il reste sans doute à l'homme bien plus de décou^ vertes à faire dans ces merveilles dont il est entouré , qui sont sous sa main et qu'il peut soumettre à des ex- périences variées , que dans l'étude des corps célestes. On doit donc s'étonner que les opticiens aient négligé jusqu'à présent d'appliquer aux microscopes les combi- naisons achromatiques qu'ils emploient depuis long- temps pour les télescopes et même pour de simples lor- gnettes , surtout quand on réfléchit combien il est diffi- (0 Les personnes yui voudraient se jjiocurir cet excellent instru- ment, peuvent s'adresser à Tinvcnleur , rue des Vieux-Augustios , Ho 8 à Paris ; (|uoiqu'il soit occupé «le travaux iraportans en mécanique, M. Selligue se fait un plaisir d'en surveiller l'exécution. H. r 346 ) cile de se procurer de grands morceaux de Flint-Glass j exempts de stries pour achromatiser les objectifs des lu- 7 nettes astronomiques , tanilisque cette difficulté capitale | n'existe plus pour les petites lentilles objectives des mi- croscopes. Si l'on a tant tardé à apporter dans leur construction cette amélioration essentielle , cela tient sans doute à ce que les services qn'ils ont rendus aux sciences naturelles, entre les mains d'observateurs habiles , sont encore as- sez récens. Les découvertes dues aux lunettes astrono- miques sont plus anciennes. L'ulilitéde leurs applications est généralement sentie ; tandis que les observations mi- croscopiques semblent destinées seulement à satisfaire notre curiosité. Mais quand elles n'auraient d'autre avantage que de permettre à l'homme de pénétrer un peu plus avant dans les secrets de la nature , n'est-il pas heureux que quelques esprits inventifs s'eflbrcent de lui procurer ces jouissances élevées , lorsque tant d'au- tres sont occupés à satisfaire ses besoins physiques. Dailleurs, des exemples multipliés ont assez prouvé que les découvertes qui d'abord semblaient n'intéresser que la science, finissent presque toujours par recevoir des applications utiles. Sans doute les observations micros- copiques, en éclairant la physiologie végétale et animale, contribueront aussi dans la suite à notre bien-être phy- sique. On doit donc , sous tous les rapports, attacher une grande importance au perfectioifnement des micros- copes . et savoir gré au savant opticien Amici , et à M. Selligue, de leurs heureux efforts pour atteindre un but si désirable. On sait que les microscopes sont composés, comme le.« télescopes, d'un objectif et d'un oculaire. Le premier sert ( 347 ) à produire une image amplifiée de l'objet , dont les rayons sont ensuite reçus par l'oculaire qui la présente à l'oeil , en l'amplifiant comme une loupe nu travers de laquelle on regarderait les caractèr(\'^ d'un livre . Les corps cé- lestes ou même terrestres qu'on observe avec un téles- cope sont toujours infiniment plus éloignés de l'objectif que leur image. C'est l'inverse dans les microscopes com- posés. L'objet est beaucoup plus près de l'objectif que son image, et voilà pourquoi celle-ci est, absolument parlant , plus grande que l'objel. Si par exemple la dis- tance de l'image est dix fois plus grande que celle de I'oId- jet , le diamètre de l'image sera dix fois plus grand que celui de l'objet. Dans les microscopes ordinaires , la lentille objective a toujours un très-court foyer , surtout pour les forts grossissemens. On se sert du même oculaire , en chan- geant seulement la lentille objective , selon le degré de grossissement que l'on veut obtenir. M. Araici a remar- qué le premier qu'en rendant les objectifs plus parfaits, il ne serait pas nécessaire de leur donner un foyer aussi court. Ce qui laisserait les objets plus distans de I*c5itré- mité voisine de l'instrump.nt et permettrait de les éclai- rer plus commodément par-dessus, quand ils sont opa- ques. Et eu elfct , plus l'image produite par l'objectif a de netteté , plus on peut augmenter la force de l'ocu- laire qui sort à l'observer. Dans les objectifs dioplriques des microscopes ordinai- res, deux choses nuisent à lanetteté des images, l'aberration de réfraiigil)iliié qui en colore les contours , et l'aberra- tion de sphéricité qui concourt aussi à les rendre vagues. Pour obtenir un achromatisme; parfait, M. Amici a ( 348 ) abandonné les objectifs dioptriqnes et leur a substitué un miroir concave , comme Newton l'avait fait "pour les télescopes. QuantàTabei-ration de sphéricité, Vopticien de Modène a dû la corriger complètement , si comme il l'annonce , les petits miroirs concaves de ses beaux mi- croscopes ont une courbure rigoureusement elliptique. Car alors tous les rayons partis du même point de l'ob- jet situé à l'un des foyers de l'ellipse , vont se réunir aussi en un point unique à l'autre foyer où se forme l'image. Mais en admettant que cette condition soit exactement remplie, la combinaison catoptrique de M. Amici pré- sente encore plusieurs inconvéniens : i° les deux ré- flexions successives des rayons incidens, d'abord sur un miroii' plan et ensuite sur le miroir concave , en dimi- nuent l'intensité des trois quarts. De plus le miroir plan intercepte une partie des rayons réflécliis par l'autre et précisément ceux qui sont les plus voisins dé l'axe. 2°. Les miroirs métalliques ne sont pas susceptibles de recevoir un poli aussi parfait que le verre, elles défauts de polf, toutes choses égales d'ailleurs, ont plus d'influence sur la réftection que sur là réfraction. 3*. Enfin, le moindre frottement raie aisément la surface des rniroirs métal- liques , qu'altère aussi l'acfion prolongée d\ifa. air humide. En un mot , les raisonfpour lesquelles on préfère gé- néralement les lunettes astronomiques aux télescopes, se présentent ici, et ce sont elles sans doute qiii' ont déter- miné M. Selligue à substituer au miroir concave d'Âinici , une lentille achromatique composée' d'un drown et d'iiri fîint, qui offre sensiblement lés mêmes aVantages, sans avoir les rnêmésîriconvénièns, eise rcJde da'n's'dès bassins (349) spliériques par les procédés ordinaires , tandis que les miroirs elliptiques d'Amici ne peuvent être exécutés avec précision que par des moyens qu'il n'a pas fait connaître. A la vérité ces lentilles achromatiques produisent né- cessairement un peu d'aberration de spliéricilé •, mais comme elles aflaiblissent peu les rayons qui les traver- sent , il n'est pas nécessaire de leur donner un diamètre aussi grand qu'à un miroir concave pour obtenir la même quantité de lumière : or, on sait que l'aberration de sphéricité diminue comme le carré du diamètre de la lentille. Pour augmenter le grossissement , M. Selligue compose son objectif de deux, trois et jusqu'à quatre lentilles achromatiques. Ces lentilles ayant à peu près la même longueur de foyer , quand ou emploie les quatre à la fois , au lieu d'une , on doit rapprocher l'objet quatre fois davantage environ pour que l'image se trouve à la même distance, et en conséquence, le diamètre de l'image est devenu quatre fois plus grand. On peut encore agrandir l'image en l'éloignant de l'ob- jectif par un petit rapprochement de l'objet. Trois tubes glissant les uns dansJes autres, dont se compose le corps de l'instrument, permettent d'en doubler la longueur et d'éloigner ainsi l'oculaire d'une quantité double de sa distance primitive. ; Enfin, lorsque les quatre leniille* qchromaljques de i'ùbjcclif sont réunies et tous les luyaUx tirés , ou obtient encore un plus fort grqssissement, sans changer l'ocu- U'ïF.ey en vissant un vçrre concave à l'extréraité du tube qui le porte. Ce verre concavie.se trouve situé en avaut ,4e 1 iniage formée pat, ['objectif , et l'amplilie eu aug- mcutant la divergence des faisceaux lumineux. Mais ( 35o ) comme il change en même temps le lieu du foyer con- jugué , ce n'est que par un calcul , à la vérité très-simple, qu'on se rend bien compte de l'effet produit. Le grossissement cle l'instrument à ce maximum est de cinq cents fois , et à 5on minimum de vingt- cinq ou trente fois le diamètre de l'objet , quand on a supprimé le verre concave, ainsi que trois des lentilles objectives et renfoncé les tuyaux. Au moyen du tirage des tuyaux et en replaçant successivement les quatre pièces suppri- mées , on passe graduellement du second grossissement au premier. Avec un oculaire plus fort et un verre plus concave, on peut le porter jusqu'à neuf cents, et la lu- mière d'une lampe suffit encore pour éclairer les objets irauspareus ; mais les contours ont beaucoup perdu de leur netteté. Le corps de la lunette est fixé au haut du pied qui le supporte , par une charnière autour de laquelle il peut tourner et prendre les inclinaisons qu'on veut , depuis ta direction horizontale jusqu'à la verticale. Pour éclairer les corps transparens , M. Selligue em- ploie , comme dans les microscopes ordinaires , un miroir concave placé^ au-dessous de l'objet et qui réfléchit la lu- mière de bas en haut en concentrant ses rayons ; mais il a ajouté un écran, à deux centimètres au-dessous du porte-objet, et percé d'un petit trou d'un ou deux mil- limètres qui correspond exactement à l'axe du corps de la lutiette et ne laisse ainsi tomber sur l'objet on dans son voisinage que des rayons peu inclinés à l'axe. Un second diaphragme de trois millimètres et demi d'ouver- ture placé au-déssuâ de l'objectif à quinze millimètres en- ^^ron et qui se trouve toujours éloigné du premier de cinq à six centimètres au moins, iniercepte tous les rayons ( 35i ) un peu trop éloignés de l'axe , en sorte que le pinceau de lumière qui environne l'objet et va former le champ lu- mineux sur lequel son image se détache , n'est composé que de rayons presque parallèles à l'axe de l'instrument, et qui n'avant traversé que les parties centrales des len- tilles objectives , ont éprouvé fort peu d'aberration de sphéricité : ce qui donne une grande netteté aux contours de l'image, du moins tantquele grossissement n'excède pas deux ceuts. Mais le second diaphragme, en réduisant beaucoup l'ouverture de l'objectif, occasione une dimi- nution considérable dans l'intensité de la lumière, dimi- nution qu'on ne pourra éviter qu'en donnant plus de perfection encore à l'objectif, afin qu'il puisse supporter une ouverture plus grande (i). Au reste sous le rapport de la clarté , les autres microscopes dioptriques ne nous ont point paru l'emporter sur celui de M. Selligue. Lorsqu'on porte son grossissement à 5oo, la lumière des nuées ne suffit plus pour bien éclairer les contours des objets, et il faut employer la lumière plus vive d'une lampe , qui en outre a l'avantage d'être fixe et constante. Dès qu'on supprime le verre concave , la lumière du ciel est suffisante dans la plupart des cas. A la vérité , le gros- sissement n'est plus alors que de deux cents 5 niais on gagne en netteté ce qu'on perd en grandeur. Il nous a (t) l.a petitosso de rouverîUr'i de l'objectif a un autre inconve'nient ^ c'est d'occasioner dt-s illusions d'optique dans les forts grossisscmun» ; parce que la loi ordinaire 4e la réfraction, d'après laquelle les rayous paitis d'un même point lumineux, doivent concourir en un point unique, n'est rigoureusement exacte qu'autant qufj la surface réfriu- gente est indéfinie. 11 n'est pas ne'cessaire cependant qu'elle soit très- graude pour que cette condition soit sensiblement remplie , et d'au- tant moins ({ue l'image vient se former plus près de l'objectif. ( 352 ) paru que l'addition de ce verre ou la substitution d'un oculaire plus fort ne faisait pas mieux distinguer les petits détails et n'augmentait pas réellement la puissance de l'instrument, du moins pour une vue ordinaire (i). M. Selligue éclaire les objets opaques en dessus au moyen d'un prisme dont la base reçoit les rayons sous l'incidence de la réflexion totale , et dont les faces d'en- trée et de sortie sont convexes., de manière à concentrer le faisceau lumineux sur l'objet. Ce prisme sert à la fois de miroir et de loupe. Il a sur un miroir étamé l'avan- tage de réfléchir la lumière avec plus d'abondance , et de n'être pas sujet aux mêmes altéiations. Il résulte de l'essai qui a été fait du nouveau micros- cope par M. Mirbel , que cet instrument est très-supé- rieur à ceux dont il s'était servi jusqu'à présent -, malheu- reusement , aucun des commissaires n'a eu à sa disposi- tion un microscope d'Amici pour le comparer à celui de M. Selligue. Mais sur le mérite relatif de ces deux instru- mens , nous pouvons citer avec confiance à l'Académie , l'opinion de M. Dumas qui s'est long-temps servi du microscope d'Amici , appartenant à la société du Musée académique de Genève , et qui trouve que celui de M. Selligue fait distinguer au moins aussi bien les petits détails des corps opaques. L'opinion d'un observateur aussi habile nous parait d'un grand poids dans cette cir- constance. (i) Cette proposition n'est peut-être vraie que pour quelques corps. En ge'ne'ral lorsqu'un objet pre'sente des de'tails très-petits , on les ■voit bien mieux lorsqu'on les examine avec des grossissemens faibles d'abord, et puis de plus en plus élevés. Ou peut parvenir ainsi jus- qu'à 4 ou 5oo diamètres , et l'habitude qu'on a acquise de voir les formes qu'on étudie , com pense trè$>bien la perte qu'on éprouve dans leur netteté. R- ( 353 ) Lors même que le nouveau microscope n'égalerait pas celui d'Amici sous tous les rapports, ce n'en serait pas moins un service important rendu aux sciences , que de leur avoir procuré un instrument presque aussi parfait sans être sujet aux mêmes altérations, qu'on peut fabri- quer par les procédés ordinaires et qui ne coûte que 340 francs , tandis que le prix du microscope d'Amici est de huit à neuf cents francs. Nous avons comparé le microscope de M. Selligiie aux meilleurs microscopes ordinaires que nous ayons pu nous procurer. Il n'est pas nécessaire de dire que nous l'avons trouvé très -supérieur pour l'étude des corps opaques. Quant aux corps transparens qu'on éclaire en dessous, il nous en a donné aussi des images beaucoup plus nettes tant que le grossissement n'excédait pas deux cents fois ; mais nous devons dire que lorsque nous avons porté les gros- sissemens à cinq et neuf cents fois , comparé à un excel- lent microscope d'Adams , il a perdu cette supériorité si prononcée , et qu'alors dans celui-ci les contours des images ne paraissaient pas plus vagues que dans le mi- croscope de M. Selligue (i). Ainsi que nous l'avons déjà dit , M. Selligue a réuni quatre objectifs achromatiques pour les forts grossisse- (i) Il est juste «l'observer à ce sujet que la comparaison a été éta- blie entre le microscope de M. Selligue et un microscope d'Adams , que M. ScUîgue lui-m»!me avait eu la complaisance de retoucher, il y a quelque» années, pour rendre nos observations plus exactes et plus faciles. Il avait si bien réussi que nous n'avons pu trouver encore un seul microscope non achromatique qui puisse être compare' à celui que nous possédons. Il est donc probable que tous les micros- copes d'Adams ne seraient pas capables de rivaliser aussi bien avec celui de M. Selligue , pour les corps transparens. Ji. ( -^54 ) mens; cette combinaison lui a paru préférable à un seul objectif d'un foyer égal , parce que les coui'bures quatre fois pUis fortes qu'il faudrait donner aux deux verres dont il se compose seraient plus difficiles à bien exécu- ter. Il y a encore un avantage important dans la subdi- vision d'un objectif eu quatre autres : -c'est qu'on peut diminuer considérablement l'aberration de spbéricité , en combinant leur courbure d'une manière convenable ; mais il en résulte aussi un inconvénient , c'est la perte de lumière occasionée par les réflections multipliées à la surface des quatre objectifs, qui s'élève presque au tiers des rayons incidens. Peut-être parviendra-l-on à cons- truire avec une grande précision des objectifs achroma- tiques d'un foyer très-court et même à donner à leur sui'face la courbure nécessaire pour corriger l'aberration de sphéricité. Mais si l'on vient à bout de remplir celte dernière condition , ce ne sera sans doute qu'au moyen de procédés mécaniques. En attendant que l'art soit arrivé à ce haut degré de perfection , il est très-heureux que M. Selligue ait cons- truit par les procédés ordinaires un instrument aussi bon et d'un prix modéré. Nous estimons qu'il a rendu en cela un service important aux sciences naturelles , et que les résultats satisfaisans qu'il a obtenus méritent l'approbation de l'Académie. Signé Mirbel , Humboldt , Fresnel , rapporteur. Observations des Rédacteurs sur t emploi des Microscopes. ' Le rapport qu'on vient de lire va nous fournir l'oc- casion d'entretenir nu instant nos lecteurs d'un genre ( 355 ) d'observations qui intéresse toutes les branches de l'his- toire naturelle. L'emploi du microscope exige quelque circonspection en raison des chances d'erreur auxquelles cet instrumeut expose , inconvénient qu'il partage d'ail- leurs avec tous les appareils d'optique. Mais ces erreurs peuvent être divisées en deux classes , les unes prove- nant du jugement que l'observateur porte sur l'image qu'il a perçue , les autres étant dues aux altérations de l'image réelle par les imperfections inhérentes à l'ins- trument lui-même. Il est évident que les premières ne peuvent être ^atté- nuées qu'au moven d'un exercice soutenu et d'un em- ploi varié de ce genre d'appareil. L'habitude de voir aui moyen du microscope forme peu à peu le jugement de la même manière qus l'habitude de voir avec les yeux nou.'j apprend à donner une valeur exacte aux sensations qu«î ces organes nous procurent. C'est une édu ation nouvelle à donner au sens de la vue ; une fois terminée, il appré- cie aussi correctement les objets vus au moyen du micros- cope , que ceux qu'il aperçoit directement. A la vérité bien des pers^onnes sont eflVayées des effets fâcheux qu'un emploi prolongé de cet appareil peut produire sur l'or- gane de fa vue. Plusieurs naturalistes ont éprouvé de graves maladies, quelques-uns d'entre eux sont mènae devenus aveugles après avoir exécuté des observations microscopiques, et l'on a attribué ces pénibles accidens à l'instrument qu'ils avaient employé. Il est ici une dis- tinction à faire qui sera facilement comprise , et nous admettrons, pour ne pas conipli(|uer inutilement la ques- tion , que le microscope a produit en effet tous les mal- lieiirs dont on l'accuse , ce (|ui pourtant n'est rien moins que prouvé. Le but des observations microscopiques est ( 356 ) d'apercevoir les détails d'un corps très-petit, et lorsqti'ils ont été amplifiés , ils acquièrent un volume apparent assez considérable pour qu'un modèle de ce corps cons- truit sur les proportions que rinstrument lui donne pût être examiné à la vue simple sans difficulté. Supposons pour un instant que l'appareil soit parfait, c'est-à-dire qu'il ne modifie en aucune manière les conditions sous les- quelles notre œil a l'habitude devoir. Il restera toujours une source de fatigue pour cet organe , c'est l'attention prolongée à laquelle on l'oblige pour examiner un objet d'une structure plus ou moins compliquée sous toutes ses faces. Si les lormes qu'il présente sont simples , tout le monde pourra l'étudier sans inconvénient ; si elles offrent des détails multipliés, il ne pourra plus être examiné avec l'attention convenable que par des personnes- capa- bles d'exécuter des travaux délicats à la vue simple. Il est donc bien essentiel que chaque naturaliste mesure ses forces , et nous ne saurions trop dissuader ceux qui seraient incapables de faire avec précision un dessin minutieux sans fatigue, de se livrer d'une manière habi- tuelle à ce genre d'observations. C'est une conséquence nécessaire de la nature des résultats qu'on veut obtenir, mais elle est tout-à-fait indépendante de l'emploi de l'instrument qu'on met en usage. On aurait tort cependant de conclure de ce qui pré- cède qu'avec de bons. yeux il est permis d'espérer qu on pourra se servir d'un microscope quelconque sans in- convénient. Il faut encore que l'instrument soit bon, et nous donnerons ici quelques résultats pratiques qui pourront diriger les naturalistes dans le choix des ap- pareils et des méthodes. Toutes choses égales d'ailleurs , les microscopes qui (357) ont le champ le plus étendu, sont ceux qui fatiguent le moins. D'où il suit que les loupes siniples, sont d'un emploi très-dangereux , surtout lorsque leur foyer est très-court. Parmi les microscopes composés , ceux de Dellebare sont les plus mauvais sous ce rapport , ceux de M. Amici et de M. Selligue viennent ensuite et leur sont très- supérieurs , mais ils le cèdent peut-être aux instrumens construits par Adams, qui nous ont paru les plus parfaits sous ce point de vue. Mais si l'on exa- mine les principes qui ont dirigé MM. Amici et Selligue dans la construction de leurs appareils , on Verra facile- ment que l'un est limité nécessairement pour l'étendue du cliamp qu'il obient, tandis que l'autre pourrait aug- menter considérablement celle de son înst,vument en donnant plus d'ouverture au diaphragme qui se trouve placé au-dessus des objectifs. Ce résultat sera facile à atteindre. • -, La netteté des images influe beaucoup sur les altérà-r lions de l'œil qu'on ressent après des observations micros- copiques. En classant les appareils précédens sous ce point de vue , les plus mauvais seront ceux de Dellebare , ceux d' Adams viendront ensuite ; nous placerons au troi- sième rang les lentilles simples , et les microscopes de M. Amici ainsi que ceux de IM. Selligue auront, sur les autres, ijne grande supériorité. Il résulte de ces diverses comparaisons qu'un obser- vateur prudent doit s'interdire l'emploi des microscopes de Dellebare , lorsqu'il s'agit d'une recherche de longue haleine, qu'on ne doit se servir des loupes simples con- nues sous le nom de loupes montées que pour de faibles grossissemeus et qu'on peut au contraire faire usage avec TOMK III. 24 ( 358 ) sécurité des microscopes d'Adams , de M. Amici et de M. Selligue. Il est essentiel que les verres et les réflecteurs soient très-propres. Le meilleur moyen pour les débarrasser de la poussière qui finit par se ramasser à leur surface , consiste à les laver avec de l'esprit de vin. On les essuie ensuite avec un linge fin. La manière d'éclairer les objets mérite aussi la plus grande attention 5 parlons en premier lieu des corps trans- parens. On les éclaire généralement en plaçant au-dessous du porte-objet un miroir plan ou concave qui réfléchit la lumière et la renvoie dans le champ du microscope. Nous avons renoncé complètement à l'emploi de la lu- mière solaire directe , soit pai'ce qu'il n'est jamais né- cessaire d'avoir un pinceau lumineux aussi vif, soit parce qu'elle produit beaucoup de couleurs , soit enfin parce qu'elle occasione une extrême fatigue. Le seul moyen d'en faire usage consiste à placer l'instrument à l'ombre, vis-à-vis d'un mur blanc , éclairé par le soleil et situé à quinze ou vingt pas de lui. C'est une condition généra- lement facile à remplir , mais il est plus simple encore d'employer la lumière des nuées qui sufiSt presque tou- jours même pour les plus forts grossissemens , et qui n'occasione aucune fatigue. On peut lui substituer, et toujours avec avantage , la lumière d'une lampe « double courant , ce qui permet de faire des observations soit pendant la nuit, soit pendant le jour , lorsque le ciel est couvert. M. Selligue a introduit un perfectionnement très- sensible dans ce genre d'éclairement , en plaçant un dia- phragme étroit entre le miroir réflecteur et le porte-objet. Les iiHRges en deviennent beaucoup plus nettes. (359) Il est essentiel que l'oeil reçoive , le moins possible , de lumière étrangère à celle qui lui arrive de l'appareil. A cet effet il est utile de placer, autour de l'oculaire, un écran de carton noirci de quatre à cinq pouces de dia- mètre. Enfin il est quelquefois bon de préserver l'objet de la lumière qui pourrait en éclairer la partie supérieure. Il suffit pour cela de placer entre l'objet et l'objectif, un tube de carton noirci à l'intérieur. Celui-ci repose sur le porte-objet et intercepte toute la lumière étrangère à celle que le miroir envoie 5 et comme sa sux'face inté- rieure est noircie, elle absorbe les rayons émanés du réflecteur qui pourraient lui parvenir. Occupons-nous maintenant des corps opaques. Il se présente pour les éclairer deux genres de difficultés fa- ciles à saisir. Il est bien évident qu'il faut d'abord en- voyer sur un corps opaque plus de lumière que n'en exigerait un corps transparent pour être vu avec la même netteté, toutes cboscs égales d'ailleurs. La quantité de lumière qui s'éteint par la réflection sur un corps, étant bien plus considérable que celle qui se perd par la trans- mission ^ d'un autre côté il est absolument indispensable d'éclairer les corps opaques par-dessus, ce qui ne peut se faire que lorsqu'il y a, entre l'objectif de l'instrument et l'objet, une distance assez considérable pour que le pinceau lumineux arrive sur le corps à éclairer , suivant une diroclion pou éloignée de l'axe de l'appareil. Plus on s'éloigne do cet axe, et plus aussi les saillies de l'objet deviennent difficiles à observer en raison des ombres por- tées r[ui résultent de cet éclairemont latéral. l)e-là une foule d'illusions qui ne permettent pas de compter sur les résultats. 2/1* ( 36o ) Il fallait donc remédier à ces deux inconvéniens et trouver des instrumens exempts de pareils reproches. Quant au premier, M. Selligue l'a fait disparaître avec Tiu succès complet. Il a augmenté la quantité de lumière qui arrive sur l'objet, en remplaçant la clieminée de verre des lampes d'Argant , par une cheminée en cuivre percée d'une ouverture latérale correspondant à la flamme, et munie de deux miroirs réflecteurs qui concourent au même point. La lumière se trouve déjà rassemblée de la sorte en un large pinceau qui est reçu par le prisme adapté au microscope. L'emploi de ce prisme donne une grande supériorité à l'instrument de M. Selligue, car M. Amici, ainsi que tous ses prédécesseurs, s'était borné à faire nsagc d'une simple loupe pour arriver au même résultat. Mais comme ce mode d'éclairement donne né- cessairement un pinceau très-oblique, il avait donné la préférence au miroir métallique percé , qu'on employait autrefois. Ce miroir embrasse l'objectif, reçoit la lu- mière du miroir inférieur et la renvoie sur l'objet opaque. Pour que toutes ces conditions puissent être remplies , il est indispensable que celui-ci soit d'un petit diamètre , afin que la lumière puisse arriver d'un miroir à l'autre. Il est aisé de voir en outre que ces deux réflections af- faiblissent considérablement l'intensité du pinceau lumi- neux. L'appareil de M. Selligue, qui éclaire les objets de toutes les dimensions et qui les éclaire mieux, mérite donc la préférence à tous égards. Quant au second point q\ii consiste à conserver une distance de 12 à i5 lignes au moins entre l'objectif et l'objet , afin de permettre au pinceau lumineux d'arriver sous une incidence très-rapprochée de la perpendiculaire, il est clair qu'on n'a pu l'obtenir qu'au moyen des nou- ( 36t ) velles consti'Uolions. Dans les anciens microscopes, l'ob- jectif était variable , et lorsqu'on avait besoin d'un gros- sissement considérable , il fallait mettre de? lentilles d'un foyer d'une demi-ligne au plus. M. Amici a vaincu le premier cette difficulté en plaçant le pouvoir amplifiant dans l'oculaire , et M. Selligne a construit son instru- ment d'après le même principe. Il en résulte que la dis- tance de l'objectif à l'objet peut rester invariable^ipiême pour une échelle de grossissement qui arrive jusqu'à 3oo diamètres au moins. On sera peut-être surpris de voir combien nous met- ions d'intérêt à des modifications en apparence assez simples. Mais l'étonnement cessera sans doute si l'on réfléchit à l'importance des observations faites sur les corps ojiaques , et à l'avantage qu'il y a à éclairer par- dessus les objets même qui pourraient être commodément examinés par transmission. Les expériences de M. Amici ont bien prouvé qu'il était plus utile d'étudier tous les détails des végétaux, comme s'ils étaient opaques, afin d'éviter les fausses apparences qui résultent des modi- fications que la lumière éprouve dans son trajet au tra- vers de ces corps, lorsque ceux-ci présentent des parties de diverses densités, et en particulier, comme cela ar- rive souvent, lorsqu'une lame d'air se trouve renfermée entre deux lames de tissu organique transparent. Mais de tous les avantages que présente ce mode d'observation, le plus évident consiste dans la possibilité d'examiner les objets en place, sans avoir besoin de les disséquer pour les amincir au point nécessaire au libre passage de la lumière. Avec les anciens niicroscopes, on désespérait de jamais avoir une anatomie des glandes , susceptible d'éclairer leuis fonctions dans la vie animale^ ( 362 ) avec les nouveaux , ce résultat sera obteuu dès Tiustant où l'on voudra s'en occuper. Il nous reste à indiquer le petit nombre de procédés à mettre en usage dans l'observation des corps opaques. Supposons en premier lieu qu'elle puisse se faire hors de l'eau. Si le corps est blanc on le placera sur un support d'ébène large d'un pouce environ , ou bien encore on le mettra sur une lame de verre dont la face inférieure aurait été fortement noircie avec de l'encre de Chine gommée. Nous employons de préféreilce un petit appareil qui consiste en deux lames de verre noircies sur une de leurs faces , et que nous appliquons l'une sur l'autre , en mettant les surfaces noires en contact , pendant qu'elles sont encore bumides. Elles restent adhérentes après la dessiccation , et on a de la sorte un porte-objet fort com- mode pour l'observation des corps blancs ou jaunes. Quant à ceux qui sont noirs , rouges , ou bleus , on les place sur des porte-objets blancs. Le plus souvent on emploie une lame de papier, mais il vaut mieux cons- truire un porte-objet en verre analogue au précédent , et dans lequel on fait usage de blanc de céruse gommé au lieu d'encre de Clfîne. Si le corps était de nature à devoir èti'e observé sous l'eau , ainsi que cela a lieu pour les anatomies des vis- cères d'insectes , pour les dissections animales déli- cates, etc., on ferait usage de petits godets en porcelaine ou en faïence , au fond desquels on aurait coulé un mastic composé de cire et de térébenthine. Ce mastic est bon pour les corps noirs , mais* pour le rendre propre à l'observation des objets blancs ou jaunâtres , il faut le noircir avec du noir de fumée. On le rend d'ailleurs plus ou moins mou en diminuant ou augmentant la dose de ( 363 ) térébenthine. En général il doit être assez mou pour qu'on puisse y piauler les épingles ou les aiguilles qui doivent fixer le corps qu'on a disséqué. En faisant usage de ces divers moyens, on pourra ob- server après quelques jours d'exercice , rapidement , commodément et sans fatigue, tous les corps vers lesquels on dirigei'a sou attention. Mais lorsqu'on emploiera des grôssissemens de 3oo à 5oo diamètres pour étudier des corps transparens , il se présentera diverses causes d'er- reurs qui tiennent essentiellement à la diffraction de la lumière. Nous essaierons d'en discuter les conséquences dans une autre occasion en examinant les globules du sang sous le point de vue de leur forme réelle. Il se présente fréquemment dans les observations mi- croscopiques , une questioji assez délicate qui consiste à déterminer avec exactitude le diamètre réel des objets observés. Voici le procédé qui nous semble le plus com- mode. On place au foyer de l'instrument un micro- mètre divisé en fractions du millimètre. On en regarde les divisions avec l'œil droit; On fixe en dehors de l'ap- pareil une règle divisée en millimètres, et on la main- tient à 8 pouces de l'œil gauche qui en lit les divisions. Il est facile alors de faire coïncider l'image perçue par Vœil droit avec celle que l'œil gauche reçoit, et de su- perposer les divisions du micromètre et celles dç la règle. Si par exemple -^-~ de millimètre occupe sur la règle , un espace de 5 niillimèlrcs, on a un grossissement de 5oo fois en diamètre. En répétant la même opération pour les principales combinaisons dont l'inslrumcBt est susceptible on se fait une échelle qui sert à déterminer le dianièlre réel de tous les corps qu'on veut observer. Il suffi l en t:i\'i:l de voir combien l'objet occupe de niilli- ( 364 ) mètres sur la règle, dans les conditions précitées , et de diviser celte valeur par le grossissement employé. Nous joindrons ici les pouvoirs amplifians du micros- cope de M. Selligue , pris sur Tinslrument qui a été examiné par MM. les Cotamissaires de l'Académie. Deux objeclifs , point de verre concave , oculaire le plus faible. Tuyaux ferme's 4o fois en diamètre. Tuj'au A tire' "^o id. Tuyaux A et B tire's go id. Quatre objectifs , point de verre concave , oculaire le plus faible. Tuyaux flermés 80 fois en diamètre. Tuyau A tire' 140 iW. Tuyaux A et B tire's \8o id. Quatre objectifs , verre concave le plus faible , oculaire le plus faible. Tuyaux fermés 180 fois en diamètre. Tuyau A tiré 33o id. Tuyaux A et B tirés ^So id. Quatre objectifs, verre concave le plus faible , oculaire le plus fort. Tuyaux fermés 3oo fois en diamètre. Tuyau A tiré 600 id. Tuyaux A et B tirés 840 id. Quatre objectifs, deux verres concaves, oculaire le plus fort. Tuyaux A et B tirés i,aoofois en diamètre. Il serait facile de multiplier ces combinaisons , mais les exemples précédens doivent suffire pour l'emploi de l'appareil. Explication de la Planche 18. Fig. I. Microscope de Selligue monté et prctàscrvirj H pied de l'instrument ; G charnière qui sert à le rendre horizontal ou vertical à volonté; F cngrainage à crémaillère pour rapprocher ou éloigner le porte - objet E des objectifs. DM miroir pour éclairer les objets transparcns; N diaphragme percé , qui intercepte tous les rayons f 365 ) jumineus, qui passeraient trop loin de l'objet transparent qu'on vou- drait examiner. P prisme à surfaces sphériqueS, pour éclairer les corps opaques. On peut suivre sur la figure la marche des rayons RRR, qui viennent se rendre sur le porte-objet; D objectifs achro- matiques , au nombre de quatre , lorsqu'on veut obtenir le pouvoir amplifiant le plus fort ; S verre concave destiné à accroître la force de l'instrument en augmentant la divergence des rayons ; O oculaire, C corps de la lunette; A, B tubes mobiles à^ frottement, qui servent à éloigner à volonté l'objectif de l'oculaire. Fig. 2. Marche des rayons dans l'appareil. Pour simplifier l'ex- plication et la figure, on n'a supposé qu'un seul objectif. Soit oz, l'axe de l'instrument, et r le limbe du diaphragme de l'objectif, oh placé un peu plus loin que le foyer p» de l'objectif, sera vu dans les con- ditions suivantes. Le rayon parti du point h , par exemple , après avoir traversé l'objectif , ira croiser l'axe et tomber en i sur le verre concave pq ; au lieu de se diriger alors suivant la droite sd , il ira tomber en a sur le premier verre plan-convexe ce de 1 oculaire. Devenu convergent, il se dirigerait vers ~ foyer du verre ab , s'il ne rencontrait un second verre plan-convexe fg, qui augmente encore sa convergence et le conduit à l'œil , qui se trouve situé un peu en deçà du foyer. Nouvelles obscn/ations surle gejiTel^ETEUTnjiSy extraites d'une lettre adressée à M. Ad. Buogniaut , Pau m. Nées d'Esenbeck. Je viens d'étudier , dans le premier cahier des An- nales des Sciences Naturelles , vos observations sur les genres Cytinds et Nepenthes. A cette occasion je me suis ressouvenu d'un échantillon de ce dernier genre , qui existe dans mon herbier , et que je dois à mon ami M. Blume, à Batavia. Celte espèce, très-diirérente de toutes celles qui sont décrites jusqu'à présent, m'est arrivée sous le nom de Nepenllies vielainphora,^ ReinWv , 7iom 8olntisftirae quadrilobuiu. Aaccmus fructuum raaturortim gluber. Capsulie 12-14 lina;as longx> I ( 368 ) tetragonœ, lanceolato-oblong», glabrœ, ad basin iisque in valvula» quatuor déhiscentes , quadriloculares , placcnfis parietalibus septi- formibus persisfcntibus. Semina plurima , minuta , ascendenlia , imbricata , fusiformi- Cliformia extremitate inferiori aliquanto crassiori, pallida. Integu- mentum exterius laxum , utrinque attenuatum , pulchre reticulatum , nucleum, proprio integumento tectum, in medio fovens obovato- ellipticum apiceque mucroniformi suspensum. Embryo in perispermio centraiis , reclus , erectus , ad médium in cotjledones arcte sibi con- tiguas divisus ; radicula crassa , cylindrica , obtusa. Adnot. I. Integumentum illud exterius , de quo sermo fuit , cutn tantum distet a semine seu nucleo , forte arillum quis appellaret ■ oui sententiae conûrmandœ aliquae saltem rationes inservient. Arillum esse, ubi podospermii stratum exterius , desinens id quidem in pleris- que ad ortum seminis , prœter modum espanditur et semen ipsum , veltotum vel aliqua ejus parte invoivit. Hoc idem fieri autem in iNepentbe génère , defîcienleque omni podospermii vestigio, id ipsum vesicœ in modum inflatum , abire in membranam seu arillum , ovulum cingentem , obliquum, ex altéra deniquc parte in nonnuUis obliquo apice, quem recta podospermii terminum esse indicat Cl. Brongniart, prominentem. Tum vero podospermii funiculus centraiis, ad interius hujus vesicas latus decurrens, superiora versus ferri in testam seu veram exteriorem membranam seminis eamque vero in- teriori tunicœ tam arcte adhœrenlem , ut amplius una ab altéra ne- queat discerni. Qualcm et in aliis plantis fabricam seminis, v. c. in multis glumaceis seu gramineis, magisque congruente- exemplo in Orchidearum ordine reperies. Hujus ordinis plantœ , simili mem- branœ esterions structura insignes; transitum ejus in pulpam pro- dunt , atque forte ad extremum hallucinati sunt , qui arillo banc similem esse dicerent, tamétsi , nostra quidem sententia , in tanto- rum virorum lite neutrum quidem errasse , sed subesse potius grave problema, nova distinctione solvendum, fas sit suspicere. Quod ad speciem universam, habitum dicunt , Nepenlhes omnes non parum habent Orchidearum ineuntque ex longe altiori meritoque loco nexum quemdam obscurum , Rafîlesia deinceps et Aphyteja ab omni parte cognitis , illustrandam. Monendum autem ,, nos neutiquam familia; sive ordinis vinculum, sed solam monocotylcdonum et dicotyledo- num per gvadus familiarum nj/ïnitalem , seu parallelismum , in bis intellexisse. Adnot. II. Est etiam alia nobis species , a Reinvf ardto , amico di- lectissjmo , relata , cujus et marem et florcm et fructum maturuci, ( 369 ) seminibiis fœtum , coram habemus. Et isti quidem scypbos esse cris- tatos, Reinwardtus docuit maximosque forte omnium, utpote qui ad pedis longitudinem saepe crescant. Perianthii masculi laciniae oblongo- lanceolata: , reflexae , exlus fulvo-hirtae , intus vis glanduloso-punc- tatoe , limbo omni dense fulvo-subtomentoso columna Glamentorum 2 1/2 lin. longa , basi hirta. An t herse 16, pallidoe. PeduncuU florum femineorum biflori , scabri. Capsulée 16 lioeas longœ, lanceolatae , tetragonae , punctis elevatis exasperatae , in sulculo medio Yalvularum subhirtx , nitidulae. Semina formse ejusdem , quam in antecedentibus adootavimus, GUformia dico, in medio nuculigera , sed duplo lon- giora , ad novem lineas et ulterius protensa. Structura seminum interna ut in prseceJente. Speciem hanc , in Celehe insula a se lectam, Wepenlhen rnaximam salutavit Reinwardtus. Addit , rariare foliorum cristas in hisce , aliisque a se visis spbciebus, tum magnitudine, tum margine quoque magis vel minus inciso ciliatoque. Ad eandcm Cytinearum familiam , de qua sermofuit, pertinere videtur genus quoddam memoratu dignissimum, cujus characterem naturalem in Catalogo Horti Buitenzorgensis nuper , cum aliorum plurium cLaractoribus, praefationis loco exbibuit Cl. Blumius, horti hujus , post lîeinwarJtuin , director. Liceat hic addere verba auctoris : « GONYANTHES (i). ( Ojnandria triandda , Lin. ) » Calix coroUinus, superus (id est adhserens germini) , tubulosus, inferne dilatato-triangularis, superne angustato-triqueter , persistens, ore tridentato ; dentibus ovatis apice recurvatis convexis. Faux stig- mate subclausa. Stamika : filamenta nuUa 5 antherae très , ovales ; auriculatx stu laten; appendiculata;, tubo calycis prope oriûcium sub- sligmate insertae dentibusquc calicis alternœ. Pistillum : germen in- ferum ; stylus capillaris , longitudinc fere tubi ; sligma Irilobum , lobig obovatis convexiusculis anthcrarum auriculis adnatis. « Pericarpiijm : capsula inféra , triquetra , latere rirais tribus trans- versalibus deiiiscens, unilocularis. Rcceptaculum columaare , cylin- «Iricum , rugosum, tenuissimum. Semina. numerosissima , minima, elliptico-compressa , arillata j arillo lineari-alato reticulato-mcmbra- nacco. » Hap.itus. Planta tenera (3-4 pollicaris) vaginata, in radicibus pa- ratitica j scapus tctragonus , apice bifidus , tri-quadriflorus. (i). L. c. p. 19. ( 370 ) Spec. j. G. Candi Ja , Bl. » ■ Monet aticlor per litteras, antheras, sic dictas, meras esse massas poUineas sen glandulosas, quales in planlis orchideis deprehendimus , quam ob rem eliam orchideis hanc adnumerandam esse aliquis censeat , nisi reliqua floris structura, cujiis elegantcm iconem , figurae plan- tulœ adjectam , anie ocuios haberaiis , et styli prîesertim indoles , Asclepiadarum quidquam prodens , id coasilium dissuadèrent. Explicatio iconum. Tab. 19. Fig. A. JVepenthes gymnamphora (_a\it)or naturali slaturâ). Folium naturali magnitudine 5 a. Ramulus raceoii feminei roagnitu- dine naturali cuna binis floribus. b. Capsula dehisccns uaturali ma- enitudine. c. Semen naturali magnitudine. d. Idem valdeauctum, dissecto nucleo. Tab. 20. Fig. ». Scyphi radicales, magnitudine naturali. Fig. 2. a. Flos masculus lYepenthis maximce , Reinw. , valde auctus. b. Ejusdem capsula magnitudine naturali. c. Semen magnitudine naturali. d. Idem , auctum , proportione augmenti seminis praece- dentis (iV. Gymnamphorœ) tertia parte mnori. Note au sujet de la réponse faite par M. Deshajes , à quelques observations critiques de M. de Féiiissac , sur la famille des Nériiacées de M. de Lamarck ., et sur le genre Navicelle ,• PaR M. BE Férxjssac. Les observations de M. de Férussac ne portaient qu'accessoirement sur la place du genre Pileolus , dans la famille des Néritacées , et il n'a point prétendu , ainsi que le dit IM. Desliayes , quil avait eu tort de pro- poser ce rapprochement ( voy. l'art, incriminé , dans le Bulletin universel des Sciences et de l'Industrie , mai 1824, P" 97 )• Il a dit : Quoique , selon toutçs les appa- rences, V opinion de ces deux naturalistes CM. Sowerby, auteur du genre , qui le premier l'a placé dans la fa- mille des Néi'itacées , et M. Desliayes ) .sojf bien fondée au sujet de la place de ce nouveau genre , clic est encore (371 ) hypothétique , notant appuyée que sur des analogies qui tous les jours nous égarent (i). C'était plus spécialement aux bases des raisonnemens présentés par M. Deshayes, au sujet de la famille des Néritacées , que s'appliquaient les réflexions de M. de Férussac , qui a avancé que les Nérites et les Natices appartenaient à deux familles distinctes. M. Desliayes soutient, dans sa réponse, la légitimité de cette famille ; mais c'est précisément avec les auteurs qu'invoque ce naturaliste , que M. de Fé- russac appuie la validité de sa proposition. Adanson, Bruguière , MM. de Lamarck et Cuvier , ont, sans doute, trouvé beaucoup de ressemblance entre les Nérites et les Natices : mais les deux premiers n'ayant point fait de familles, n'ont pu les placer dans des familles distinctes. -Adanson s'est contenté de 6gurer les animaux des deux genres et de les décrire. Bru- guière n'ayant traité ni l'un ni l'autre de ces genres , né saurait être appelé en témoignage , et M. de Fé- russac ne connaît pas le passage où il dit avoir trouvé beaucoup de ressemblance entre eux ! Quant à M. de Lamarck , son système de classification n'étant point basé sur les rapports naturels , il est bors de la question qui nous occupe. Il ne reste donc que le témoignage de M. Cuvier. Or , si M. Deshayes avait bien voulu , avant de répondre à M. de Férussac, lire le Mémoire de M. Cuvier sur la Vivipare d'eau douce .^ p. i3 et suivantes , il aurait trouvé l'indication précise des deux groupes ou familles que M. de Férussac a établis dans ses Tableaux de classification des Animaux mollusque^ (i) C'est ce que j)roiivc , entre mille faits, le Plannrhis eonVarius ou Cornu iirUtis , place par tout le monde , dans les Plunorbcs , et qui, comme l'a indiqué M. Sowcrijy , est une véritable Ampulluire, ( 37^) enfantines naturelles^ et dont l'un de ces groupes, le premier, a pour chef de file , comme l'avait indiqué ' M. Cuvier , la Vivipare et. autres espèces à tentacules simples , et le second , le Turbo pica et autres espèces à tentacules doubles . Plus loin, en parlant de l'ancien genre Nérite , divisé en Nérites et en Natices , M. Cuvier ajoute : Les Animaux qui thabitent répondent aux deux types que nous avons déterminés plus haut pour les Turbo et les Trochus , etc. Or , si ces deux genres font réellement partie de deux groupes distincts , selon M. Cuvier , on ne voit pas comment ils doivent rester dans le même. Les espèces des deux genres , examinées et figurées par M. Cuvier , montrent , comme les dessins et les descriptions d'Adanson , que les Nérites ont quatre tentacules, dont les deux plus courts portent les yeux à leur sommet , tandis que les Natices n'ont que deux tentacules et les yeux placés à la base de ceux-ci. Ces naturalistes n'ont donc pas tous uu, comme M. Des- hayes , plusieurs espèces de Natices ajant les jeux placés sur des pédicules , à la base des tentacules ; ce qui existe également dans les Nérites. M. Desbayes paraît être le seul qui ait vu cela ; ce qui prouve qu'il n'a vu que des Nérites , mais qu'il n'a pas examiné de Natices , et que les figures et les descriptions de M. Cuvier et d'Adanson n'étaient point présentes à son esprit. Du reste , Bruguière et M. de Lamarck, compris dans ceux qui ont tous vu , ne disent nulle part avoir vu, d'aucune façon , les Animaux dont il s'agit. Il n'y a pas non plus oubli et contradiction dans ce que M. de Férussac a avancé , et l'on a lieu d'èîre surpris des con- clusions trancbanles de M. Desbayes. Ce que M. de Fé- russac a dit ne détruit pas un seul des faits qiti prouvent ( 373 ) incontestablement que plusieurs Nalices ont les yeux semblables en tout à ceux des Nétites ,• ce qui voudrait évidemment dire , d'après ce qu'on vient de lire, que plusieurs Notices sont des Nérites et non des Natices. Quant au peu de fondement de la séparation des Nérites et des Néritines , M. Deshayes reconnaissant que M. de Férussac a raison , il n'y a rien à dire à ce sujet. A l'égard des opinions de M. de Férussac sur les rapports de la pièce cornée interne des Navicelles , ce qu'il dit de ce genre monlie clairement que cette pièce a d'autres fonctions à remplir que celle de l'opercule^ sa forme, sa situation sont très-différentes, elle n'est point articulée comme les autres opercules , ainsi que le dit M. Deshayes , ni dans un état rudimenlaire , ainsi qu'il le pense. INI. Deshayes se serait épargné sa longue dissertation sur ce genre , s'il avait bien voulu voir que M. de Férussac n'a rien décidé à l'égard de son emplacement dans les Pulmonés ; il a proposé ses doutes. Toute la question est là : est-ce un Pulmoné ou un Peclini- branche ? Le doute existant d'après les faits qu'il a rapportés et ceux que M. Van Hasselt nous fournit, il a pu dire que le genre Navicelle étant encore peu connu , on ne peut baser des raisonnemens ^ur ses rapports ni sur V intervalle qui le sépare des Nérites. M. Deshayes appelle à son secours des considérations tirées de la forme des coquilles •, il nous apprend que celles des Ancyles sont parfaitement symétriques ; ce qui prouve seulement qu'il ne connaît qu'une dos deux espèces de France , YAncjlus lacustris n'étant point symétrique. Il ajoute qu'il n'en est pas de même pour la Navicelle , dont le sommet s'incline à droite , en mon- ToME III. a5 ( 3:4 ) trant de ce côté un commencement de spire ^x^e qui montre que M. Deshayes ne connaît pas les Navicelles ; qu'il a eu sous «les yeux quelque espèce de Crépidule , qu'il a prise pour elle ; car aucune des espèces de Na- vicelles n'offre de commencement de spire , et l'incli- naison presque insensible du sommet d'une de ces es- pèces ne peut empêcher qu'on ne les considère toutes comme des coquilles parfaitement symétriques. Rapport fait à V Académie des Sciences , sur un ouvrage de M. Dalman, ayant pour titre : Analecta ento- mologica 5 Par m. Latreille. On peut diviser le fond de cet ouvrage en trois parties , correspondantes à autant de modes descriptifs : 1° monographies -, i° exposition de caractères de nou- veaux genres 5 3° description d'espèces nouvelles. : A l'égard des monographies, l'auteur en donne deux : 1° celle du genre Diopsis , diptères très -remarquables par les prolongemens latéraux de leur tète , et portant à leur exlrémité les yeux et les antennes ; de-là , la dé- nomination de Mouches à lunettes, qu'on a donnée à ces Insectes. Il en décrit cinq espèces et qui sont toutes de Sierra-Leone en Afrique j 2" monographie de mon genre Drjdnus , insecte de l'ordre des Hyménoptères , fa- mille des Pupivores. Il en fait connaître quatorze es- pècwson, expcrimtnlal inquiries on Ihc proportion of Ihc hlood, wilh somc rcmarks ou its, and an apptndix nlatinj; lo ihc lynipli. sytt. in hirds , liihes and aoipliihious animais. Loiul. 1771. 26"^ ( 384 ) démontré qu'ils découvrirent , chacun de leur côté , les lymphatiques dans les Oiseaux , sans avoir eu connais- sance de leurs travaux mutuels , mais la priorité appar- tient à Monro, ce qui est prouvé par le passage sui- vant (i) ; « Quamquam avibus desint, vel saltem adhuc » non delegantur vasa lymphatica , in Gallo tamen » gallinaceo vasculum bis deteximus , quod admira- » tionem excitavit , etc. v C'était un vaisseau lympha- tique du testicule , qu'il aperçut après des recherches infructueuses. Hewson (2) ne paraissant avoir vu que les lymphatiques du tronc et du cou , la description et la gravure qu'il en donne , laissaient beaucoup à dé- sirer. M. Tiedemann(3) est le premier anatomlste qui ait donné une bonne description de l'ensemble des lymphati- ques dans les Oiseaux , et en dernier lieu M. Fohmann (4), chez qui j'ai vu les premières injections de ces vaisseaux, a démontré , de la manière la plus évidente , leurs com- munications avec les veines rénales et sacrées. Je ne sache pas que depuis la publication du Mé- moire de Hewson , aucun anatomiste ait douté de l'existence du système lymphatique dans les Oiseaux 5 cependant, à l'occasion d'une loi de généralité énoncée par le savant auteur de la Philosophie anatomique , (i) A.M'inro Diss. de testibus et semine in variis aaimalibus.Édimb. 1^55, c 12, § 3. (a) An account of the lymph. syst. in birds by W. Hewson dans les Phii. Iransact. 1768, vol. 58 , p. 217 , et Experim. inquir. (3) Anatotnie und Naturgeschichle der Vœgel, 1810 , T. 1 , p. 533. (4) Anatomische Untersuchungen ùber die Verbindung der Saii- gadern mit dcn Vcnen. Htidelb. i82i,p. 63 Trad. en français par M. Breschet, dans les iMém. de la soc. Med. d'Emulation, avril i8aa, p. i36. (.385 ) M. Magendie répéta les recherches de ses prédéces- seurs sur le système lymphatique des Oiseaux , et il consigna lé résultat de ses travaux dans un Mémoire lu à l'Acadcmie des sciences en 1819 Ce Mémoire (i) nous apprend que M. Magendie n'est parvenu â voir les lymphatiques du cou que dans l'Oie et le Cygne. Quant au reste du système j il fut moins heureux , car il n'en découvrit aucune trace ; il en conclut donc que les lym- phatiques n'existent qu'au cou des Oiseaux , et spécia- lement au Gou de ceux où 11 les avait trouvés, et que par conséquent les veines sont chargées dans les Oi- seaux des fonctions que remplissent les lymphatiques dans les autres animaux. Dans un voyage que je fis à Heidelherg , pour voir les belles préparations de M. Fohmann, cet habile ana- tomiste injecta en ma préscrice les lymphatiques d'une Oie f et je profite de cette occasion pour le remercier du parfait accueil qu'il me fit lors de mon séjour dans cette Université. Ayant donné plus de suite à ces re- cherches , à l'occasion de ma Dissertation sur les Vais- seaux lymphatiques , et ayant été assez heureux pour déceuvrir quelques nouveaux détails dans la marche de ces vaisseaux , désirant suppléer à l'imperfection de la gravure de Hewson, la seule que je connaisse sur ce sujet, j'ai eu l'honneur de soumettre au jugement de l'Académie mon Mémoire (2) accompagné de dessins. Analoune générale. Les vaisseaux lymphatiques des Oiseaux diflêrent de ceux de IHommc , quant à leur structure , par un moins (1) IVIëmoirc sur Ici vaiescaux lynipliatiqiie» des oisuuux i jouroal de Physiologie de M. Magendie, T. 1, J>. 47- (a) J'ai déjà publié quelques détails relatifs à la distribution de» ( 38^) grand nombre de valvules , qui , en outre , y sont moins résistantes-, en sorte qu'il m'est plusieurs fois arrivé de pouvoir les injecter par voie rétrograde. Celte injection en sens inverse du cours de la lymphe, n'a lieu ce- pendant que jusqu'à un certain degré, et ce n'est que très-rarement que j'ai pu injecter ces vaisseaux josqu'à leurs radicules. Les lactés , les lymphatiques des antres viscères et les canaux thoraciques , ont des tuniques très-faibles, et il arrive très-rarement d'achever une préparation, sans que quelques uns de ces vaisseaux,, et surtout les canaux thoraciques , ne se soient rompus. Ce sont ces ruptures qui m'ont fait voir que ces vaisseaux , malgré leur extrême ténuité, sont, comme ceux de l'Homme, com- posés de deux tuniques-, en effet, la tunique interne étant la moins résistante , c'est toujours elle qui se rompt la première, et on voit alors le mercure distendre'la tunique externe fibreuse, et s'infiltrer entre elle cti'in- terne. Par son aspect , la lymphe des Oiseaux m'a paru sem- blable à celle des Mammifères 5 mais leur chyle (i) dif- lymphatiques dans les oiseaux, dans mon Essai sur les vaisseaux lym- phatiques, Sirasb. 1824, pag. 2g, 87 et suivantes. (1) J'ai su depuis, de M. le professeur Dumcril, qu'il avait vu, il y a long-tein.ps , les lactés sur un Pic- Vert gelé', qui venait d'être tué après avoir avalé une grande quantité de Fourmis, et que le chyle que conttnaient ces vaisseaux était blanc et opaque. M. Duraéril pense que cette opacité du chyle , dépendait de la nourriture animale qu'a- vait piise cet oiseau, puisqu'il est d'observation , que dans les animaux carnassiers, le chyle est d'un blanc de lait, tandis qu'il est le plus souvent transparent , ou opalin dans les herbivores. D'après ces consi- dérations, je fus d'abord étonné d'avoir toujours rencontré dans les Oies du chyle transparent, quoique ces oiseaux se nourrissent indis- tinctement de substances animales et végétales , et je voulus voir si iiniJudit I ( 387) fère essentiellemeut de celui de ces derniers, par sa transparence et son manque de couleur , ce 4]ui peut rendre raison de la difficulté qu'on éprouve à trouver les vaisseaux qui le contiennent. Quanta leur marche , les principales différences des lyniplialiques des Oiseaux d'avec ceux de THomme , consistent dans l'absence de leur plan superficiel dans les membres , et dans le défaut des glandes lympha- tiques , à l'exception de quelques . glandes situées à la partie supérieure de la poitrine , formées par les lymphatiques du cou et quelquefois par ceux des ailes. Ces glandes , qui offrent en général la même structui'e que celles de l'Homme , sont cependant un peu plus une expérience directe confirmerait l'opinion ci-dessus émise. Je nourris en conséquence de chair , pendant plusieurs jours consécutifs, un Dindon et une Oie , et je les tuai quand ils furent en pleine dige.îtion , devant alors m'attendre à y rencontrer du chyle blanc, au cas que ce fût la nourriture animale qui lui donnât cette couleur. Le chyle tiint du Dindon que de l'Oie, était cependant aussi transparent que l'e'tait celui des oiseaux que j'avais tués précédemment , san3 les avoir spé- cialement nourris de chair. Il me parait donc prouvé par-là, que ce n'est pas la nourriture animale qui donne l'opacité au chyle. — Quel- ques ai'gumens viennent encore à l'appui de cette proposition : nous trouvons du chyle opalin, et quelquefois même blanc, dans les lactés du Cheval et du Bœuf, et cependant ces animaux ne se nourrissent incontestablement que de végétaux 5 et d'im autre côté, nous devrions trouver constamment les lymphatiques , des autres parties du corps, remplis d'une lymphe opsque, parce qu'ils n'absorbent en grande paT- tie que les molécules du corps lui-mâme; or l'expérience vulgaire nous apprend que, dans l'état physiologique, ils contiennent toujours, une lymphe transparente, et ce n'est que dans des cas très-rares, et dans l'état de maladie, qu'on y rencontre une l3'm[ihe o]>3que , comme dans le cas où M. Dupuytren les a trouves gorgés de pus, et dans ua autre , où mon )>ircles vit remplis de sanie gangreneuse, l'outetois l'ob- servalion de M. Duméril est un fait auquel il faut ajouter foi, quoi- que nous nrc. M. Drescliet a bien -voubi prcscntcr à la Sociold l'hi- lomatiquc quelques-unes de ces premières prëparatiooa. (a) Kfisai sur les Vaisscaui lymphatiques , Strasbourg i8j4 » •fic- tion IV ; usage des vaisseaux lymphatiques, p. 44 <^^ suiv. ( 390 ) pHées. Ces rameaux se rendent sur la partie antérieure de l'articulation du métatarse , pour y former un petit plexus, dont partent trois à quatre i-ameaux 5 les uns , antérieurs et internes , accompagnent les vaisseaux san- guins en les entourant d'un réseau ; les autres , posté- rieurs et externes , reçoivent les lymphatiques de la plante du pied , puis montent le long du tarse et forment vers son articulation avec la jambe un plexus à mailles très-serrées , dont quelques rameaux se sont remplis de mercure jusqu'à la face externe du derme. Tous ces vaisseaux montent le long de la jambe, en l'entourant d'un plexus jusque vers son milieu , où ils se réunissent en deux branches , dont l'une , plus petite , monte à la face antérieure externe , dans la gouttière formée par la réunion du tibia et du péroné , jusqu'à la partie supé- rieure' de ces os /où , en passant par leur intervalle, elle s'unit en arrière à l'autre branche montante et accollée aux vaisseaux sanguins. A mesure que le tronc qui ré- sulte de la réunion de ces deux branches s'avance le long des vaisseaux de la cuisse, en y formant plusieurs divisions et réunions, il reçoit les petits rameaux mus- culaires de cette partie , et une branche as^ez volumi- neuse qui accompagne les vaisseaux fémoraux profonds. Le tronc entre ensuite dans le bas-ventre, en passant sous l'arcade crurale , reçoit plusieurs rameaux qui lui viennent des parties latérales du bassin , et se divise en deux brandies , une inférieure et une supérieure. La première reçoit quelques lymphatiques des lobes supé- rieurs des reins, ceux des ovaires ou des testicules , et communique supérieurement avec les rameaux qui en- tourent l'artère mésentérique supérieure ^ inféricure- ment, avec un plexus qui entoure l'aorte et ses branches , ( 39t ) €t qui reçoit deux lymphatiques venant du plexus rénal et accompagnant l'artère . sacrée moyenne. La branche supérieure résultant de la division du tronc des lymphatiques de la cuisse, se porte sur l'aorte , et y forme un plexus avec la branche du côté opposé et avec les lymphatiques qui viennent des intes - tins. Ces lactés (i) accompagnent les rameaux de l'artère ) (i) Tout récemment , c'est-à-dire après les dernières injections quç j'ai faites à ce sujet , on a élevé plusieurs questions relativement aux chylifères dans les oiseaux , auxquelles je crois devoir répondre. i^. Les absorbons que l'on voit sur le mésentère des Oiseaux , ap- partiennent-ils au mésentère seul , ne sont-ils qu'une portion du système lymphatique général, ou appartiennent-ils aux intestins en même temps ? Xai poursuivi ces vaisseaux à l'œil nu jusque sur les tuniques intes- tinales , où j'ai reconnu très-distinctement leur distribution. J'ai pu ra'assurer qu'à l'exemple de ceux de l'homme ils sont plus larges sur l'intestin , et qu'ils diminuent beaucoup de diamètre , en entrant dans le mésentère. Le peu de résistance de leurs parois, ne me permit pas de les injecter sur les tuni(|ues ititeslinalcs, mais en les injectant sur le mésentère, le mercure remplit , par voie rétrogade, plusieurs rameaux jusqu'au bord concave de l'intestin, et il était facile, tant que la pièce était fraîche, de se convaincre que res vaisseaux injectés se continuaient avec ceux qui rampaient sur l'intestin. 2°. Ces vaisseaux sont-ils de véritables lactés, en supposant qu'on les troui'e iur les intestins , et ne sont - ils pas trop petits et trop peu nombreux pour qu'ils puissent servira l'absorption du chyle , vu la rapi- dité de la digestion dam les oiseaux? ■ En désignant ces vaisseaux sous le nom de lactés, je conviens qu'on en donne une idée fausse, parce qu'ils churient du chyle transparent) mais comme le mot de lactés, même dans les animaux oîi ces vais seaux contiennent du chyle blanc, est mal appliqué, parce que le lait et le cliylc sont très-difTérens , et que cela n'a ce|>eiidant pas emjièché I qu'on ne continuât de s'en servir, j'ai cru pouvoir l'employer aussi, surtout après avoir parlé | rJalabicment de In transparence du chyle dan» le» Oiseaux. L'idcntilé de striictme des lacte's et des autres lym- phatirpies , la connexion intimq de ces deux systèmes va.sculaires, prou- vent que ces vaisseaux ïont les mêmes, et si ses lactés sont les seuls lymphatiqucâ* qui élaborent le chyle, c'est qu'ils sont les seuls qui (390 inéseiitérique supérieure, où l'on voit, pour une artère, plusieurs lymphatiques , qui , en s'anastomosant fré- quemment entre eux, entourent celle-ci d'un réseau. puissent opérer sur du chyme, car sans chyme point de chyle. Par conséquent, si on parvenait à placer les orifices des autres lympha- tiques dans une condition aussi favorable pour re'Iaboralion du chyle , que le sont les orifices des lacte's dans les villosités intestinales, et qu''on soumît alors à leur action, du chyme convenablenient préparé par4'«s- tomac et le duodénum, ces lymphatiques deviendraient de véritables chylifères. Si les physiologistes n'ont pas réussi à nourrir les ani- maux par des voies autres que le tube digestif, c'est qu'ils n'avaient pas pu appliquer les substances à absorber à une surface aussi étendue que le canal intestinal et pourvue d'un épiderme aussi mince, et qu"é7 tant persuadés que le chyle et le lait sont identiques , ils avaient em- ployé le plus souvent ce dernier liquide dans leurs expériences. Les lactés ne sont donc autre chose que les lymphatiques des intestins. Ces vaisseaux sont aussi nombreux dans les Oiseaux que dans les Mam- mifères, parce qu'ils forment un lacis autour des vaisseaux sanguins; et à leurs radicules , où on ne voit plus qu'un seul lacté accompagner l'artère et la veine, nous trouvons une compensation dans la grosseur proportionnelle du lacté , qui alois a un calibre presque égal à celui de 1 artère lorsqu'il rampe dans le mésentère , et qui la surpasse de beau- coup en diamètre , tant qu'il se trouve encore sur l'intestin. Il est certain que la digestion se fait très-rapidsment dans les Oiseaux j mais comme la circulation du sang est proportionnellement aussi rapide , il ne répugne pas, ce me semble , d'admettre que l'absorption l'est aussi , surtout si on considère que digestion rapide et absorption rapide du chyle, sont à peu près synonymes. 3". Les lymphatiques du mésentère existent-ils dans des Oiseaux autres que rOie et le Cygne ? Je répoudrai à cette question par l'affirmative, au moins pour ce qui concerne le Dindon , la Poule et le Canard , oîi je vis très-distinc- tement les lactés accompagnant les vaisseaux du mésentère; mais il rie me fut pas possible d'y introduire le tube, sans doute parce qu'il n'était pas assez fin; cependant ce n'est pas là une raison suflisiinte pour en douter. D'ailleurs je ne pouvais pas me tromper sur la nature des vaisseaux que jp voyais : le mésentère était sans gAiisse à cet endroit , les vaisseaux sanguins se voyaient à côté, remplis de sang, et on re- connaissait facilement les filets nerveux par leur opacité plus grande. ('393)' Avant d'arriver sur l'aorte , ces vaisseaux communiquent avec la branche inférieure de ceux de la cuisse et avec ceux des ovaires ou des testicules ; après quoi ils se portent sur l'aorte , où ils reçoivent les lymphatiques du pancréas et du duodénum , et finissent par s'unir sur le tronc cœliaque à ceux du foie , du ventricule succen- turié, du gésier et de la rate , en formant un riche plexus, où il n'est pas rare de rencontrer des rameaux lympha- tiques qui se versent dans les veines voisines. On trouve enfin , sur les reins , un plexus considé- rable de lymphatiques , provenant , les uns de ces vis- cères mêmes , et les autres du rectum , et des muscles et de la peau qui recouvrent le sacriun et le coccyx. De ce plexus partent plusieurs rameaux , qui accom- pagnent l'artère mésentérique inférieure , reçoivent des lymphatiques du rectum, du cœcum et de ses appen- dices , et s'unissent enfin aux plexus des vaisseaux qui entourent l'artère mésentérique supérieure. 'Deux autres' rameaux, partant du plexus rénal, accompagnent l'ar- tère sacrée moyenne , et se rendent dans le plexus qui entoure Taorte. Les rameaux les plus nombreux et les plus considérables qui composent le plexus rénal, s'ouvrent directement dans.les veines rénales et sacrées, ce que l'on voit très-bien , surtout au moment où l'on^ injecte. Le plexus aorlique , qui est formé par tous les lym- phatiques que nous venons de décrire, donne naissance à deux canaux ihoraciques d'un calibre très-variable, mais souvent de plus d'une li|^ne de diamètre , situés à leur origine derrière l'œsopliage et devant l'aorte. Ils se portent en haut et en dehors, en s'écarlant l'un de l'atitrc, montent' sur les poumons, reçoivent quelques rameaux ( 394 ) de ces viscères et de l'œsophage , et se 'terminent chacun dans la veine jugulaire de son côté par un ou plusieurs ori6ces , après s'être réunis aux lymphatiques des ailes. Le canal thoracique gauche , avaut de se ter- miner dans la veine jugulaire , reçoit le tronc des lym- phatiques du cou de ce côté 5 celui du côté droit n'en reçoit qu'un rameau. Les lymphatiques des ailes suivent la marche de l'ar- tère brachiale, en formant un plexus autour d'elle , surtout vers l'articulation huméro-cubitale. Leur tronc principal , auquel se joignent vers le tiers supérieur de l'humérus tous les rameaux collatéraux, est jusqu'à cet endroit très-volumineux 5 mais bientôt son diamètre diminue , et à la partie supérieure du bras il n'a plus qu'un calibre très-médiocre. Arrivé aux parois tho- raciques , il reçoit deux ou trois rameaux qui naissent dans les muscles pectoraux, et un autre rameau qui ac- compagnait le plexus brachial. Peu après ce tronc forme quelquefois une petite glande lymphatique , et s'unit enfin au canal thoracique de son côté. Les lymphatiques de la tête accompagnent les divi- sions de la veine jugulaire, comme on le voit as- sez facilement entre les branche§ de la mâchoire infé- rieure, où ces vaisseaux sont très-souvent variqueux. Nous ne nous arrêterons pas ici à l'observation des frères Wenzel (i), qui disent avoir découvert les lymphatiques du cerveau dans des Corbeaux , au moyen du mercure introduit dans la cavité crânienne , qui aurait été ab- sorbé par les lymphatiques qui s'y trouvent. Le raison- nement suflfirait pour nous faire douter de l'absorption (i) Bemerkungen iiber die Hirnwassersucht Tiibing. 1806, p. 14 » dans la note. * ( 395 ) du mercure à Tétat coulant, et rexjpérience , plusieurs fois répétée sans succès , est venue confirmer ce que l'on pouvait avancer à priori. Les lymphatiques de la tête se réunissent à ceux du cou , qui forment à droite et à gauche deux branches ac- compagnant la veine jugulaire (i), et situées , l*une à son côté interne, l'autre à son côté externe. Ces vais- seaux communiquent entre eux à la partie supérieure et inférieure du cou , au moyen des branches trans- verses ou obliques. Ils reçoivent dans leur marche des rameaux musculaires et d'autres rameaux provenant des glandes particulières qu'on remarque sous la peau du cou. A la branche interne du côté gauche s'unit en outre un lymphatique assez considérable venant de l'œsophage. Vers la partie inférieure du cou , ces vais- seaux reçoivent un rameau notable qui accompagne les artères carotides , et peu après ils forment de chaque côté une glande lymphatique située sur la veine jugu- laire. Tantôt cette glande est formée- par un tronc ré- sultant de la réunion des deux branches externe et in- terne; d'autres fois elle l'estparlabrancheinterne seule, et dans ce cas , le vaisseau sortant s'unit bientôt à la branche externe des lymphatiques du cou , qui continuait sa marche à côté de la veine jugulaire , et ordinairement le tronc résultant de cette réunion est moins volumi- neux que chacune des branches qui lui donne naissance. Du côté droit , le tronc des lymphatiques du cou se (() J'ai consfamitiPnt observii que la veine jugulaire gauche est de beaucoup moindre que la veine jugulaire droite; n'ayant pas trouve ' cette remarque dans les ouvrages d'analomiu comparée qui sont entre met mains, j'ai cru devoir en faire mention ici. ( 396) verse dans la veine jugulaire après avoir fourni un rameau de conimunication avec le canal thoracique de ce côté, et du côté gauche, il s'unit directement ail canal thoracique correspondant. Manière de préparer les lymphatiques des Oiseaux. En attendant l'exposé de la manière d'injecter les vaisseaux lymphatiques en général, que je me propose de faire à un autre endroit , il ne sera pas inutile , je crois , d'entrer dans quelques détails relativement aux instrumens dont je me suis servi pour les injecter , après quoi je décrirai la méthode qu'on emploie pour rendre ces vaisseaux visibles dans les Oiseaux. Il y a peu d'instrumens d'arjatomie qui aient éprouvé plus de changemens que ceux qui composent l'appareil servant à l'injection des lymphatiques , presque chaque anatomiste leur ayant fait subir des modifications plus ou moins utiles. Il serait oiseux de décrire tous ces ap- pareils*, nous nous bornerons donc à rappeler qu'ils sont de deux sortes. Au moyen des uns , on fait avancer le mercure dans les vaisseaux par une pression exté- rieure •, au moyen des autres , le mercure avance uni- quement en vertu de sa pesanteur. Ceux-ci ont sur les premiers l'avantage de donner , par la hauteur de là colonne , l'exacte mesure de la force avec laquelle entre le mercure, en sorte que c'est cette espèce d'appareil qui est la plus généralement répandue. L'appareil dont je me suis servi est fait par M. Goerck , à Heidelberg, et se compose de tubes en acier très-déliés , recourbés et efi&lés vers le bas , et augmentant un peu en épais- [1 seur vers le haut, où ils sont soudés à un petit montant (?97) qui se visse à un robinet , le tout en acier. C'est à ce robinet que s'adapte, tantôt immédiatement, un tube en verre surmonté par un petit entonnoir-, tantôt on interpose à ces deux pièces une canule flexible , longue de douze à quinze pouces , faite avec une sonde de gomme élastique , recouverte de peau de chamois. On conçoit que cette canule flexible doit beaucoup faciliter les mouvemens -, cependant , en employant l'instrument sans cette pièce , on a un autre avantage , c'est de pouvoir maintenir le tube dans une situation fixe et dé- terminée , au moyen du nouveau Cxateur de M. Ehr- niann , que nous décrirons plus bas •, et pour peu qu'on soit habitué à manier l'instrument, on parvient à exé-^ cuter les différens mouvemens avec la même facilite qu'en employant la canule flexible. Il est facile à voir pourquoi les tubes en acier sont préférables à ceux en verre. En effet , si ces derniers surpassent un peu les miens en ténuité , la solidité de ceux-ci décidera toujours en leur faveur. En examinant les tubes métalliques de Heidelberg , dont le mode de préparation m'est inconnu, et surtout en leis com- parant à ccTix faits en Angleterre , on serait porté à croire qu'ils ont reçu le dernier degré de perfection \ cependant M. Breschet, en appliquant à la confection de ces tubes métalliques un procédé déjà connu dans les arts, s'est acquis des droits à la reconnaissance des anatomistes , en leur faisant connaître les moyens d'en avoir de plus fins encore , et à peu de frais. Ces tubes métalliques sont tirés à la filière : « Un mandrin extr^ » memcnt délié est placé au centre d'une lame très- n mince de tôle , bien décapée et recourbée en gout- >> tière, qu'on lire successivement par des ouvertures Tome III. a-? ( 398 ) » de plus en plus petites -, le tube s'allonge, et le «anal » intéi'ieur conserve toujours le même calibre, qu'il M doit au mandrin qui le remplit (i). » On obtient de cette manière un bout de tube d'une certaine longueur , parfaitement cylindrique , et qu'on découpe alors pour l'usage. Ces tubes, comme nous l'avons dit, sont plus fins encore que ceux de Heidelberg^ mais comme ils sont également fins à leurs deux extrémités , ils ont l'in- convénient d'oliVir bien moins de résistance que les autres, qui sont légèrement coniques , et qui en outre permettent de les fixer plus solidement au montant des- tiné à les recevoir. Cependant , je crois qu'il serait possible d'obtenir , par le même procédé , des tubes coniques , en tirant des portions de tube d'autant moins longues que les ouvertures par lesquelles elles doivent passer sont plus petites. M. Breschet , dans la présentation qu'il a faite à la Société Pbilomalique , de mes injections , indique la manière de faire les tubes en acier , telle que la pra- tiquait Mascagni. M. Straus a perfectionné ce procédé , en faisant les tubes coniques , et il est parvenu à leur donner une finesse telle , qu'ils ne sont plus perméables qu'aux liquides les plus ténus. Un ressort de montre long de douze à quinze lignes , parfaitement détrempé , est retenu suivant sa longueur par un étau , de manière à laisser dépasser la moitié de la largeur. Il est avan- tageux de placer le ressort entre deux cartes , parce qu'on court moins de risques de le casser que s'il se trouve en contact immédiat avec l'étau. Moyennant de (i) Note sur la recherche des vaisseaux lymf.hatiqucs des oiseaux, | et sur les proce'dés employés pour les découvrir. Bul 'in des Sciences );ar la Société Philomatique de Paris, juin 1824- ( 399) légers coups de marteau donnés sur la partie du ressort qui dépasse , on la replie à angle droit sur celle qui est retenue. Dans la gouttière qu'on obtient ainsi , on place un mandrin en fer ou en acier détrempé , conique , et aussi acéré que possible. A petits coups de marteau on recourbe de plus en plus les bords sur le mandrin , de manière à ce que ceux-ci venant à se toucher , on ob- tienne un canal complet. On diminue , avec une petite lime la trop grande largeur du ressort à l'endroit qui doit correspondre à l'extrémité acérée du tube , et on finit ensuite de rapprocher les deux lèvres. Le tube étant achevé , on diminue l'épaisseur de ses parois au moyen de la lime, et on retire le mandrin. Ainsi préparé, il est reçu dans urT petit montant en ivoire , percé d'une ouverture en forme de cône tronqué. Cette ouverture se trouve par-là parfaitement en rapport avec le tube qu'on veut y fixer. Le tube , dont la grosse extrémité est en- tourée d'un peu de papier à lettre , est introduit dans le montant par son extrémité efiilée , et quelques légers coups de marteau le retiennent comme un coin. Si l'on désire avoir des tubes courbés , on n'a qu'à placer dans l'intérieur un fil de fer , pour empêcher le canal de s'effacer , et au moyen d'une pince , dont les extré- mités sont garnies de papier, on le courbe à volonté , en ayant soin de placer la fente du tube à la partie convexe. Pour fixer le tube, et pour pouvoir disposer de mes deux mains, je me sers , depuis environ deux ans, d'une machine, dont M. Ehrmann , chef des travaux anato- niiqiies à Strasbourg , a conçu l'heureuse idée. Celte niacbine se con)pose d'une colonne de fer de trente pouces de hauteur et de sept lignes de diamètre , Lien ( 4oo ) recrouio au marteau , niui de pouvoir résister au poids qu'elle doit supporter. Elle est moutée à son pied au moyeu d'une vis , sur une agraffe dormante , ayant à sa partie inférieure une vis de pression , afin de pouvoir être fixée à la table. A cette colonne se trouve un bras à potence , de huit pouces de longueur , pouvant tourner iiorizontalement autour de la colonne , qui lui sert d'axe, et être monté et descendu à volonté ; il est arrêté par une vis de pression. L'extrémité de ce bras s'articule en genou avec une autre pièce en forme de pince, dont les deux branches se terminent chacune par un demi- cylindre creux \ le canal formé par le rapprochement de ces deux branches est destiné à recevoir le tube en verre. Une première vis rend à volonté l'articulation en genou immobile , et uue seconde vis , en rappro- chant les deux branches de la pince , fixe également le tube de verre. Cet instrument, fait par M. Lichten- berger à Strasbourg , est aussi depuis quelque temps employé aux laboratoires d'analomie de la Faculté de Paris. En me servant du fixateur, j'emploie ordinairement des tubes sans canule flexible , et à cet effet , on procède de la manière suivante : La vis qui retenait la boule étant relâchée, on place le tube àè verre entre les branches destinées à le recevoir , de manière à ce qu'on puisse lui imprimer quelques mouvemens. De cette façon , on laisse pendre le tube dans une direction qui ne s'éloigne de l'horizontale qu'autant ((u'il le faut pour que le mercure ne coule pas par le bout évasé. En lais- sant ainsi le tube parfaitement mobile , on a l'avantage do pouvoir l'introduire de suite dans le vaisseau lym- phatique ouvert; cela fait , on maintient le tube dans (4oi ) ïe vaisseau avec une main, el avec l'autre on resserre d'abord la vis qui rapproche les branches de la pince ; mais il faut avoir soin d'établir le parallélisme entre le tube et les pinces qui le retiennent , sans quoi on risque de le voir quitter le vaisseau ou le soulever. C'est là la partie de la manipulation qui exige le plus de soin , car après il n'y a plus qu'à serrer la vis qui retient la boule, pour maintenir tout l'appareil en parfaite im- mobilité. Au moyen du fixateur on peut faire les injections sans aide , pourvu qu'on ait des pinces dont les branches puissent être maintenues rapprochées., au moyen d'un coulant 5 en effet , on saisit le vaisseau à lier avec ces pinces , qu'on retient avec la bouche , tandis qu'on a les deux mains libres pour faire la ligature. En injectant avec la canule flexible , j'emploie un ap- pareil de suspension très-simple ^ il se compose de deux fils de fer , longs de lO à i5 pieds , tendus horizontale- ment à la partie supérieure de deux murs parallèles. Un autre fil de fer est fixé par ses extrémités à la partie moyenne des deux précédons. Du milieu de ce troisième fil descend une ficelle , au moyen de laquelle on sus- pend le tube en verre , de manière à ce qu'étant rempli de mercure , son extrémité inférieure ne soit élevée que de trois à quatre pouces au-dessus du niveau de l'en- droit où l'on injecte , et qu'une partie de la canule, qui porte à son bout le robinet avec le tube en acier , soit couchée sur la table. On conçoit que le jeu des diverses pièces qui composent cet appareil, doit produire toute l'élasticité désirable , et qu'en même temps le poids du mercure se trouve parfaitement soutenu sans fatiguer la main de l'anatomisle. Pour introduire le ( \o-, ) tube dans un lymphatique , on saisit le robinet comme une plume à écrire, en laissant passer la canule flexible sur le dos de la main, de manière à lui faire décrire une courbe semblable à un c/j. ' Le système lymphatique des Oiseaux , étant , comme celui de l'Homme et des autres Mammifères , plus dé- veloppé dans les jeunes sujets , on choisira de préfé- rence ceux qui viennent seulement d'acquérir leur parfait développement. Le procédé que je mets en usage pour rendre les lymphatiques visibles, m'a été indiqué par M. le doc- teur Fohmann à Heidelberg. Il consiste à enlever les plumes de la partie supérieui'e des membres de l'Oiseau, immédiatement après l'avoir tué , et à embrasser ceux-ci par des ligatures assez serrées pour arrêter les progrès de la lymphe , sans cependant couper les chairs. On applique une semblable ligature à la partie inférieure du cou ; cela fait , on plume l'Oiseau , pour ne pas être embarrassé pendant le travail. Je dois observer qu'il ne faut arracher les pennes des ailes qu'avec beaucoup de ménagemens , sans quoi on risque d'emporter en même temps les parties de peau qui les entourent. Pour ne pas se salir pendant la préparation, il sera en outre convenable de flamber les Oiseaux , qui , comme par exemple les Palmipèdes , sont couverts d'un duvet abondant. Immédiatement après, on procède à la re- cherche des lymphatiques. Dans les temps chauds , il faut recouvrir l'Oiseau d'un linge mouillé, pour s'opposer à la dessiccation des parties , qui rendrait l'injection impossible. L'Oiseau étant couché sur le dos , on enlève une petite portion du derme, qui recouvre les orteils ainsi que leur arlicu- ( 4o3 ) ïalion avec le métatarse , en ménageant le tissu cellu- laire subjacent. Si l'Oiseau est déjà âgé, il convient d'en- lever préalablement les écailles épidermoïques, qui, étant très-épaisses, donnent trop de rigidité à la peau. Les vaisseaux lymphatiques qui viennent des parties laté- rales des orteils et de la membrane natatoire , forment en cet endroit un petit plexus , où il sera facile d'intro- duire le tube dans quelques-uns de ces vaisseaux , que l'on reconnaît de suite à leur transparence et à leur manque de couleur. Vu leurs fréquentes anastomoses et leur peu de valvules, il suffira d'en injecter trois ou quatre sur la partie antérieure de la pâte -, on retourne alors le sujet , et on en fait autant pour la partie pos- térieure. Dans les Palmipèdes et les F^chassiers , la re- cherche des lymphatiques sur la pâte ne souffre aucune difficulté -, mais il n'en est pas de même des autres classes d'Oiseaux, où les lymphatiques y sont tellement fins, qu'ils n'y paraissent que comme des lignes de la plus grande ténuité. On ne pourra, le plus souvent, injecter ces vaisseaux que sur le tarse, où ils accompagnent les vaisseaux sanguins, qui guideront l'anatomiste dans ses recherches. Celte différence de grosseur dans les lym- phatiques des pieds, dans les diverses classes d'Oiseaux, me paraît dépendre de la différence de milieu où ils vivent, les Palmipèdes et les Echassiers ayant les extré- mités inférieures le plus souvent plongées dans l'eau. On pourrait retirer de cette circonstance un argument en faveur do la faculté absorbante des lymphali((ues , si celle doctrine n'était déjà démontrée par une foule de preuves plus directes. Les lyniphali(jues des ailes suivent plus exactement encore la marche des vaisseaux sanguins que ceux du ( 4o4) pied. On n'a donc qu'à rechercher ceux-ci pour trouver facilement les premiers. J'ai ordinairement introduit le tube daus un vaisseau situé à la partie interne du bord inférieur du fouet de l'aile. Les lymphatiques du cou sont si volumineux et si faciles à voir , que l'œil le moins exercé les distingue de prime abord 5 on en trouve en efïet un plexus assez considérable aux parties latérales , toutes supérieures du cou. Je remarquerai, à l'égard de ces lymphatiques, que je les ai le plus souvent trouvés remplis d'une lymphe rongeâtre ou même d'un rouge intense. Il me paraît pro- bable que cette couleur provenait du sang nouvellement absorbé , les Oiseaux que j'ai injectés ayant été tués par la section des carotides. En jetant la vue sur les lymphati- ques du cou , on serait porté à croire leur injection très- facile 5 il n'en est cependant pas ainsi. Un tissu cellulaire, à mailles très-écartées , qui les unit faiblement aux par- ties voisines, fait qu'ils n'offrent aucune résistance au tube qu'on veut y introduire. Il est donc essentiel de mettre le vaisseau parfaitement à découvert avant d'y faire au- cune incision ; celle-ci étant faite , on relient le vais- seau avec des pinces à sa partie supérieure , après quoi l'introduction du tube n'éprouve plus de diâSculté. Pour injecter les lactés, on tue l'Oiseau trois ou quatre heures après l'avoir bien nourri. Ces vaisseaux, qui , à raison du manque de couleur du chyle , seraient mieux appelés les lymphatiques des intestins, s'injectent quelquefois par voie rétrograde , par ceux des extré- mités inférieures. Si cela n'a pas lieu , ou si l'on veut se borner à leur injection, on fait de suite , après l'ouver- ture de l'abdomen , une ligature autour des vaisseaux mésentériques , le plus près possible de leur origine. Le (4o5 ) progrès du chyle est arrêté, et les lactés, qui con- tinuent d'absorber quelque temps après la mort, s'en trouvent bientôt gorgés. Hewson , qui avait indiqué ce procédé, le mettait même en usage sur des Oiseaux vi- vans ; ce qui , d'après ma propre expérience , est inu- tile. Pour prévenir la prompte dessiccation des parties contenues dans le bas-ventre, il faut avoir soin de les asperger souvent d'eau. Après avoir rempli les vaisseaux lymphatiques , on pousse une injection difléremment colorée , dans les veines et les artères. Si on veut conserver la pièce dans l'esprit- de-vin , on n'a plus qu'à reprendre l'injection des lymphatiques, pour remplir de nouveau les vais- seaux qui se seraient vidés pendant le travail , et on lie le vaisseau de suite après l'injection , pour s'opposer à la sortie du mercure. Pour les préparations des lym- phatiques , je préfère cependant toujours la conserva- tion par dessiccation , attendu que ces vaisseaux de- viennent plus apparens par ce moyen. A cet effet , j'enlève toutes les grandes masses musculaires , l'es- tomac, l'intestin grêle et les cœcums. Je place des liga- tures aux extrémités de l'œsophage , qne je distends d'air ; j'en fais autant du rectum , en ayant soin de con- server le mésorectum, qui est traversé par plusieurs lymphatiques. Je lie les vaisseaux qui se rendent au cœur et au foie , ainsi que ceux qui en parlent , et j'en- lève également ces viscères. De cette manière , les lym- phatiques sont visibles dans tout leur trajet , tout en conservant leur» rapports avec les vaisseaux sanguins. Pour préserver les pièces des attaques des insectes, et pour favoriser leur dessiccation , il sera bon de les laisser séjourner pendant quelques jours dans de l'alcool tenant (4o6) un sel arsenical en dissolution. La pièce étant des- séchée , on l'enduit soigneusement d'une couche épaisse de vernis gras. Explication des Planches. Nota. Les artères sont coloriées en rouge; les veines sanguines en bleu et les vaisseaux lymphatiques en jaune. Planche 21. Fig. I. Appareil servant à fixer le tube pour l'injection des vaisseaux lymphatiques. Une colonne en fer aa. peut être vissée à une table , au moyen d'une agraffe dormante h., munie d'une vis dépression c.-^d. bras à potence arrête' par une vis de pression e.-^f. pinces terminées par deux demi-cylindres creux servant à retenir le tube en verre gg. unies au bras à potence au moyen d'une articulation en genou ( voy. fig. 2. ) Fig. 2. a. Extrémité du bras à potence , terminée par deux cuillers demi-sphériques bb. Elles embrassent une boule c. , surmontée d'une pince d. qui se termine par deux demi-cylindres creux ee ; f. vis qui retient les deux cuillers; g. vis qui retient la boule ; h. vis qui rapproche les branches de la pince. Fig. 3. Lymphatiques des extrémités inférieures, des reins , des intes- tins et canaux thoraciques. a. Portions du poumon où l'on voit un rameau lymphatique qui s'y distribue; bb. veines jugulaires. On voit en ccc les terminaisons des canaux thoraciques ; d. aorte descendante ; e. tronc cœliaque avec un rameau lymphatique venant de l'estomac; y. Artère mé- sentérique supérieure, qui est entourée par un plexus de vais- seaux lacte's; g. veine cave inférieure; hh. veines crurales ac- compagnées par les lymphatiques de la pâte ; ii. veines rénales : on voit en /. un lymphatique qui se termine dans une veine; ru. artère sacrée moyenne , avec les lymphatiques qui l'accompa- gnent. Planche 22. Fig. I. Vaisseaux lymphatiques de la partie postérieure des extrémités inférieures. Ce dessin a été pris par IVl. le docteur Faivre d'Esnans sur le même sujet , dont la planche première représente la face antérieure. On remarque en a. , un plexus de lymphatiques très- serré , où plusieurs vaisseaux s'étaient remplis jusque sous l'è- ( 4o7 ) piderme. Ce dessin ayant été fait sur une pièce desséchée, il est à observer que beaucoup de vaisseaux visibles à l'état fais, se sont vidés par la dessiccation, et n'ont par conséquent pas pu être représentés ici. Fig. a. Lymphatiques de l'extrémité inférieure gauche d'une Oie sau- vage. Un rameau lymphatique traverse en a. la membrane na- tatoire , pour établir la communication entre les vaisseaux colla- téraux des orteils. Planche a 3. Fig. 1. Lymphatiques de la face externe de l'extrémité inférieure droite. Fig. a. Lymphatiques de la face antérieure de cette même extrémité. Fig. 3. Vaisseaux lymphatiques de la face antérieure de l'extrémité inférieure gauche. Planche 24. Distribution des lactés ; a. artère mésentérique supérieure ; b. branche stomachique du tronc cœliaque ; c. Pancréas ; dd. Duodénum ; eeee. Intestin grêle ; ff. appendices cœcaux ; gggS- rameaux lactés qui se sont injectés par voie rétrograde jusque sur les tuniques intestinales. Planche 25. Fig. 1. Vaisseaux lymphatiques du tronc; a. oesophage; h. Ventricule succenturié avec quelques lymphatiques qui y naissent; c. bronche gauche; ddd. poumons : on y voit la distribution de plusieurs rameaux lymphatiques; ee. testicules avec leurs lymphatique»; jf. reins ; g. Intestin rectum ; h. mésorectum où l'on voit un plexus lymphatique accompagnant les vaisseaux sanguins , et servant à réunir le plexus rénal au plexus qui entoure l'artère mésen- térique supérieure ; ii. Veines sous-clavières, où on voit se ter- miner les canaux thoraciqucs; /. artère aorte ; m. tronc cœliaque; n. artère mésentérique supérieure, embrassée par un plexus con- sidérable de lactés; o. vaisseaux cruraux; p. plexus des veines rénales , recouvert par un plexus de vaisseaux lymphatiques. On y voit la terminaison de plusieurs lymphatiques dans les veines. Fig. u. Vaisseaux lymphatiques des ailes et du cou , et leurs rapports avec les canaux thoraciqucs; .'j. fig. 5. 6. Linearis convexus nicher , antermis crassis , thoracis mar- gine pedibusquc rufo-sariguineis, eljtris rujis , umbra postica nigrescente. Elater Alni. ScHOENH. Syn. 1ns. r. 3. 3i4« 288. Gylleuh. 1ns. Si^ec. I. i. 434- ^^S. 1''abr. Sjst. El. II. 246. 127. Hebbst. Col. X. 1^0. 181. Illig. Mag. IV. io3. 127. BiLLB. Enum. p. 21. Elater coiticalis. Payk. Fn. Su. III. 43. 5o. EiAter testaceus. Herbst. Col. X. loi. 1 18. Tab. 167. fig. 8. h. Habitat in truncis Alni, Betulse , in Wesirogolhia Sveciœ rarius. DD. Gyllenbal et Schoenherr. Sectio II. Laminœ pectorales ad conniventiam in apicem productse , femora aut tota aut quoad maxiraam partem subtegentes -, Eucnemides proprii. Subdivisio i. Thoracis margine pro receptione an- tennarum inflexo. 4. EtrcNEMis sericatus. Tab. 27. fig. 7. 8. ObloTtgus , brunneus sericeo-pubescens , antennis com- pressis sub-serratis , tîiorace postice bi-foveolato , elytris striatis , striis impunctatis . Habitat ad Rio Janeiro Brasilia;. Dom. Freyreis. Mus. Schoenherr. (43i) 5. EuCNEMlS CapUCINUS. Tab. l'J. flg. g. lO. Oblongo^ovaliSj niger , sub-cylindricus , punctnlissi- mus , antennis pedibusque fusco-piceis , ihorace pos- tice foveolatim impiesso , elytris sub-slriatis . Ahrens. ActaHal. IL 2. 4o. Tab. 1 1. fig. ^.8. 9. ScHOENH. Sjn. Ins. I. 3. 3 18. I. ErcwEMis deflexicollis . Dejean. Catalog. p. 34- Elater carinatus. Billb. Enum. p. 9,1. Ei-ATER macrofw? Beck. Beytr. 18. aS. Tab. 5. fig. aS. Elater deflexicollis. Megerle, in litteris. Habitat in Germaniae quercu cariosa rarius. Dom. Ahrens. Occurit etiam in Svecia rarissime. DD. Bill- berg et Zetterstedt. 6. EuCNEMIS MONILICORNIS. Tab. 2^. fig. II. Oblongus niger sub-pubescens , antennarum monilifor- mium ar/iculo piimo pedibusque ferrugi'neis , elytris sub-strialis , suhtilitér punclulalis. Habitat in America boreali ? Dom. T. Lund. Mus. Gyllenhal. Subdivisio 2. Thorace snbtus pro receplîone anten- narum canaliculato. 7. EucNEMis Sahlbergi. Tab. 27. fig. 12, i3. Elongatus sub-cylind riais ferrugineus , oculis nigris , thorace cnterius valde elevato , elytris rugoso-punc- tatis sub-strialis , antennis crassis , in utroque sexu serratis. Habitat in truncis pntridis pini Fininndia; rarissime 5 in Nylandia Dl). Noidcnskiœld et Savenius ; prope Ahnani, D. Pippingskicjeld. ( 43^ )' 8. EccNEMis Pygm^eus. Tab. 27. fig. 14 , i5 , 16. Oblongus sub-cjlindricus , profunde rugoso-punctatus , niger, tibiis tarsisque palliais, elytris vix striatis , anlennis crassis , longe pectinatis (mas). Dejean. Catalog. p. 34- Elater pygmœus. Schoehh. Syn. Ins. I. 3. 3i4- ^^o. Payk. Fn. Sv. III. 4^. 48. Fabr. iSj5f. EL II. 24^' Ï29. Ent.Sjst. I, II, 234. 95. Panz. Ent. Germ. I. 243. 56. BiLLB. Enum. p. 21. Ferai na paulo major , antennis acute serratis. Elater pygmœus. Gyllenh. Ins. Svec. I. i. 4^6. 65. (mas). Herbst. Col. X. 96. 112. Tab. 167. fig. 2. b. Habitat in Finlandia rarius. In Botlinia orientali Dom. Hast. Circa Aboam , ad Ylsene Nygoerd et in in- sula Runsala a Do a. Sahlberg excipulo e gramine ali- quoties captus. 9. Etjcnemis procerulus. Tab. 27. fig. 17, 18, 19. Lineaii-elongatus niger , griseo-pilosus , antennis per- foliatis extrorsum , tibiis tarsisque rufescentibus , thorace longiore absque foveolis , elytris evidenter striatis. Elater pjgmœus , femina. Gyllenh. Ins. Svec. I. I. 436. 65. Habitat in Svecia rarissime. Ad Sparresaeler Wes- irogothise , D. Schoenlierr -, in Bothnia occidentali, D. Marklin. Subdivisio 3. Tlioiare subtus inlegro. ( 433 ) 10. EUCNEMIS FlLUM. Tab. 27. fig. 20 , 21. Lînearis depressus , niger pubescens, antennis perfo- liatis pedîbusque rufo-ferrugineis , thoracis dorso ca- naliculato , eljtris striatis. Dejean. Catalog. p. 34. Elater /iZum. ScHOENH. Syn. Ins. I. 3. 3o6. 189. Fabr. Sjst. El. II. 240. 97. Herbst. Col. X. i44- 189- Elater bupr'estoides PFx'rk. Ent. Sjst. Lu. 234^ 84- Elater notoxoides. Helvig , in litteris. Habitat in Austria , DD. Megerle et Andersch -, in Lusitania, D. Helvig. 11. EuCUEMIS HIGttICEPS. Tab. 2^. fig. 22. Lineari-elongatus Jerrugineus pubescens , cajtite abdo- minisquc margine nigris , thorace brevi rufo , posticc canaliculato , elytris punctato-striatis . Habitat in Georgia Asiae , D. Sleven. Mus. Schoenherr. Explication de la Planche 27. A. A. Tête (Eucn. snhlbergi) vu en devant. B. Labre jC. mandibule; DDD. piilpcs j E. mâchoire; F. lèvre in- férieure; G. languette; H. antenne ; I. pied poste'rieur. (Toutes ces parties grossies. ) Fig. I. EiicNEMis GicAS en dessus. — Fig. a. Le même, vu de profil. Fig. 3. Eucn. crdentatds, «. Grandeur naturelle; b. grossi et vu en dessus. — Fig. 4- Le même, vu du proûl. Fig. *>. Eocw. Ai.wi , a. grandeur naturelle; Zi. grossi et vu en dessus. — Fig. 6. Vu de proQI. Fig. ;. Eucn. SERRICATUS, a. grandeur naturelle; b. grossi et vu en dessus. — Fig. 8. Le niâmc, vu de prolii. Fig. 9. Eucif. CAPUCIND8, a. de grandeur naturelle ; b, grossi et vu on dessus. — Fig. 10. Le rattav, vn de profil. ( 434 ) Fig. 1 1 . Edcm. monilicormis , a. de grandeur naturelle; b. grossi et tu en dessus ; c. antenne grossie. Fig. 11. EtrcN. FAHLBERGi, a. de grandeur naturelle; fc. grossi et vu en dessus. — Fig. i3. Le même, vu de profil. Fig. i4- Eucit. PTGMius, a. de grandeur naturelle; t. grossi et vu en dessus. — Fig. i5. Le même, vu de profil. — Fig. i6. Antenne de la femelle grossie. Fig. 17. Eues. PROCERULUS, o. de grandeur naturelle; b. grossi et vu en dessus. — Fig. 18. Le même, vu de profil. —Fig. 19. Antenne de cette espèce, grossie. Fig. 30. EncN. FiLTiM, a. de grandeur naturelle; b. grossi et vu en dessus. — Fig. 21. Le même , vu de profil. Fig. "il. Eucif. KTGRicEPs , a. de grandeur naturelle ; b. grossi et vu en dessus. Analyse comparative du Bitume élastique du Derbjskire et de celui des mines de Houille de Montrelais j Par m. Henry fils. M. Ollivier , à qui l'on doit la découverte du second de ces bitumes dans le département de la Loire-Inférieure , a publié sur le gissement de ce corps une note , dans laquelle il donne des détails curieux sur ses caractères physiques et sur sa manière d'être dans le filon où il se rencontre, en le comparant toujours au Bitume élastique du Derbyshire. (Annal, des Se. Nat. , t. II, p. i4o.) Cette substance particulière , n'ayant pas encore été rencontrée en France, devait présenter quelqu'intérêt sous le point de vue cbimique ; il semblait curieux en effet de reclierclier si ce bitume se comportait avec les réactifs de la même manière que celui trouvé en Angleterre , et s'il offrait avec lui quelque analogie décomposition *, aussi, à l'invitation de M. Ollivier , avons-nous tenté plusieurs essais que nous allons rapporter. ( 435 ) Nous regrettons seulement que la très-petite quantité mise à notre disposition nous ait forcé de restreindre beaucoup nos expériences. Sans rapporter les caractères physiques de ces deux Bitumes , puisqu'on les trouve consignés dans la note de M. Ollivier , nous rappelkerons seulement que le Caoutchouc fossile du département de la Loire-Inférieure avait une couleur beaucoup plus noire, nullement ver- dâlre , et une élasticité bien plus prononcée que celui du Derbysliire , exposé à la vérité depuis long-temps à l'air. L'analyse du Bitume élastique ou résine fossile d'An- gleterre, fut faite , comme on le sait, par Klaproth (Ann. de Chim. ,1-45, p- 3o)-, nous sommes heureux de nous être rencontrés avec cet habile chimiste , et d'avoir eu des résultats bien analogues à ceux qu'il obtint; soumis à l'action de la chaleur ce Bitume se fond très-facile- ment et prend alors l'aspect d'une substance noirâtre visqueuse , qu'il conserve ensuite. 11 brûle avec une flamme blanchâtre très-fuligineuse, en dégageant une odeur désagréable nullement sulfureuse, mais assez sem- blable à celle du suif fondu et un peu bitumineuse. Il répand en même temps des vapeurs blatiches , surtout lorsqu'on le chaufll- en vase; clos , et ces vapeui's four- nissent par leur condensation un liquide jaunâtre très- combustible , plus léger que l'eau à laquelle il est en partie immiscible 5 soluble dans l'élher , à peine dans l'alcool , et ayant un peu l'odeur soit du pétrole soit des^ produits de la décomposition du succin. Ce liquide n'agit pas sensiblement sur le sirop de violettes. Traité par la potasse et la chaux, il n'a produit aucun dégagement d'ammoniaque , peut-être à (^nse de la tro|i petite quan- tité de bitume décj)mposé , mais il était légèrement ( 436 ) acide el rougissait un peu la teinture de Tournesol. Dans l'analyse de Klaprotli, on voit qu'il a obtenu de sa décomposition , outre l'acide carbonique et l'hy- drogène percarboné, une quantité considérable d'huile bitumineuse et de phlegine acidulé. La partie non volatilisée se présentait sous l'appai'ence d'un «corps brun visqueux, ayant l'odeur de pétrole'; il n'était pas plus soluble dans l'alcool et l'eau ; mais il se dissolvait dans l'éther et la potasse caustique •, ces disso- lutions brunes formaient des précipités jaunâtres sales , soit par l'addition de l'eau dans la première , soit par celle d'un acide dans la seconde. Lorsqu'on chauffe plus long- temps ce produit sans le contact de l'air, on obtient un charbon noir luisant qui, après sou incinération, laisse un résidu fixe rosé , insipide, doux au toucher, assez variable dans sa composition suivant les différens échantillons de Bitume analysés, mais formé cependant presque constam- ment de beaucoup d'oxide de fer et de silice , plus de quel- ques traces d'alumine , d'hydrochlorate sans doute à base «le potasse , car la dissolution de platine y annonçait la présence de cet alcali ; enfin d'une très-petite quantité de chaux provenant du sous-carbonate calcaire. Au reste ces substances n'existaient que dans des proportions très- faibles , la silice et l'oxide de fer paraissant seules com- poser la totalité du résidu dont le poids fut également assez variable , puisque dix grammes de Bitume élastique de Derbyshire en formèrent 2,1 et 1,8. Il est probable que les matières terreuses qui se ren- contrent dans ce Bitume , ayant été enveloppées par ce corps , sans doute primitivement liquide , ne sont qu'ac- cidentelles et doivent alors^nécessairement varier beau- coup dans leur nature. C'est ce qui est aussi un grand ( 437 ) obstacle à la connaissance exacte de la pesanteur spé- cifique de cette substance que M. Hatchett a établie à 1,233 et 0,9053, nombres très-éloignés comme on le voit. Nous avons tenté en outre l'action de divers mens- trues sur ce Bitume -, celle de l'éther et de l'essence de térébenthine , par exemple , nous a présenté quelques particularités. Ces deux liquides, mis enébullition avec le corps dont nous nous occupons , en ont séparé une partie poisseuse d'un brun jaunâtre , non élastique , insoluble dans l'eau , à peine dans l'alcool , très-amère et formant environ la moitié du poids du Caoutchouc. Elle se dissolvait assez bien dans la potasse , puis s'en précipitait lors de l'ad- dition d'un acide , brûlait sur les charbons et produisait une odeur analogue à celle du pétrole. Ce qui n'avait pas été attaqué par l'éther ou par l'huile essentielle de térébenthine, olFrait une «^ubstance grisâtre , sèche , comme papyracée , soluble en partie dans la potasse caustique ; elle brûlait et se charbon- nait en laissant un petit résidu de matière fixe. En mêUint la partie poisseuse à celle dont nous ve- nons de parler, on n'a pas rendu à cette dernière son élasticité , soit que l'état moléculaire fût diûérent , que quelques principes eussent été altérés par le traitement, soit enfin qu'fl n'y eût pas alors d'air ou de gaz interposé eotre les molécules , pour suivre l'opinion ^misc par M. liatchett sur l'élasticité de ce Bitume. Voici maintenant les caractères que présente le Bi- tume élastique du déparitment de la Loire soumis aux mêmes agens chimiques. Au moyen de l'élber chaud , il s'^st séparé en doix (438 ) portions j l'une soluble, poisseuse, non élastique, plus ' jaunâtre , l'antre sèche et noirâtre , combustible comme celle obtenue du Caoutcliouc d'Angleterre. Le Bitume élastique indigène brûlait avec une flamme blanche, répandant beaucoup de fumée et une odeur dé- sagréable de suif décomposé. Soumis à une chaleur mo- dérée dans un petit tube recourbé , faisant l'office d'une corne avec son récipient, on en a retii-é un liquide jau- nâtre amer, surnageant l'eau , d'une odeur désagréable , presque insoluble dans ce menstrue et dans l'alcool , mais soluble dans la potasse ou la soude. Il rougissait la teinture de tournesol , mais moins fortement que le pre- mier Bitume examiné plus haut. On .a retiré , par la décomposition de ce Caoutchorc fossile indigène, un charbon noir luisant, dont l'inci- nération laisse un résidu grisâtre de silice et d'oxide de fer, formant environ le -g- du poids primitif du Bitume. Nous observerons de nouveau qu'il nous a été impos- sible de faire beaucoup d'essais sur ce second Bitume , à cause de la trop petite quantité dont nous pouvions disposer, voulant d'ailleurs en réserver une partie , afin de la soumettre â l'analyse élémentaire. On peut voir au surplus qu'il offre beaucoup de res- semblance avec le Caoutchouc fossile du Derbyshire. Il nous restait à rechercher si la composition élémen- taire de ces deux Bitumes était semblable ou au moins presque 1* même 5 pour la connaître, nous avons suivi le mode ordinaire , celui qui consiste à brûler la subs- tance au moyen du deutoxide de Cuivre. Sans entrer ici dans les détails de l'analyse et des précautions que cette op(' ration nécessite , nous rapporterons seulement le résultat comparatif de nos essais sur chaque Bitume , ( 4:^9 ) en les établissant pour loo parties de ces substances (i) , savoir : Caoutchouc fossile de Fi'ance. Carbone 68,26. Hydrogène. . • . 4>89- Azole o,io4- Oxigènq. . . . 36,746- 100,000. Caoutchouc fossile d'Angleterre. Carbone 52,25. Hydrogène. . . . 7)49^' Azote o,i54- Oxigène 4o5^<'0. 100,000. On peut voir par ces résultats qu'il n'existe entre ces deux bitumes qu'une différence peu grande entre les proportions des principes élémentaires , différence dont l'état élastique, assez variable de ces Bitumes , peut déjà rendre raison. Mais ce qui semblera étrange sans doute , c'est de trouver une aussi grande quantité d'oxigène dans CCS deux Caoutchoucs fossiles 4 et ce fait nous a d'abord étonnés 5 cependant si l'on vient à considérer avec M. Hatchett (Ann. de Chim., t. 25 , p. 63), le Bitume élastique comme s'étant formé par l'oxigénalion du pé- (1) Pour :i^ir sur la matière organique seule de ces deux Bitumes «ans comprt-ndru les substances fixes qu'ils renferment, on en a calcine des j)oids ddiermiads, et li- résidu a été évalue. Ce résidu a toujours clé défalqué d'un poids seoiblahlc de Bitume employé pour cliaquc aoalysc. (44o) trole , on pourra s'étonner moins de cette grande pro- portion d'oxigène ; nous ferons de plus remarquer qu'elle est moins considérable dans le Bitume indigène, dont l'é- lasticité est plus grande que celle du Caouthouc d'An- gleterre , et qu'elle a été aussi assez variable, suivant les divers échantillons analysés dont l'état n'était pas toujours le même. Ne serait-il pas possible que l'action dej'air sur ces Bitumes primitivement liquides, tels que le naphte , le pétrole et peut-être quelque autre analogue , fût sem- blable à celle qu'éprouvent les huiles fixes et essentielles qui s'épaississent et se durcissent même par l'action pro- longée de l'oxigène. C'est au reste une hypothèse que nous n'avançons qu'avec crainte , mais qui peut-être ne serait pas dénuée de vraisemblance , d'après les idées de M. Hatchett. Sur les Vespertiliows du Brésil. Par M. Isidore Geoffrot Saint-Hilaire. La, collection zoologique recueillie au Brésil par M. Auguste de Saint-Hilaire , si remarquable par le nombre et la valeur scientifique des objets qui la com- posent , est surtout très-riche en Chauve-Souris. Ces singuliers Mammifères étant nocturnes , et se cachant le jour dans des reti-aites profondes , se présentent rare- ment au voyageur naturaliste , et ne sont guère pour lui que la récompense et le fruit de patientes et nombreuses recherches. Cependant M. Auguste de Saint-Hilaire est parvenu à se procurer une centaine environ de ces a ni- (44i ) maux; Plusieurs appartiennent aux genres Phjllostome , Glossophage , Mulot^volant et Nyctinome où quelques- unes forment de nouvelles espèces ; mais le plus grand nombre se rapporte au genre Vespertilion. Ces der- nières Chauve-Souris, quelques autres Vespertilions du Brésil qui se trouvent depuis long-temps dans les collec- tions du Muséum , quelques autres envoyées tout récem- ment en France, rendent enfin possibles l'étude et la dis- tinction des différentes espèces de Vespertilions qui exis- tent au Brésil. C'est ce travail que je me propose ici d'entreprendre , en essayant de déterminer et de faire connaître les espèces que j'ai examinées, et qui sont toutes ou nouvelles ou très-imparfaitement connues. Tous les Vespertilions du Brésil se ressemblent sous plusieurs points de vue. Ils ont tous un poil abondant , moelleux , doux au toucher ; chez tous , la queue est presque aussi longue que le corps : chez tous , le tour de la bouche est garni de moustaches peu fournies , et le pelage est en dessus plus ou moins brun. Rien de plus facile , malgré ces ressemblances générales , que de s'a- percevoir de l'existence de plusieurs espèces parmi eux. Les espèces que j'admets comme distinctes , sont au nombre de trois : deux d'entre elles ont la membrane interfémorale couverte à sa partie supérieure de poils plus ou moins abondans : dans la troisième espèce , la membrane est nue comme chez la plupart des Chauve- Souris. A. Espèce à membrane interfémorale non velue. Vespertilion de Saint-Hilaiiie. yespertilio Hilarii. Cette espèce me parait Hve celle que M. Desmarest a ( 440 nommée Vesp. Brasiliensis ( i ). Elle a en effet , comme l'es- pèce décrite par ce savant zoologiste , les oreilles médio- cres, le pelage très-doux, et soyeux d'un briin obscur lavé de marron , les incisives petites, la queue presque aussi lon- gue que le corps, et entièrement enveloppée dans la mem- brane interfémorale , près d'un pied d'envergure , et les m.embranes des ailes noires. J'ajouterai que sa couleur est assez variable : elle passe , en dessus , du brun-noir au brun-marron ; en dessous du grisâtre au brun-roux. Les oreilles sont triangulaires et velues à leur base : elles présentent à leur bord externe une très-légère éclian- crure ; elles sont ridées transversalement : mais ces rides sont peu apparentes : sur plusieurs sujets même , on ne les aperçoit qu'avec beaucoup de difficulté. Les oreil- lons , de forme allongée, n'offrent rien de remarquable. Le bout du museaU et les parties latérales de la face sont nus , ou tout au plus recouverts d'un poil très-peu abondant. Enfin la membrane interfémorale est tout-à- fait nue. Le Vespertilion de Saint-Hilaire est le plus grand des Vespertilions du Brésil. Il habite la capi- tainerie de Goyar et la province des Missions. Je dédie cette espèce au célèbre voyageur auquel nous en devons la connaissance , M. Auguste de Saint- Hilaire. Je n'ai pu adopter pour elle Je nom de J^es- pertilio Brasiliensis, et parce qu'il convient également aux deux autres espèces que je vais faire connaître , tt sur- tout , parce que je ne suis pas entièrement certain de l'identité du F^esp. Brasiliensis de M. Desmarest et du Vesp. Hilarii. (i) f^oyez Mammhlo£»ie de 1,'EncyclopcJie , et Dictionnaire des Sciences Naturelles de Déteivillc, tome 35, ;iu mot Vespertilion. ( 443 ) B. Espèces à membrane interfcmorale en partie velue. Vespertilion polythrice. P^espertilio polythrix. Cette Chauve-Souris est d'une taille un peu supé- rieure à celle de notre Pipistrelle. Elle se distingue très- facilement de l'espèce précédente, i» par les poils qui se remarquent sur la membrane interfémorale , dans la portion qui avoisine le corps ; 2° par des poils très-longs et très-abondans qui couvrent également et toutes les parties médianes et toutes les parties latérales de la face-, l'extrémité du museau est presque la seule partie de la face qui soit nue -, 3° enfin par ses oreilles , dont le bord extérieur est largement échancré. La face de cette Chauve-Souris , entièrement couverte de longs poils , lui donne une physionomie tout-à-fait hideuse , qui la rend très-remarquable. Elle ne varie pas pour les cou- leurs comme l'espèce précédente : elle est toujours en dessus d'un brun-marron très-foncé , et en dessous , d'un brun-marron tirant légèrement sur le grisâtre. Les poils qu'on remarque sur la .membrane interfémorale , sont quelquefois extrêmement rares : quelquefois ils sont plus abondans , mais sans l'être jamais autant à beaucoup près que le sont ceux dont est recouverte la mem- brane interfémorale tout entière chez le V^espertilio Lasiurus , chez le V. Noveboracensis , et chez quelques autres espèces. C'est à cause du premier de ces caractères , et aussi à cause que sa face est velue dans toute son étendue, que j'ai donné à cette Chauve-Souris le nom de P^. Poljthrix. Je ne sais si cette espèce est celle qui a été appelée Pi- pistrelle du Brésil : quelques auteurs pensent (ju'elle ( 444 ) n'est autre que le f^espertilion du Brésil , et par consé- quent que le /^ei'y^e/tz'Zio/zdeSaint-Hilaire ; quoi qu'il en soit, aucune espèce brasilienne n'a plus que le Vesper- tilion polylhrice , de rapports extérieurs avec la Pipis- trelle. C'est dans la capitainerie de Rio-Grande ot dans celle des Mines que le Polylhrice a été trouvé ; il paraît n'y être pas rare •, au moins c'est une des Chauve-Souris du Brésil qui ont été envoyées en France le plus souvent et en plus grand nombre. Vêspertilion léger. Vespertilio levis. Cette espèce est remarquable par sa petite taille 5 elle est plus petite encore que la précédente et que notre Pipistrelle. Elle est non moins remarquable par le grand développement de toutes ses membranes. Ses oreilles sont presque doubles de celles du Vesp. poly- tlirix , quoique la taille de celui-ci soit supérieure à la sienne , et ses oreillons se sont allongés dans la même rai- son: du reste les oreilles et les oreillons du Vesp. levis ressemblent pour la forme à ceux du Vesp. poly thrix. Les membranes alaires et interfémorale sont aussi très-déve- loppées. La queue est aussi longue que le corps, et l'a- vant-bras est à peine plus court : enfin le bras et les pha- langes sont aussi plus allongés que dans les espèces pré- cédentes. La face , beaucoup plus couverte de poils que chez le Vesp. de Saint-Hilaire , l'est sensiblement moins que chez le Vesp. polylhrice : la membrane interfémorale e?t très-peu velue. Les couleurs du pelage sont les mêmes que dans l'espèce précédente. Telles sont les trois espères qu'un examen attentif (445 ) m'a fait admettre parmi les Vespertilions du Brésil : j'ai réuni leurs caractères distinclifs dans des phrases courtes qui pourront, jointes au tableau des dimensions de ces Chauve -Souris , et des proportions de leurs princi- pales parties , les faire connaître et distinguer avec pré- cision. f^. de Saint-Hilalre. — Oreilles petites , triangu- laires , presque aussi larges que longues , peu éclian- crées à leur bord extérieur : corps un peu plus long que le bras et l'ayant-bras; queue seulement aussi longue que l'avant-bras 5 membrane interfémorale nue j face nue latéralement. V. poljtJirice. — Oreilles assez petites , plus longues que larges , échaucrées à leur bord extérieur : corps à peu près aussi long que le bras et l'avant-bras ; queue seulement aussi longue que l'avant-bras ; membrane in- terfémorale couverte dans sa partie supérieure d'un poil peu abondant 5 face px'esque entièrement velue. 7^. léger. — Oreilles longues : corps moins long que le bras et l'avant-bras ; queue aussi longue que le corps ; quelques poils sur la membrane interfémorale 5 face en partie nue. Le tableau suivant va donner les dimensions des trois espèces, et, ce qui est surtout important , leurs propor- tions. Longueur du corps et de la Longueur de Longueur de Envergure, tâte. la queue. l'avant-bras. m. m. m. 0,040 o,o3S o,.,';4 y. Icvi!,. . 0,0^0 0,040 o,oj8 o,a54 TOMK III. 3o ( 446 ) OREILLARD VOILÉ. VLECOTUS VELATOS. Parmi les espèces de Vespertilions que je viens de dé- crire , je n'ai pas compris une autre Chauve-Souris du Brésil, appartenant au groupe des Vespertilions à oreilles réunies , dont mon père à fait un genre à part sous le nom d'Oreillard (i). Celte nouvelle espèce d'Oreillard est de la taille de notre VespertilionMurin. Son pelage est brun ou marron eu des- sus, brun plus ou moins grisâtre en dessous : sa couleur est, comme on voit, susceptible de présenter quelques variétés; mais toujours le poil noirâtre à l'origine , plus clair vers la pointe , est moelleux, abondant et assez long. La queue est de la longueur du corps, et entièrement enveloppée dans la membrane interféraorale 5 les oreilles sont aussi longues et plus larges que chez le Murin ; on y remarque deux replis longitudinaux, dont l'un interne va de la base de l'oreille à sa pointe, et borne ainsi un petit es- pace triangulaire , garni en dessus de poils plus ou moins abondans 5 l'autre externe est plus considéi'able , et dis- posé de telle façon que le bord extérieur paraît large- ment échanci'é. Les oreilles^ présentent des stries trans- versales , mais elles sont surtout remarquables en ce qu'elles sont couchées sur la face, comme cela se voit chez les Nyctinomjes et les Molosses , dont cet Oreillard Ge rapproche à plusieurs égards. Leur réunion se fajt aussi à peu près comme dans ces genres, et non pas comnie chez les autres Oreillards. L'oreillon est de forme al- longée : il présente en dehors et tout-à-fait à sa base, (1) Voyez. Description de l'Egypte. ( 447 ) une petite écliancrure demi-circulaire; le museau est assez court , et la face est nue en grande partie. Teile est celte nouvelle espèce qui offre, comme l'on voit, une association encore non observée de caractères, et qui doit former dans le genre Oreillard une petite section à part ; c'est par allusion à la disposition remarquable de ses oreilles, que je lui donne le nom de Plecotus velaliis. M. A. de Saint-Hilaire a trouvé TOreillard voilé dans le district de Curityba : on le trouve aussi dans plusieurs autres parties du Brésil. Longueur du corps et de la tête; o" ,0^6 5 de la queue , 0,049 5 de l'avanl-bras (i) o,o44) envergure 0,324- (1) La longueur proportiont\e!lc et absolue de raviongU(ur do l'avant- bras, un avantage sur ceux tirés de la forme et de l'étenJuedcs oreilles, des oreillons, des feuilles nasales, et de la longueur même de la queue. La dcssircatiocvlipportc eo effet un grand cliangcment â l'étendue et k la forme (le ces j)arties; et souvent, d'après ces derniers caractères, deux individus de la même espèce, l'uu frais, ou conservé dans la liqueur, l'autre desséché, paraissent appartenir il des espèces diifc- 3o' ( 448 ) -Extrait d'une lettre adressée à 31. Henning (i) sur le Physodactyle , nouveau genre de Colcoplère voisin des Taupins ,- Par m. g. Fischer de Waldueim. .....Si le temps me l'avait permis , je vous aurais de- mandé l'agrément de faire une description de toutes vos nouvelles espèces, et particulièrement de quelques-unes plus rares ^ mais je me suis attaché à un seul insecte, à ce Coléoptère Elaléroïde que vous aviez placé parmi les douteux , en connaissant très-bien son importance et la place qu'il doit occuper. La forme générale de l'animal ne laisse pas méconnaître sa proximité des taupins , m^is la forme des antennes , en partie moniliformes : les mandibules qui se prolongent et se courbent tel- lement , qu'elles forment un grand anneau sous la bou- che , dont il n'est pas facile de deviner l'utilité ; les pieds forts , à jambes de devant torses , et à tarses garnis de vessies , destinées peut-être à marcher sur des surfaces d'arbres extrêmement lisses 5 le corselet bombé, muni en arrière d'un ombilic *, sa base singulièrement échancrée , tout ceci m'a concilié l'assentiment unanime de cette réunion d'hommes savans , avec lesquels je voudrais être tous les }ours. J'espère que d'autres natu- rentes. Les os de l'avant-bras et du bras, au contraire, n'étant sus- ceptibles d'aucun changement de dimension, leur considëi-ation ne peut induire eu une semblable erreur. (1) M. Jean Henning, Conseiller de collège , membre de plusieurs Sociétés savantes, est un Médecin habile de Saint-Pétersbourg , et un Entomologiste très-distingué. L'insecte qui fait le sujet de cette notice appartient à sa collection. />■ ( 449 ) lalistcs partageront noire opinion. M. le comte Maa- nerheim, homme d'Etat, mais entomologiste passionne , et connu par tuie excellente monographie des Eucné- mides, a bien voulu prendre la peine d'en faire le dessin. Vous recevrez donc le résultat de ces observations avec votre bonté accoutumée. La formation des tarses a pré- valu dans sa dénomination. Le nom de Phjsodactjla exprime assez bien cette conformation des tarses sou- tenus par de petites vessies , de sorte que M. le comte Mannerheim donne la préféi'ence à ce nom , et je le pré- fère avec lui à celui de Cjllopode , que j'avais imaginé d'abord pour désigner les jambes torses des pieds de devant. Son sternum à proportion extrêmement court ; la fosse qui le reçoit , quoique grande et profonde , mais peu lisse ; me font croire que la faculté de sauter de ce Coléoptère doit être moins grande que celle des autres taupins. En voici la desciiption comme je l'ai faite, sous vos yeux. Physodactylus. Clypeus abbrei^iatus reflexus. Labrum injlexwn os supra claudens. Mandibulœ fortes , acwninatœ, promi'ncnles extra os, inque circulum lUbenim conjunctœ , qui calamuni scrip- torium tcnuem facile permeare sinit. Maxillœ corneae , penicillatœ. Labiuni corneuni quadratum latum. Paipi inœquales , anticis arliculo primo longo , compressa subsccuriformi , secundo brcviori securiformi , ultimo lorii^o ry li/tdrico; posticis multo minorihus filiformihus. Arilcu/iœ moniUfonni-scrratœ ^ articula primo crasso ( 45o ) conico , secundo et teitio moniliformibiis , sequenlihiis sei'ratis ^ pedetentim diminutis , ullimo capitulalo sive ovoideo. > PHYSODA.CTYLUS HENNINGIl. Capul latnm porulosum , cljrpeo abbreviato reflexo ; nigrutn subhirtum, oculis magnis splendenfibus. Thorax rufus, convexus, punclulatus, riitens,antice subnutans s. caput cucuUans , liirtus,inarginatus, marginibiis subreflexis nigris; posticc titrinque spinosiis, medio subbifurcatus s. bidcntatus. Sursum medio canaliculatus posticeque umbilicatus. Scutellum magnum , ovatum , punctatum. Elytra dorsata , sulcala , sulcis foveolatis , nigra , sutura impressa punctato-lineata. Corpus infra atro-fuscum hirtnm , ia primis lateribus pilis exsertis. Pedes singulari attentione digni : Antici cruribus fere globosis , concurrentibus cum sterno bievi forti, foYRae profundœ pectoral! adapto. Tibice triangulares vara; , externe breriter hirsufœ , interne subarcnatse, infra excavala;, bispinosœ, spinis obtusis. Tarsorum articulus primiis abbrovialus , très scquentes longiores tenuioros , vesicis orbicularibus siiil'ulli , ultimo longo unguicali, unguibus distantibus. Omnibus articulis birtis. Inlermedii similes anterioribus , omnibus tamea partibus graci- lioribus. Postici crura gerunt magna, clavata , fulcris cruralibus magnis siif- fulta, in acetabulo magno poHto articulantia. 'l'ibia; minus fortes et fere rectse recipiunt tarsum articulis gracilioribus et minus distinctis , sed articuli cjus a latere visi, vcsiculas longiores et an- gustiores gerere videntur. Articulus ungucalis longus incurvus , unguibus approximatis debilioribus. Habitat in America meridionaii. Longitudo insccfi septem et dimidiam lineas sibi sumit j latitudo ejiis duabus et dimidiœ œquat. J'ai à ajouter deux mots sur deux autres genres de la famille des Elalérides , qui me paraissent tout aussi fon- dés que le Physodaclylc , c'est le Phisodaclyle d'Illiger, ( 45i ) et le Campyle de mon Entomographie de*la Russie (i).^ Le Phisodactjle (a) a une conformation très-singu- lière dans ses antennes , dont plusieurs articles sont ailés. Degeer (3) l'a très - bien rendu dans sa fîgui^e , de sorte que le nom a plutôt rapport aux antennes qu'aux tarses. Mais le Cainpjle , sur lequel vous ne partagez pas tout-à-fait mon opinion , a assurément des caractères plus difficiles à saisir. Le corps allongé , la tête dilatée, mais proéminente, le sternum tellement court, que la faculté de sauter doit disparaître , me paraissent des causes suffisantes de le retrancher du genre des Tau- pins. Les parties de la bouche très-serrées comme dans une espèce de bbîte 5 l'a difierence du sexe qui se dis- tingue tellement dans une espèce , qu'on en a fait deux , comme de VElater linearis et mesomelas F. , forment un second argument pour la formation de ce nouveau genre. Explication de la Planche 27. B. I. IjC PiirsoDACTTLE de Henniiig , de graodeur naturelle. — u. La tète vue par^devant et agrandie. — 3. Pied de devant agrandi. — ^. Fieà de derrière. — 5. Tarse du pied de devant, vu en dessus dessiné sous la loupe. — G. Le même, vu en dessous. (1) l'intomogruiihia rullicnica. Vol. II, Tab. 2.^. (2) Illicer's Magazin VI, p. S-ja. SciioNHF.nn Syn. Ins. III. 2C7. (.1) PTKocHnoA nitida. Degccr, Mt'ra. , vol. V. , p. U7, no 2, Tab. i3, f. «, 7- ( 452 ) Note sur un nouveau genre d'Orchidées du Mexique , extraite d'une lettre adressée à M. De Candolle; Par m. J.-J. Laxarsa. Cette note, intéressante par l'éloignement où l'auteur se trouve de l'Europe, était accompagnée d'un dessin colorié qui nous a paru trop incomplet pour que sa pu- blication fût utile aux botanistes , et la description qu'on va lire nous a semblé suffisante pour faire con- naître ce nouveau genre. ALAMANIA Cl. Gynand. Linn. Ord. nat. Orchidcae Juss. Rinemospermse Épidendrae , G. Jo. Extr. ex. prodr. flora3 Miccianensis. Characler naluralis. Perigoisium sexpartitum , laciuiis subœqualibus lan- ceolatis , trincrvosis. Labellum segmcntis perigonii con- forme , basi glandulosum , lamina lanceolata erecta. Nectarium verum tubulatum , infra labelli inserlionem productum. Gynostemium carnosum, subclevatum, tri- cuspidatum. Anthera opercularis decidua.PolIinis massae quatuor, cereacese , pedicellatœ. Operculum quadrilo- culare rcniforme. Capsula gibbosa , clavata , elongata , sex-sulcala. Semina scobiforœia. Character dijferenlialis. Perigonium regulai^e , segraenlis liberis , labello con- formi lanceolato, caudiculis spermaticis ligulatis. Hahilus : berbula parasilica , bulbifera , scapi sim- plices multitlori. Flores poUicarcs spalluilati , pulcber- rimi , liliaccarum liabitu. (453) Alamania pcnicea. Tuberculis radicalibus incrassatis , bulbis esiguis , folis blnis ovalis , floribus aequipetalis , labello lanciformi. Bulbilli oblongi , conferti, ciceris aut pisi magnitudine, apice bi- folii , florifcrifjue , membranulis scarlosis inducli : radiées vermiformes fasciculatae , crassitudine digiti, diverse sensu contortae intus fungoso- virescentes, exlus albidae laevigatae : fibrillae centrales, tenaces, filiformes. Folia ovata,crassa, coriacea, carinata, acuminata, fusca, enervia, bina, rarius tcroa in singulo bulbo, opposite scssilia, divergentia aut reflexa. Scapusbipollicaris , coloratus, tenuis, ex apice bulborum procedens. Flores alterni, inodori , bracteolis acutis membranaceis cincti. Perigo- niumcarnosum, puniceum, regulare , laciniis 2 inferioribus basi con- natis calcarem referentibus, omnibus lanceolalis suba;qualibus, tri- nerviis. Labellum concolor, basi glanduliferum, lactescens. — Gyuos- teroum carnosum luteura. Operculum atropurpureum. Reliqua ut in charactere gencrico. Viget supra arbores in excelso monte Quintzeo prope p^aUisoletum. Florct aprili. Vernacule Tzaulilli apud INIexicanos ; Tatringueiû seu Oliiten inter Tarascos Micbuacassenses. Affinilas. Genus A'tenoglosso Humboldtii , labelli formA tantum af- fine , characteribus memoratis satis diversum. Etymnlogia diximus in honorera viri ornatissimi D. D. Lucre Alamanii , Americae sept, decoris , in scientia botanica maxime eruditi , nunc relationura cxternarum internarumque ministrî. Suite des remarques sur la détermination du Système Solide et du Sj sterne Nerveux des animaux arti- cules (i). D'après l'analogie que M. Serres a établie entre le système nerveux des animaux inférieurs , et celui des embryons des animaux des classes supérieures, on peut considérer ce dernier comme oflrant , à une certaine épofjue do son développement , des dispositions scm- l)lablf!S à celles que nous avons reconnues dans les ani- (i) Annales des îicîcnccs NalurcUcs, toaii: III , \k mjij. ( 454 ) maux articulés; examinons comment ce premier mode d'organisation peut se clianger en celui que présente l'animal pourvu de vertèbres. Il suffît, pour s'en faire une idée nette, de concevoir que les arcs formés de cliaque côté par les paraaux et les épiaux de M. Geof- froy Saint-Hilaire , d'abord séparés comme ils le sont toujours dans les animaux articulés, viennent à se réunir par celles de leurs extrémités qui sont opposées à la colonne cycléale -, ' dans le canal qui résulte de cette réunion , il se développe d'abord un tube membraneux renflé dans sa partie antérieure destinée à dcveniï* l'en- veloppe immédiate du cerveau, tandis que le reste du même tube doit devenir celle de la moelle épinière. La stibstance médullaire se dépose ensuite dans ce tube qui ne contient d'abord qu'un liquide et qui, d'après les dé- couvertes de M. Serres sur la névrogénie , n'a d'abord aucune connexion avec les nerfs , ceux-ci viennent en- suite s'y anastomoser à mesure qu'ils croissent de la cu'- conférence au centre. Pendant ce temps, le li(pude con- tenu dans le tute prend la consistance propre au' cer- veau et à la moelle épinière. Tant que ces anastomoses n'ont point cncoi^e eu lieu, les nerfs sont uniquement sous l'empire de deux systèmes ganglionnaires, l'orbito-maxillaire etle iri-splauchnique, dont le premier semble plus spécialement destiné aux sensations instinctives , etle second auxmouvcmens ins- tinctifs , l'animal ne peut donc sentir et se mouvoir qu'à la manière des invertébrés. Mais bientôt le cerveau qui n'ofliait qu'un liquide gélatineux renfermé dans la mem- brane qui doit l'envelopper , se remplit de substance médullaire , et le système orbito-maxillaire s'y réunit; alors l'animal est en fjuelquc sorte vertébré relativement c 455 ) aux sensations que ce système transmet an cerveau , et invertébré relativement aux mouveraens des membi'es dont les nerfs ne communiquent encore avec le reste du système nerveux que par les filets qu'ils reçoivent des ganglions tri-splanclmiques. Un peu plus tard, le liquide contenu dans la partie postérieure de la même enveloppe reçoit à son tour la substance médullaire qui doit le clianger en moelle épi- nière , et les nerfs des membres viennent s'y réunir , comme ceux du système orbito-maxillaire s'étaient déjà réunis au cerveau : ce n'est qu'alors que l'animal est complètement dans les conditions de l'organisation des vertébrés. Entre ces deux époques, il doit présenter un cerveau complet et réuni , comme il l'est dans les ani- maux supérieurs, avec les nerfs des sens, mais oflVir , au lieu de moelle épinière , une membrane remplie d'un liquide gélalineux, sans communication avec les nerfs qui doivent s'y insérer par la suite. Dans cet état intei'- médiaire , la partie antérieure du système nerveux a at- teint le degré de perfection propre aux animaux verté- brés , par la réunion du cerveau avec le système orbiio- maxillaire , tandis que la partie postérieure est ehcore dans les conditions qui caractérisent les invertébrés. Cet état provisoire doit exister quelques instaus pour tous les animaux qui arrivent à une organisation plus parfaite, mais ne serait-il pas possible qu'il devînt per- manent pour l'animal qui , dans l'ordre naturel, se tjouve au dernier rang des vertébrés, et qui , sans cesser de l'être, dillère le moins j)ossible des animaux articulés? Cet animal conserverait ainsi toute sa vie un mode d'organisation qui n'est qu(; transitoire à l'égard des animaux plus parlails. Quand on lit li- mémoire que M. Desmoulins vient de pu- ( 456 ) blicr (T. IV , p. 289 du Jour, de Physiol. de M. Ma- gendie) , ne semblerait-il pas que la Lamproie , celui de tous les animaux vertébrés qui s'approche en effet le plus des articulés, a été créée comme pour offrir aux méditations du uaturaliste , la représentation fidèle de l'époque de la vie des vertébrés dont nou8 venons d'in- diquer les caractères? Ce que M. Desmoulins appelle la moelle de l'épine de la Lamproie, n'en est évidemment que l'enveloppe remplie seulement du fluide au sein duquel se dépose plus tard la substance médullaire. Ce cordon simplement membraneux et élastique , sans con- nexion avec les nerfs du ti'onc , ne peut remplir aucune des fonctions auxquelles la moelle épinière est destinée dans les animaux plus élevés. Ces nerfs , privés de la communication qu'elle établit ordinairement entre eux et l'encéphale, sont mis par leur connexion avec le sys- tème ganglionnaire en relation avec la cinquième paire et le quatrième ventricule du cerveau. Mais cette sin- gulière anomalie , loin d'être en opposition avec les lois générales de l'organisation , est une nouvelle confirma- tion de l'analogie fju'ont établie M. Geoffroy Saint-Hi- laire et M. Serres t ntre les divers animaux de l'échelle zoologique , et les divers états par lesquels passe , avant sa naissance, un animal pris dans une des classes su- périeures. Rapport sur un Mémoire de M. de BonnArd , intitulé : Notice géologique sur quelques parties de la Bour- gogne 5 Par m. Al. Brongniart. ( Lu à rAcadémie des Sciences, séance du 8 novembre i8a4- ) Le IMémoire que l'Académie nous a chargés d'exa- ( 457 ) miner, M. Brochant, M. Cordicr et moi, est très-volu- mineux. L'auteur n'en a lu que quelques parties en présence de l'Académie. Le reste, rempli de descrip- tions géognostiques locales et très-détaillées , ne pou- vait être , par cela môme, ni suivi, ni compris sur une simple lecture. Nous ne voulons point faire un reproche à l'auteur de ses longs détails , nous le louons au contraire du courage (ju'il lui a fallu pour les entreprendre , de la patience et de la persévérance qu'il a mise à les pour- suivre, car c'est un travail long, pénible môme, et qui n'a pas plus d'attrait pour celui qui le fait c[ue pour ceux qui le lisent. Mais ce sont précisément ces recherches de détails, ces descriptions qui ne peuvent être précises si elles sont tronquées , ces travaux enfin, qui, en rendant la géologie beaucoup moins amusante qu'elle ne l'était autrefois, lui donnent le caractère d'une science exacte. Quand la géologie était une explication de la formation de la terre , duc presque entièrement à l'imagination des auteurs, elle n'oll'rait alors aucun de ces prémices trop faligans , pour ceux qui ne veulent qu'un résultat , sans s'inquiéter s'il est conforme à la vérité. Mais depuis qu'on a vu qu'il fallait étudier sérieusement la structure du Globe pour arriver à la connaître réel- lement, et qu'il fallait la connaître avant de chercher à l'expliquer, la géologie a pris le caractère des véri- tables sciences j elle a été soumise , comme elles , à des recherches de détail , analogues aux minutieuses ex- périences de la chiiuie, aux calculs délicats de la phy- siqiu; , aux dissections rebutantes de l'anatomic , et ce n'est que par riuvesligalioit complèlo des routes dif" ( 458) ficiles et torrncuses , qui conduisent à celte connais- sance, qu'on peut espérer d'obtenir des résultats inté- ressans. Il ne s'agit donc pas d'examiner s'il y a beaucoup de descriptions de lieux et déroches dans le Mémoire de M. de Bonnard ; si ces longues descriptions en rendent la lecture laborieuse, mais bien si elles étaient néces- saires , si elles sont présentées avec la méthode qui en facilite la comparaison , enfin, si elles doivent conduire à l'un des buts que se propose le géognoste, c'est-à-dire à la connaissance de l'ordre qui règne dans la position respective des x'oches , minéraux et débris organiques qui composent la surface de la terre. Les différentes phases que cette recherche a présen- tées , et, par conséquent, les règles qu'on a cru recon- naître depuis le peu de temps qu'on s'en occupe sé- rieusement , offrent des variations et des points de vue bien différens et souvent presque opposés. D'abord , et ce temps n'est pas encore bien loin de nous , on ne soupçonnait pas qu'il régnât dans la posi- tion et les relations des nombreuses roches et des miné- raux qui entrent dans la composilion de 1 écbrce du Globe, aucun rapport observable, aucun ordre constant, par conséquent aucune loi générale. On se contenta ensuite de l'eraarquer que tel minerai métallique se trouvait placé plus constamment dans certaines roches que dans d'autres , que sa présence même était comme liée avec la nature des roches que traversait sa gangue; et comme cette loi était de la plus grande importance pour l'exploitation des mines , on en poussa la généra- lité beaucoup trop lohi , et on en admit les conséquences avec trop de précipitation. Il ne reste de ces observa- ( 4% ) lions qu'une seule règle assez bien constatée, c'est la présence nécessaire de certaines roches, pour y pré- sumer celle de certains minerais ou minéraux recher- chés pour notre utilité. La généralité de ces associations conduisit à exa- miner les rapports de position des roches qui renfer- maient souvent des minéraux utiles , avec celles qui n'en présentaient que très-rarement ou même jamais. Ce genre de recherche, aussi curieux qu'utile, dirigé par un homme qui réunissait toutes les qualités propres à les rendre rapides par le zèle qu'ils savait exciter, et fructueuses par l'ensemble qu'il avait eu l'art de mettre dans le mode d'observer , inspira aux naturalistes d'Al- lemagne , et ensuite à ceux de presque toute l'Europe , une heureuse émulation , et fît bientôt reconnaître dans la superposition des roches un ordre qui parut être tellement constant dans des pays assez nombreux , assez distans les uns des autres , qu'on crut pouvoir en conclure qu'il était le même dans toutes les contrées de la terre , et qu'on pouvait établir avec cerli|,ude la loi de formation successive des diverses couches de l'écorce du Globe. Mc-ys à force de poursuivre ce genre d'observation , on crut apercevoir des exceptions 5 bicnlùt elles se mulli- plièrent , elles seudjlèrent même se confirmer, et plu- sieurs géologues sont arrivés au point de douter que cet ordre si précis , si généralement proclamé , si unanime- ment admis , existe réellement, an point de demander si la slruclure géologique de chaque grande contrée n'a pas été soumise à des lois*particulièrcs , si même il y a des lois , et si les mêmes phénomènes géologirrues , les mêmes êtres orgaiiiség , n'ont pas paru plusieurs fois sur ( 4«o ) certaines contrées du Globe , et dans une succession qui n'admet pas d'ordre constant. Cette époque d'incertitude dans la science de la géo- gnésie , semble indiquer qu'on est sur le point , non pas de reconnaître que tout a été déposé au hasard sur la terre et dans son sein , mais de découvrir quelque nouvelle loi, quelque nouvelle cause, qui, en rendant un compte plus satisfaisant et plus général des phé- nomènes , fera disparaître les prétendues anomalies. Il faut donc recommencer les observations, comme on recommence les expériences en physique , et les analyses en chimie, à mesure que ces sciences s'enrichissent do phénomènes ou de corps nouveaux. Il faut les faire avec plus de précision , les rendre comparables jusque dans leurs dernières limites , pour découvrir 'à quoi tiennent ces prétendues exceptions, cet apparent dé- sordre. C'est ce qu'on a déjà fait pour l'Angleterre, l'Allemagne , l'Italie , et pour plusieurs parties de la France , etc. Le Mémoire que nous avons été chargés d'examiner est dirigé vers ce but. M. de Bonnard a examiné un terrain très-limité, et, pour ainsi dire, concentrerai l'on peut se se»^ir de cette expression, c'est-à-dire, qui présente sur peu d'espace une grande variété de roches, et sous très-peu d'épaisseur des terrains que l'on regarde comme appartenant à des époques de formation très- éloignées. Il a examiné une contrée dans laquelle le Cal- caire oolithiquedu Jura , l'un des derniers terrains de sé- diment, touche presque au Granité, peut-être le pi us ancien des terrains primitifs. lia donc pu embrasser, pour ainsi dire , d'un seul coup-d'œil des terrains qui , dans d'autres contrées , sont tellement puissans qu'il faut parcourir ( 46i ; de grands espaces pour en voir les extrêmes , et qu'il devient difficile alors d'en comparer les divei'ses parties. C'est dans la Bourgogne , près d'Avalon , et à peu de distance de cette ville, que se présente cette réunion rare et instructive. M. de Bonnard n'eût-il fait que dé- crire avec exactitude , détails et clarté, une contrée particulière de la France ; n'eût-il donné qu'une mono- graphie géologique , pour nous servir de cette expres- sion des naturalistes , il aurait déjà fait un travail utile et digne de fixer l'attention de l'Académie. C'est en effet par une description longue et très-dé- taillée des terrains qu'il a étudiés , qu'il commence son Mémoire. Mais ces longues descriptions sont indispen- sables , elles sont la base de l'édifice et conduisent l'au- teur à deux résultats importans , et qui ont cela de re- marquable , qu'ils semblent confirmer les lois générales reconnues dans ce que nous avons indiqué tout à l'heure comme la seconde époque de la géologie, et mettre sur la voie d'expliquer les exceptions ou anomalies qu'on a cru découvrir dernièrement dans ces lois. Pour faire remar- quer ce double résultat à l'Académie, nous sommes obligés de rappeler quelques règles générales de la géologie et quelques détails renfermés dans le Mémoirç de M. de Bonnard. Le but d'un travail géologique semblable à celui que M. de Bonnard a entrepris, est de rechercher si l'ordre qu'on observe dans la succession des roches de la contrée que l'on étudie , est le même que celui que présentent des terrains analogues dans d'autres parties de la terre. Celle détermination offre de nombreuses difficultés. 11 faut d'abord s'assurer de l'ordre de superposition des diverses roches dans le canton que l'on veut connaître. Or, comme la série de ce. roches ne se présente ordi- nairement d'une manière complète sur aucun point , Tome 111. *3i ( 46^ ) comme les parties de celle série sont elles-mêmes , ei peu étendues et difficiles à reconnaître, il faut arriver à placer ces portions les unes au-dessus des autres avec certitude. On n'a que deux moyens pour acquérir celle connaissance : le premier est la ressemblance minéralo- gique des roches ; mais tantôt il est très-incertain , la même couche pouvant paraître, soit sous la forme d'un Grès, soit sous celle d'un Calcaire, d'un Schiste argileux ou même d'un mineiai de fer, suivant que l'une de ces parties composantes devient plus abondante et tout-à-fait dominante •, tantôt il est tout-à-fait trompeur , lorsque la même nature de roche, un vrai Grès, par exemple, se présente dans des positions évidemment différentes. Le second moyen est tiré de la ressemblance et de la différence des espèces auxquelles appartiennent les dé- bris organiques qu'on rencontre fréquemment dans les roches ; mais la valeur de ce moyeji est mise en doute , et c'est précisément une des circonstances géologiques dans laquelle on prétend qu'il ne faut plus mettre beau- coup de confiance. Nous en conclurons qu'il est des caractères géologi- ques comme de toutes les resserriblanccs et les diffé- rences en histoire naturelle. Il n'y en a presque aucune d'absolue , c'est uniquement dans la réunion d'un grand nombre de circonstances qu'on doit chercher la véritable analogie des roches et des terrains , comme oh y re- cherche celle des genres et des familles. C'est d'après ces principes que M. de Bonnard fait voir que l'ordre de superposition des principaux groupes de roche de la Bourgogne peut être comparé à celui qu'on observe dans tous les terrains calcaires de sédi- ment qui paraissent appartenir à la même grande époque géologique , et il confirme ce qu'on savait déjà , c est que les terrains de sédiment de ces contrées appartien- ( 463 ) lient à ceux que l'un de nous a désignes sous le nom de terrain de sédiment moyen , et que les géognosles dé- signent sous les noms de Calcaire du Jura, de Calcaire à Grypliées , et sous le nom si impropre , si difficile à employer dans notre langue, et, par conséquent, si inconvenant de Muscîielkalk. Mais M. de Bonnard a voulu aller plus loin, et rap- porter chaque partie de ce puissant sédiment , ou , pour parler comme les géognostes , chaque membre de cette formation aux membres analogues des terrains décrits par plusieurs géologues modernes. Ce rapprochement devenait beaucoup plus difficile , et il est peut-être même quelquefois impossible. Nous soupçonnons que c'est aller contre la nature des choses que de vouloir Iç pousser trop loin 5 que c'est trop exiger de la géologie , que de lui demander de nous montrer une ressemblance générale de nature et de po- sition respective, non-seulement dans tous les grands groupes de roches des diverses contrées de la terre , mais encore dans leur dernière subdivision. La description que M. de Bonnard vient de nous donner de quelques parties de la Bourgogne nous fait voir quelles sont les roches qui , dans cette contrée, sont analogues à celles que l'on connaît dans des terrains semblables situés dans d'autres contrées , quelles sont celles qui paraissent en tlifTcrer par leur nature ou leur position. L'auteur nous indique les causes de ces différences , ou bien nous met sur la voie de \vs trouver. Ainsi , en allant de haut en bas , afin d'arriver sur la fin à la partie la plus dif- férente , la plus remarquable , la plus instructive du terrain décrit par M. dtt Bonnard , à celle qui donne à son tiavail le second degré d'importance et de nou- 3i* ( 464 ) veaulé dont nous avons parlé , nous reconnaissons : i" vers la partie la plus superficielle des terrains les plus élevés et les plus nouveaux, un Calcaire compacle à cassure conclioïde, qui termine souvent, dans la même position , les bancs calcaires du terrain jurassique , et qui^ parait être le Calcaire lilliographique. a". Et au-dessous, nous voyons le Calcaire oolilliique , membre principal et le mieux caractérisé de ce même terrain , avec les coquilles fossiles qu'il montre dans les parties de la chaîne du Jura où il est si abondant , et les Marnes calcaires blanclies qui l'accompagnent. 3°. Ensuite , un Calcaire presque entièrement com- posé de débris d'Entroques ou tiges fossiles d'Encrines , qui se trouvent aussi dans la formation du Calcaire juras- sique. Ce lit est un. de ceux dont il ne faut pas s'obs- liuer à chercher l'analogue dans tous les terrains ju- rassiques. Ou ne connaît pas encore assez bien son importance, et. il ne faudrait pas lui donner dans les descriptions une valeur caractéristique plus grande que celle qu'il parait avoir dans la nature. 4°. Au-dessous se présente une couche ou plutôt des lits de Calcaire marneux renfermant, comme Coquille caractéristique, le Gryphœa Cjmbium , des Ammonites, et bien d'autres coquilles. Cette couche ne se trouve pas non plus partout , nous ne la connaissons pas avec le Grjphœa Cjmbium dans le Jura. Mais on la cite en Al- lemagne, notamment aux environs de Goelingue, de Gotha, etc. -, clic s'y trouve , avec celte même Gryphée , au-dessous du Calcaire oolithique et au-dessous du ter- rain suivant , qui est un des plus caractéristiques de cette formation , par conséquent, un des plus im- porlans. ( 465 ) Il paraît qu'on a confondu, dans celle partie de 1 Eu- rope , le terrain marneux dont nous venons de parler ? avec celui qui se trouve au-dessous de lui , en leur don- nant , du moins sviivant M. de Schlotheim , le nom de GiyphitenhalTi. 5°. Mais le véritable Calcaire à GrypHiles des géo- logues français , celui qu'on observe dans tant de lieux diflercns de la France , dans la même position et avec les mêmes caractères minéralogiques et zoologiques, est nn Calcaire souvent marneux , caractérisé par la Co- quille à laquelle nous avons appliqué le nom de Grjphœn arcuala. M. de Bonnard , les nombreux géologues dont il cite les observations et les opinions , placent ce Cal- caire dans le même rapport de position en Angleterre , en Normandie , dans le midi de la France , dans toute la longue chaîne du Jura, et en Allemagne dans tous les lieux où on l'a reconnu. Tous s'accordent sur sa posi- tion au-dessous du Calcaire blanc oolilhique du Jura, et au-dessus d'un autre Calcaire plus compacte , plus fin, plus gris , moins marneux, qui comprend le terrain calcaire qu'on nomme Muschelhalh , et le Calcaire alpin ou Zechslein , etc. Il présente aussi , dans tous ces lieux, les mêmes circonstances minéralogiques , et a reçu pres- que partout le même nom. M, de Bonnard fait Irès-bien ressortir ces caractères en décrivant le Calcaire à Gry- philcs,si abondant cl si remarquable dans les lieux qu'il a étudiés. Jnsque-là , la série des principaux dépôts ou terrains calcaires s'est maintenue sans aucune anomalie dans des lieux très-éloignés les uns des autres-, le travail de M. de Bonnard tend donc à confirmer , au moins pour celle partie do l'écorcc du globe , l'opinion des géo- ( 466 ) logues , qui pensent que les roches ou corps organisés fossiles ont suivi, dans leur apparition sur la surface de la terre , un ordre constant , déterminé par des lois que nous ne connaissons pas, mais dont l'influence est établie par les effets. C'est au-dessous de ce Calcaire- que semblent se pré- senter quelques exceptions j quelques anomalies dans l'ordre admis. D'abord , les exceptions ne sont que négatives, et le défaut porte ici sur des roches assez mal caractérisées. 6°. On a reconnu dans plusieurs parties de l'Europe , notamment en Allemagne , au-dessous de ce Calcaire à Gryphées et des couches qui le suivent, mais que nous avons passées sous silence comme peu importantes et de- vant rentrer dans les détails auxquels il ne faut point s'arrêter; on a reconnu, disons-nous , une roche aréna- cée , un Grès que nous ne savons encore comment nom- mer en français , que les géologues allemands désignent sous le nom de Quadersandstein, nom que nous essaie- rons de rendre par celui de Grès à bâtir ou à carreaux. Ce Grès manque en Bourgogne, ou s'il ne manque pas tout-à-fait ( car il en est presque des formations comme des organes en zoologie , il est rare qu'elles disparaissent entièrement) , il est tellement mêlé d'Argile , de Cal- caire, etc. , qu'on ne peut le reconnaître avec certi- tude. ^°. C'est au-dessous de ce Grès que les géologues allemands placent un Calcaire dont la détermination et la position ont été pendant long-temps un sujet de con- troverse pour les géologues français. L'embarras vient en partie de son nom , presque insignifiant pour les Al- lemands 5 beaucoup trop signiûcalif et surtout in)pro- ( 4ti7 ^ prcment significatif pour les Français, quand ils ont voulu le traduire ; c'est le Muschelkolk , qu'il faut laisser en allemand , malgré la bigarrure qu'il forme dans notre nomenclature , malgré la difficulté que nous éprouvons à le prononcer convenablement ; mais qu'on ne peut traduire par Calcaire coquillier , car il faudrait toujours y joindre une longue explication pour faire connaître de quel Calcaire coquillier on entend parler. Ce Calcaire, qui est si bien caractérisé par ses pétrie fications , se trouve en France dans plusieurs lieux très-distans les uns des autres, par exemple, dans la Meurthe et dans le Var, et il s'y trouve avec des carac- tères minéralogiques et zoologiques si conformes à ceux qu'il présente en Allemagne , qu'on ne peut sans éti- quette en distinguer les échanlillons ; ce Calcaire , disons-nous, manque en Bourgogne, ou du moins, comme le Grès à carreaux, il n'est point reconnais- sablé. M. de Bonnard croit qu'il est représenté par la roche calcaire qu'il a nommée Liimachelle. Elle se trouve en eifet dans la place que lui assignent tous les géo- logues qui l'ont étudiée, etxenferme quelques pétrifica- tions qui peuvent appartenir au calcaire de Goetingue; on voit, dans ce dernier lieu, une roche calcaire com- posée aussi de débris de Coquilles , une véritable Luma- chellc qui semble confirmer ce rapprochement. 8°. C'est après , c'est-à-dire au-dessous de cette roche calcaire, que se présentent les différences les plus grandes entre les terrains de Bourgogne et les terrains classiques de l'Allemagne, de l'Angleterre, et de; quelques autres contrées. Au-dessous de ce Calcaire et dans ces contrées, oiu trouve , avant d'iirriver au Granité, un grand nombre de ( 468 ) • formations et de roches , parmi lesquelles nous nous con- tenterons de citer le Grès ou Psamnite bigarré, le Cal- caire compacte gris de fumée ou Zechstein, ou Calcaire Alpin, le terrain liouiller , le Psammile rougeâtre, les Psephites, et enfin toute la série des roches et terrains de transition. En Bourgogne , on trouve entre les roches calcaires que nous venons de rappeler et le Granité , une roche arénacée , composée de grains de Quarz , de Felspath , mêlée de Calcaire j de Baryte, de Galène, etc.-, et for- mée tantôt entièrement par voie mécanique ou d'agré- gation , et tantôt en partie par cette voie , en partie par voie chimique ou de dissolution 5 suivant sa composition et son mode de formation , M. de Bonnard la rapporte aux Psamniites ou aux Arkoses. Immédiatement au-dessous de celte roche vient le Gra- nité. Il manque donc eu Bourgogne un grand nombre de terrains ou de formations. Mais manquent-elles toul-à-fait , ou , induites à une faible dimension , ne sont-elles pas seulement difficiles à reconnaître et même confondues ensemble .'' M. de Bonnard le soupçonne pour plusieurs d'entre elles, et nous partageons son opinion. C'est ici même qu'est la partie la plus remarquable de son travail, celle qui fait faire à la géognosie quelques pas de plus . celle enfin qui peut servir à détruire de prétendues anomalies en con- duisant à leur explication -, M. de Bonnard nous fait donc reconnaître en Bourgogne à peu près les mêmes roches que celles qu'on a reconnues dans les terrains analogues des autres contrées , seulement elles sont moins développées, moins bien caractérisée^ -, mais elles sont à leur place principale , et ce n'est pas encore ici qu'est la plus grande ( 469 ) anomalie. Cette anomalie se trouve dans leur mélange presque complet, tandis qu'ailleurs elles paraissent cons- tamment séparées et régulièrement superposées ; elle se trouve dans la présence des Coquilles et des autres débris organiques , qui , au lieu de ne se rencontrer que dans les couches qui leur sont propres , se montrent ici depuis l'Arkose, immédiatement placée sur le Granité, jusque dans le Calcaire à Grypliées ; elle se trouve encore, et de la même manière, dans les minéraux métalliques qui sont répandus dans toutes ces couches, seulement avec plus ou moins d'abondance. Elle se trouve enfin dans ha liaison presque intime des parties les plus inférieures de l'Arkose, avec les parties les plus supérieures du Granité, La grande et remarquable exception consiste donc, non pas dans une inversion de l'ordre connu de super- position , cette inversion n'existe pas réellement *, non pas dans l'absence d'un assez grand nombre de roches , celle circonstance n'est ni complète , ni même impor- tante ; mais ici , dans le mélange de ce qui est séparé et distinct ailleurs. Or, les circonstances locales semblent expliquer ce mélange d'une manière assez satisfaisante par le peu d'épaisseur des bancs ou couches des diverses sortes de roches , et par l'absence d'un certain nombre de celles qui se présentent dans d'autres contrées. Cette disposition prouve seulement que les époques de forma- tion des didérens terrains n'ont pas été aussi longues ni aussi distinctes qu'on le pense communément, et que quand de grandes masses de matières minérales ne sont pas venues séparer complètement les diverses sortes de roches , ou anéantir cnlièremcnt les espèces de corps organisés et leurs générations, les espèces ont pu con- tinuer de vivre ensemble , et mêler leurs dépouilles dans des lits minces de matières minérales. Des observations de M. Woltz , qui font connaître que des terrains difFé- rens sont ou confondus ou très-distincts, suivant qu'ils sont puissans ou séparés les uns des autres par d'autres roches , ofl'rent des phénomènes analogues aux mélanges décrits par M. de Bonnard , et conGrment l'opinion qu'il laisse entrevoir , avec beaucoup de sagesse et même avec hésitation, sur leur cause. Les faits que nous venons de remettre sous les yeux de l'Académie , en les présentant d'une manière plus gé- nérale que l'auteur, et en cherchant à en faire ressortir les principaux résultats, nous semblent suffisans pour prouver ce que nous avons avancé au commencement de ce rapport, et pour répéter dans notre conclusion : Que le Mémoire de M. de Bonnard, considéré seulement comme une monographie géognostique d'un canton de la France, serait, par cela seul, et par la manière dont elle est faite , un travail digne de l'approbation de l'A- . cadémie. Mais ce géologue, en ciioisissant un canton re- marquable par la simplicité de sa structure géologique , par 1 uniformité de celte structure sur un grand espace de terrain, en faisant voir les "rapports que sa compo- sition avait avec celle des terrains analogues , observés dans d'autres pays , et cela malgré les différences qu'elle offrait au premier coup-d'œil , en faisant connaître les anomalies que ces terrains semblaient présenter, et en les appréciant à leur juste valeur, en donnant ainsi les moyens de confirmer , même par les exceptions appa- rentes, les règles qu'on croit avoir reconnues dans la structure de l'écorce du globe-, ce géologue, disons- nous , a contribué trcs-efficacomcnt par ses observationb / ( 47' ) nouvelles, par ses rapprochemens ingénieux, et par ses explications sages et vraisemblables , aux progrès de la géognosie , et a acquis aux encouragemens et aux éloges de l'Académie , des droits nouveaux et d'une plus haute valeur que ceux que lui aurait déjà mérités une pure description géognostique. Nous avons doue l'honneur de proposer à l'Académie d'approuver le Mémoire géologique de M. de Bounard, sur quelques parties de la Bourgogne , et de décider qu'il sera imprimé dans les Mémoires des savans étran- gers, avec la Carte géologique et les coupes qui doivent en rendre l'intelligence plus prompte et plus facile. Signé BuOCHANT DE VlLLIERS , CoRDIER Ct BrONGNIART. L'Académie adopte les conclusions du rapport. explication de la coupe représentée Planche 28 , et détails caractéristiques des roches et couches qui y sont représentées. N° I. Calcaire conchoïde presque sans pe'trifications , couvert dans quelques jiarties de blocs de granité, et contenant seulement unô Coquille bivalve qui paraît appartenir au genre Lima. N° 2. Calcaire jurassique, compacte et oolitique avec les petrilica- tions qui le caracte'risent. K° 3. Calcaire terrent, plus fissile, faisant partie du calcaire juras- sique et reofcrmant plus particulièrement les corps organisés fossiles suivans : Ammonites (nombreuses.) Pinnogène de Saussure. — (Grande Coquille bivalve de'prime'c à structure fibreuse , fibre.* perpendicu- laires aux surfaces , voisine des Catillus). Perna auiculoîdes Sow. Cardium Protei. A. Bn. W .'|. Calcaire compacte à Enlroques, renfermant en outre des HuîlrcSj des Ttrébratules , des Cassidules, etc. N" 5. Seconde formation raaroeusc, trcs-riciic en corps organisés fossile Ammonites, liclcuinitcs. ( 4;^ ) Modioles. , Huîtres. Trochus. . . Gryphœa Cymbium et lalissinia. Pecten univalvis , Sow. Plai^iostoma semilunaris. W 5. Fer oxidé pisolithe en amas dans les cavités superficielles du calcaire suivant. W 6. Calcaire compacte et marnes à Gryphilcs avec Galène et Ba- rytife disséminées. Dans les parties supérieures : Belemnites. Dans les parties moyennes et notamment dans les lits marneux : Unio Hyhrula. ammonites Buchlandi. M y a intermedia Pecten lens. ' Trochus. Fucoïdes. Dans les parties inférieures : Gryphœa arcuata. La réunion des n°* 4» 5 et 6 , paraît être analogue à la formation du Lias d'Angleterre. PJo ^. Marnes calcaires et Lumachelles en rognons disséminés en lits dans les couches : Plagiostoma lœuiusculum. No 8. Fer oligiste terreux, faisant partie intégrante de la couche n° -j. W 9. Calcaire lumachelle , Marne argileuse et Psammite alternant ensemble, renfermant de la Galène et de la Barytile, et , en corps organisés fossiles, YUnio hybriJa , Sow. , et des Zoophytes. W 10. Marne argileuse etjGj'pse en nodules ellipsoïdes, lenticu- laires , etc. K» II. Calcaire lumachelle quarzeux , Macigno ou Psammite calcaire, Psammite quarzeux, renfermant en corps organisés fossiles : De nombreux Zoophytes. Des Astéries? Ammonites. Pecten. Trigouies. Les N°' ^ , 8 , 9, 10 et 1 1 , paraissent appartenir à la même sous- formation , et pouvoir être rapportés au Calcaire lumachelle ( Muschelkalk de Goetingue. ) Le Grès à bûtir ( Quadefsandilein ) , qui devrait se trouver au- dessus , paraît manquer dans le plus grand nombre des cas. (473) No 12. Arkosc, Arène (c'est-à-dire Arkose et Psammites re'duits à J'ctat sableux ou friable) , et Psammite quarzeux alternant et comme mele's ensemble avec Barytite , Fluor, Fer oxidd et Galène, ou disse'mine's , ou en veines , et renfermant en corps organise's fossiles : Ammonites. Unio Hybrida. Plagias toma punctatum. Gryphœa arcuala. M. de Bonnard regarde cette couche comme analogue au Grès bigarré, ou au Grès vosgien, N° i3. Granité se mêlant dans certaines parties avec l'Arkose, et recevant des filons ou veines de cette roche , les minéraux (Barytite et Fluor) et les métaux (Galène) qu'elle renferme. Description du Graphiola , nouveau genre de plante parasite de la famille des Champignons ^ Par m. a. Poiteau. GRAPHIOLA (i). Peridium duplex , sessile , tliallo nudatum : exterius crassutn , crustaceum , fragile 5 interius membranaceum parlitum, exteriore longius, marcescens , et cujus fundo surgent Clamenla numerosa , longa, simplicia, fascicu- lala, pulvere granulosa intermixta. Graphiola PHOEHicis. Grophiole du Dattier. Depuis trois ans j'observe ce parasité sur les feuilles vivantes de quelques Dattiers cultivés en serre chaude chez M. Noisette à Paris : elle prend naissance sous l'é- pidermc supérieur et inférieur des folioles cl du pé- 40 Id. est l'cniccllus parvus. (474 ) tiole : sa présence se manifeste d'abord par une petite protubérance qui , après avoir soulevé , déchiré ou fendu l'épiderme , se montre sous la forme d'un corps ovale sessile , noir, luisant, très-dur, et qui atteint au plus un millimètre dans son plus grand développement. Ce petit corps est le péridium externe de la plante ; il n'a aucune base apparente 5 on voit qu'il est partagé lougi- tudinalement par un sillon qui le divise en deux lobes , et que chaque lobe a lui-même un autre petit sillon lou- giludinaL Bientôt il se forme , entre les deux lobes, une fente qui , en s'élargissant successivement , devient une ouverture arrondie de laquelle sortent les découpures d'un péridium interne membraneux et fugace. Du fond de ce péridium interne s'élève une grande quantité de filamens blanchâtres longs de quatre à six mil- limètres , entremêlés de grains poudreux , jaunes. Ces fila- mens forment toujours dans leur jeunesse une seule gerbe contenant beaucoup de poussière 5 mais quand la plante est adulte, ils se tordent plus ou moins, ou se divisent en plusieurs faisceaux divergens , de manière que le Graphiole se présente sous un grand nombre d'aspects différens , selon qu'on l'examine à diverses époques de sa durée ; peut-être toutes ces formes et ces torsions sonl- elles dues à quelques propriétés hygrométriques. C'est particulièrement en mai et en octobre que cette plante se développe en quaniité sur les feuilles du Dattier, qui sont dans la seconde et troisième année de leur exis- tence I on n'en remarque pas sur les feuilles de l'année actuelle ; elle parait , végète et augmente pendant en- viron six semaines ; après ce temps écoulé , elle se des- sèche sans diminuer de volume 5 ses filamens se brisent au moindre toucher , et laissent à nu le péridium externe (475 ) qui persiste sous la forme d'une petite cupule noire ar- rondie ou anguleuse et très-dure. La grande mulliplicalion du Graphiole altère les feuilles du Dattier , en les salissant et les desséchant en partie. M. Noisette n'a commencé à remarquer celte plante qu'en 1819J il pense qu'elle n'existait pas aupa- ravant dans ses serres : on peut craindre qu'elle ne s'éta- blisse aussi sur les autres espèces de palmiers. Les Clamens du Graphiole ne sont pas de pi^emière formation ; car lorsqu'on ouvre un péridium fort jeune, on ne trouve qu'une poudre^ jaune dans son intérieur. Il faut beaucoup d'attention pour découvrir le péridium interne. On ne connaissait parmi les Champignons qu'un petit nombre de genres qui eussent un péridium double ; le Graphiole en est un nouvel exemple 5 sa place paraît devoir être auprès des Didermes dont il diffère , 1° en ce qu'il n'a pas de thallus ; 2° en ce que son péridium est sessile , dur , crustacé dès sa nais- sance et non mucilagineux ; 3° en ce qu'il croît sur une plante vivante ; 4° '^^ ce que ses filaniens sont simples , parallèles, libres et non anastomosés en réseau. Explication des Figures. PL' lG. Fig. 3. Graphiola phœnicis. a. Portion d'une foliole de Dattier couverte de Graphiola, de gran- deur naturelle. h. Giandcur naturelle d'un péridium avant l'émission ries (llamcns. c. DivfTS peridiidiis grossis. d. l'dridiumit qui commencent ù s'ouvrir. On voit à leur iiase le morceau d'dpidcrme soulevé et desséché, sous lequel ils étaient radiés. t. i'i-ridium très-grotsi , portant en dessus le morceau d'opidermc qui le couvrait avant son apparition. f. Plante plus avancée dont le péridium interne est divisé en quatre ( 4:6 ) lanières qui paraissent soutenir chacune un fhisceau de filamcns Couverts de poussière. Sgg. Autres plantes plus dévcloppe'es. lihh. Figures montrant comment les fllamens se divisent quelquefois jusqu'à former depuis deux jusqu'à cinq faisceaux divergens. i. Filamens tors , tels qu'ils se présentent le plus souvent dans une ■ plante âgée. /. Coupe dune plante dont les fllamens étaient réunis en cinq fais- ceaux qui formaient une sorte d'étui rempli de poussière. Cette figure, ainsi que deux des précédentes, montrent des débris du pcridium interne. m. Coupe verticale faisant voir que les ûlamens naissent du fond du péridium. Recherches anatomiques sur les Carabiqties et sur plu- sieurs autres insectes Coléoptères ; Par m Léon Dufour. (Suite.') COLÉOPTÈRES HÉTÉROMÈRES. Je viens de passer en revue le canal digestif des Co- léoptères qui ont cinq articles à tous les tarses , et que M. Duméril a le premier désignés sous le nom de Pen- tamères. Je vais maintenant me livrer à la description de ce même canal dans les Coléoptères , dont les deux paires de tarses antérieurs ont cinq articles , tandis que la paire postérieure n'en a que quatre , ce qui leur a valu le nom à'Hétcroiîières. Famille FIL Mélasomes. Le genre Tenehrio de Linnseus rentre dans celte nom- breuse famille à laquelle M. Latreillc a récemment im- (477 ) posé le nom de Mélasomes à cause de la couleur noire des Insestes qui la composent. Ce dernier auteur avait auparavant 'distribué ces Coléop- tères en deux familles distinctes, que je crois convenable de conserver comme sections des Mélasomes. L'une était celle des Piméliaires , l'autre celle des Ténébrio- nites. A. Piméliaires. Ces Mélasomes n'ont point d'ailes et leurs élytres sont soudées ensemble. Ils se rencontrent plus fréquem- ment dans les terrains sablonneux des contrées méridio- nales de l'Europe , et plusieurs d'entre eux fuient la lu- mière. Ce dernier trait leur a valu de la part de M. Du- méril la dénomination de Lucifuges ou de Photophyges. Ils vivent de substances végétales plus ou moins altérées. Les espèces de cette section , dont j'ai été à même d'étu- dier l'anatomie , sont les suivantes : Erodms gibbus; Pimelia bipujictala; Scaurus striatus; Akis Ilispanica; Asida Gigas ; A. grisea; Blaps Gigas; B. similis. Leur organe de la digestion débute dans l'arrière- bouclie par un vestige d'appareil sécréteur, dont la classe des Coléoptères n'olfrc que bien peu d'exemples , mais que l'on retrouve plus parfaitement organisé dans d'au- tres classes d'Insectes, notamment dans les Orthoptères , les l/émiplcres , les Hjménoptèrcs , les Diptères , et que!qur-s Aptères. Je veux parhîr d'un appareil salivaire. Je l'ai évidemment reconnu dai>s les Blaps et V Asida grisea , Insectes que j'ai dissécjnés réremment avec un 5.oin scrupuIiMix , et je ne doute point qu'il n'existe aussi dans les autres Piméliaires. Cet appareil a une simpli- ToiiE 111. Sa ( 478 ) cité en quelque sorte rudinicnlaire. Il consiste en deux vaisseaux ou tubes floltans parfaitement simples dans VAsida, irrégulièrement rameux dans les 7?Zap5 , insé- rés un de chaque côté , vers l'origine de l'œsophage , et pénétrant par leurs extrémités libres jusque dans la ca- pacité abdominale. Le tube alimentaire des Piméliaires a trois fois en- viron la longueur de leur corps. Un oesophage court débouche diius un jabot, plus ou moins prononcé, sui- vant les genres , lisse et glabre à l'extérieur. Il est bien plus développé dans VErodius , la Pinielia , le Scaurus , VÂhis^ où il forme une poche ovoïde logée dans la poi- trine, que dans les Asida et les Blaps, où il faità peine une saillie hors de la tête. Ce jabot est garni intérieurement de plissures ou de colonnes charnues longitudinales qui , dans VErodius et la Pinielia.) aboutissent, du côté du ventricule chylifique , à une valvule formée de quatre pièces principales, ovaîaires , conniventes et cornées, tandis que ces pièces manquent dans les Bhips, où la valvule est produite par le rapprochement des co- lonnes charnues , qui sont évidemment plus saillantes et d'une consistance un peu calleuse. Le ventricule chylifique est, à l'exception de celui de V Asida, hé- rissé en dehors de papilles si courtes qu'elles ressem- blent .'i des points saillans. Il est allongé, flexueux ou replié , quelquefois renflé à son origine , proportionnel- lement un peu plus long dans V Asida et le Blaps, que dans les autres Piméliaires. Quand il n'est pas très-disten- du, il est marqué de bandelettes musculaires transversales. Il se termine par un bourrelet, calleux en dedans , où se fait la première insertion des vaisseaux biliaires. Comme je l'ai déjà fait pressentir-, la tunique externe du ventri- ( 479 ) cule chyliGque de ÏAsidaesl parfaitement glabre el lisse, même quand on l'observe avec le secours de la loupe. L'intestin grêle est lisse , cylindrique , replié sur lui- même. Il se renfle en un cœcurn parcouru en dedans par des bandelettes musculaires. Le rectum est assez dis- tinct. M. Marcel de Serres (i) a décrit l'appareil digestif de VAkis glahra , du Blaps Gigas , du Blaps morlîsaga, et de la Pinielia btpunctata. Cet auteur , peu fixé alors sur les véritables fonctions des diverses parties du tube alimentaire , ne parle point du jabot de ces Mélasomes quoiqu'il existe , surtout d'une manière très-apparente, dans VAhis et la Pimelia. Il désigne sous le nom d'es- tomac ce que j'appelle ventricule cliylifique , tandis que dans d'autres Insectes il appelle duodénum ce même or- gane. Par suite de cette incertitude dans la nomencla- ture , il donne la dénomination d'intestin grêle an cœ- cum , et il finit par placer le duodénum immédiatement avant le rectum. Du reste , ce savant parait s'être attaché tout particulièrement à l'étude de la texture des tuni- ques du canal digestif, et il nous a donné sur ce point d'anatoraie des détails pleins d'intérêt. B. TÉ^ÉBRI0MTES. Parmi les Mélasomes dont les élytres peuvent s'ouvrir et recouvrent des ailes , je n'ai pu encore soumettre à mes rechercbes zootomiques que le Tenehrio obscuvus. Ce Coléoptère, dont la larve vit dans la farine, se ren- contre lui-même dans les moulins, les boulangeries et les lieux où l'on conserve les farines. Son organe de la di- (0 Oliicivations sur les us/tgvs des diverses parties du lube intesliiiul des insectes , page 53 et suiv. 39. * ( 4Bo ) f;estion , qiioiqu'ayant beaucoup d'analogie pour sa con- formation générale avec celui des Blaps, en diOère néan- moins par plusieurs traits qui me'ritent d'être signalés. D'abord , je n'y ai reconnu aucune trace de l'existence des vaisseaux salivaires. Cependant je présume , par ana- logie , que de nouvelles dissections dirigées plus spécia- lement vers ce but les découvriront. Le jabot est assez petit, oblong , lisse et glabre en dcliors. Ramdohr, qui a décrit et figuré l'appareil alimentaire du Tenehrio molitor, qui n'est peut -être que la même espèce (i), représente cet organe, auquel il donne, ainsi qu'au gésier des carnassiers , le nom i'eslomac à replis , comme garni intérieurement de quatre colonnes ter- iTtinées par des soies et séparées par des gouttières pro- fondes. Je n'ai pas été à même de confirmer par ma propre observation cette structure intérieure, mais je l'avais présumée à travers les parois du jabot, dont la demi-lratisparence permet de reconnaître l'existence de pièces internes d'une nuance un peu plus foncée , et peut-être de nature calleuse ou cartilagineuse. Le ven- tricule cîiylifique est moins long que dans les Blaps , à peu près droit -, mais les papilles dont il est hérissé sont un peu plus pronoftcées que daos ces derniers et bien moins que dans la figure de Ramdobr. L'iutestin grêle est assez long , filiforme. Il dégénère en un cœcum al- longé , séparé du rectum par un léger bourrelet annu- laire , et non pas, comme l'a exprimé l'auteur précité , par un étranglement fortement prononcé. (i) Loc. cit. , Tab. IV, li-. I et S. (48r ) Familh riJI. Taxicornes. Les Coléoptères héléromérés que M. Latreille a grou- pés dans la famille des Taxicornes , et M. Diimeril dans celle dos Fongivores , sont des Insectes de petite taille. Leurs antennes se terminent par une massue per- foliée. Ils vivent, soit dans les champignons, soit sous les écorces des vieux arbres. h'Hj pophlœus castaneus ^ le Diaperis violacea , VEîedona reliculata , sont les Taxicornes dont j'ai pu étudier ranalomic. Le canal alimentaire de VHypophlœiis aune longueur qui n'excède pas deux fois et demie celle de son corps. Malgré les recherches les plus scrupuleuses , je n'ai pu y découvrir aucune trace des vaisseaux salivaires qui exis- tent bien distinctement dans la Diaperis. La petitesse de cet Insecte , qui n'a pas une demi-ligne de largeur , me les a peut-être dérobés. Le jnbot est excessivement court et fort difficile à mettre en évidence à cause des faisceaux musculeux qui garnissent la région occipitale de la tête. On le reconnaît à son tissu lisse et erlabre. Le ventricule chyliûque débute dans le corselet même. Il est d'une texture fort délicate, allongé, cylindroïde, plus ou moins flexueux et hérissé, à l'œil armé de. la loupe , de papilles piliformes bien saillantes , égales eu longueur dans toute l'étendue de l'organe. L'intestin grêle se fléchit en une anse et dégénère insensiblement en un cœeum ohlong. Le recliun se dislingiu; brusque- ment de celui-ci. Il est assez long et droit. 11 s'accom- pagne , ainsi (jihî dans les deux espèces suivantes, d'un appareil des sécrétions excrémentiliclles dont je parlerai ailleurs. ( 480 Le tube digestif de la Diaperis a absolument la même forme et la même texture que celui de VHjpophlœus. Il a seulement un peu plus de longueur, puisque cette dernière égale quatre fois celle du corps •, et il offre à son issue de la tête deux vaisseaux salivaires , flexueux, capillaires, flottans par un bout. Celui de YEledona n'offre pas de différence remar- quable avec le précédent ; mais je ne lui ai trouvé aucun vestige d'appareil salivaire. L'oesophage et le jabot y sont plus distincts, et le ventricule chylifique est assez long pour faire une circonvolution à sou entrée dans l'ab- domen. L'examen comparatif des figures qui représen- tent les organes de la nutiition de ces trois Insectes dis- pense d'autres détails. Famille IX, Sténélytres. Les Insectes que M. Latreille a compris dans cette famille forment deux divisions que nous allons étudier séparément , celle des Hélopiens et des OEdémérites. A. Hélopiens. Ici se rangent ceux des Sténélytres qui ont tous les articles des tarses , ou du moins ceux des postérieurs , entiers. Je vais exposer ce que j'ai appris par la dissec- tion de VHelops striatus , et de la Cistela badiipennis. \j^Helops se trouve sous les écorces des arbres , et fait peut-être sa nourriture du détritus du bois ; il a des ha- bitudes sédentaires. Son tube digestif a la plus grande ressemblance pour sa forme et sa structure avec celui du Ténébrion, genre dans lequel Linnœus , ainsi que ( 483 ) Geoffroy, avaient placé la plupart des Heïops qu'ils ont connus. Sa longueur égale environ deux fbis et demie celle de tout le corps. L'œsophage se dilate aussitôt en un jabot court , conoïde , dont les parois ont uue certaine épaisseur. Le ventricule chylifîque en est sé- paré par une contracture brusque-, il est allongé , pres- que droit , revêtu extérieurement de papilles courtes et obtuses; il renferme une pulpe alimentaire brunâtre. L'intestin grêle, sensiblement moins long que dans le Ténébrion, est conoïde à son origine , puis filiforme. Le cœcum est oblong , séparé , par un léger bourrelet , du rectum qui est assez long, droit et bien plus étroit que lui. La Cistela habite les fleurs et paraît se nourrir du pollen des élamities. Son canal de la digestion est xin peu moins long que celui de YHelops ; mais il n'en dif- fère essentiellement qu'en ce que son ventricule chylifi- que ohservé , même à une très-forte loupe , n'oflre aucun vestige de papilles, Le rectum est moins prononcé que dansl'espèce précédente. B. OEnÉMÉRITES. Cette division des Sténélytres comprend ceux dont le pénultième article de tous les tarses est biloLé. Tous ces Insectes habitent les fleurs et se nourrissent principa- lement de la poussière fécondante des étamines. Ceux dont j'ai étudié l'organisation intérieure sont les suivans : OEclcinera cœrulea y OEd. calcarola, OEd ruficollis , Mycteriis curcufioides. Nous retrouvons dans les OEdcmcres , comme dans qucîlfjues Mélasomcs cl Taxicornes ^ des vaisseaux sé- créteurs de la salive. Il y eu a un de chaque côte de (484 ) l'origine de l'œsophage. Ils sont très-simples, flexueux , floltans, presque diaphanes, et d'une grande ténuité; ce qui les rend difliciles à mettre en évidence. Mais j'en ai constaté l'existence dans les trois espèces soumises à mes recherches. Le canal de la digestion n'a qu'une fois et demie la longueur du corps. L'œsophage est grêle , presque ca- pillaire ^ il traverse le corselet sans changer de diamè- tre , puis il présente un jabot tout-à-fait latéral , une véritable panse, munie d'un cou ou pédicelle court, pendante, ovoïde et lisse, quand elle est dilatée par la pâte alimentaire , plus ou moins oblougue , et froncée dans le cas contraire. L'existence d'une panse latérale dans les GEdcmètes est un trait anaiomique qui leur est jusqu'à ce jour exclusivement propre. Je n'ai trouvé rien d'analogue dans aucun autre genre de Coléoptères; mais la classe des Orthoptères et surtout celle des Dip- tères en olTrent des exemples. Le ventricule chyliûque des OEdémères est allongé , droit , parfaitemcïit lisse , et glabre à l'extérieur dans VOEd. cœrulea, couvert de, points papillaires à peine sensibles dansVOEd. cœndes- cens et YOEd. ruficollis. L'intestin grêle est filiforme, plus ou moins flexueux. Le cœcum est renflé , oblong. Le rectum est brusquement distinct de ce dernier, droit , long , plus allongé dans la femelle. » Le Mjclenis qui rappelle par sa physionomie et sa conformation générale, les Charansons , mais qui est Hétéroméré , tandis que ces derniers sont Tétramères , termine la famille des Sténéljtres. La longueur de son canal digestif ne surpasse pas deux fois celle de son corps. L'œsophage, parvenu dans la poitrine, se dilate en un jabot assez vaste , vu la grandeur de rLisectc , ( 485 ) tantôt pyriforme , tantôt irrégulier , quand il est gonflé par de l'air. Une contracture brusque , siège d'une val- vule, le sépare du ventricule cliylifique. Celui-ci est cy- lindroïde , plus ou moins flexueux , lisse , c'est-à-dire dépourvu de papilles ou de points saillans , mais pré- sentant souvent dans l'état de vacuité des rubans mus- culeux transversaux. Je l'ai trouvé rempli d'un liquide . jaunâtre , couleur qui est due au pollen des fleurs dont ce Coléoptère fait sa nourriture. L'intestin grêle est bien distinct , filiforme. Le cœcum est oblong et se ter- mine par un rectum grêle et long. Famille X. Trachélides. Cette famille , la dernière des Coléoptères Hétéromères, comprend des Insectes herbivores ou florivores , qui difl'èrent entre eux autant par leur physionomie et leur structure que par des traits entomologiqucs bien carac- térisés. Aussi a-t-on réparti les genres assez nombreux qui la composent en plusieurs sections, dont M. La- treille avait fait précédemment, et avec raison , des fa- milles particulières. Celles de ces dernières , dont j'ai été à même d'étudier l'anatomie , sont les Moudellojmes et les Cantharidies. A. ModDELLONES. Les Insectes de celte section sont de petite taille et vivent sur les Heurs. Leur corps comprimé latéralement et arqué, leur tête basse et inclinétî sur la poitrine, leurs étuis courts et terminés en pointe, leur abdomen conique en font une famille d'une tournure toute parti- culière. Je n'a! encore pu dissétjucr (jue la Mordella Jasciala. ( 480 ) Elle a deux vaisseaux salivaircs repliés , floltans , plus longs que tout le eorps et d'une ténuité plus que eapil- laire. L'œsophage est si court qu'il est inapercevable hors de la tète , ainsi que le jabot dont je ne puis que soupçonner l'existence. Le ventricule cliyliOque est al- longé , droit, très-lisse, et à parois assez épaisses. L'in- testin grêle est étroit, flexueux , bien marqué et assez long. Le cœcum est oblong , distinct. Il renferme une pâte excrémentitielle jaune. B. Caktharidies. La propriété vésicantc de la plupart des Coléoptères de cette section les a fait désigner par M. Duméril sous le nom d'Episp astiques. Les espèces soumises à mes in- vestigations anatomiqucs sont les suivantes : Mjlahris melanura , Mylahris ■variabilis , Meloe majalis, Zonilis prœusta , Silaris humcralis. Je n'ai point reconnu dans ces Canlharidies la moin- dre trace de l'existence des vaisseaux salivaires. Leur tube digestif n'a pas plus d'une fois et demie la longueur du corps. L'œsophage se dilate en un jabot plus ou moins apparent suivant les genres. Dans le Meloe , qui est un Insecte vorace et essenliellenient herbivore , il est vaste et semble revêtir les caractères d'un véritable gé- sier 5 car il est garni intérieurement de plissures cal- leuses , comme anastomosées entre elles , et séparé du ventricule chylifique par une valvule formée de quatre pièces principales , résultant chacune de l'adossement de deux cylindres creux , tridentés en arrière. Cet or- gane est moins prononcé dans les trois autres genres qui vivent du pollen des fleurs. Il est même insensible dans le Zoiiilh. Le ventricule chylifique est droit , conoïde ou cylindroïde. Dans le Zonids et le Silaris, il est glabre, ( 487 ) lisse el comme simplement m^embraneux. Celui du Mcloe et des Mjlabris est formé de rubans musculaires trans- versaux bien prononcés. L'intestin grêle est flexueux fili- forme. Il offre à son origine, dans le 3Ieloe, une por- tion conoïde dont l'intérieur a de légères plissures lon- gitudinales et une valvule correspondant au ventricule cliylifique , composée de six tubercules ovales , bilobés , un peu calleux. Je n'ai point observé cette structure dans les autres Cantliaridics . Le cœcum est ovale ou oblong , lisse , et le rectum est assez marqué. L'organe nutritif du Meloe proscarahœus , représenté par Ramdohr (i) , n'a point les plissures transversales qui caractérisent le ventricule cliylifique de notre Meloe majalis et des Mjlahris ; mais il lui ressemble pour les autres parties. Celui de la Lylta vesicatoiia , que cet auteur a aussi figuré (a) , a la plus grande analogie avec celui des Mylahris. Son jabot, désigné par cet auteur sous le nom de Pharynx , a intérieurement des bande- lettes musculaires tiansversales , séparées par des la- mes longitudinales saillantes garnies de petites soies. Le ventricule chylifique , appelé estomac par Ramdolir, paraît avoir des rubans charnus annulaires , ainsi que les Mjlabris. Explication des Planches. Flanche XXIX. Fig. I. Appareil digestif fort gros»! de la Pimelia niruncTATA. a. jabot; h. ventricule chylijlque \ ce. yaisscaux hrpatiejiics troo([ucs j S) G. ( 488 ) a. Tcle ; bord occipital légèrement trilobé ; verlex cliagriné , région frontale avec îles points saillans otnbiliqués jiiliftres ; antennes brièvement bérissées; le troisième article le plus long, l'avant- dernicr dilaté, turbiné, recevant en échelonnement le dernier qui est rudimentaire ; mandibules robustes, tranchantes, édenlées j labre échancré , ciliéj dernier article des palpes un peu sécuri- forme; bb. vaisseaux safiuaires ; c. ventricule chyli/ujue, précédé d'un jabot excessivement court ; dM. vaisseaux licpuiiques tron- qués ; e. intestin grêle; f. caecum; g. rectum bien marqué; h. derriier segment dorsal de Tabdomen. Fig. 4- Appareil digestif fort grossi du Blaps gicas. a. Tête, jeux transversaux, enchâssés, peu saillans; antennes dont les quatre derniers articles sont sphéroïdes et le terminal pointu ; labre tranversal échancré , cilié ; dernier article des palpes plus gros, tronqué, un peu sécuriforme ; bb. vaisseaux salivaires, c. ventricule chylijique précédé d'un jabot court ; dd. vaisseaux hé- patiques; e. m\esi\v\ grélc; f. cœcum , suivi d'un rectum ; g. ap- pareil des sccrcl'ions excrémentitielles ; /t. dernier segment dorsal de l'abdomen. Fig. 5. Portion considérablement grossie de l'appareil digestif du Blaps gîgas. ar.. Palpes maxillaires ; b. palpes labiaux et en arrière les mâchoires à deux lobes garnis de soies rousses, dont le plus |iosléricur s(î ter- mine par un crochet noir bien marqué; d. œsoplinge précédé d'une soTle d^épig/otle , et suivi du jfbot. Celui-ci a sa tunicjue iutéiieuro à découvert, parcourue par huit colonnes charnues ; ee. vaisseaux irtZiVûirei irrégulièrement laiaeax; f. portion du ventricule chy- liûque ouverte. Fig. 6. Appareil digestif fort grossi du Ïeivçbrio obscurus. a. Tête, bord occipital fortement échancré avec un lobe peu pro nonce au milieu de Téchancrure; troisième article des antennes bien plus long que le second ; b. ventricule chylifique précédé d'un jabot fort court; ce. vaisseaux hépatiques; d. intestin grélc ; e. cœcuni allongé, suivi d'un rectum -yf. dernier segujcut dorsal de l'abdomen. Flanche XXX. Fig. 1. Apj)arcil digestif fort grossi de I'Eledona rETicoLATA. a. Tête, bord occipital fortement échancré avec un lobe à peine sensible dans l'échancrure; yeux réticulés, bilobcs, c'est-à-dire divise's par une scissure en deux globes , l'un supérieur l'autre ( 489 ) inférieur ; antennes courbées en arc; les trois derniers articles for- ment une masse; les quatre précédens en scie triangulaire; labre traosTiTsal distinct de la lête par une simple rainure; mandibules courtes, grosses , bifides à leur pointe ; lèfre cachée sous le labre , transversale, ciliée; mâchoires arrondies en cueillcron , ciliées; palpes de quatre pièces grenues, dont la dernière est ovale-cylin- droïde; h. ventricule chylijîque précédé A''un jabot; ce. vaisseaux biliaires ; J. intestin grêle; e. cœciim oblong suivi d'un rectum bien marqué;^' appareil des sécrétions excrémentiiielles ; g, der- nier segment dorsal de l'abdomen. Fig. 1. Appareil digestif fort grossi de I'Htpophljecs CASTASErs. a. 7'e£e, bord occipital îi peine échancré , le fond de l'échancrure en ligne droite; yeuar fortement chagrinés, bilobés comme dans VEleJona ■ labre arrondi, velu ; mandibules édentécs assez fortes; b. ventricule chylijîque précédé d'un court jabot ; ce. vaisseaux biliaires ; d. intestin ^;e/e , suivi d'un cœcum peu distinct et d'un rectum bien marqué; ee. appareil des sécrétions excrémentiiielles ; f. dernier segment doraal de l'abdomen. Fig. 3. Appareil digestif fort grossi du Diaperis violacea mâle. a. Tête , bord occipital échancré avec un lobe dans l'échancrure ; labre transversal, cilié; mandibules assez fortes, bifides à leur pointe, caractère qui n'est sensible, ainsi que dans les autres Taxicomes , qu'autant que l'on regarde en prohl et en dessus la pointe de la mandibule ; dernier article des palpes maxillaires sé- curjforcae ; bb. vaisseaux saln'aires; c. ventricule cliylijique pré- cédé d'un court jabot ; dd. vaisseaux biliaires ; e. cœcum. précédé de l'intestin grêle et suivi d'un reclam assez long;^^ dernier seg- ment dorsal de l'abdomen; ^'^'. appareil des se'crétions excrénien- titiellcs. Fig. 4- l'ortion considérablement grossie du ventricule chylijîque , pour mettre en évidence les papilles. Fig 5. Appareil des sécrétions excrémenliticlles considérablement grossi. Fig. 6. Appareil digestif fort grossi de la Cistela baoiipensis. a. l'été, bord octi/^itrt/ profondément écnancré, avec un lobe bien prononcé dans l'échancrure; antennes de douze articles dont le premier, prçsqiie iraperce|)tiblc; Libre échancré, cilié; wia/u/t- tu/cj i)oiniue» cdentées ; /;a/^c-i maxillaires plus long», leur der- nier article obliquement tronqué ; b. jabot ; c. ventricule chylifique ; ddd. vaisseaux hi'prUiqifs ., e. intestin grc'le ;f. rectum ; g. dernier segment dorsal de l'abdomen de la femelle. c 490 ) Fig. 7. Appareil digestif fort grossi de I'Œdemcra c.tnuLEA. mâle. a. Tête, bord occipital avec un lobe intermédiaire large et peu avance' j yeux bien saillans et entiers j labre c'chancréj bb. vais- seaux salif aires; c. jabot latérale ou panse, précédé de l'œsophage; (I. ventricule cliylijique ; ee. vaisseaux hépatiques \f. cœcum précédé de Tintestin grêle et suivi d'un long rectum; g. dernier segment dorsal de l'abdonien. Fig. 8. Appareil digestif fort grossi de I'Œdemera. ruficollis fe- melle. aa. Vaisseaux saliuaires; b. jabot latéral ou panse contractée, précédée de l'œsophage ; c. ventricule chylijique; dddd. vaisseaux hépatiques ; e. intestin grêle ;f. cœcum ; g. rectum fort long ; h. ovaire , à la base du([uel aboutit la glande sébacée àe l'oviducte; 7. oviducte^kh. mus- cles d'un étui commun au rectum et à l'oviducte ; /. dernier segmen dorsal de l'abdomen. Planche XXXI. Fig. I. Appareil digestif fort grossi de la Mordella fasciata.. a. bord occipital de la têfe , avec un lobe ou col; bb. vaisseaux salwaires ; c. ventricule cliylijique; dd. vaisseaux hépatiques; e. intestin grêle ; J. cœcum. Fig. n. Appareil digestif fort grossi du Mtcterds ctjrcoliotdes. a. Tête; b. œsophage ; c. jabot; d. ventricule chyltflque; ce. vais- seaux hépatiques ; f. cœcum précédé de l'intestin grêle et suivi d'un long nctum; g. dernier segment dorsal de l'abdomen. Fig. 3. Variété dans le mode d'insertion des vaisseaux biliaires. Fig. 4- Appareil digestif médiocrement grossi du Meloe majalis. a. bord occipital àe ia tête, muni d'un lobe ou col; b. jabot; c. ven- tricule chylifique; dddd. vaisseaux /ie/5ati chercher. » Ce qui était là dubitatif est devenu affirnialif, en 181^, dans l'explication des planches du Règne Animal -.VKà" gustal y est nommé ptérygoïdien externe. Cette détermination a été adoptée par plusieurs natu- ralistes, par M. G. Bakker, entre autres ; lequel a décrit la pièce os pterygoideum externwn^ et en a donné de (i) Ctla est vrai eu soi, mais non pas comme Tentend M. Cuvîer; cai- il place la grande aile où sont les ailes d'Ingrassias , parce qu'il- avait pris les véritables grandes ailes pour le rocher, et le rocher re'el pour l'occipital supe'rieur. Par un efl'et singulier du sort, le troisième cahier des présentes An- nales , où est mon travail sur le Crocodile , et le dernier volume de la nouvelle édition des Ossemens Fossiles , où se trouvent les re- marques critiques pre'ce'dentes, ont été présentés à l'Académie royale des Sciences le même jour, 6 décembre 1824- M. CuTJer, art. ic. Détermination des os Je la télé des Crocodiles, a cru devoir, dans des annotations longues et multipliées, s'occuper avec moi de cette grande question et en faire le sujet d'une assez vive controverse : ces débats sont une bonne fortune pour les jeunes natu- ralistes à l'instruction desquels ils profiteront : cependant il ne faudra pas négliger de lire aussi la dernière note de l'ouvrage , page 5^4 ; note dans laquelle mon célèbre et savant confrère prévient que ses Obser- vatiojis sur ma Théorie, concernant la télé du Crocodile, ne s'' appli- quent qiC'a mes puhlicaùons de 1807, et non au nouveau, travail sur ce sujet que j'avais alors déjà lu a l'Institut. (495 ) très - bonnes figures. Voyez de Osseographia piscium , Groningœ : apud Van Boekeren, 1822. J'ai fait comme M. Bakkcr , et de confiance j'avais adopté, comme j'ai en eilet suivi, page aSb, les indi- cations de M. Cuvier. Ce qu'afin de ne point allonger inutilement mon Mémoire , je déclarais pouvoir passer sous silence, avait trait à d'anciens doutes. L'apophyse ptérygoïde externe se sépare-t-elle , à un moment quel- conque des formations fœtales , dans l'espèce humaine ? L'ouvrage de M. Serres sur les lois de V ostéogénie , m'avait donné une réponse affirmative. Cependant , le principe des connexions m'avertissait d'aller chercher, plus en avant , la pièce correspondante à l'Adgustal 5 c'est alors quo j'ai supposé que chaque palatin était séparé longitudinalenient, et que j'ai de plus aperçu que l'apophyse de cet os ( sa portion externe ) , qui se rend du maxillaire sur la gorge faite par la jonction des deux ptérygoïdiens, formait aussi une pièce isolée de son corps principal; cela me détermina, en 1820, à faire établir par M. Huet un dessin représentant plusieurs palatins d'animaux et de l'homme. Etait-ce à l'une ou à l'autre, ou même à l'ensemble de ces deux pièces , les- quelles seraient réunies chez les Ovipares , que corres- pondait l'Adgustal? Je suis resté à cet égard dans une grande perplexité : et c'est pour avoir rélléchi que , dût celte question être diversement décidée en théorie, cela n'importerait en rien à l'essence de l'Adgustal chez les Ovipares , que j'ai définitivement adopté l'avis de M. Cuvier. Cependant cet état provisoire n'est plus tolérable aujourd'hui qu'ont paru les dernières publications de 33* ( 496 ) M. Cuvicr, sur les os crâniens des Crocodiles. Voici ce qu'on lit dans le volume précité , page 80 : (c J'avais d'abord imaginé de regarder cette pièce » ( ï^-^iiguslal) comme remplaçant l'apophyse ptéry- » goïde externe , et je me confirmai dans cette opinion » en voyant que, dans le Cabiai , l'apophyse ptérygoïde » externe va joindre , par son bord ordinairement » libre, la réunion du palatin , du temporal et du maxil- M laire \ mais depuis que je me suis convaincu que cette » apophyse n'est à aucun âge , dans les Mammifères , » séparée de la grande aile temporale , je suis obligé de » reconnaître que si ce n'est pas ici un os nouveau, )) c'est au moins un démembrement prononcé du sphé- » noide , comme les os , que j'ai appelée frontal anté- » rieur et frontal postérieur , sont des démembremens ^) du frontal. En aucun cas, on ne peut le rapporter à » l'un des os naturellement distincts dans les foetus des » Mammifères. Je me suis donc vu obligé de lui donner » un nom spécial , et, à cause du rôle qu'il joue dans un » grand nombre de reptiles , j'ai cru devoir l'appeler » Vos transverse (i). » C'est très - convenablement que M. Cuvier n'a pas donné de suite à ses remarques sur la tête osseuse du Cabiai -, on généraliserait fort mal effectivement , en s'aidant d'anomalies à peine reconnues et non entière- ment démêlées. Quant au démembrement supposé , ad- mettre qu'il fût possible, ce serait reproduire la détermi- nation abandonnée \ car l'apophyse ptérygoïde externe , (1) On a TU plus haut que TAdgustal deg Oiseaui n'a pas celte si- tuation en travers : il en est de même de celui de la Tortue, que per- sonne, si je ne me trompe, n'a encore aperçu. ( 497 ) comme partie de la grande aile, n'est, dans le langage de l'anatomie humaine , qu'une pièce détachée du sphé- noïde. De plus , rassimilation théorique n'est pas heu- reuse : il n'y a pas répétition du môme fait , puisque nulle part le frontal n'est démembré. Enfin je ne conçois pas un os nouveau j car je ne puis admettre une création à l'extraordinaire pour deux parties d'un tout qui en com- prend soixante -dix - sept, quand les soixante - quinze autres sont constamment une répétition d'elles-mêmes. En effet peut-il intervenir, accidentellement et ex- ceptionnellement dans l'organisation , de ces créations soudaines , de semblables nouveautés ? J'ai traité celte question dans une grande hauteur philosophique à l'oc- casion d'un article (i) imprimé dans le XF volume des Mémoires du Muséum d'Histoire Naturelle, et j'y ren- voie. Je n'attache, au surplus, pas plus d'importance qu'il ne convient, à un compte tout fait d'os-, car je ne me règle jamais par suite d'un vouloir capricieux. Mais si une ob- servation attentive m'a fait découvrir qu'il y a, quant aux os du crâne, un nombre normal, le même pour toutes les espèces , sauf (juelques exceptions fort ra- res (2), je porte avec opiniâtreté mon attention sur ces exceptions yb/f rares, et presque toujours je suis assez heureux pour les faire rentrer dans la loi commune. (i) De l'aile npeicuUiirc ou auriculaire des Poissons , considérée comme un principal pivol sur lequel doit rouler toute recherche de dclvrminalion des pièces coiuposanl te crdnc des ^niniaur -^ suii'i da 'l'ahlenux synop- tiques dminant le nombre et expliquant la i:(>nij)0siti"ii île ces pièces 1 Méra. tome XI, pagn /fin. {l'i C'est iiinsi (|iii! M. Ciivirr, j>.ige j ilc son ouvrage i>rdcilc , adopte comme tiennes et qii il i'X|ii imc drs opinions, que je puis nvoiicr niain- tenant fiaos cruiudrc aucune crili(|uo ilc sa part. C 498 ) Je ne sortirai point de mon sujet pour donner une application de ces vues; car, ayant à revenir sur la dé- termination de TAdgustal , je n'en dirai point la re- cherche inutile ; ce qui aurait pour ellet de retirer à toujours la science d'une question où elle aurait pénétré : mais pour l'y retenir, je préférerai de le tenter par un travail ardent et persévérant. Effectivement , la science n'existe que par la décou- verte du rapport des choses. Des faits isolés et des noms pour les rappeler, en deviennent les premiers be- soins , comme ils en sont les indispensables et précieux matériaux. Je ne me suis point donné de repos que je n'aie trouvé ce que j'apprenais qu'il restait à découvrir. J'ai passé près d'une semaine entière à examiner des têtes de foetus appartenant à plusieurs Mammifères , et principalement des crânes d'embryons humains : et aujourd'hui que je me crois récompensé de l'opiniâtreté de ces nouveaux efforts, je suis étonné de la simplicité de mon résultat, et plus encore du léger voile qui cachait les rapports cherchés. Car les faits , dont la recherche venait si vivement et si péniblement de m'occuper, étaient déjà dans la littérature médicale, où ils avaient en effet éclaté prcs- qu'au même moment, en provenant de plusieurs sources. M. Serres, s'adressaut à l'Académie des Sciences, en janvier 1819 , et M. Béclard au public, quelques mois plus tard, dans ses intéressans Mémoires sur Vosléose, avaient donné la composition des maxillaires hu- mains. Voici un extrait de leur travail : « Vers deux mois de Tâge fœtal , il y a pour former le maxillaire supérieur ( 499 ) de quatre à cinq os , cinq (i) suivant M. Serres , savoir : 1° xiu os pour l'apophyse palatine qui forme la paroi interne des alvéoles , autres que celles des dents inci- sives 5 2" un pour l'apophyse jugale , allant sur l'orbite 5 3° un pour l'apophyse nasale , allant sur la face 5 et 4° un os incisif extrêmement petit , qui se réunit li'ès- promptement au reste du bord alvéolaire. » Tel est cet extrait que j'ai emprunté à M. le docteur Piorri , qui a rédigé l'article Osicogénie du grand Dictionnaire des Sciences Médicales, tome XXXVIII, page 482. De ces quatre os , l'un va à Yadgustal , c'est le pre- mier -, le second correspond à Vadorhital; le troisième est notre addental- et le quatrième avait déjà un nom propre chez les Mammifères , le nom dH inter-maxillaire que nous avons changé en celui (Xadnasal. Ainsi Vadna- saî est le segment du maxillaire au-dessus des incisives, Vaddenlal le segment au-dessus des dents moyennes , Vadoi'hital le segment au-dessus des grosses molaires, et Vadguslal le segment sur le palais en dedans des trois extérieurs. Pour trouver que ces quatre pièces , qui se réunissent de très-bonne heure dans l'espèce humaine , correspon- dent efl'ectivcmenl à quatre os également conligus chez les animaux Ovipares , et d'ailleurs olliant tout au con- traire le caractère d'une séparation long-temps persévé- rante . il fallait échapper à plusieurs obsessions 5 à l'en- traînement de nos anciennes études, décisions et règles, (1) J'ai rappelé cette circonstance re,le plus souvent chez les Poissons , et rpii y prend le nom de Piotophyutl. ( DUO ) et surtout à la fausse idée qiie Ton s'était faite, en croyant à une certaine liaison obligée entre les époques de la soudure des os, et celles de la gestation comme durée. Toutes ces relations sont des cas spéciaux , mais faute d'avoir fait celte distinction , ce qu'on avait observé à cet égard chez l'homme , on est allé le chercher , on a sup- posé qu'on le trouverait chez les animaux. Cependant les soudures des os sont des événemens plus ou moins anticipés comparativement à l'âge des for- mations fœtales, suivant le moins ou le plus d'espace abandonné aux développeraens des organes. Ainsi la face est-elle plus allongée chez les animaux , même chez les plus voisins de l'homme ? Dès-lors , l'os des dents in- cisives ( adnasal ) y prend un caractère plus décidé , et y conserve son isolement encore assez long-temps après la naissance. Le grand développement du cerveau a con- tribué à restreindre chez l'homme les proportions de la longueur de sa face : les composans de chaque maxil- laire , alors retenus dans des conditions rudimentaîres , se sont entassés , atteints et réunis de très-bonne heure. On n'a pas songé que , puisqu'il en était autrement chez le Crocodile et chez les animaux qui s'en rapprochent par la longueur des mandibules, c'est le contraire qu'il fallait y. demander, ou y chercher. Là , les os maxillaires sont-ils parvenus au plus haut degré de développement? La conséquence de ce fait , c'est le contraire de l'entas- sement , c'est le dégagement des parties composantes , c'est par conséquent une soudure irès-retardée qui en est l'inévitable résultat. Ainsi la théorie, ou, pour ne pas efl'aroucher certains esprits que ce mot inquiète , la déduction suivie de proche en proche de tous les faits précédemment exposés , nous porte à devenir certains C 5oi ) que les quatre os , concentrés dans le maxillaire humaîxi , doivent nécessairement être étalés et séparés dans le maxillaire correspondant des Ovipares. Or , il est de règle de rencontrer cliez les Mammi- fères , en avant du jugal , le maxillaire supérieur , ou plutôt , en faisant attention aux subdivisions manifestes dans le foetus, le segment de ce maxillaire , qui se rend, à l'orbite. Un grand os forme cet anneau intermédiaire chez les reptiles. Tel est notre adorbital ou l'analogue du segment maxillaire-orbitaire. Un autre anneau , ou bien (dans les Oiseaux ) se colle à celui-là bord contre bqrd, ou bien (chez les Crocodiles, Lézards et Serpens) s'étend en partant du même os pour se rendre de l'arcade maxillaire sur l'arcade intérieure ou palatine; il garde avec l'adorbital , tantôt un parfait parallélisme , et tantôt s'en écarte par une légère déclivité 5 c'est l'adgustal des Ovipares : mais c'est évidemment encore le segment maxillaire-palatin , dont la détermination est principale- ment l'objet de ce Mémoire. La plupart des anatomistes de l'Allemagne qui avaient bien reconnu le jugal, mais qui voyaient chez les Ovi- pares deux anneaux de trop entre cet osselet et celui qu'ils prenaient pour le corps maxillaire supérieur, s'é- taient tirés passablement de cette dillicullé , en admettant tout autant de jugaux que de pièces qu'ils n'avaient point déterminées. Portons un dernier trait de lumière sur les conclu- sions que nous venons d'admettre. Ce qui prouverait encore le peu de fonds à faire des opinions émises sur l'Adorbilal et sur l'Adgustal , ce sont les jugeniens di- vers porlf'-s à leur sujet. Pour accoutumer l'esprit à t- ( Soi ) notre idée nouvelle, arrivons-y en outre par une sorlc de traDsiiion. M. Cuvier a fait connaître les subdivisions des maxil- laires inférieurs; et en appliquant des noms à cïiaque composant, il a fait surgir des existences inconnues. On s'y est habitué : on en est venu à cousidéier les mâ- choires à branches courtes sous le même point de vue que celles à branches longues ; et l'on a reconnu que les mêmes parties étaient dans celles-là comme dans celles-ci , mais se trouvaient dans celles-là sans subdi- visions bien manifestes pourtant ; et cela , en raison de la petitesse de tout l'ensemble : ce qu'il fallait attribuer à une soudure anticipée. Les choses étant de la sorte inféi'ieurement , pourquoi manqueraient - elles d'être ainsi supérieurement ? On sait que les maxillaires d'en haut suivent les conditions des maxillaires d'en bas, el vice versa. On n'y avait pas pensé; c'est tout ce qu'on a ici légitimement à répondre. Par les explications que j'ai fournies plus haut, tout l'cdevient symétrique : l'ordre est revenu où il n'était pas. Voici bien un autre résultat cuiieux. On ne trouve ja- mais de grosses molaires chez les animaux Ovipares. Mais nous aurions l'explication de ce fait dans la dé- termination précédente; c'est que les deux lames qui forment le sinus maxillaire où naissent les grosses mo- laires, ne se joignent point entièrement chez les Ovi- pares vers leurs bords en regard : l'une d'elles est en- trahiée dans une sorte de déclivité par le palatin écarté de la branche maxillaire. Dans cet état de choses, point de jonction bord contre bord , point de sinus , et conséqucmmcnt point de bassin alvéolaire , où de grosses dents puissent intervenir. ( 5o3 ) Cependant , dira-t-on , on dislingue chez les reptiles deux os producteurs de dents : sans doute les deux os inler-maxillaires et maxillaires proprement dits? C'est là une pure illusion ; vous avez , en fait de dents , dans le premier os , les dents analogues aux incisives , et dans le second , celles analogues aux dents moyennes ou ca- nines. Mais nullement vous ne trouvez chez les Ovipares les troisièmes ou les grosses molaires ; leur domicile ou sinus manque par l'écartement et la disjonction des murailles alvéolaires. Que de faits anatomiques , que d'idées physiologiques , quel bonheur d'explications procure la distinction des quatre maxillaires! Citons encore cet exemple. Les adn.Tsaux , ou les os des dents incisives, avortent dans plusieurs familles de Mammifères , les Galéopi- ihèques , le J^espertili'o ceplialoles , les Musaraignes, les Hérissons , quelques Marsupiaux , et principalement chez tous les Rongeurs. Inatlenlif à cet événement, on a pris pour un tout complet le reste des pièces crâ- niennes. Cependant , si l'on eût établi sa nomenclature en comptant les de:its d'arrière en avant, on eût dis- cerné le vrai dès l'origine , car on eût appelé les deux sortes de dents des Rongeurs, molaires et canines. Mais avec la marche inverse, ces dernières , qui ne sont réel- lement que les dcnls de la seconde sorte , quand on les compare aux dcnls des Carnassiers , ont parti de j>re-' tnièrcs dcnls ou les incisives, les mâchoires n'en ayant pas d'aultes en avant. Les adnasaux, quand ils existent, tiennent à distance les addenlaux, ou les os des dents moyennes : qu'ils dis- paraissent, ceux-ci sont ramenés l'un sur l'autic, le museau est cflilé , leurs dents ( canines ) .lunt voisines , ( 5o4 ) et trouvent à se développer avec plus d'étendue. Ainsi, dans les monstruosités Rhinencéphales , toutes les par- tics oculaires , quand avorte l'appareil nasal intermé- diaire , tombent les unes sur les autres , et constituent l'clre sous la figure d'un Cyclope. Tout ceci sera amplement exposé dans la seconde partie de mon Système dentaire : je l'ai d,éjà indiqué dans la première, page yy. — i824i chez Crévot , li- braire. Extrait d'une lettre de M. le colonel Bory de Saint- ViNCENT, sur la Coquette , nouvel appareil propre à la dessication des J^égétaux. ....L'usage m'ayant suggéré l'idée d'amélioration pour l'appareil dessicateur dont vous avez publié la descrip- tion dans vos Annales (septembre 1824)^ et quelques botanistes ayant trouvé insuffisant ce que j'en avais dit , je vous envoie une figure et une explication dé- taillée qui suffiront sans doute pour qu'on puisse en construire de semblables. A. Planchette fondamentale -, vue par-dessous dans la figure I , pi. 32 , de profil dans sa longueur , fig. ?. , de profil dans sa largeur, fig. 3; je la choisis en hêtre-, elle est percée d'une multitude de trous , dont le nombre peut être arbitrairement déterminé , mais qui produira d'autant plus d'eOet sur la dessication des piaules qu'il sera plus considérable , sans néanmoins trop diminuer la solidité de la planchette , que j'ai soin de laisser un peu plus épaisse et légèrement bombée vers le milieu- du eôlé intérieur de l'appareil. ( 5o5 ) B. Quatre lanières de très-fort ruban de fil fixées au- dessous de la plancliettc par de petits clous , et servant à retenir quatre petites boucles d. On les voit à plat dans la fig. I ; la partie libre est eu face dans la fig 2 5 de profil , fig. 3. . c. Petits clous bien engagés dans l'épaisseur de la planchette , au nombre de sept aux deux extrémités , et à l'un desquels, de chaque côté, on attache à demeure de bonnes ficelles h ; C. est celui de ces petits clous où la ficelle est définitivement fixée. E. Deux tringles de fer d'une ligne à peu près d'é- paisseur , dont une seule paraît de profil dans la fig. a 5 et les deux , par l'une de leurs extrémités arrondie en bouton , se distinguent dans la fig. 3. On coût fortement ces deux tringles parallèlement l'une à l'autre aux deux côtés d'une pièce de canevas F , de la même grandeur à peu près que la planchette , et qui se voit en place , de profil par sa longueur à la figure 2 •, et de même , mais par sa largeur , dans la fig. 3. On coût encore sur ce canevas et sur chaque tringle deux morceaux G. de ce même ruban de fil qui fixe les boucles B. dessous la planchette et correspondans à ces mômes boucles , de manière à les y pouvoir passer quand on veut se servir de l'appareil. On doit choisir le canevas le plus fort , mais en même temps le plus clair. Au besoin on le pour- rait mettre en double. 11 faut pratiquer aux deux extré- mités de celte partie de la Coquette , six oeillets J. , fig. 3 , qu'on fortifie par de petits anneaux en fer , et par lesquels on fait passer la ficelle A, fixée au petit clou t'C. Les choses étant ainsi préparées , on doit d'abord , pour dessécher une dixaine de plantes, placer les échantillons choisis , entre dix à douze feuilles de papier qui les se- ( 5o6 ) parent , comme on le ferait selon la métliode ordinaire de. conservation. Ainsi disposées I. , on place ces plantes sur la planchette A. du côté bombé où ne sont point fixées les boucles B. ; le canevas F. , tendu par les deux tringles E., remplace la partie supérieure des presses ordinaires , et se trouve fortement tendu latéralement au moyen des rubans de fil G. qu'on voit en face dans la fig. 2 , et de profil dans la fig. 3,- on lace encore les extrémités au moyen de la ficelle h , alternativement passée par les œillets /. et les petits clous c. Cette ficelle s'arrête au moyen d'un nœud coulant , au dernier des petits clous C du côté opposé à celui où son autre extrémité est fixée à demeure. On sent que de la sorte on peut obtenir une pres- sion considérable et suffistimment égale. Soit qu'on ex- pose au soleil , sur un poêle , dans un four au devant d'une cheminée , la Coquette convenablement garnie , et telle qu'elle vient d'être décrite , la dessication sera très-prompte , parce que la chaleur pénétrera de tous côtés, et que l'évaporation aura lieu en tout sens. Je saisis celte occasion pour répéter ce que j'ai dit précédemment eu faisant connaître l'appareil auquel le temps n'apportera probablement plus de changemens notables -, je n'ai point cherché , en l'employant ou bien en le perfectionnant, à faire des choses impossibles, telles que de conserver , aussi bien que des Graminées par exemple , des Cactes ou des Bolets très - charnus ; mais à obtenir un moyen plus commode , plus simple et plus rapide pour la dessication des végétaux ordi- naires. ( 5o7 ) Descriptions de quelques nouveaux genres de Plantes recueillies dans le voyage autour du inonde , sous les ordres du capitaine Freycinet ; Par m. Gaddichaud , Membre de la socie'te' «l'Histoire Naturelle de Paris. PiiNONiA. ( Sociét. d'Hist. Natur. Paris , 1824.) Sori dorsales submarginales : indusium capsulseforme , bivalve ^-valvula exteriore fornicala , affixa , interiorc li- béra opcrculseformi . Pinonia splendcns. P. caudice arboreo aureo-lanuginoso : fondibus tri- pinnatifidis vel Iripinnatis ; pinnis lincari-lanceolatis sub- aciiminatis basi sub-auriculalis ; laciuiis oblongis obtusis apice crenulato-denlatis 5 rbacbi venisque hirlis ; slipite inferne lauato. Habitat in insulis sandwicensibus. Celle belle fougère est remarquable par une sorte de laine très-épaisse, de couleur d'or (formée d'écaillcs capillaires, articulées), qui recouvre presque enlière- mi.'iit sa lige cl ses pétioles ( stipes. ) D'après M. 11. Brown , que j'ai consulté sur celte plante , il est possible qu'elle ait déjà été publiée par M. Smith , sous le nom générique de Dicksonia. Je n'ai pu vériGer ce fait. ScHizoLOMA. (Sociét. d'IIist. Nat. Paris, 1824.) Sori lineares conlinui , marginales : indusium duplex, cxl(!rius dcliiscens. I. Schiz olouia cordalum. S. frondibusslt!rilibusovalo-oblongis,cordalis, obtusis; ( 5o8 ) fertilibus hastatis , semi-liastatîs vel corclatis •, stîpîle le- reti canaliculato basi liirto. Habitat in insulis moluccis. ( Rawak. ) 2. Schiz. Billardieii. S. frondibus pinnatis , pinnis lineari-lanceolalis ob- tusis, serratis, basi cuneatis, interdum auriculatis, petio- lalis ; teiminaîi, elongata, triloba vel pinnatifida : slipite tetragono nilido : caudice repente paleaceo. Lindssea lanceolata. Lahill. Nouv. HolL, t. 24^* ■^* Brown. prod., p. i56. TVilld. Sp. plant., 5, p. 421. Habitat in insulis marianis. (Guam, Gotta, Tinicm.) 3. Schiz. Gueiinianum. S. frondibus lanceolatis, pinnatis; pinnis oblongis, ob- tusis, basi semihaslatis : stipite triangulari, angulis mar- ginalis ; caudice repente paleaceo. Habitat in insulis moluccis. (Rawak. ) Adenophorus. ( Sociét. d'Hist. Natur. Paris, i824' ) Sorisubrotundi, solitarii, subterminales, apici vena; in receptaculum dilatato insidentes : capsulœ glandulis sli- pitatis intermixtœ^ indusium nuUum. Frondes utrinque glandulosse. I. Adenophorus tripinnatifida. A. frondibus bipinnatis , oblongis ; laciniis bi vel tri- pinnatifidis 5 rhachi stipiteque marginatis 5 caudice re- pente , paleaceo ; paleis denliculatis. Habitat in insulis sandwlceusibus. 2. Adenophorus hîpinnala. A. frondibus bipinnatis lanceolatis 5 laciniis integris ( 5o9 ) obloiigo-linearibus : stipite tereli, marginale; caiidice repente paleaceo. 3. Adenophoiiis minuta. A. fiondibus parvis pinnatis j pinnis abbrevialis, piu- natifidis, lobis tribus vel quinque , ovato-oblongis : sti- pite filiformi flexuoso; radiée fasciculaio-fibrosa. Fue YGINETIA. Diœcia Monandria? Linn. Familia. Pandaneaî E . Brown. prod., p. 340. Flores dioeci ; masculi Feminei : Ovarîa creberrîma, spadicem undique et arctissime obtegentia, libéra, nuda (perianthio destituta), ad basim staminibus 1-8 minutis cllelis cincta, saipins quinquangnlata , nnilocularia. Stamina eil'eta : anlherm cordata3 , biloculares , sécunduai longitudinem déhis- centes. Sligma sessile , adnatum , disciforme, e lineob's 2-7 sub annularibns (non nîsi versus centrum stigmalis interruptis) , prorainentibus corneis, placentarum pa- ribus rcspoudcntibus, edbrmatum , coronam dentis mol- laris quodaui modo referens. Fructus baccali , molles (teste Brown.), inlerduni per paria connali , uniloculares. Placcntœ pariétales 4-i4 » per paria approxSmatœ, angustissime linearcs , pericarpio secundum longitudinem adnatœ. Semina creberrima , minuta, fusiformia, striata, subarcuata , ad unum (exto- rius) latusstropliiola longitudinali nolata, rnbro-colorata, podospermio ( funiciilo umbilicali ) brcvi stipitata, in pulpa mucosa sub liquida natantia. Pcrispcrmium car- uosum ? Iivalinum. Knibryo minulissimus, in jiarte su- peiiorc perisperinii locatus , obovalo subtuibinatus. Tome llf. 34 ( 5io ) Oudcx siibliguosus, scandens et radicans, inlerdum arboreus. Folia imbricala, angusta , iiiferne vaginantia et amplexicaulîa , margine dorsoque spinulosa •, floralia bracieiformia , colorata. Spadices ( feminei ) terminales, oblongo-cylindracei vel ovati. I. Frejcinetia arborea. F. caudice arboreo ; foliis elongalis linearibus , su- penie angustato-subulatis , coriaceis -, spadicibus femi- ueis , cylindraceis; stigmate 6-7 lobo. Crescit in insulis Sandwicensibus. 2. Frejcinetia radicans. F. caudice radicante 5 foliis elongatis , liuearibus , carnoso-membranaceis j spadicibus femineis oblongo-cy- lindraceis; stigmate bilobo. Crescit in insulà Rawah Moluccensium. 3. Frejcinetia scandens. F. caudice scandente; foliis lineari-lanceolatis , mem- bi'anaceis ; spadicibus femineis ovatisi stigmate trilobo. Crescit in insulà Timor. TABLE DES PLANCHES RELATIVES AUX MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. PI. I. Coupe et vue du Banc de Grignon. PI. II. Myrmécie ( Mtrmecium) nouveau genre d'Aranéides. PI. III. Coupe du Val Canaria. PI. IV. Coeur et sang du Poulet à diverses heures de l'Incu- bation. PI. V. Ovules de Chien et corps jaunes du même animal. PI. VI. Détails des ovules de Chien plus avancés. PI. VII. Ovules de Lapin et corps jaunes du même animal. PI. VIII. Figures relatives a» Mémoire de M. MiTstHERUCH , sur la méthode de calculer les angles des cristaux. PI. IX. Tableau comprenant l'exposition générale et l'expres- sion détaillée des élémens du crâne , dans les Animaux ver- tébrés. PI. X. Appareil digestif de I'Omophron limbatdm ( fig. i ) , de la CicEXDELA campestris ( fig. 2 ) , du Dytiscds roe- sELii (flg. .3), du Gyrincs natatou ( fig. 4 ) ) du Sta- PHYLINCS ERYTnROPTERns (fig. 5) , du StAPHYLINUS PDNC- TATISSIMUS ( fig. 8 ) , du PiEDERDS RIPARICS ( fig. Q ). PI. XI. Appareil digestif du Boprestis ivovEMMACDLATA(fig. i), du Blpr. viridis (fig. 2 ), de I'Elater mcrinus ( fig. 3 ) , de I'Elater gilvellus (fig. 4)> du Lycds rufipennls C ùg. 5 ) , du Lampyris splendidola et de sa larve (fig. 6 et 7 ). Pi. XII. Figures et détails analytiques du Francoa sonchi- FOLIA. PI. XIII. Appareil digestif du Telephorus LiviDOs(fig. i ), du Malacicius /eneds (fig. 2), du Clercs alvearius mâle (fig. .5), du Hister sinuatds (lig. 4)» du Silpiia obscura ( fig. 5 ) , du Silpiia littoralis ( fig. G ). PI. XIV. Appareil digestif du Thymalus (fig. 1 et 2), du Co- pRis LUMAiiis ( fig. .i ), du Meloi.ontiia volgaris (fig. 4)- PI. XV. Appareil digestif du la Cetonia aurata (fig- 1 ), du LuCANUS CERVtJS (ïig. 2 et 3), du LcCANDS PARALLELIPII'EDUS (»ig-4). ( 5l2 ) PI. XVI. Compo-sition de Ja tête osseuse du Crocodile. PI. XVII. Aiuitomie de la Calyptr^ïa. sinensis. PI. XVIII. Microscope achromatique de M. Selligue. PI. XIX. Nepenthes gymnamphora, individu femelle. PI. XX. Feuilles radicales du Nepenthes gtmnamphora, et détails de la fleur dans le Nepenthes maxima. PI. XXI. Appareil pour l'Injcctiou des vaisseaux lympha- tiques. — Vaisseaux Iymphati(jucs des extrémités anté- rieures, des reins, des intestins et canaux tboraciques de l'OlE. PI. XXII. Vaisseaux lymphatiques de la pnrtie postérieure des extrémités inférieures du même animal. PI. XXIII. Lymphatiques de la face interne de l'extrémité inférieure droite du même animal. PI. XXIV. Disposition des vaisseaux lactés. PI. XXVj Vaisseaux lymphatiques du tronc. Pi. XXVI. Apodanthes casearijE et ses détails anatomiques. — Graphiola phoenicis à diverses époques de développe- ment. PI. XXVII. Diverses espèces du genre Eocnemis. — Phtso- DACTYLE. PI. XXVIII. Coupe théorique de quelques terrains de lu BoDRGOGNE. Pl. XXIX. Organes digestifs de la Pimelia bipunctata (fig. i et 2 ) , de l'AsiDA grisea (fig. 3 ) , du Blaps gigas ( fig. 4 ) , du Teneerio obscukcs (îg. 5). Pl. XXX,. Organes digestifs de I'Eledona retictîlata (fig. i), de I'Hypophloeds castakeds ( fig. 2 ) , du Diaperts violacea (lîg. 4 et 5) , de la Cistela badiipennis ( fig, (i) , de l'OE- DEMERA COERULEA ( fig. 7), de rOErjEM. RUFICOLI.IS (fig. 8). PI. XXXI. Organes digestifs de la Mordella fasciata (fig. i), du Mycïerus curculioides ( fig. 2 et 3 ) , du Meeoe ma- JALis ( fig. 4 ^ 5 et 6) , du Mtlarris melanura (fig. 7 ) , du ZONITIS PR/ECSTA (Ûg. 8) , du SiTARIS HUJIERALIS (fig. 9^. PL XXXII. Nouvelle machine propre à la dessication des piailles, décrite sous le nom de Coquette par M. Bory de Saint-Vincent. riN DD LA TABLE DES PLANCHES. TABLE METHODIQUE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME. ANA.T0M1E ET PHYSIOLOGIE ANIMALE, pa;jes. Développement du cœur et formation du sang; par MM. Prévost et Dumas. 96 Troisième Mémoire. De la génération dans les Mammi- fères, eb des premiers indices du développement de l'embryon ; par MM. Prévost et Dumas. 1 13 Composition de la tête osseuse de l'Homme et des Aiiï- mmix; paf M. Geoffroy Saint-Hilaire. 173 et 245 Sur l'Adgu.stal , l'un des os de la voûte palatine ; par M. Geoffroy Saint-Hilaire. 49° Remarques additionnelles sur la détermination du sys- tème solide et du système nerveux des Animaux ar- ticulés. 199 et 453 Le nerf olfactif est-il l'organe de l'odorat? Expérience sur celle question; par ;!/. Magendic. 2o3 De l'influence de la cinquième paire de nerfs sur la Nutrition et les fonctions de l'œili^ar M. Mafreiidie. 209 lisplication du Système Nerveux des animaux inver- tébrés ; par M. Serres. 377 Rcchercbcs anatomiques sur les Carabiques et sur plu- sieurs autres insectes Coléoptères; par M. Léou-Du- yôur. (Suite, ) 2i5et475 Mémoire sur les vaisseaux lyinpbati([iies des Oiseaux; et sur la manière de les préparer; par M. E.-A. Laaih. 38 i Rapport fait h l'Académie royale des Sciences, sur le mémoire du M, Lautli, par MM. Cuvier et Duméril. /\o^ ( 5r4 ) ZOOLOGIE. pages. Sur les Vespertilions du Brésil; Par M. Isidore Geof- froy Saint-Hilaire. 44* Remarques sur quelques Poissons de mer, et sur leur distribution géographique jyîfi^il/ilf. Quoy et Gaimard, 4* * Esquisse d'une distribution générale des Mollusques, d'après un ouvrage inédit, intitulé : Familles Natu- relles du règne animal , exposées succinctement et dans un ordre analytique y Ui'ec r indication de leurs genres ; par M. Latreille. 3 17 Réponse à quelques observations critiques de M. de Férussac , sur la famille des Néritacées de M. de La- marck, et sur le genre Navicellc; par M. G. P. Deshayes. ■> 8 1 Note de M. de Férussac adressée à MM. les Rédacteurs des Annales, au sujet de la réponse de M. Deshaves. 870 Mémoire sur la Caljptrée;p«r M. G. P. Deshayes. 335 Note sur un nouveau genre d'Aranéides,par M. La- treille, de l'Acad. roy. des Sciences. 23 Rapport fait par M. Latreille sur un ouvrage de M. Dalman , ayant pour titre : Analecta entomo- logie a. 374 Monographie du genre Eucnémide, par le baron de Mannerhcim ; précédée d'observations par M. La- treille. 426 Extrait d'une lettre adressée à M. Henning sur le Pby- sodactyle, nouveau genre de Coléoptère voisin des Taupins; /ja;' M. G. Fischer de Waldhcim. 44^ Extrait d'une lettre de Van Hasselt, datée de Builtcn- zorg (île de Java), sur les Biphores. 78 ( 5i5 ) EOTAWIQUE. pages. Description du Graphiolii , nouveau genre de plantes parasites de la famille des Champignons; par M. A. Poiteau. 47* Note sur un nouveau genre d'Orchidées du Mexique, extraite d'une lettre adressée à M. De Candolle; par M. J.-J. Laxarsa. 4^2 Nouvelles observations sur le genre Nepenlhes, extrait d'une lettre adressée aux Rédacteurs; par M. Nées d'Esenbcck. 365 Description de l'Apodanthes, nouveau genre de plantes Phanérogames parasites; />«r 3/. A- Poiteau. 421 Observations sur la famille des Cobœacées ; par M. Da- vid Don. loS Rapport sur un Mémoire de M. Auguste Saint-Hilairc, ayant pour titre Monographie des genres Sauvagcsia et Lavradia ; par M , Desfontaines. 4^ Histoire de l'Arenaria tetraquetra, L.;par 3/. /. Gay. 27 Note sur le genre Francoa; par M. Ad. de Jussieu. 192 Note sur le genre Capsclia ; par M. SendeL n 2 Descriptions du Pinonia , du Schizoloma, de l'Adeno- phorus et du Freycinetia , nouveaux genres de Plantes recuillies pur M- Gaudichaud. 007 Sur un nouvel appareil propre à dessécher les végétaux pour l'herbier; par M. Bory de Saint-Vincent. 16 Extrait d'une Lettre de M. Bory de Saint-Vincent , sur un nouvel appareil propre à la dessication des Végétaux. 5o4 MINÉRALOGIE ET GÉOLOGIE. Sur la Méthode de calculer les angles des Cristaux et le rapport de position de leurs [aces , par M. E. Mits- chcrlich. l49 ( 5.r, ) tins Analyse comparative du Bitume clastique du Der- bvsbire, et de celui des mines de Houille de Mon- trelais ; par M. Henry fils. 434 Observations sur le banc dç Grignon , sur le Calcaire renfermant des restes de végétaux, et sur les couches supérieures de cette localité ; par M. J.-J. N. Huot. 5 Note Géologique sur le prétendu Fossile Humain trouvé près de Moret, département de Seine-et-Marne ;par M. J.-J. N. Huot. i38 Mémoire Gculogique sur Je sud-est de la France, suivi de quelques observations comparatives sur le nord du même royaume , et surtout sur les bords du Rbin ; par M. Ami Boue. (Suite.) 55 et 299 Rapport fait par M. Al. Brongniarl , sur un Mémoire de M. Boilnard , intitulé : Notice géologique sur quel- ques parties de la Bourgogne. 456 Note sur une Ichtbyolithe des rochers des Vaches- Noires; par M. Constant Préi>ost, s43 Note sur le gissement du Gypse dans les Alpes; par M. f^ictor Jacqueinont. 87 Observations sur la Géologie de la côte orientale du GTGcnXanà-^par M. Jain'eson. 170 VARIÉTÉS. Rapport sur le microscope achromatique de M. ScUi- gue ; par M. Fiesnel. 345 Observations des Rédacteurs sur l'emploi des Micros- copes. 354 Table des Planches relatives aux Mémoires .contenus dans ce volume. 5ii Errata du tome troisième. Page 378 (note de M. Serres). Considérations physiologiques , —lisez : Considérations psycolo^iues. rntLLLTION -..xAJ CATALOGUE DES QUI SE TROUVENT CHEZ BECHET JEUNE, LIBUAIRE DB l'académie ROYALE DE MEDECINE, PLACE nE l'École de MÉnEciNE, n." !\. Janvier 1824. Nota. Les articles qui sont à la suite de chaque ouvrage ont tte' pris dans divers Journaux de me'decine où ces ouvrages ont été analysés, ./\.i-'BERT. Physiologie des passions , ou nouvelle Doctrine du sen- timent moral , 3 vol. in-8. imprimés sur papier fin , ornés de 8 belles gravures , j6 fr. — Le même ouvrage, pap. vélin, cartonné par Bradel , fig. avant la lettre. 3ofr. Nota. On peut se faire inscrire dès-à-prcsent sans rien payer d'avance, afin d'avoir les premit-res épreuves des gravures. Le but de cet ouvrage, produit d'une imagination inépuisable et d'un esprit habitué à réfléchir, est d'appliquer les connaissances physiologiques à l'intelligence des phénomènes des passions. C'est en ((oelque sorte le complément de tous ceux qui ont été publiés jusqu'à ce jour sur la physiologie , et qui par conséquent lais- saient de vastes lacunes à remjtlir. Pour traiter convenablement ce sujet, il fallait joindre à une connaissance profonde du cœur humain , une longue observation des liabktudes et des meeui s de l'homme , considéré, soit dans l'état sauvage, soit dans l'i'tat de société. Il fallait avoir un es- prit juste, un esprit vraiment philosophique , et posséder à fond l'art si difficile de peindre la nature telle qu'elle est. I/auteur riunit toutes ces qualités au suprême degré ; ses portraits sont pleins de feu , de gi.lre et de vérité ; son style est facile , naturel et enchanteur. 11 tiaile .successi\ement des passions qui ont rap- porta l'intérêt de conservation , a l'intérêt de relation et ;'i l'inté- rêt de reproduction. (Jette di\ i'iion ingénieuse classe ailmirable- ment tous lis phénomènes de la physiologie intellectuelle et morale : elle donne la facilité de mettre chaque chose à sa place et d'éviter le» répétitions qui nuisent toujours , non-seule«icntà la hrié-vctc du langage, uiaiâ cAcore à »a cUirté, à ton énergie. I ( o Ici la psychologie est e'clairét; par la médecine, et récijyroqiie- mcntl.i mcdeciuc par la psychologie. 11 en résulte un faisceau d« hmiières , un amas de preuves , si l'on peut s'exprimer ainsi , qui jettent le ])lus grand jour sur la vérité , et donnent au raisonnc- uient une force invincible. Ce son1:préciséihent ces connaissances, ffu'on ne recueille qu'en étudiant l'homme et dans l'état de santé et dans l'état de maladie , qui manquaient à Hume, à Smith , el à tous ceux qui ont écrit bur le.-- SL'uliraens moraux; auré**r«r atii second et cinquième examen', il devient tous les jours n'unc «tilite indispensable ant hommes de l'art auxquels unfe pratique iri's-tnulliplice ne i»ennet pas de consulter «n grand nombre d'où vrsges. =; lii. Atlas mëdico-cliirurgical , Varis , i8i^, in-fol. bk-. 5 f. — Jd. Défense des médecins français contre le doctcuV Brous- saiselc. P«r«i, 1821 , T.", 1*01 3.^ livraisons. |5 f. B. firriLAon, 'Elémcris d'Anatomîc générale, un fort volume hi-8. , de près de 800 pages. Paris, iSaS. g f. M. le professeur Béclard livré depuis une dixainc d'années A l'enseignement de TAnatomie, et chargé de professer cette partie ■de la science médicale auprès de la Faculté de -méderine de Paris , •vient de publier la première partie de TAnatoraie de l'homme , en ■nous promettant successivement les antres qui paraHront danS èc cours de l'année classique de i8a3-24. Reconnaissant envers Bichat, son maître et son prédécesseur, il a commencé par nous donner une nouvelle édition de son Atia- ^omie générale avec des additions, et aujourd'hui guidé par une ex- péiience plus éclairée , cet illustre professeur vient de faire paraître son Traité d'Anatomie générale dont la dédicace est consacrée entièrement à perpétuer la mémoire de celui qui a paru comme un t'clair ïvcc l'empreinte du génie. Becllac. Code des médecins, chirurgiens et pharmaciens, aveie des notes et des réflexions sur l'enseignement, l'étude et l'eser- ricc de la médecine , de la chirurgie et de la pharmacie. ,Pdf-i>, 1823, in-i«. hr. . 3 f. 5o e. La publication de ce Recueil devenait de jour» en jours indis- pensable aux médecins, chirurgiens et, pharmaciensqui désirent se rendre compte des progrès de la science qu'ils enseignent on qu'ils exercent , par la connaissance dés lois sous lesquelles ils ont vécu et de celles qui sont actuellement en vigueur. M. le docteur Beullac s'est occupé de remplir cette lacune , non-seulement pour donner au public un nonveau moyen de compléter ses recherches «ur l'histoire de la médecine , mais avec l'intenliot» aussi d'être titileaux élèves qui suiventlés cours de Facultés et des Ecoles secon- •daires du Royaume, en leur mettant entre lés mains un Code qiri pourra leur servir de règle de conduite. ïd. Nouveau guide de l'étudiant en médecine ; un v. iti-12. Pùris , 1824. . ^ f- ^^ *'• Plusieurs médecins distingués se sont occupés à diverses époques de tracer des plans d'études médicales à l'usage des élèves en mé- decine. L'ouvrage que vient de faire paraître M. le docteur Beul- lac sur ee sujet . se trouve plus au niveau des connaissances ac- tuelles et par ce motif plus instructif pour les élèves. Il contient 1." un exposé complet de la classification des sciences médicales d'a- près l'opinion des professeurs les plus distingués ; a." un chapitre raisonné sur les ouvrages élémentaires qui doivent composer la bi- feiîotht«[«e (l'un étftwliant ; 3." l'indication des cours publics et par- !> (5) ticuUers professés ù Puns ; ^, un aperçu topograplii<{na et cUnif^iie gie » ou Physique du corps hui Paris , 1987 , 4e cdit. , 2. vol. in- la. hr. 4 ^• BonoEU. (OEuvres complètes de), médecin de la Fi^culté de Paris, contenant dés Becherehes sur les glande^ , les crises, le pouls, les écrouelles , la colique mét;dli((ue, l'Histoire de ki méde- cine , le tissu miiqueux , les maladies chroni((ues et les articula- tion» des os de la face, l'Analyse médicale du sang, etc. , précé- déiîs d'une Notice sur sa vie et sur ses ouvrages , par M. le che- valier RicMERANn , professeur de la Faculté de Médecine do Pari» , etc. , et terminés par une Table alphabétique des matières. Paris, 1818, t vol. in-8. br, imprimés par Crapelct, i5 f. Le i»lus bel éloge qu« l'on puisse faire acs ouvrages de Cordou^ (6) c'est de dii'e qu'ils ont été pour les Vicq-d'Azyr, les Bartliez , les Bicliat, les Halle', les Richerand, les Alibert, les Broussais et au- tres médecins célèbres , une source féconde d'idées sublimes qui , développées par eux , ont exercé une influence immense sur l'art de guérir, sont devenues autant de vérités fondamentales, autant de Î)rincipes immuables, desquels il n'est plus permis de s'écarter dans 'étude de la science. Mais tout ce qu'a publié cet illustre auteur était épars , en forme de mémoires, dont plusieurs même manquaient au commerce, lors- que M. le professeur Richerand eut l'heureuse pensée de les réunir en un corps d'ouvrage qui forme deux volumes , à la tête desquels il a placé une notice sur la vie et les œuvres de Bordeu; notice qui est écrite avec cette chaleur , cette élégance qui est propre à l'auteur des Elemens de physiologie. C'est donc à lui que tous ceux' qui se destinent à la médecine ou la pratiquent déjà, doivent l'avantage inappréciable de pouvoir méditer, consulter les productions d'un physiologiste profond , d'un excellent anatomiste , d'un praticien habile , d'un nomme de génie enfin , à qui l'Ecole de Paris doit son illustration , et l'art de guérir son perfectionnement. CABANIS. Bu degré de certitude en médecine, 3.* édit. Paris , 1819, in-8.° br. ' 3 f. Cabanis rassemble ici tous les argumens les plus plausibles , tous les raisonuemens les plus spécieux qui aient jamais été opposés à la certitude de la médecine, et , après les avoir présentés dans toute leur force, avec tout leur poids, il les combat avec les seules armes delà raison , il les détruit par le seul pouvoir d'une bonne lociquç ; et c'est toujours avec une sage retenue qu'il justifieson art des re- proches que lui ont adressés les ignorans et les gens de mauvaise foi : il cherche moins à les confondre qu'à les éclairer. Cabanis. Rapports du physique et du moral de l'Homme, 4-* édit. revue et augmentée de notes par E. Pariset, secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Médecine. Paris , 1824 , a vol. in-8. ; imprimé sur papier fin satiné. i4 f. Dans cet ouvrage l'auteur a recherché , non point quelle était la nature du principe qui anime les corps vivans, mais bien de quelle manière agit ce principe pour produire la vie avec toutes ses conséquences. Locke, Condillac , et leurs disciples, ont prouvé que toutes nos idées sont le produit des sensations. Cabanis a montré comment les sensations produisent les idées ; il a dévoilé les rapports qui existent entre l'organisation physique de l'homme ctses facultés intellectuelles et moi'alcs. Cet écrit est un des plus beaux niorceaux de haute philosophie que nous ayons. , ' Cabanis. Coup-d'œil sur I3 révolution et sur la réforme de la Mjé- àeciac. Paris , 1804, in-8.br. 6.f. Cet ouvrage n'est pas seulement un résumé de tous les systèmes quiontrégné tour-à- tour en médecine, un exposé de toutes les mo- difications que chaque doctrine nouvelle a nécessitées dans le trai - tenieut des maladies , il vcufermc aussi des vues très-sages sur le (7) réforme dont l'art de {;uerir est cacore susceptible de nos jours ; il indique des moyens de perfectionnement dictc'spar un esprit juste ethabitué à réilechir. C'est en même temps une histoire critique de la médecine , et un livre destiné à assurer les progrts de celte science. Caba!«is. Observations sur les afléclions catarrhales en général.: ■ 2.*^ édition. Paris, i8i3, in-8.hr. 3 f . Les catarrhes, ou inflammations des membranes iquqneuses , forment une gi-ande partie des afl'ections auxquelh^s notre corps est sujet. Ils attaquent l'homme dans tous les âges, toutes les conr ditions,età toutes les époques de la vie. Si le plus ordinairement ces maladies se terminent par la gué, ison , il n'est pas rare qu'elles deviennent funestes, soit à cause de la violence de leurs symptômes, soit par leur passage à l'état chronique. L!ne bonne monographie sur les catarrhes est donc un livre éminemment utile , un véritable bienfait pour l'humanité? Tout le monde lira celui-ci avec le plus grand intérêt, mais les vieillard^ «ur-tout, qui sont les plus exposés aux affections catarrhales, et principalement à celles du poumon , y trouveront des conseils aussi sages qu'utiles, non-seulement pour guérir, mais encore pour prévenir un mal dont ils sont si fréquemment atteints, et dont ils ne se débarrassent que trùs-difficilement. Caillot. Elémens de Pathologie générale et de Physiologie pa- thologique. Paris , 1819 , 2 vol. in-8. hr. 12 f. Aucun ouvrage ne prouve mieux que celui-ci les progrès que la théorie médicale a faits de nos jours. On y trouve exposé avec au- tant de clarté que de bonne foi , les princijies véiitables de la pathologie générale, de celle qui est basée sur la physiologie-, puisqu'en eflet les maladies auxquelles nous sommes sujets ne sont autre cho.se que le dérangement des fonctions dont, la régularité constitue l'état de santé. L'auteur, n'a posé , pour dogmes fondamentaux, que ceux qui sont sufTisanunent constatés. Il n'a montré un attachement aveugle pour aucun système particulier; mais il a su , en homme habile , profiter des découvertes nouvelles , des opinions les plus modernes. Ce livre, réellement remarquable , tant sous le rapport de la conception des plans que sous celui de l'exécution , n est pas assez généralement connu. Les iflrves ne trouveront peut-être nulle part ailleurs autant de moyens d'instruction , un guide aussi sur pour diriger leurs études médicales. Cloquet. Mémoire sur l'existence et la dispo»ifion des Voies la- crymales dans les serpens. Paris , 1821 , in-^. lig. hr. n 1. Cloqdet. Mémoire sur les Fractures ))ar contre-coup,.de la mi- choirc supérieure. Paris , 1820, in-8. (ig. br. 1 f. a^c. CooPER (Astlcv). OEuvres chirurgicales; traduit de l'anglais par G. Bertrand. Paris , 183a , a vol. in-8. fig. br. 14 f. D. DeLAVAon. Physiologie d'Hippocratc, «traite de ses œuvres. Paris, i8tn , in-8. 5 f. Deseordeaix. Kouvflle Oillioiicilit! , on Piccis sur les iliroriniJw (|u'on peut prévenir ou corriger dans les Enfans. Paiis , i8o5 , in-i8 br. a f. Les le'eislatenrs d'Athènes , qui vouaient inhilmaincmcfit à la mort tous les enfans qu'une mauvaise constitution semblait con- damner à n'être jamais cju'un fardeau pourl'e'tal, ont excité l'indi- Çnation de tous les peuples civilisés : mais nous, qui avons la préten- tion d'apporter dans nos mœurs, dans nos institutions , la philan- throjiie la plus éclairée , sommes-nous beaucoup moins cruels qu'eux , quand nous abandonnons à eux-mêmes ces cires faibles et atteints de difformités ? Ces infortunés qui , hors d'état de remplir leurs devoirs sociaux , ne peuvent même pas pourvoir à leur propre conservation. M. Desbordeaux a écrit sur ce sujet de manière à en faire sentir toute rinii)nrtance : il a victorieusement combattu cette opinion erronée des gens du monde , qui consiste à regarder comme incu- tàbles tous les défauts de conformation. 11 a donné des refiles de traitement dont la pratique est moins difficile qu'on pourrait le croire , et , dejiuis la publication de son ouvrap , MM. Divernois cl Bricheteau ont formé à Paris un éta- blissement où l'on voit tous les jours ces sortes de guérison. DcsponiES (E.-H. ) et Constakcio (F. S.). ConspectUS de* Phar- macopées de Dublin, d'Edimbourg, de Londres et de Paris; suivi d'un appendice extrait des Pharmacopées de Berlin , de Brème, de Copenhague, de Pétersbourg, de Philadelphie , de Stockholm et de Vienne ; contenant un précis des proj)riétés et des doses des médicamens simples et composés , et des Remarques pratiques sur leur emploi. Varis , i8ao , i vol. in 18. 5 f. Dictionnaire de médecine, par MM. Adelon, Béclard , Biett , Bieschet, Chomel , H. Cloquet, J. Cloquet, Coutanceau , Dé- sormeaux, Ferrus , Georget, Guersent, Lagneàu , Landré - . Beauvais, Marc, Marjolin , Murât, Orfda , Pelletier , Raige- Delorme, Rayer, Richard, Rochoux , Rostan , Boux, elRullier. La médecine possède déjà plusieurs ouvrages de ce genre; mais sans vouloir déi)récier le mérite qu'ils ont soUs beaucoup de rap- ports , aucun d'eux ne satisfait pleinement à ce qu'oti avait droit d'en attendre. Les uns sont incomplets , les auD'es trop volumi- neux, et sans unité dans leur composition. Tous , sans contfedit , rendent la tâche moins difRfcile en montrant le but qu'on u'a pas atteint, et les écueils qu'on n'a pas toujours su éviter ; mais tous enfin la laissent encore à remplir. Une société de médecins s'est formée pour tenter de nouveau celte entreprise. La plupart professeurs de la Faculté de Méde- cine , et médecins des principaux hôpitaux et hospices civils de Patis , bien dignes de mériter la confiance des lecteurs, viennent de faire p.iiaître le g.e volume de ce Dictionnaire annoncé comme ne devant former que 18 volumes. Poursuivi avec un zèle infatiga- ble , nous ))ouvons répondre d'avance" du succès de l'ouvrage , en nous retraçant un instant la liste des savans collaborateurs qui y travaillent. Tous les ai licles qui ont paru jusqu'à ce jour, ne pottetit point l'empreinte d'un esprit exclusif; chaque doctrine sn\ eontraire s'j (9) trouA'c discutée avec impartialitc , et y occupe la place qu'elle mé- rite à juste titre. MM. les rédacteurs, continuellement occupe'» de rechercher la ve'rite des principes jiar l'examen des faits , se trouvent naturelle- ment conduits A appre'cier à leur juste valeur tous les principes delà nouvelle doctrine physiologique , sans condamner à un ou- Lli éternel les précieux documens qui forment la base des ancien- nes théories. Le prix pour les souscripteurs est fixé à 6 fr. 5o pour Paris , et 8fr. 5o c. , franc de. port par la poste pour les départemens. Pour les non souscripteurs 8 fr. , et par la poste lo fr. DiCTioKwAiBE DES TERMES DE MEDECINE , chirurgie, art vétérinaire , pharmacie, liistoire naturelle , botanique , physique , cliimic , etc. ; par MM. Bégin , Boisseau , Jourdan , Montgarny , Ri- chard , docteurs en médecine; Sanson , «lecteur en chirurgie: et Dupuy , professeur à l'Ecole vétérinaire d'Alfort. (Jn vol. in-8. ; Paru , iSaS. 8 f . Ce Dictionnaire vocabulaire, rédigé d'après les progrès actitels de la science médicale , devait être nouveau pour pouvoir servir à l'instruction des élèves. Cette raison était si forte et paraissait telle- ment évidente aux yeux des collaborateurs, qu'ils ont préféré en créer un nouveau au lieu de provoquer par leurs écrits .une nou- velle édition des onciens vocabulaires. Ce que nous annonçons au- jourd'hui est ce qu'il y a de plus complet en fait de Dictionnaire des termes de médecine. F. FoDERÉ. Physiologie positive. Jvignon, i8o6, 3 vol. in-8. br. la f. FocQCET. Essai sur le pouls, nouvelle édition. MontpeUier , i8i8, in-8. fig. br. 4 fr. 5o c. FougrET. Essai sur les vésicatoires, nouvelle édition. MontpeUier, i8i8, in-8. fig. br. 4 fr. 5o c. Fox. Histoire naturelle et maladies des Dents de l'espèce humaine > trad. de l'anglais par M. Le Maire, chirurgien-dentiste. Paris y )8ui,iu-4. 20 f. Cet ouvrage fut accueilli si favorablement parles chirurgiens Anglais , qu'i'n i8i4 , le public en demanda une seconde édition, à latjuelle 1 auteur lit quelques additions : elles ne firent qu'accroître l'estime que la première lui avait méritée. C'est d'après cette seconde édition , que M. Le Maire vient de publier la traduction fran- çaise dont nouK annonçons la vente. La réputation que s'est acquise le traducteur dans l'art du dentiste, est assez connue pour justifier le bon choix qu'il a fait du livre qu'il s'est etlorcè de nous fuira connaître , et sanctionner par M la plujKirt des opinions qui s'y trouvent émises. F«AHK ( P.) De curandi» hominum Morbis Eiùtome. Metholani , 8 vol. in-8. Fkamk (P.). 'iVailè de Médecine-pratique; traduit du latin par Goudareau, D. M. M. , l'am , iSai, 5 vri. in-8. br. a4 f. G. (ji;ju>r Kcoliuiohes , discutions et piopurtious d'iinalumie de !>'■/- / . . ( '« ) siologie , de pat hologie , etc. , sur la langue , le ccEi;r et l'ana- totnie des régions , etc. Pans , i8a3 , in .;j." £Ig. , 3 fr. 5o c. Gewdrih. Recherches sur la nature et Icjs causes prochaines des Fièvres, a vol. in-8." Paris iSaj. la fr, H. HAwTif. Cours de botanique et de physiologie ve'gctalc , r vol. in-8. de 800 pages. Paris ,1811. 6 fr. L'étude des plantes , celte partie de rhistoire naturelle qui a tant d'attraits , qui est si agréable, si curieuse , n'into'resse pas seulement le médecin , elle est encore tort utile à l'agriculteur et à celui qui s'occupe d'économie publique. En effet si l'un doit avoir une con- naissance exacte des végétaux considérés comme substances nutritives et médicamenteuses , les autres n'ont pus moins d'intérêt à les bien connaître, soit pour les cultiver avantageusement, soit pour faire prospérer les espèces ou apprécier les diflf'crcns produits qu'elles peuvent fournir aux arts. Si l'on ajoute que cette étude , si facile d'ailleurs, serait pour les gens du monde, pour les femmes surtout, une source intarisable de plaisirs toujours nouveaux , de jouissances inaltérables, on est surpris qu'elle ne soit pas plus généralement cultivée. Le livj-e du docteur Hatîin sur cette matière, est un des meil- leurs ouvrages élémentaires que nous ayons ; il est très-propre à vuider nos premiers pas, à nous initier dans les secrets de la végétation. Hanin. Vocabulaire médical , ect. , suivi d'un Dictionnaire biogra- phique des médecins célèbres. Paris , 1811 i in-8. br. 6 f. Trouver tant de choses en aussi peu de pages est pour le moment qui court . uue espèce de nouveauté. Sans doute les dictionnaires ne nous manquent pas ; mais tous ne sont point également claiis , également précis. D'ailleurs, leur prix, qui est toujours en raison directe de leur prolixité , est souvent beaucoup trop élevé pour que tout le monde puissent ou veuille se les procurer. Celui-ci réunit au premier degré la clarté et la précision , qua- lités qui font le principal mérite des ouvrages de ce genre ; on y trouve, à côté des définitions exactes et rigoureuses de tous les ter- mes employés en médecine, le nom de tous les médecins qui ont illustré leur art , et l'indication des principaux ouvrages qu'ils ont publiés ; le cadre en est infiniment commode , et le bon marché le met à la portée de tous les lecteurs. HooGSonr. Sur les maladies des artères et des veines, traduit de- l'Anglais et augmenté d'un grand nombre de notes par M. G. Breschet. Paris , 1819 , 2 vol. in-8. br. i3 f. On s'occupe trop peu et sans doute à tort , des travaux des au- teurs étrangers. Tous leurs ouvrages ne méritent pas plus que les nôtres d être connus ; mais ils en ont eertainenient un grand nom- bre de bien digues d'attirer notre attention. Celui qui se trouve annoncé ici a été traduit de l'Anglais par M. le professeur Breschet , et mérite d'être lu et d'être médité. Ce chirurgien distingué ne s'est pas contenté de faire une simple tra • duction , il y a ajouté des notes et un long article sur l'inflamma- tion des veines. Enfin , dans l'appendice , au lieu des observations qu'avait mises M. Hodgson et qui se trouvent main lenaut placée* ( »« ) «lans les chapitres auxquels elles appartiennent naturellement , IM. Breschet l'a compose' de plusieurs histoires d'ope'rations impor- tantes pratiquées en Angleterre ou en Ame'rique , et dont la publie cation toute re'cente ne lui avait pas permis de les insérer dans 1- corps de l'ouvrage, »• Jacotot. Elémens de physique espérimentale , de chimie et de minéralogie, suivis d'un abréj^é d'astronomie, 2.' cdit. totale- ment refondue et augmentée de plus d'un tiers. Paris, i8o5, 2 vol. in-8. et atlas br. i5 f. 11 est im])ossible de réunir et de présenter avec plus de clarté autant de connaissances indispensables mises à la portée de toutes les intelligences. Journal universel des sciences médicales , par MM. Boisseau , Broussais , Chaussier , Dupuytren , etc. Collection complète de- puis l'origine du journal, en 1816, jusques et compris l'année 1821 , fi années formant 24 vol. in-8. plus la table analytique et alphabétique des matières. 80 f. Chaque anaée séparée, composée de 12 cahiers ou 4 ^"l- in-8. i5 f- Un cahier séparé. 2 f. La t^blc. 2 f. Possesseur du petit nombre de collections comph'tes restantes de ce journal , nous nous empressons de l'ofTrir à un prix très- niodéré , pour donner la faculté aux abonnés de se complétera peu de frais, et qui sans doute déterminera un grand nombre de gens de l'art à se procurer un recueil qui doit être considéré comme ollVant le tableau le plus complet dos progrès de la médecine en France depuis sept ans. Ji'LiA-FONTENELi.E. Manuel de Chimie médicale j i vol. in- 12 de 600 pages , Paris , 182 j. 6 fr. Dans un volume de 600 pages , M. Julia a rassemblé tout ce qu'il inyiortc à un médecin de connaître en Chimie, il a passé ra- jiidement sur les objets qui n'ont aucun rapport avec l'art de gué- rii' , ni reçu encore aucune ap])lication aux arts. 11 s'est seulement attaché à développer tout ce qui j>cut contribuer à faciliter 1 étude de la chimie méag. 2 f. 5o c. I^cs éloges que cet ouvragea reçu des divers journaux jiislilient l'honneur qu'il a reçu. L. fjUVAiRE. Tralli: sur Ich dcnlt. Paris , 1822, in-8. b. /^ f. Soc. ' Ce Tr;;ilé n'est (juc )e jurmicr volume de l'ouvrage que M. Le- ( «3 ) » secours pour les t'ièvcs , puisiju'illcur apulapira beaucoup «Je dif- » ficultcs , en leur mettant sous les veux les éljcmens de )a science >» qui sera l'objet de leurs études et de leurs méditatioBS. » Mémoires et Prix de rAcadémie Royale de chirurgie; nouv. e'dit.; entièrement conforme à Pédition originale. Ellesedistinguedes précédentes jwr des notes qui indiquent les progrès de la science depuis la publication de l'ouvrage. On a donne à celle q«e nous annonçons tous les soins pos-iblcs pour qu'elle soit très-correcte'; et pour rendre les recherches plus faciles . on a placé à la fin du dernier volume une table alphabétique des noms des antetrrs , ainsi qu'une table des matières qui sont traitées dans cette collec- tion justement. renommée. « L'histoire, si glorieuse pour la chirurgie, a dit M. le profe»- seur Richerand , est renfermée toute entière dans le recueil des Mémoires et des Prix de l'Académie Royale de chirurgie , livre in- dispensable, et dont ou ne saurait trop constamment méditer les diverses portions, m Prix br. 45 fr. ; rel. en lo vol. 58 f. j cartonné à la Bradcl 54 f- , broché satiné 48 f. MoncAcNi. Recherches anatomiques sur le siège et les causes des maladies , précédées d'une notice sur la vie et les ouvrages de l'auteur, par Tissot ; trad. du latin sur les édit. de Padoue et d'Yverdun par Ml'l. Desormeaux et Destouet. Cette traduction aura de 9 à 10 v. in-8. Les tomes i û 8 sont en t'ente. Prix de chaque vol. 6 f. On souscrit toujours au prix de 6 f. le vol. ; la souscription sera fermée à la mise en vente du dernier volume. Plus que jamais on est convaincu aujourd'hui que l'anatomie pathologique est non- seulement une science très-importante, mais encore d'une indispensable nécessité pour parvenir à la connais- sance exacte des maladies. L'ouvrage que nous annonçons ici est bien, sans contredit, le plus remarquable et le plus instructif, tant sous le rapport des nombreuses observations qu'il contient , qu'.i cause de la sagacité du jugement de l'auteur et de son im- mense érudition. MM. Desormeaui et Destouet rendent par conséquent un très- grand service à la science en le traduisant en français. C'était le seul moyen d'en rendre la lecture et plus générale et plus profi- table , car le style entortillé et diffus de Morgagni ajoute encore à l'espèce de fatigue qu'ils y a toujours à lire un livre écrit en latin j et en rend l'intelligence très-difficile. ' 0. Ojijfiia. Secours à donner aux personnes empoisonnées ou asphy- xiées. 3.* édit. Paris , 1821 , in-13. br. 3 f. L'ouvrage de M. le professeur Portai relatif à ce sujet, ne pou- vait plus servir de guide pour le traitement des personnes empoi- sonnées ou asphyxiées. Il appartenait à M. Orfila de le reproduire en le mettant au niveau des connaissances actuelles d'après les pro- grès de la chimie moderne. Le plus heureux succès en a couronné 1 entreprise, et nous ne saurions trop en recommander l'usage à tous ( ' ticieni.qui voudront se rappeler en peu de temps et sans fatigue >' le» connaissanees théoriques qu'ils ont peut être négligées on per- * duc» de vue. On peut ajouter qu'il ne sera pas d'un médiocre ( «4) les mcdecins , chirurgiens , pharmaciens cf autres personnes cjiii se trouvent appelées par leurs fonctions administratives à secourir les malades. Orfila. Leçon de médecine légale. 3 vol. in-8. avec 22 planches , dont 7 coloriées. Paris , 1821 et i8i3 , 20 f. , et sans fig. 17 f. Sans attacher beaucoup d'importance aux diverses classifica- tions proposées jusqu'.î ce jour pour décrire les objet", dont se com- Î)ose Vétude de la médecine légale, M. le professeur Orfila , dans 'ouvrage remarquable qu'il vient de publier , s'est contenté, sous le titre de Leçons , de nous donner une solution complet ■ des di- verses questions médico-légales dont le recueil forme en entier une science devenue si importante aujourd'hui. Après avoir indiqué d'une manière générale les règles qui doi- vent servir de base à la rédaction des rapports , des certificats et des consultations médico-légales, ainsi que les parties qui compo- sent chacun dn ces actes , il traite successivement des iîges dans les di " " dt tardi vortec , 1 , ■ .i et de la supposition de part , de la viabilité du fœtus , de la pater- nité et de la maternité , des maladies simulées , imputées, des qua- lités intellectuelles et morales , de la mort, de la survie, dé l'asphy- xie , des blessures et de l'erapoisonnement. PxsTA. Consulti medici. in-4- br. ' 6 f . PoRTAL. Histoire de l'anatomieet de la chirurgie, etc. 7 vol. petit in-8. br. ai f. PoRTAL. Observations sur la nature et le traitement des maladies du foie. Paris , i8i3, in-8. br. 7 f. Parmi les nombreux et bons ouvrages dont le professeur Portai , le patriarche de la médecine française , a enrichi la science , il faut distinguer entre autres celui-ci. C'est là qu'on apprendra à bien connaître les maladies du foie , à ne plus les confondre avec d'au- tres afFections dont les symptômes sont plus ou rnoins semblables , et à leur opposer un traitement , sinon toujours efficace , du moins constamment rationnel .Il n'est pas un praticien qui ne veuille avoir dans sa bibliothèque cet excellent traité et ne désire en poséder un du même genre sur toutes les maladies. PnouT (W). Traité de la gravelle, du calcul vésicalet des autres ma- ladies qui se rattachent à un dérangement des fonctions des organes urinaires; trad. de Tang. parMourgues. Paris, 1822, in-8. br. 5f. pDiOL. OEuvrcs diverses de médecine-pratique, avec des additions, ' par M. F. G-. Boisseau. Paris , 1822, 4 vol. in-8. i5 f. Cet ouvrage, quoique ancien, méritait de fixer l'attention des médecins modernes par rapport au rapprochement qui existe avec les principes de la nouvelle doctrine physiologique. M. le docteur Boisseau, en le faisant connaître de nouveau, n'a eu d'autre intention ( .5 ) que celle de faire mieux apprécier p;iT les dèves et le? pi-aticiens les nouvelles découvertes du professeur Broussais , et de rendre à un Rcien médecin toute la part de gloire tjn'il mérite ù nos yeux. R. REMF.r. Police judiciaire pharmaco-chimique. Paris, 1816, in-8. br. 6 f. 5o c. Non-seulement le médecin doit avoir une connaissance parfaite delà nature des alimens dont les hommes font un usage journa- lier, afin de pouvoir leur indiquer ceux qui conviennent à leurs indispositions, on qui sont contraires à leur tempérament , mais encore ilne doit rien ignorer de ce qui a rapporta la sophistication, à l'altération dont ces substances sont susceptibles , afin d'être à même de prévenir ou de combattre les accidens auxquels leur in- gestion dans l'estomac peut donner lieu. Le docteur Re.mera traité ce sujet avec beaucoup de talent , et son ouvrage a eu un très-grand succès en Allemagne. Ses traduc- teurs , MM. Bouillon-Lagrange et Vogel , en y ajoutant des notes, l'ont encore rendu plus utile aux médecins , et surtout aux pharma- ciens, qui y puiseront desaj^esinstructions sur la meilleure manière de préparer les remèdes et de les conserver. Richard. Nouveaux elémens de botanique et de physiologie végé- tale , 2.* édit. revue, corrigée, augmentée, avec huit planches grave'esen taille douce, représentant bs principales modifications des organes de ces végétaux, etc. Paris, iSaa, in-8. fig. noires ^ fr. 5o c. br. — fig. coloriées 9. .5o c. Depuis Ion g-lcmp? les nombreux élèves qui suivent les cours de la Faculté , désiraient un ouvrage élémentaire de botanique : M. Ri- chard a satisfait leurs désirs. Il s'est ellorcé de simplifier les élé- mens de cette science ; il en a élagué les vaines hypothèses et les détails fastidieux. Comme cet ouvrage est principalement destiné à ceux qui veulentselivrer à l'art de guérir, l'auteur ne leur a présenté que les notions de cette science qui leur étaientà-peu-près indispen- sables. Son travai-l consiste : i.° dans la connaissance des organes des vt'g<'taux ; 2.° dan? les modifications (|ue peuvent éprouver ces oiganes ; 3." dans li- rhoix d'un système. Cette méthode simple et facile est la meillcureque Ton puisse suivre ^ elle est le fruit de l'ob- servation : employée pendant cinq ans par M. Richard , à l'école- jiralique, elle attirait un nom)>re considérable d'élèves. C'est le plus bel éloge que l'on en puisse faire. RrcHARD. Histoire naturelle et médicale des médicamens , des ali- mens et d(t4 pois MIS tirés du règne v<-getal , Paris , i8a3 , 1 vol. in-8. lî f. Destinant cet ouvrage à ceux qui se livrent spécialement à l'é- tude priéli'.t , à indiquer les circonstances ( ifi ) où on !<•$ emploij , les préparations qu'ils subissent, elles Joacs auxquelles on les fait prendre. Cet ouvrage, dans son exécution présentait de très-grandes diflicultes; M. Richard, déjà connu par plusieurs ouvrages sur la ]>otani((ue, est venu facilement à bout et a offert aux élèves une botanique vraiment médicale qu'ils ne sauraient trop étudier. HicHARB. Formulaire de poche , ou Recueil des formules les ]>luii usitées dans la pratique de la médecine, a.' édit. Pnn'j , 1831 , in-3Q. _ 3 f. 5o c. D'après toutes les reformes introduites depuis plusieurs années dans l'administration «les médicamens : nous ne devons plus atta- cher autant d'importance aux formulaires qui se distinguent par le nombre des recettes. Le petit ouvrage de M. Richard ,à l'abri de ces reproches , n'offre réellement au médecin qu'un tableau bien coordonne des formules les plus accréditées par l'expérience, et dont l'usage est presque devenu spécifique. RicHERAND. Des Erreurs populaires relatives à la médecine, a.* édit. Varis , 1812, in-8. br. _ 5 f. Quoique l'on ne croie pas aujourd'hui ni aux sorciers , ni à la vertu des amulettes , ni au pouvoir de certains rois de guérir les scrophulcs par le simple attouchement, il est encore un très-grand nombre d'erreurs, depréjugés dont les gens du monde, et peut-être aussi quelques médecins, ont de la peine à se défaire, et qui ne (ont pas seulement ridicules , mais presque toujours plus ou moins dangereux. Jl appartenait à un m édcrin éclairé, à un véritable pliilosophe , et surtout à un écrivain aussi sévère qu' élégant, de combattre ces hypothèses absurdes, qui, reçues et transmises d'âge en âge, finis- sent par acquérir un certain degré d'autorité, et deviennent funes- tes à l'humanité. Si le livre que nous annonçons , et qui en peu de temps est par- venu à sa huitième édition , ne remplit pas entièrement le but que 6on aiiteur s'est proposé, s'il reste encore des esprits prévenus et non assez «'claires , c est que L'homme est de glace aux vérités, Jl est de feu pour le meGSOnge. RicHERAND. Nouveaux élémens de physiologie. S.* édition. "Paris , 1830, 3 vol. in-8. br. _ 12 f. M. le professeur Rîcherand a , pour ainsi dire, crééla science de la physiologie ; il est le premier qui ait , par une méthode aussi simple qu'exacte, rapproché les faits éparsdans les auteurs anciens, des faits nouvellement observés , et des données nouvellement four- nies par la physique. C'est à lui qu'il faut rapporter en grande partie les progrès in- contestables que la connaissance de l'homme sain a fait faire de «os jours à l'art de guérir. Aussi son ouvrage, traduit dans toutes les langues, est-il bientôt devenu classique, et sept éditions se sont^ elles promplement épuisées. Ajoutons que si l'auteur des nouveaux "Élémens de Physiologie est un de nos médecins les plus savans, il ett cncor-e un de nos écrivains les plus corrects et ks plus clégans. ( 17) atlaclid à faire connaître les vdge'taux tant indigènes ({Ti'exotitjues qui sont employés à titre de médicaraens , d'alimens ou de poi- sons ; à ënumérer leurs propriétés , à indiquer les circonstances où on les emploie , les préparations qu'ils subissent, et les doses auxquelles on les fait prendre. Cet ouvrage , dans son exécution , présentait de très-grandes difficultés; M. Richard, déjà connu par plusieurs ouvrages sur la botanique, en est venu facilement à bout et a offert aux élèves une botanique vraiment médicale qu'ils ne sauraient trop étudier. Richard. Formulaire de poche, 3.* édition augmentée d'un grand nombre de formules nouvelles et substances alcalines végétales j telles que la quinine, la morphine, l'émétine , la strychnine, l'iode, etc., et de tableaux de tous les contre-poisons. Paris i8q^. 2 f. 5o c. D'après toutes les réformes introduites depuis plusieurs années dans l'administration des médicaraens ; nous ne devons plus atta- cher autant d'importance aux formulaires qui se distinguent par le nombre des recettes. Le petit ouvrage de M, Richard , à l'abri de ces reproches , n'offre réellement au médecin qu'un tableau bien coordonné des formules les plus accréditées par l'expérience , et dont l'usage est presque devenu spécifique. KicHEn AND. Des Erreurs populaires relatives à la médecine. 2.* édit, Paris, i8i2, in-8. br. 5 f. Quoique l'on ne croie pas aujourd'hui ni aux sorciers , ni à la vertu des amulettes , ni au pouvoir de certains rois de guérir les scrophulcs par le simple attouchement, il est encore un très-grand nombre d'erreurs, de préjugés dont les gens du monde, et peut-ètro aussi quelques médecins, ont de la peine à se défaire, et qui ne sont pas seulement ridicules , mais presque toujours plus ou moin.'^ dangereux. 11 appartenait à un médecin éclairé, à un véritable philosophe, et surtout à un écrivain aussi sévère qu'éli'gant , de combattre ces hypothèses absurdes, qui, reçues et transmises d'âge en âge, finis- sent par acquérir un certain degré d'autorité, et deviennent funes- tes à l'humanité. Si le livre que nous annonçons , et qui en peu de temps est par- venu à sa huitième édition , ne remplit pas entièrement le but que son auteur s'est proposé, s'il reste encore des esprits prévenus et non assez éclairés, c'est que I/homrae est de ^lace aux Tcri'«:!î, /l C!ropres à les préserver des maladies , que des moyens pour n'en guérir ; aux personnes avides d'instruction «jui veulent con- naître l'influence des divers corps de la nature sur l'homme. L'ouvrage de M. Rostan se distingue autant |)ar la profoudetH' rt la justesse des pensées que par la grâce et l'élégance du style , df tou^o«us qui eut été puhiui lur le inâmo tujvt , cl qui laUsaigwt depuis long-temps désirer qu'un médecin physiologiste et prati- cien à la fois s'en emparât de nouveau. Une nouvelle division , fondée sur la division même des fonctions de l'économie animale , présente sous le jour le plus naturel et le plus lumineux , les di- verses modifications qu'éprouve l'exercice de chacune de ces fone- tions , et les causes nombreuses de ces modifications. L'auteur a su mettre à profit dans son ouvrage les savantes le- çons de M. le professeur Halle , et diminue par là les regrets de ne pas posséder un ouvrage sur l'hygiène , que cet homme célèbre avait professée avec tant d'éclat. RosTAN. Recherches sur une maladie encore peu connue, qui a reçu le nom de ramollissement du cerveau. l?aris , 1823 , 3.* édit. in-8. br. ^ f. Roussel. Système physique et moral delà femme , suivi du système physique et moral de l'homme , et d'un fragment sur la sen- sibilité, etc. , par Alibert. 6.* édit. Paris, 1820, in-8. fig. br. 7 f. Rien ne prouve mieux tout l'intérêt de cet ouvrage que la rapi- dité avec laquelle ses nombreuses éditions se sont épuisées. En eflTct , ce sujet , déjà si attrayant par lui-même , a été traité parle docteur Roussel avec toute la finesse d'esprit , toute la péné- tration et toute la sensibilité qu'il exigeait ; et si les goûts, les pas- sions , les mœurs et les habitudes de la femme y sont tracés avec une grâce infinie, la peinture physique et morale de l'homme ne laisse non plus rien à désirer sous le double rapport de la profon- deur des pensées et de l'élégance du style. S. Sabatier. Médecine opératoire, nouvelle édition faite sous les yeux de M. le professeur Dupuytren , chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, président de l'Académie Royale de médecine, etc. ; par MM. les docteurs Bégin et Sanson. Paris, 1822 et 1824, 4 vol. in-8. 28 f. La médecine opératoire de Sabatier, ouvrage extrêmement rc- commandable, laissait , sous quelques points de vue, beaucoup à désirer. MM. Begin et Sanson , sous la direction de M. le Baron Dupuj'tren , en en donnant une nouvelle édition , ont pensé que des généralités sur les opérations et les pansemens seraient d'une grande utilité, non-seulement pour les élèves, mais encore pour les praticiens 5 en indiquant les nouveaux procédés , et l'emploi de ces procédés , ils ont placé cet ouvrage au niveau de la science , et l'ont rendu indispensable aux élèves, et en général , à toutes les per- sonnes qui s'occupent de l'art de guérir. Sanson. Des moyens de parvenir à la vessie par le rectum , suivis d'un Mémoire sur la méthode d'extraire la pierre de la vessie urinaire , etc. Paris , 1821 , in-8. fig. br. 3 f. 5o c. ScARPA. Memoria sulla legatura délie principali arterie degli arti con una appendice all'opera suU'aneurisma Pavia , 1317, in-4- . , . . . . 9 f • ScARpA. Memoria suirernia del perineo. Paw'a, 1821 , in-f." con cinque tavole , br. i5 f ScARPA. SuU'ernie , adizione secunda. Pacia, 1819, gr. in-f.° 60 f ScARPA. Additions au traite de l'anévrysmc j trad. de l'italien pa OUivicr. Paris, 1821 , iu-8. br. i f. 60 c ScUDAMORE. Traite' sur la nature et le traitement de la goutte e ( 2' ) du rhumatisme , traduit de l'Anglais sur )a dernière édition, augmentée d'un long mémoire sur l'emploi dos bains de vapeurs dans les'maladies goutteuses et rhumatismales , avec des planches représentant tous les appareils de l'Hôpital St-Louis, etc. JParis ,• 1823, 2 vol. in-8. 10 f. « La médecine, a dit Sydenham, ne fera des progrès qu'en recu^llant l'histoire ou la description exacte et complète de toutes les maladies , en basant dessus une méthode fixe du traitement. " C'est en suivant ce précepte que Ch. Scudamore est parvenu à nous donner un Traité complet sur la nature et le traitement de la goutte et du rhumatique , renfermant des considérations générales sur l'état morbide des organes digestifs , des remarques sur le ré- gime et des observations pratiques sur la gravelle. M. le docteur Goupil l'a augmenté d'une addition contenant les principes de la nouvelle doctrine médicale de M. le professfeur Broussais sur la goutte. Tels sont les détails instructifs et utiles que contient l'ouvrage que nous annonçons et qui occupe le premier rang parm i les ouvrages en ce genre. Spbt.kgel. Institutiones Medicae , Medlonaïi, 1S16, i3 vol. in-8. br. 35 f. Sprencel. Histoire de la Médecine depuis son origine jusqu'au 19' siècle ; trad, par Jourdan. Yaris , i8i5 et 1820 , 9 vol. in-8. br. ^o f. T. Taxil. Règles générales sur la ligature des artères. Varis , 1823, in-4- , fiç. br. 2 fr. TissoT. Avis au Peuple sur sa Santé, 2 vol. in-12 rel. 4 f*"- ToMMASiJii. Exposition j.récise de la nouvelle doctrine médicale italienne, ou considérations pathologico-praliques sur l'inflam- mation et la fièvre continue ; traduit de l'italien par J. T. L. L'importance de la question qui occupe aujourd'liui le monde médical sur la nature de l'inflammation et l'esscntialité des fièvres , rend cet ouvrage utile aux médecins qui suivent de bonne foi les progrès de la science médicale et qui s'efforcent d'en reculer les bornes par leurs recherches pratiques basées surl'observation la plus rigoureuse et éclairées par les notices de l'anatomie pathologique. 'i'Bocsssi,. Des premiers secours à administrer- dans les maladies et accidens qui menacent promptement la vie. Ouvrage contenant l'indication précise des soins à donner dans les cas d'empoisonnement , de mort apparente, d'asphj'xie , de coup de sang et d'apoplexie, de blessures, de plaies enveni- mées, d'hémorragies , de brûlures et de corps étrangers introduits dans les ouvertures naturelles; terminé par l'énumération des se- cours à donner dans quelques afl'cctions graves des femmes en- ceintes et des enfans nouveau-nés, et par l'indication delà con- duite que doit tenir le médecin , quand il est appelé pour un cas de médecine légale. V. ViTKT. Médecine cxpectanle, contenant les maladies fébriles , le» maladies inflammatoires et la matière médicale. Lyoïl , i8o3. G vol. in-8. 36 f. YmAMo^D. Essai sur la fièvre bilioso-adynamiquc des grands ani- maux. Paris i82{,in-8. 1 fr ( " ) ZiMMERMANrr. La solitude considérée relativement à l'esprit et au cœur j ouvrage traduit de l'allemand par Mercier^ iJ.* édition. Paris, 1817, 2 vol. in- 12 br. 5 f. Cet ouvrage a été analysé 4e tous temps avec les plus grands éloges : en l'annonçant de nouveau c'est rappeler au nouveau sou- venir des lecteurs le nom d'un médecin illustre qui par l'élégance de son stj'le , la solidité de ses pensées jointe à la pureté de ses in- tentions , a fait passer de. momens bien salutaires à ceux qui ont eu occasion de le méditer. JOURNAUX DE MÉDECINE , etc. Abotvnement pour un an, à partir du mois de janvier de chaque année. Archives GÉNÉRALES nE médecike ; Journal publié par une Société de Médecins , composée de Membres de l'Académie royale de Médecine , de Professeurs , de Médecins et de Chirurgiens des hôpitaux civils et militaires., etc. Depuis plusieurs années la lecture des traités complets de^édecine ne peut plus suffire pour satisfaire la curiosité des Médecins et Cxer leur opinion sur l'état actuel de la science médicale. Des journaux pé- riodiques ont été créés , parmi lesquels le public médical a plus parti- culièrement distingué celui dont nous annonçons la publication. Rédigé dans l'intérêt unique de la science , et non dans celui de quelques doctrines ou de quelques hommes , ce recueil contient tous les faits utiles , toutes les observations importantes , de quelque cou- leur qu'elles soient empreintes. Toutes les opinions , ayant chacune leurs représentans dans les principaux collaborateurs, y jouissent d'égales prérogatives : le.s unes et les autres y sont discutées avec une entière liberté , mais avec la décence convenable. Les Auteurs des Archives de Médecine se sont appliqués aussi à faire connaître par des traductions et des analyses l'esprit général qui dirige les médecins étrangers dans l'étude et la pratique de la médecine. L'opinion qui s'est prononcée si favorablement sur ce Journal dès les premiers temps de son apparition , est tous les jours justiGée par l'exactitude des rédacteurs à remplir tous les cngagemens énoncés plus haut; la confiance qu'il a obtenue d'un grand nombre de Sou- scripteurs , s'accroît continuellement. On ne reçoit d'abonnement que pour l'année entière. Pris de l'abonnement pour Paris , 26 fr. Et franc de port ]>our les départemens , 3i fr. , Lors de la publication des Archives gÉnéraies de Médecine , les Editeurs se sont abstenus de placer en tête de leur Journal une liste de noms plus ou moins célèbres ; ils n'auraient fait que repro- duire ccHe que l'on voit, composée des mêmes noms, sur la cou- verture de chaque Journal de médecine. Ils avaient en vue de publier un Recueil purementscientifique, ouvert à tousles travaux utiles , à tous les faits intéressans, à toutes les opinions raisonnables, indépendant de toute espèce d'influence étrangère à l'intérêt delà science; ils voulaient, d'ailleurs , que les médecins jugeassent cette entreprise d'après ses pro- (23) • ^M-cs résultats : tels furent les motifs qui engagèrent lesRédàcteure des Archives à faire paraître ce Journal, sans indiquer les personnes qui devaient y insérer leurs travaux. Mais aujourd'hui nous pouvons lo faire si ce moyen doit inspirer plus de confiance aux lecteurs. Les Auteurs qui jusqnes ici ont fourni des travaux aux Archives , sont MM. : Andral fils, membre de l'Acad. Roy. de Me'd. : Audotjin; Babiket , prof, de physique: BéclArd, prof, à la Fac. : Blamdin, aide d'Anatomie à la Fac. : Bogros , prosect. à la Fac. : Bouillaud , D.-M. : BocsQCET , D.-M. : Breschet, chirurg. en chef des fnfans- 'frouvés : J. Cloqoet, chirurg. de ThôpitalSt.-Louis : H. Cloqcet , memb. de l'Acad. . Ccster , D.-M. : Cruveilhier , membre de l'Acad. ; CtJLLERiER , chirurg. de l'hôp. des Vénériens : Defermow , D.-M. : Desmodlins , D.-M. : Desormeaux ,prof. à la Fac. : Desalle , D.-M. : P. Dubois, chirurg. de la Maison de Santé : Dugès, prosect. à la Fac. ; Dtimas: Ddmeril, membre de l'Institut ; DnpuTTREif , cliirurg. en chef de l'Hôtel-Dieu; Edwards, D.-M. : Esquirol, méd. de la Salpélrière : Ferrus , méd. de la Salpétrière : Flourens , D.-M. : FoDERA, D.-M . FoUQUiER, prof, à la Fac. : Geoffrot-Saint- HiLAiRE , membre de l'Institut: Georget, memb. de l'Acad. : Gerdt, prosect. à la Fac. : Gjrard fils, prof, à l'Ecole vétérinaire d'Alfort : Goupil, D.-IM. attaché à l'hôp. milit. de Toulouse : Gcersent , méd. de l'hôp. desEnfans : ue Hdmeoidt , membre de l'Institut : Jd- LiA FoxTENELLE , prof. de chimie : Laensec , prof, à la Fac. : La- CNEAC,memb. de l'Acad. : Lallemasd, prof, à la Faculté «le Mont- pellier; Lebidois, D.-M. : Lisfranc , chir. du Bureau central des aôp. : LoNDE , D.-M. : Louis , D.-M. : Martini , D.-M. : Mirault , D.-M. : Ollivier , D.-M. : Orfila, prof, à la Fac. ; Oudet, D.-M.- Dentisle , merab. de l'Acad. : Pi!»el , membre de l'Institut : Pinel fils, D.-M. : Prévost, D.-M. : Raice-Delorme , D.-M. : Ratier , D.-M. : Rayer , méd. du Bureau central des hôpitaux : Richard, pref. de botanique : Richerand , prof, à la Fac. : Richond , D.-M. , aide-major à l'hôpital milit. de Strasbourg ; Roche , D.-M. ; Rochoux, memb. do l'Acad. : RuLLiER, méd. de Bicêtre : Sanson , chirurgien du Bureau central des hôpitaux : Scoctetien , D.-M. attaché à l'hôp. milit.de Toulouse : Sommé , chirurg. en chef de l'hôpital d'Anvers : Tourrel , D.-M. : Troussel, D.-M. : VavassEur ,D.-M. Parmi les médecins dont les noms n'ont point encore paru dans le Journal, mais qui se sent engagés à fournir des travaux , nous citeroDS ceux de MM. Aoelo.'» , memb. de l'Acad. : Biett, méd. de riiôp. Saint-Louis : Chomel, méd, attaché à la Charité : Cou- TA^•cEAu , mé<^